11.02.2007

Le bûcheron amateur - Part II

 

Deuxième partie



Henri hésitait à s’attaquer à un dernier arbre. Ce soir sa nouvelle petite amie, Isabelle, venait dîner chez lui et il avait intérêt à être en forme. Il avait l’intention de sortir le grand jeu avec les bougies, lumières tamisées et tout le toutim et de donner l’estocade avec le coup du feu ouvert.

Finalement il décida de couper un dernier gros bouleau, une haute boule comme on les appelait dans cette contrée, car au  du siècle, on taillait dans la base du tronc, une boule de bois qui servait dans les jeux de quilles.

L’arbre  penchait un peu du mauvais côté et il aurait aimé le redresser afin de ne pas avoir une trop longue distance a parcourir pour mettre ses bûches sur le tas et aussi l’empêcher de tomber contre d’autres arbres, ce qui aurait rendu le débitage bien plus difficile. 

Il découpa donc un quartier dans l’arbre, du côté qu’il voulait le faire tomber puis entama l’autre côté d’un large coup de tronçonneuse et y inséra un de ses coins d’acier qu’il enfonça à grands coups de merlin afin de le faire pencher du côté désiré. 

Mauvaise idée, le coin se coinça dans la fissure. En poussant un gros juron à haute voix, il alla chercher son deuxième coin et recommença l’opération pour en arriver au même résultat, le deuxième coin se bloqua également.

Il se mit alors à tapoter les coins du bout de son merlin afin de les décoincer. Un des deux coins bougeait un peu mais pas suffisamment rapidement  pour Henri qui commençait à s’énerver passablement.

Faisant fi de toutes mesures de sécurité, il plongeât la main dans la fente et agrippa le coin à pleine main. C’est à ce moment que dans un petit craquement sinistre, l’arbre vacilla de quelques centimètres emprisonnant la main de Henri dans l’interstice.


Henri poussa un hurlement de douleur puis resta la bouche grande ouverte alors que plus un son n’en sortait. Il venait de se rendre compte qu’il souffrait à peine et qu’il avait hurlé plus de panique que de mal.

Il tira sur sa main et poussa à nouveau un cri, cette fois réellement de douleur car, en tirant de cette manière, il s’enfonçait des échardes dans la peau. De plus, il comprit rapidement qu’il n’arriverait jamais à dégager sa main de cette manière.

Il s’arc-bouta contre le tronc et poussa de toutes ces forces avec son épaule gauche contre le tronc pour tenter de le pousser du coté opposé afin que la fente s’écarte un peu et lui laisse se dégager.

Si la cime vacillait un peu, il ne pouvait donner suffisamment de force pour bouger la base..

Dans un mouvement de découragement, Henri s’assit à côté de l’arbre en poussant un juron qui aurait fait rougir un charretier.

« Et bien, je ne suis pas dans la m… »  se dit-il, je ne serais jamais à l’heure à la maison pour accueillir ma dulcinée.

Il jeta un coup d’œil autour de lui, cherchant un morceau de bois assez solide pour faire levier et délivrer sa main.

En s’étendant au maximum, il parvient à attraper, du bout des doigts, un morceau de bois mort. Aussitôt il l’enserra dans la fente et poussa vers le bas en y mettant tout son poids, mais au lieu de libérer sa main, ce fut le bout de bois qui émit un craquement semblable à celui d’un os qui se brise.

11:30 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : litterature, nouvelle

Commentaires

eh bien Le pauvre...sa soirée est mal barrée..pour ta consigne d'écriture une bloggueuse s'est proposée de la faire elle l'inspire... j'espère que tu ira au moins nous lire ;o) Bonne nuit

Écrit par : L'elfe | 11.02.2007

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