13.02.2007

Le bûcheron amateur - Part IV

 

Quatrième partie


Cette fois le soleil descendait plus vite derrière les arbres et il ne tarderait pas à faire nuit.

Il semblait à Henri que le soleil percutait la planète, là-bas, derrière les arbres embrasant le ciel et le dessous des nuages de feu rouge, pourpre et presque mauve.

En temps normal, une telle beauté aurait ému notre bûcheron amateur mais en ce moment seul la pensée de rester seul dans ce bois le taraudait.

Son portable se remit à sonner dans son sac, là-bas, à quelques mètres. Sept ou huit sonneries, Henri ne se souvenait plus du nombre qu’il avait décidé avant que le répondeur ne prenne la relève. Quelques minutes passèrent puis la sonnerie repris, « La Cucaracha » !! Quelle idée stupide d’avoir choisi cette sonnerie se dit-il.

A chaque fois que la sonnerie s’interrompait, le silence retombait comme un couvercle de cercueil, lourd et oppressant.

Plus rien ne bougeait dans ce bois sur lequel la nuit achevait de s’installer.

Tout à coup, au loin, un bruit de moteur. Sans doute un autre bûcheron qui rentrait en charriant une remorque de bois coupé.

Henri se mit à hurler au secours. Il s’égosilla une longue minute puis se tu et écouta. Le bruit de tracteur s’était rapproché mais n’avait pas ralenti.

- Ce con ne m’entend pas s’exclama t il à haute voix et il se remit à hurler à haute voix jusqu’à ce qu’il ne sorte plus qu’un son rauque de sa gorge.

A ce moment il songea a nouveau à sa tronçonneuse. Il glissa aussitôt son pied dans la poignée, bloqua la gâchette et tira la ficelle. Comme tout à l’heure, la machine démarra au premier coup.

Le chauffeur du tracteur trouverait certainement insolite que quelqu’un travaille encore dans cette pénombre et pour en être sur il donnait de furieux coup de gaz. Il coupa le moteur de sa machine et écouta. Le tracteur était plus proche encore mais n’avait toujours pas ralenti.

Henri relança aussitôt le moteur de sa machine et cette fois donnait des coups de gaz dans un ordre bien régulier, trois coups brefs, trois coups longs, trois coups brefs. S.O.S. !

Mais Henri doutait que ce « bouseux » connaisse le morse. Quoi que, s’il a un certain âge, il a du faire son service militaire et connaître les rudiments du morse.

Il continua à lancer son SOS à grands coups de gaz jusqu’à ce que la machine s’arrête, après quelques toussotements.

Panne d’essence.

Henri tendit à nouveau l’oreille mais, cette fois, le tracteur s’éloignait. Le conducteur ne devait pas connaître le morse, à moins que le moteur du tracteur a couvert celui de la tronçonneuse, tout simplement.

Anéanti, il s’assit dans les feuilles mortes et humides se disant qu’il devait faire une posture bizarre avec cette main coincée dans cet arbre.

Son portable se remit à sonner. Henri était certain que c’était sa petite amie, d’ailleurs il lui semblait que la sonnerie était plus nerveuse. Quel heure pouvait il bien être à présent ? Peut être était elle déjà devant la porte et se demandait pourquoi je n’étais pas là. Sans doute va t elle prévenir la police et vont ils entamer des recherches. Est-ce qu’il lui avait dit qu’il passait sa journée au bois ? Il en était presque sur. Presque…

Pendant pratiquement une demi heure le portable sonna à intervalles réguliers puis cessa.

11:30 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : litterature, nouvelle

Commentaires

COUCOU je me laisse bercer par la musique,je viendrai lire la suite Bisous

Écrit par : 1650zaza | 13.02.2007

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