Si vous "m'emprunter" une peinture pour illustrer votre site ou
blog, je ne vous ferais pas un procès mais c'est tellement plus
sympa de le demander avant, pas vrai ?
Ma galerie viruelle en cliquant sur l'icone Artabus ci-dessous
Il y a des étoiles qui imitent le bruit des avions pour pouvoir se
déplacer le plus discretement possible dans le ciel, la nuit...
*****Vincent Collin **********
A monsieur Van Gogh
Toi qui pleurais des larmes de couleur, Dont les mains étaient des
œuvres Dont les doigts se prolongeaient en pinceaux Et dont la
couche était une toile Toi qui ne faisais qu’un avec ton rêve, Dont
la vie n’était que passion Dont les yeux ne voyaient pas mais
admiraient Et pour qui vivre était créer. Tu ne connaissais pas la
misère Car tu te peignais tout ce dont tu as avais besoin Tu ne
connaissais pas la folie C’est simplement ton monde qui tournait
plus vite. Mais tu connaissais la beauté C’est même toi qui l’as
inventé Tu connaissais l’amour Car quand tu aimais, tu t’offrais.
Vincent, si de la haut, dans ce paradis de couleurs Tu jettes un
regard amusé sur notre monde Et ses collectionneurs qui s’arrachent
tes œuvres A grands coups de milliards de dollars Si ton regard se
pose sur moi En train de gribouiller quelque toile. Fait tomber
quelques poussières de ton talent Et rend moi heureux en me
l’insufflant.
COMPLAINTE DE VINCENT
A Arles où roule le Rhône Dans l'atroce lumière de midi Un homme de
phosphore et de sang Pousse une obsédante plainte Comme une femme
qui fait son enfant Et le linge devient rouge Et l'homme s'enfuit
en hurlant Pourchassé par le soleil Un soleil d'un jaune strident
Au bordel tout près du Rhône L'homme arrive comme un roi mage Avec
son absurde présent Il a le regard bleu et doux Le vrai regard
lucide et fou De ceux qui donnent tout à la vie De ceux qui ne sont
pas jaloux Et montre à la pauvre enfant Son oreille couchée dans le
linge Et elle pleure sans rien comprendre Songeant à de tristes
présages L'affreux et tendre coquillage Où les plaintes de l'amour
mort Et les voix inhumaines de l'art Se mêlent aux murmures de la
mer Et vont mourir sur le carrelage Dans la chambre où l'édredon
rouge D'un rouge soudain éclatant Mélange ce rouge si rouge Au sang
bien plus rouge encore De Vincent à demi mort Et sage comme l'image
même De la misère et de l'amour L'enfant nue toute seule sans âge
Regarde le pauvre Vincent Foudroyé par son propre orage Qui
s'écroule sur le carreau Couché dans son plus beau tableau Et
l'orage s'en va calmé indifférent En roulant devant lui ses grands
tonneaux de sang L'éblouissant orage du génie de Vincent Et Vincent
reste là dormant rêvant râlant Et le soleil au-dessus du bordel
Comme une orange folle dans un désert sans nom Le soleil sur Arles
En hurlant tourne en rond. Paroles, 1946 Jacques PREVERT
(1900-1977)