25.11.2006

Le ventre de la terre (slam)

Voyage dans les viscères de la terre

Où la nuit est jour, où tout est envers     

Univers composé d’un chapelet de quais

Où tout est neutre, ni triste, ni gai 

Eclairé par des rangées d’étoiles électriques     

Aux teints blafards qui n’ont rien de magique   

Il ne semble pas y avoir de bout à ce tunnel

Ne pas y avoir de temps dans ce monde surnaturel

 

Les wagons vomissent leurs lots de voyageurs

Puis ferment leurs portières et s’effacent sans rancœur                

Se terre, en glissant sans bruit, dans l’obscurité

Pour ressurgir un peu plus loin et recommencer

La foule de mi-hommes, mi-robot s’épand, se dilue    

Se précipite vers la liberté, là haut, vers les rues

Imaginant y trouver un semblant de liberté

Chassant la pensée que demain, déjà, ça va recommencer

 

L’avenir est une simple rame de métro    

Au sortir du dodo, au retour du boulot    

Chacun déambule gardant une mine sévère     

Les seuls sourires sont sur les affiches publicitaires

Les êtres tristes pensant qu’une parole aimable                  

Rend moins intelligent, plus laid ou minable

Et préfèrent errer telle une armée d’ombres grises    

Dans cet espace confiné où la vie n’est pas promise

 

Un éternel sourire dessinant ses lèvres   

Ignorant tout de cette tiède fièvre

Les cheveux flottants au gré des courants d’air 

Elle attend, tout simplement assise là, à terre  

Ces yeux bleus délavés, couleur volée à une aquarelle

Ne voient plus depuis tant et pourtant trouvent la vie belle

Elle balaye ces soucis, les petits comme les pires       

En les désarmants de son éclatant sourire        

 

Sa main douce et blanche tendue vers la générosité

Semble créer une barrière pour la protéger

Des ombres inquiètes qui passaient et repassaient

Les yeux jaunes et glauques, baissés, l’observent de biais

Craignant que cette mendiante qui mélange le jour et la nuit      

Telle une harpie, ne déroberais de leur labeur le fruit

Certains, honteux d’être heureux lui jetaient de loin 

Une piécette jaune qui tombait loin de sa petite main.

 

Chaque jour, quand je pénétrais dans ces entrailles

Au retour d’une journée de ce qu’on appelle travail

Ayant l’impression que le système m’a passé dans une presse

Repoussant chaque jour l’aboutissement de mes propres promesses

Cette petite femme éclatait de mille feux dans son tunnel

Zébrant les quais de rayons de lumière tel un petit soleil.

Et jetait à la figure des ces gens à la gueule de mouroir

Que quoi qu’il puisse arriver, il y a de la lumière, de l’espoir        

 

Puis vint la fin d’un jour et de son lot de misères

Personnes d’autre ne semblait remarquer ce bout de quai désert

Ni que ce bout de tunnel est retombé dans la pénombre

Depuis que n’est plus la, cette femme mince comme une ombre

Depuis je erre de quai en quai, de rame en rame   

Ma route semble longue, comme de Bruxelles à Amsterdam

Mais tant que je n'aurais retrouvé mon soleil aux yeux de verre

Je ramperais, tel un ver solitaire, dans les boyaux de la terre    

12:32 Écrit par Patrick dans slam | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : litterature, slam, poesie, syrius

Commentaires

c'est d'un tres grand realisme... c'est trés bien décrit... combien de gens oublient de vivre, sourire, n'aprecie même plus les choses les plus simple tout est calcul et domination en oubliant l'essentiel: vivre.... VITE travailler,VITE faire du fric,VITE faire mieux que son voisin, VITE se montrer plus malin.... mais prendre le temps de regarder ,d'ecouter sans juger.... c'est peut etre un luxe?......

Écrit par : pat | 25.11.2006

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... Amitiés Syrius et merci de tes gentils mots...

Écrit par : Maire Lanson | 25.11.2006

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tiens, tiens... Ca me fait penser à une situation que j'ai bien connue.. Il s'appelait Georges et faisait la manche dans le souterrain de la gare. J'ai bien essayé de l'aider, mais il a sombré...
Bigs bisous belle étoile, à tout bientôt..

Écrit par : pierre de lune | 27.11.2006

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Si vrai mais tout beau, son regard dit simplement ce ça !

Écrit par : ... | 29.11.2006

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