22.03.2007
Le temps des cabanes.
Après le termps des cathédrales, voici le temps des cabanes... chacun fait selon ses moyens.. ![]()
Où est passé le temps des cabanes dans les arbres ? Celles que nous bâtissions dans les vieux saules maintes et maintes fois pourfendus par la foudre et qui poussaient en bordure des marécages.
Quelques planches trouvées ci et là, des bouts de branches sciées quand nous arrivions à dérober une scie aux parents, des bouts de ficelles et des vieux clous rouillés, redressés à coups de caillou et le tour était joué. En guise d’échelle, une corde à nœuds que nous remontions tel un pont-levis pour nous retrancher.
Où sont les festins que nous y organisions ? Les saucisses en boite réchauffées à la flamme d’un petit feu de bois, les tubes de lait concentré sucré, les pommes trop vertes et les bonne grosses prunes pourpres à chair jaune que nous allions marauder dans le verger de la grosse Georgette, le tout arrosé de d’eau au sirop de grenadine que nous emportions dans nos gourdes ou, parfois, à la limonade au citron dans une bouteille en verre qui se fermait avec un gros bouchon retenu par des boucles de fer. Et puis nous allions rapporter la vidange au magasin et nous l’échangions contre des friandises, surtout des Oh la la à la fraise ou au chocolat.
En échange d’une bouteille vide il y avait moyen d’avoir des bonbons pour tout le monde, en ce temps là.
Et puis certains jours nous conduisions un prisonnier à notre cabane, et surtout une prisonnière à qui nous allions faire subir les pires sévisses, bien que nous ne sachions pas très bien ce que ça voulait dire. En fait de sévisse, c’était bien souvent la prisonnière qui nous en infligeaient un en nous donnant un gros bisou collant sur notre joue rougissante en nous quittant.
Où sont passées les batailles à coups de pétard à mèche ? Ceux qui nous faisaient rentrer avec les bouts des doigts brûlés car trop attendu pour jeter le pétard, ou avec les oreilles qui sifflaient car il avait exploser trop près.
Ou est passé le temps où nous trouvions de magnifiques diamants, saphir, émeraudes et autres pierres précieuses sur la décharge de la verrerie voisine, fermée depuis bien des années et dont nous revenions tout écorchés mais chargés de trésors à la valeur inestimables.
Où sont passées les journées de glissade sur la neige ? Quand nous dévalions la rue à toute vitesse, un capot de voiture en guise de traîneau et les conducteurs des rares voitures nous laissaient la place en nous engueulant mais avec un sourire en coin.
Où sont passés les moments que nous passions dans les marais à couper des roseaux « des biroutes de velours » comme nous les appelions, pour ensuite aller les revendre aux gens du village, pour ce faire un peu de sous.
Où sont passés les moments que nous passions dans les marres nauséabondes « les trous de bombes » comme nous les appelions, car comme leur nom l’indique, un avion qui ce serait délester de ces bombes dans cette prairie durant la dernière guerre, serait à l’origine de ces trous.
Nous y chassions les grenouilles, juste pour le plaisir de voir qui en aurait le plus et ensuite les relâcher pour rentrer chez soi dégoûtant et puant et parfois accompagné d’hôtes indésirables tel des sangsues dont les plus âgés nous débarrassaient en les brûlant à la cigarette, comme ils l’avaient vu faire dans un western.
Où est passé le moment que, pour la première fois, un de nous a préféré aller se promener main dans la main avec une jolie jeune fille au lieu de traîner avec les autres ? Le moment du premier baiser volé, des premiers yeux dans les yeux et même parfois une main qui s’égarait sur un genou cagneux.
Mais ils sont là tous ces moments.. dans nos pensées, dans nos coeurs.. il suffit de fermer les yeux pour les revivre... un peu, rien qu'un peu.
10:08 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie






Commentaires
J'avoue ! Je viens de fermer les yeux !!
A bientôt.
Écrit par : Michel | 22.03.2007
Répondre à ce commentaireMoi aussi, j'aime fermer les yeux et me replonger dans cette époque de l' insouciance.
Bisous, Syrius
Écrit par : Eliane | 24.03.2007
Répondre à ce commentaireC'est très doux à lire tout cela et oui le passé peut revivre en nos pensées et donc faire partie de notre présent.
Gros bisou amical
Yasmina
Écrit par : Yasmina | 24.03.2007
Répondre à ce commentairemerci et très bonne soirée
Écrit par : bernard | 30.03.2007
Répondre à ce commentaireBisous
Écrit par : Fanny | 02.04.2007
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