16.02.2007
Le bûcheron amateur - Suite et fin.
Septième partie et fin.
Le samedi suivant, un riche propriétaire qui habitait quelque kilomètres plus loin, organisait une battue au gros gibier.
Tard dans l’après midi, tandis que les chasseurs se dirigeaient vers le château au volant de leurs puissantes voitures aux quatre roues motrices et salivaient par avance après le repas bien arrosé qui les attendaient, les traqueurs vidaient les victimes de la journée.
Un d’eux, un bonnet de laine troué sur la tête et un mégot éteint et jaunâtre collé à la lèvre inférieure, planta son couteau de chasse dans la panse d’un gros sanglier, l’ouvrit de haut en bas et plongeât ses mains aux ongles crasseux à l’intérieur pour en extraire les entrailles encore tièdes.
Alors que les boyaux tombèrent à ces pieds dans un gargouillis répugnant et éclaboussait ses bottes, il lui sembla voir un éclair brillant au milieu des tripes gris verdâtre qui gisaient à ses pieds.
De la pointe de son couteau il farfouilla dans la masse malodorante jusqu’à ce qu’il entende le « tic » que fit son couteau en touchant un objet en métal. Le traqueur y regarda plus près et découvrit une bague, ou plutôt une chevalière.
Elle semblait en or et un gros caillou y était incrusté.
En nettoyant la chevalière sur son blouson, il jeta un coup d’œil aux autres traqueurs, mais personne n’avait remarqué son manège. Tant mieux car il n’était pas partageur.
Une fois la bague débarrassée du plus gros de la crasse qui la recouvrait, il la fit disparaître dans sa poche en se réjouissant d’avance du nombre de chopes qu’il pourra s’offrir au troquet du coin avec l’argent de la revente du bijou.
Il ne doutait pas qu’il tirerait bien cinquante euros de sa trouvaille, peut être même soixante, ignorant que la chevalière de Henri était transmise de père en fils depuis quatre générations et que le brillant qui l’ornait valait à lui seul plusieurs dizaine de fois ce qu’il comptait en tirer.
Il explora les restes du sanglier de la pointe de son couteau, espérant trouver encore l’un ou l’autre bijou mais du ce satisfaire de son butin.
Début juin de l’année suivante, Isabelle se mariait avec le collègue de bureau de Henri. Ils avaient fait plus amples connaissance à l’enterrement de Henri et ne s’étaient plus quittés depuis.
Il paraît que le traqueur qui trouva la chevalière de Henri fêta un peu trop le pactole qu’il put tirer de la revente du bijou, étonné qu’il était que l’acheteur lui donna les deux cents euro qu’il demanda, en prévision de tractations acharnée.
Il enroula sa voiture autour d’un arbre en rentrant chez lui, tard dans la nuit et fut tué sur le coup.
Ainsi va la vie… paraît-il..
11:52 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : litterature, nouvelle






Commentaires
c'est encore une superbe histoire, j'avais des frissons en te lisant!!!
Au moins, elle va décourager, j'espère, les bûcherons amateurs!
Belle journée à toi, et bisous de la lune...
Écrit par : pierre de lune | 17.02.2007
Répondre à ce commentaireAmitié Ben
Écrit par : ben | 17.02.2007
Répondre à ce commentaireJ'en ai entendu beaucoup , mais celle-la ! ;-)
Écrit par : Pascal | 18.02.2007
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