13.06.2006
Le chaton et la marguerite

Un chaton gambadait dans les hautes herbes, tantôt reniflant un joli papillon bleu qui de ses ailes lui chatouillait le museau, tantôt essayant d’attraper entre ses pattes encore maladroite un gros bourdon qui volait lourdement de fleur en fleur en émettant son grave vrombissement. Le ratant de peu, son attention fut attirée par le ballet d’une abeille plus rapide que le bourdon, qu’il avait déjà oublié. L’abeille, les pattes chargées de pollen, esquiva facilement les coups de griffes maladroits du jeune chaton tigré et continua son butinage comme si de rien n’était. Il faut bien dire cette grande travailleuse n’a guère de temps pour jouer.
A nouveau l’attention du chaton fut détournée, cette fois par un scarabée. Le chaton lui décocha quelques coups de pattes rapides et aussitôt le scarabée se retourna sur le dos et resta immobile, les pattes en l’air. Le chaton le poussa un peu du bout de la patte, mais voyant que son nouveau copain de jeu restait immobile décida, déçu, de continuer sa route. Il fit à peine quelques mètres que le scarabée, bien heureux du tour qu’il venait de jouer à ce gros bêta de chat, reprit la sienne aussi.
Tout à coup, il sembla au chaton qu’on l’appelait,
-- Psst, psst !
Le chat grimpa sur une souche afin d’être plus haut que les herbes folles et regarda vers la grange en bois dans laquelle il passait ses nuits, douillettement emmitouflé dans un vieux pull-over jeté dans un panier en osier plus vieux encore. En fait, c’était une vielle manne à linge de laquelle ne subsistait pratiquement que le fond.
Il s’attendait à voir la fermière qui lui apportait les restes du repas de midi, un bel os de côtelette à nettoyer ou une couenne de lard bien grasse. Mais personne ne se trouvait à l’entrée de la grange. Et puis la fermière ne l’appelait jamais, elle se contentait de taper quelques coups sur l’écuelle en métal à l’aide d’une cuillère en bois. Si le chaton l’entendait, tant mieux, sinon, à son retour il devait se contenter de ce que lui avaient laissé les chats errants qui trainaient toujours en quête de nourriture, quant il ne devait pas disputer les restes à des corbeaux et même parfois à l’un ou l’autre hérisson, sans parler des invasions de fourmis, rouges ou noirs, il détestait les deux.
-- Psst, psst » entendit il une nouvelle fois.
Cette fois, il n’hésitât plus, il sauta de sa souche et couru à grands bons vers la grange.
Il pila net devant son écuelle dans laquelle ne se trouvait que quelques vieux os de poulet maintes et maintes fois reléché.
Il regarda les restes de façon circonspecte, ce n’était donc pas la fermière qui l’appelait pour son dîner.
Il comprit soudain ce qu’il se passait, c’était les deux enfants des fermiers, Riton et Julia, qui lui faisaient une farce. Ces deux délicieux garnements venaient parfois jouer avec lui. Ce n’était pas de tout repos car le chaton était trituré et retourné dans tous les sens, les deux mômes se le disputaient et le tiraient bien volontiers par la queue ou par les oreilles. Mais en contrepartie, ils lui apportaient, en cachette, un délicieux bol de lait, dans lequel ils ajoutaient parfois un morceau de beurre et lors de leur dernière visite, ils lui avaient apporté une belle grosse pelote de laine. Malheureusement, il ne put jouer longtemps avec car la fermière la trouva et la remporta. Chaton eut droit à un petit coup de ballet qu’il esquiva facilement et les deux garnements qui lui avaient apporté son jouet, à une solide réprimande. Il fait dire, à sa décharge, que le joli pull à col roulé qu’elle tricotait le soir, devant le feu de bois, était au point mort, depuis qu’elle ne retrouvais plus sa laine.
Chaton se demandait, en cherchant les deux enfants ce qu’ils lui avaient apporté cette fois. Mais il eut beau arpenté la grange dans tous les sens, il ne trouva aucun des deux enfants.
-- Psst psst !
-- Allons bon, çà commence a m’agacer se dit chaton en faisant pivoter ses oreilles en tout sens afin de capter d’où venaient ses appels. Il lui semblait que ça venait de la prairie, non loin de la souche qu’il avait escaladé tout à l’heure.
Il retourna donc dans les herbes, à pas lents, l’air faussement désinvolte mais tous les sens en éveil.
-- Psssssssst » entendit il, il se retourna vivement et se retrouva nez à nez, si on peut dire, avec une charmante marguerite qui semblait lui sourire.
Chaton se rapprocha afin de renifler la fleur.
-- Hihihihi,» s’exclama celle ci « arrêtes, tu me chatouilles »
Chatons fit un bond en hauteur, le poil hérissé, la queue en forme de goupillon et crachant de plus qu’il en fut capable.
-- Hoho, » dit la marguerite « tenterais tu de m’impressionner ? Je te connais tu sais, chaque jour je t’épie alors que tu fais tes galipettes et tes cabrioles dans les herbes et tu me fais bien rire. Surtout la fois que tu as tenté de manger ce vilain crapaud qui doit avoir un goût abject. Mais je suis certaines que tu n’es pas bien méchant »
Chaton se souvenait de cet épisode de sa courte existence. La fermière ne cessait de lui répéter que s’il n’avait pas assez avec les restes qu’elle lui apportait, il n’avait qu’à chasser les souris. Chaton était tout à fait d’accord avec la fermière, mais c’était quoi une souris ? Et le jour qu’il trouva cette bestiole à l’affreux museau, Chaton se dit que puisqu’il avait réussi à l’attraper, c’est que ce ne pouvait être qu’une souris. Mais pouah ! Si ça c’était une souris, il préférait se contenter des restes, même s’ils étaient parfois un peu maigres.
-- Et bien, si tu es si intelligente que ça, dis le moi donc toi, ce que c’est qu’une souris »
-- Mais ça, petit chaton » dit la marguerite « c’est ta maman qui doit te l’enseigner »
Chaton fut tout triste tout à coup. Les oreilles basses il confia à la fleur que sa maman l’avait abandonné dans cette grange. Quant à son père, nul ne savait qui il était mais il était certain qu’il ne devait attendre aucun aide de ce côté là. Et le chaton ponctua sa phrase d’un soupire si gros qu’il fit se balancer la fleurette sur sa tige.
Attendrie, la fleur décida de s’occuper de l’éducation du jeune félin orphelin.
-- Reste donc ici, près de moi, tapis toi dans l’herbe et écoutes les bruits, hume l’air, perçoit les mouvement avec tes moustaches mais surtout ne bouges pas, n’émet pas un son »
Le chaton écoutait les conseils de la fleur. Il se posa bien la question de savoir ce qu’une fleur pouvait bien connaître en souris mais comme lui en connaissait certainement moins encore, il décida de lui faire confiance.
Il commençait a trouver le temps long lorsqu’il entendit un léger bruissement sur sa droite. Il tourna la tête et vit une petite bestiole guère plus grosse que le crapaud mais au lieu d’une peau lisse et visqueuse, celle ci semblait avoir une fourrure.
La bestiole se dressa sur ses pattes arrière et d’un air malicieux huma les odeurs qui l’entouraient, laissant apparaître deux longues dents blanches qui lui sortaient de la bouche.
Le chaton interrogea la fleur du regard et celle ci acquiesça en lui faisant signe de ses pétales.
D’un bon, le félin sortit de sa cachette et se précipita sur sa malheureuse victime. Malheureusement, la souris senti son odeur bien trop tôt et en quelques bons elle regagna son trou. Dépité, chaton revint vers la marguerite et l’apostropha de mauvaise humeur.
-- Comment veux tu que j’attrape des bestioles qui sont aussi rapides ?
Marguerite hocha la tête en soupirant.
-- Il faut que je t’apprenne aussi l’art de chasser ? Je suis une fleur, ne l’oublies pas. Enfin, je peux te raconter ce que j’ai observé tout au long des étés que j’ai passé ici, tu en feras ce que tu voudras.
Chaton s’assit sur son postérieur, la queue enroulée autour des pattes et écouta attentivement ce que lui contait cette curieuse fleur. Parfois son attention fut détournée par l’une ou l’autre grosse mouche qui venait lui ronronner dans les oreilles, mais il fut vite rappelé à l’ordre à chaque reprise.
--D’abord, dit la fleur, tu dois rester tapis dans ta cachette et observer ta proie, attendre qu’elle se rapproche. Tu dois aussi sentir d’où vient le vent et approcher de la souris en rampant ventre à terre et contre le vent car les rongeurs, comme toi, ont un odorat très développé et ils te sentent arrivé de très loin. Enfin, quand tu juges que tu es assez près, tu bondis sur ta cachette et avec un peu de chance, ton dîner sera servi.
Chaton tenta de mettre ces conseils en pratiques mais de manière si maladroite qu’il rentra bredouille auprès de la fleur, tard dans l’après midi.
-- Et bien, s’exclama la marguerite, a voir ta moue, les rongeurs de la région n’ont pas du subir de grosses pertes aujourd’hui.
-- Rigole seulement, lui répondit Chaton vexé, tu as bien facile toi, tu plantes tes racines et tu attends qu’il pleuve.
-- Ne te fies donc pas aux apparences, en effet, je n’ai qu’à attendre qu’il pleuve, mais s’il ne pleut pas… penses tu que je puisse aller à la rivière pour me désaltérer ? Tu dois apprendre à réfléchir et non pas juger sur les apparences.
Et comme ça, jour après jour, Marguerite éduquait Chaton, tentant de le faire devenir adulte de la meilleure façon possible et surtout de l’éduquer dans le respect des autres.
Un beau jour, Chaton vient dire bonjour à sa grande amie, Marguerite, comme chaque matin, mais il ne le trouva pas dans la même grande forme que d’habitude. Son cœur n’avait plus tout à fait ce beau jaune soleil et les pétales semblaient ployer au moindre petit souffle de vent.
-- Mais que ce passe t il Marguerite, tu n’as pas bien dormi ?
-- Si, répondit la fleur, très bien dormi mais je crois que ma saison se termine tout doucement.
-- Mais qu’est ce que cela veut dire, ta saison se termine ??
Et la jolie fleur d’expliquer péniblement qu’elle ne vivait pas des années à la suite comme Chaton, mais qu’elle ne vivait que quelques semaines chaque année et puis elle mourait tout doucement pour revenir l’année suivante, aussi belle et fraîche.
Chaton ne comprenait pas tout ce que son amie la fleur lui racontait mais il sentait bien que quelque chose de grave était en train de se passer.
-- Mais, mais, tu vas mourir alors ? Tu vas partir et me laisser seul ?
-- Je vais partir en effet, mais ce n’est pas un choix, sais tu ? C’est la vie qui est comme ça.
-- Mais que vais je faire sans toi, je ne sais rien.
-- Mais si que tu sais plein de choses déjà, souviens toi de tout ce que je t’ai appris, de tout ce que je t’ai raconté et aussi tout ce que tu as découvert par toi même. Et puis, tu ne seras jamais seul puisque nous sommes amis. Et quand on a eu une fois un ami dans la vie, un véritable ami, on est plus jamais seul. Je serais toujours quelque part, non loin de toi, il suffira que tu penses à moi et tu sentiras mon amitié.
-- Et toi, demanda encore le jeune félin, les yeux mouillés de larmes qu’il tentait de retenir en vain, quand tu ne seras pas bien et que tu penseras à moi, tu me sentiras près de toi aussi ? Car je suis ton ami, tu sais ?
-- Oui Chaton, je sais que tu es mon ami, je le sens des pétales aux racines et bien sur que quand je me sentirais mal, je penserais à toi et je sentirais que tu penses à moi. Et tes pensées me seront d’un grand réconfort.
Le lendemain, dés le lever du jour, Chaton se précipita vers l’endroit où se trouvait Marguerite, il se demandait dans quel état il allait la trouver et cette pensée lu serra la gorge. Il avait raison de s’inquiéter car Marguerite n’allait pas bien du tout. Elle avait perdu la moitié de ses pétales et son cœur qui, il y a deux jours encore, donnait chaud tellement il était d’un beau jaune, virait maintenant vers le brun.
-- Je n’ai presque plus de force, lui avoua la mourante, je ne peux presque plus parler, reste là, près de moi, mon ami, tu me feras le plus grand bien.
Et Chaton resta là, auprès de son amie. Dés que le soleil commença à chauffer un peu, il s’assit sur son derrière et se redressa du plus haut qu’il put afin de lui faire un ombre de son corps. Ainsi tourna t il autour de son amie, suivant la route du soleil pour la préserver de la chaleur jusque tard dans l’après midi et il ne rentra que bien tard, épuisé et assoiffé, dans sa grange pour s’écrouler sur son vieux pull-over qui lui servait de literie.
Le jour suivant, Chaton ouvrit les yeux aux premières lueurs du jour, mais il tardait à se lever.
Peut être que Marguerite était partie durant la nuit et que ça ne valait pas la peine d’aller jusque là. Peut être qu’il pouvait faire semblant de ne pas s’être réveillé à temps.. et puis à quoi bon aller la voir, ça ne la retiendrais pas d’avantage ?
Puis Chaton se remémora tous les conseils que lui avait donné son amie la fleur, toutes les leçons, toutes les attentions. Elle n’était pas obligée pourtant, bien du contraire, elle pouvait profiter de chaque minute de sa courte vie pour s’occuper d’elle même, pour profiter du soleil, pour se réjouir des couleurs des papillons et des autres fleurs. Pour se laisser caresser par le vent et se laisser butiner par les abeilles.
Au lieu de ça, elle avait choisi de s’occuper d’un chaton borné et têtu qui ne pouvait faire la différence entre une souris et un crapaud.
Honteux d’avoir hésité, ne fus-ce que quelques secondes, plus par crainte de ce qu’il allait trouver que par égoïsme, Chaton se précipita hors de sa grange et couru au chevet de son amie mourante.
Le spectacle qu’il découvrit lui tira aussitôt les larmes.
Marguerite, le cœur brun, pendait sur sa tige toute molle, à peine à quelques centimètres du sol. Il ne lui restait qu’un seul pétale et sa voix était presque inaudible.
-- Je t’attendais, dit-elle, je ne voulais pas partir avant de te dire un dernier au revoir. Mais ne pleure pas, je reviendrais l’année prochaine, les amis se retrouvent toujours tu sais ? Je le l’ai promis !
Et le dernier pétale se détacha et fut emporté par le vent.
Chaton était effondré. Il savait qu’il n’y avait plus rien à faire, que tout était fini et il retourna à sa grange lentement, les pattes lourdes, la tête et la queue basse et se laissa tomber dans son panier.
Il resta la plusieurs jours, sans manger et presque sans boire, prostré dans son panier.
Riton et Julia, les enfants des fermiers venaient plusieurs fois par jour voir leur chaton qui dépérissait et même la fermière, inquiète, avait apporté une grosse boule faites de restes de laine de toutes les couleurs.
Mais rien n’y fit et tous se demandaient quel était ce mal qui faisait mourir, peu à peu leur petit chat tigré.
Puis, un jour, alors que toute la famille avait perdu espoir, Chaton était seul dans son panier.
Krrrr, krrrrr entendit il… Intrigué il pointa les oreilles.. krrr krrr !! Lentement il souleva la tête et jeta un regard par dessus le bord de son panier et vit un mulot bien gras qui se régalait de grains de maïs tombés d’un vieux sac de jute usé.
Aussitôt les conseils de son amie Marguerite lui revinrent à l’esprit. Ne pas se précipiter, aller contre le vent, mais dans la grange, il n’y a pas de vent, chouette !! Et ramper jusqu’à être à portée de sa proie.
Chaton se coula hors de son panier, rampa derrière quelques ballots de paille et quand il jugea que le rongeur était à sa portée, fondit sur lui et le choppa entre les pattes. Le pauvre mulot qui ne pensait qu’à se remplir le bedon de tous ces bons grains de maïs ne vit rien venir.
Chaton était aux anges, il avait enfin pu attraper une souris et ce grâce à son amie la fleur.
Bon, d’accord, en tentant de jouer avec sa souris, celle ci put s’échapper et se réfugier sous une vieille malle et bien que Chaton montât la garde durant des heures, elle ne montra plus le bout d’une moustache.
Mais ce que Chaton en avait retenu c’est que c’était donc vrai que les véritables amis ne se quittent jamais ??
Les journées passèrent, notre chaton reprit des forces autant que de la confiance en soi et devint un chasseur redoutable qui, chaque matin avant de partir à la chasse, et quand la météo le permettait, s’asseyait devant la porte de sa grange et regardait le soleil qui ressemblait étrangement au cœur de son amie qui lui manquait tellement.
Les semaines passèrent, à la fin de l’été vint l’automne, puis l’hiver. Tout ce temps, il ne put regarder le soleil à sa guise, car trop souvent caché derrière d’épaisses couches de nuages gris et opaques mais à chaque réapparition de celui ci, notre chaton soupirait de bien être et repensait à tous leurs fou rires, à toutes les bêtises qui avaient fait s’esclaffer son amie la fleur ou tout simplement à tous ces moments qu’ils avaient passé à bavarder et a rêvasser.
Et puis revint le printemps et notre chaton qui était devenu un bon gros chat bien nourri se promenait nonchalamment en humant l’air. Il croisait la route des papillons, des abeilles et des bourdons mais ne s’en souciait plus guère. Il allât à sa souche d’arbre sur laquelle il se fit copieusement les griffes.
-- Psst psst entendit il.
D’un bon, il se retourna et vit son amie, Marguerite, plus resplendissante que jamais.
D’un bon il fut sur elle, attrapa ses jolis pétales entre ses pattes et fourra son museau dans son cœur tout jaune.
-- Hihihihi, tu me chatouilles, s’écria la fleur, mais fait attention, tu es devenu trop grand pour moi, tu vas me casser la tige ! J’ai d’ailleurs hésité à t’appeler, tu es devenu si grand et fort que j’ai eu du mal à croire que c’était toi. Bien que j’étais sur que tu allais t’en sortir comme un grand, je ne pensais pas que tu deviendrais grand et fort comme un tigre.
-- Si tu savais, commença Chaton en baissant les yeux, mais se retint de dire la suite à son amie de crainte de la peiner.
Mais quand il leva les yeux vers elle et croisa son regard, il se rendit compte qu’elle savait, il ne savait pas comment cela était possible mais elle savait.
-- Je ne pensais pas que tu reviendrais, lui confia t il, j’ai douté et j’en ai honte.
-- Il n’y a pas de quoi avoir honte, c’est une erreur de jeunesse, répondit la fleur, et puis être de vrais amis a un avantage, celui de pouvoir tout se pardonner, toujours.
Les saisons passèrent, les années aussi. A chaque fin d’été, Chaton assistait son amie Marguerite dans ses derniers moments. Ils étaient triste de se quitter, certes, mais ils savaient qu’ils se retrouveraient au printemps suivant et donc la séparation ne fut plus jamais aussi dure que la première année.
Chaton qui était devenu un chasseur redouté de tous les rongeurs et la fierté des fermiers, car il avait débarrassé le grenier à grains de tous ces rongeurs, racontait lui les nouvelles, les bétises qu’avaient commis Julia et Riton, que le fermier avait eu une méchante grippe, si l’automne avait été pluvieux, si l’hiver avait été rude, comment une vache avait donné un grand coup de corne à la fermière le jour où elle les rentra à l’étable pour l’hiver et tous les petits ragots de tous les jours.
Quant à Marguerite, elle s’abstenait désormais de donner des conseils à son ami qui connaissait toutes les ficelles de la chasse mais aussi de la flémardise quand il faisait trop chaud et lui parlait plus volontiers ses souvenirs.
Puis, une année, le printemps revint accompagné de Marguerite. Aussitôt elle tourna sa jolie tête couleur or entourée de magnifiques pétales blancs dans tous les sens en quête de son ami. Mais point de Chaton en vue.
Sa souche préférée, sur laquelle il venait faire ses griffes commençait à être recouverte de mousse, signe qu’il n’était plus venu depuis quelques temps déjà.
Ce qu’elle redoutait depuis un an ou deux était arrivé cet hiver. Marguerite avait bien senti un douloureux malaise dans son cœur d’or et se doutait que cela concernait son fidèle ami.
Chaton était mort de vieillesse cet hiver. Il s’est éteint dans son sommeil, sans douleur. Julia, la fille des fermiers qui était maintenant à l’université en dernière année de médecine vétérinaire, le sentant usé, avait veillé sur lui toute la nuit.
Marguerite était anéantie, jamais au cours de ses printemps elle ne s’était sentie aussi seule et malheureuse.
Elle en venait à souhaiter une longue sècheresse afin de disparaître pour toujours quand il entendit gratter à la souche de Chaton. Elle tourna vivement la tête et ce qu’elle vit la fit chanceler sur sa tige.
Elle croyait être revenue quinze ans en arrière. Après avoir gratté copieusement la vieille souche d’arbre, Chaton parti en bondissant à la poursuite d’un joli papillon.
Naturellement ce n’était pas Chaton, son cher ami Chaton, mais une copie conforme de son ami qui lui manquait tant.
La ressemblance était tellement flagrante que Marguerite ne doutait pas un instant de qui était le papa de ce petit chat, qui se promenait non loin d’elle.
Chaton avait du rencontrer une jolie madame chat peu de temps avant de mourir et le résultat était là.
-- Et si … pensât elle ! Et elle mit son idée à exécution.
-- Psst psst ! fit Marguerite en gloussant d’avance de la farce qu’elle faisait à Chaton Junior.
Le petit chat grimpa sur une souche afin d’être plus haut que les herbes folle et regarda vers la grange où il passait ses nuits, Il s’attendait à voir la fermière qui lui apportait les restes du repas de midi…
Et ainsi l’aventure continua, comme la vie. Mais la vie n’est elle pas un éternel recommencement ?
Cela est sans doute vrai, aussi vrai que l’Amitié, la véritable Amitié est le trait d’union entre la fin d’une vie et le début d’une autre et que même la mort ne pourrait y mettre fin
17:20 Écrit par Patrick dans conte pour enfants | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : conte pour enfants, litterature, syrius






Commentaires
Bizzzz
Écrit par : Véro | 13.06.2006
Répondre à ce commentaireTe fais de gros bisous et viendrai te lire demain,...un peu plus tôt.
Écrit par : Eliane | 13.06.2006
Répondre à ce commentaireTu as raison, une réelle amitié est un sentiment indéfectible, rien ne parvient à l'ébranler... fut-ce entre un chaton et une marguerite..
Bisous belle étoile..
Écrit par : pierre de lune | 14.06.2006
Répondre à ce commentaireComme tu t'en doutes, j'ai adoré l'histoire et surtout la façon de la raconter.
Faudra quand même que tu trouves un jour quelque chose que je n'aime pas,...j'en ai marre moi de ne te faire que des compliments!
Je rigole, continue à nous émerveiller.
Kiss
Écrit par : Eliane | 14.06.2006
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Muse | 15.06.2006
Répondre à ce commentaireTrès bonne et belle journée remplie de soleil pour toi et puis reçois un bouquet de bisous remplis d'amitié!
A bientôt
Écrit par : Evelyne | 16.06.2006
Répondre à ce commentairebisous du vendredi soir...
Écrit par : pierre de lune | 16.06.2006
Répondre à ce commentaire;-)))
Écrit par : risaloca / aputsaca | 16.06.2006
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Paty | 17.06.2006
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