28.09.2006

Les Elfes Lumineuses et le Mage Noir (part II)

mage

 

Part 2

 

 

 

Le mage noir aurait aimé asservir le peuple des Elfes lumineuses, en faire une troupe de petites ouvrières ou de petites domestique entièrement à son service et au temps où la sorcière Remulda était au sommet de sa gloire, elle coursait les Elfes en plein air à l’aide de son balai magique et était parvenue à en attraper quelque unes. Heureusement pour les Elfes et grâce à leurs ailes, elles parvenaient a s’échapper dés qu’on leur donnait un travail à faire hors de leur cage.

Depuis que la sorcière avait perdu la raison, il n’y avait eu plus une seule capture. Mové le mage avait bien tenté une fois monter le balai magique devenu fou et de le chevaucher pour tenter de le dompter mais mal lui en pris.

Le balai avait refusé de se laisser faire et tenté de se débarrasser de son cavalier par tous les moyens.

Le mage s’en sorti avec un chapeau complètement aplati contre le plafond de la masure, d’une série de bosses impressionnantes sur le crâne et d’une migraine qui dura trois jours. Depuis il n’avait plus tenté de détourner le balai fou de son nettoyage perpétuel.

 

Mové riait bien, à présent, de toutes ces mésaventures, car il avait trouvé le moyen de capturer toutes les Elfes en une seule fois et définitivement. Pour ce faire, il raconta aux elfes qu’il désirait faire la paix et qu’il les invitaient toutes à un banquet durant lequel il leur ferait part de son repentir et en guise de cadeau, il offrirait aux Elfes une éternelle pénombre.

En fait, Mové, grâce à des formules magiques retrouvées dans des grimoires qui dataient de temps immémoriaux était parvenu à détourner une des sept planètes sombres de notre système solaire et de la faire passer devant le soleil, provocant de cette manière une éclipse totale.

Les Elfes n’avaient aucune connaissance des sept planètes sombres et n’avaient donc aucune raisons de se méfier, ne connaissant, comme les humains que le système solaire dit « lumière »  qui tournait parfaitement rond autour du soleil.

Ce soleil que craignaient les Elfes car la chaleur de celui-ci ferait se chiffonner leurs ailes si fines et si fragiles.

Peu avant l’heure de l’éclipse, Mové se présenta dans la clairière au milieu de laquelle se dressait le chêne millénaire qui était l’abri du peuple des Elfes Lumineuse. Il portait son vieux grimoire sous le bras, Tonneau tirait derrière lui un grand chaudron plein de ratatouille destinée au banquet et Remulda traînait, à grand peine, une grande carafe d’Hydromel.

Mové ignorait si les Elfes aimaient la ratatouille aux carottes mais de toute façon elles n’auraient sans doute pas le temps d’y goûter.  Après les avoir un peu enivrées avec l’hydromel, elles auraient la surprise de leur vie.

 

 

27.09.2006

Les Elfes Lumineuses et le Mage Noir (part III)

chaudron

 

Part III

 

A l’heure que l’éclipse devait commencer selon les calculs du mage, il sorti son grimoire aux feuilles jaunies et craquelées et commença a réciter de fausses formules, tentant de faire croire qu’il ferait tomber la nuit définitivement. A peine eut il terminé ses fausses incantations que la planète sombre déviée de sa route, commençait a grignoter le soleil.

Les Elfes lumineuses qui doutaient autant de l’honnêteté du Mage Noir qu’elles ne craignaient le soleil, étaient restées à l’abri dans les anfractuosités de leur chêne, mais la pénombre envahissant la clairière, les plus hardies commençaient à s’aventurer à l’extérieur suivies bientôt des plus craintives, alors que le silence s’abattait sur la clairière.

Les animaux diurnes avaient regagnés leur tanière, leur nid ou leur couche tandis que les diurnes jugeaient ne pas avoir suffisamment dormi et ne sortaient pas des leurs.

Bientôt, le disque de la planète sombre recouvrait totalement le soleil et  la pénombre fut totale.

Les elfes commencèrent à tournoyer à l’aide de leurs petites ailes translucides et leurs cris de joie déchirèrent le silence impressionnant qui avait régné durant quelques minutes sur cette portion de forêt.

C’était un réel enchantement de voir tournoyer ces centaines d’elfes qui laissaient de longs traits lumineux derrière elles, elles riaient et chantaient comme de petites folles, ravies qu’elles étaient de désormais ne plus devoir craindre le soleil et de pouvoir sortir quand bon leur semblerait. Parfois, deux d’entres elles se percutaient en vol, provoquant une gerbe d’étincelles en même temps qu’un fou rire.

Tonneau, en gros bêta qu’il était, applaudissait ce spectacle des deux mains en riant bêtement, sous l’œil désapprobateur du Mage, tandis que Remulda, insensible à ce qu’il se passait autour d’elle réfléchissait au repas du lendemain.

Elle optât, une fois de plus pour de la poule au pot, quand Mové lui signifiât, d’un grand coup de coude dans les côtes, qu’il était temps de déboucher la carafe d’hydromel, qu’elle servit généreusement dans de grands gobelets fait avec les cupules des glands de chêne.

La fête battait son plein quand le disque de la planète sombre commençait a glisser de l’autre côté du soleil et que la clarté renaissait.  Le peuple des Elfes commençait a pousser des petits cris d’étonnement et de frayeur mais le Mage les calma temporairement en leur expliquant qu’il ne s’agissait qu’une petite erreur de calcul et replongeat le nez dans son grimoire faisant mine de chercher la solution.

Tout cela pour gagner quelques précieuse minutes.

Quand les elfes se rendirent compte de la supercherie, la panique et les effets de l’hydromel leur firent perdre tous leur moyens.  Elles voletèrent dans tous les sens, certaines se télescopaient en plein vol et peu purent retrouver leur abri.

Quant aux autres, le soleil, reconquérant son bien, vint leur caresser les ailes de ces rayons vifs et chauds.

Ces petites ailes si fines et si fragiles qui ne tardèrent pas à sécher et se recroqueviller comme de vieilles feuilles tombées d’un arbre en automne.

Les unes après les autres les petites Elfes perdirent de l’altitude et churent sur le sol recouvert de feuilles.

Il ne restait plus, à Mové le Mage et son vilain homme à tout faire, d’attraper les pauvres Demoiselles du Soir avec de grands filets à papillons et de les entasser, pêle-mêle,  dans de crasseux sacs de jute.

Remulda, la sorcière qui avait une araignée dans le plafond, courrait aussi dans tous les sens, mais elle tentait d’attraper de vrais papillons. Ce qui lui attira des mots peu gentils de la part du Mage qui, étant habitué à se faire servir, était tout rouge et en sueur à force de courir après les Elfes.

 

Enfin, toutes ces pauvres Elfes finirent dans un des sacs et furent transportés dans la masure du Mage où elles furent renversées, sans ménagement, sur le sol.

 

..... à suivre....

26.09.2006

Les Elfes Lumineuses et le Mage Noir (part IV)

grimoire

 

Part 4

 

Aussitôt le Mage noir, bavant de satisfaction, attribua des tâches à toute ses nouvelles esclaves et pour ne pas qu’aucune ne trichent ou tout simplement pour s’y retrouver lui même, le mage ne trouva rien de mieux que de tracer une croix à la peinture sur le derrière lumineux des malheureuses..

Rouge pour celles qui devaient piler les condiments destinés aux filtres magiques, noir pour celles qui devaient entretenir le fourneau, jaune pour celles destinées au service domestique, blanche pour celles qui faisaient de la lumière, vert pour celles qui étaient chargée de tenir ouvert le grimoire du mage, hé oui, il ne se refusait plus rien… oranges pour celles qui étaient chargées d' …. éplucher les carottes pour Remulda, et ainsi de suite pour toutes les tâches imaginables.

Les Elfes étaient furieuses d’avoir leur derrière peint de la sorte mais surtout de s’être laissé berner par ce mage dont elles connaissaient pourtant que trop bien le vilains défauts. Mais comment faire pour s’échapper sans ailes ??

La porte était toujours solidement fermée, les vitres aux fenêtres bien épaisses et lors des rares sorties pour aller cueillir les plantes médicinales, les Elfes étaient gardés par Tonneau, armé d’un énorme filet à papillon.

De plus, ce vilain nabot, malgré ces jambes affreusement arquées, était capable de se déplacer à vive allure et chaque tentative d’évasion c’était soldée par un échec et ponctuée d’une punition. Pour unique repas, les épluchures des carottes de Remulda ou les restes de la poule au pot, mais pour ce, elles passaient après ce goinfre de Tonneau qui parfois, ne laissait même pas les os !

 

Mové le Mage était le plus heureux des mages. Il était puissant puisque à la tête d’une armée d’esclaves et ce sentais si fort et intelligent qu’il était sur que plus rien de fâcheux ne pourrait lui arriver.

En cette fin de journée, il se promenait dans la clairière des Elfes lumineuses. Il leva les yeux au ciel et jubilait car il n’aperçu qu’une dizaine de Elfes, qui d’ailleurs s’empressèrent d’aller se mettre à l’abri. C’était celles qui avaient échappé à son traquenard. A part ça, rien d’autre dans le ciel.

Rien d’autre… à part quelques corneilles !!! Et même pas mal de corneilles qui volaient autour du chêne millénaire et se posaient sur ses branches ou encore sur les branches des arbres en bordure de la clairière. Et toutes regardaient le Mage d’un œil mauvais.

Le lendemain, Mové se rémora l’attroupement de corneilles et après avoir distribué leurs tâches à toutes ses esclaves, reparti se promener vers la clairière des Elfes.

Le rassemblement de corneilles avait considérablement augmenté, doublé, voir triplé et le mage ne se sentait pas du tout à son aises avec ces centaines d’yeux noirs fixés sur lui.

Mové était intrigué et même inquiet et se promit d’aller compulser ses grimoires dés son retour, question de voir s’il y avait déjà eu des rassemblements de corneilles tel qu’aujourd’hui.

Il arriva de très mauvaise humeur à sa masure car une partie des corneilles l’avait suivi jusque chez lui et sa mauvaise humeur se répercuta sur ses petites souffre-douleur.

 

25.09.2006

Les Elfes Lunineuses et le Mage Noir.(part V)

corbeau22

 

Part 5

 

Aussitôt il leur fit sortir des étagères, des grimoires plus vieux et plus poussiéreux les uns que les autres.

Elles devaient parfois se mettre à trente ou quarante pour les porter tellement certains étaient lourds.

Patiemment il les feuilleta, page par page, à la recherche d’évènements qui évoquaient de gros rassemblement de corneilles.

Et tout à coup, son visage s’illumina en tapotant une page d’un doigt prolongé d’un ongle crasseux.

La page relatait l’histoire d’un misérable sorcier qui était parvenu à capturer quelques dizaines d’Elfes Lumineuses à l’aide d’un filet géant qu’il fit tomber depuis un arbre.

Il avait ensuit réduit les Elfes en esclavage après les avoir exposés au soleil pour leur brûler les ailes.

Quelques jours plus tard, des centaines de corneilles s’étaient rassemblées près de la maisonnette du sorcier et était parvenu à libérer les malheureuses. Il n’était pas indiqué comment les corneilles avaient procédé mais bien pourquoi. Les Elfes Lumineuses sont tout simplement les alliées des corneilles depuis la nuit des temps, mais aussi leur guérisseuses.

Elles possèdent elles aussi des dons de magie, mais contrairement au Mage Noir et à la sorcière Remulda, les Elfes employaient leurs dons pour faire le bien autour d’elles.

De plus, en période de disette, grâce à leur petite lumière et en se postant à plusieurs la nuit au bord d’un lac, elles attiraient sur la rive quelques poissons trop curieux.

Ce qui, à une année perdue dans les recoins du calendrier magique, avait sauvé le peuple des corneilles de la famine. C’est à cette époque que le Maître des corneilles promît protection éternelle aux Elfes Lumineuses.

 

Le Mage Mové partit dans un grand fou rire mauvais. Il se dit que ce sorcier dans le grimoire ne devait pas être bien futé pour s’être laissé déposséder de ses esclaves aussi aisément et qu’à lui, le grand Mage Noir qui avait asservis le peuple entier des Elfes, il faudrait bien plus que quelques emplumés pour le vaincre.

Et comme pour renforcer ses paroles, il sortit dans la clairière, s’arma d’une poignée de cailloux qu’il s’empressa de jeter vers les corneilles.

Plitch !!!

Pour toute réponse, il lui arriva une fiente au beau milieu du front.

Le Mage Noir, vexé, se mit en colère et jeta une rafale de cailloux en direction des corneilles.

Plitch, platch, plitch !!!

De nouvelles fientes lui percutèrent le crâne et lui coulèrent dans les yeux.

Ivre de colère, le Mage se mit à jurer, à invoquer les puissances des ténèbres et à maudire tout à ce dont il pensait, y compris les Elfes et ces corneilles stupides.

Ça en était trop pour les corneilles qui vinrent le bombarder de fiente et qui, dés qu’il fut enliser dans le caca, vinrent lui pincer le nez et les fesses de leurs bec puissants.

Tonneau et Remulda, qui avait encore en mains ces éternelles carottes, accoururent, attiré par les cris du Mage et les croassements des corneilles. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, ils subirent le même sort que leur patron.

Les trois compères s’enfuirent en glissant et dérapant sur la fiente et nul ne les revit dans la contrée.

Quant aux Elfes, les corneilles eurent vite fait de casser une vitre pour entrer dans la masure et, dés le soir venu elles furent évacuées une à une sur le dos de leurs amies volantes et conduites à leur chêne millénaire où elles purent se soigner et attendre que leurs ailes délicates repoussent.

 

Dernièrement, le bruit courut qu’à des lieues et des lieues de la clairière des Elfes, on avait aperçu un homme portant un chapeau pointu, qui agitait les bras sous une cape noire en poussant des croassements. Certains allèrent même  jusqu’à prétendre qu’il s’agissait de Mové, le Mage noir.

Personnellement, je crois plutôt qu’il s’agit d’une fable…

 

15.09.2006

Le roman.

La vie est un livre dont on tourne les pages

A chacune nous découvrons un nouvel âge

Doucement nous voguons entre les lignes

En tentant tout au long de rester digne            

Vivons au son du crissement de la plume

Qui rappelle celui des pneus sur le bitume

En partant de grand matin depuis le prologue

Tentons d’atteindre sans encombre l’épilogue 

 

Ce livre, peut être une douce romance       

Qui nous fait vivre dans un monde intense

Un univers sans interdits et sans barrières      

Car il reflétera notre monde imaginaire

Il pourra être un roman d’amour       

Avec des mots rouges comme toujours

Peut être un roman d’horreur et d’épouvante

Ou encore d’un style bonbon à la menthe

 

Le lisant, certains prendront de l’avance 

Et n’y verrons qu’un signe de la chance

D’autres, au caractère plus amer      

Ne jetterons pas un regard en arrière

Sur celui qui prendra du retard

En le traitant mentalement d’ignare

Et se disant sans trop y croire    

Qu’il s’est juste trompé d’histoire

 

Certains seront à la traîne  

Trouverons que leur vie est vaine

Ne verrons devant eu que les dos

De ceux se nourrissent d’autres mots

Et pour les rattraper sauterons un chapitre    

Mais se rendront compte à juste titre

Que dans ce livre à vivre à perdre haleine

Chaque mot, chaque lettre vaut la peine

 

Parfois dans un accès de rage    

Il arrive que l’on arrache des pages

Coupant  ainsi tous les ponts      

Avec ces autres que l’on ne juge pas bon

Mettant un terme à une histoire 

Effaçant les acteurs de sa mémoire   

Oubliant que de cette façon nuisible  

Le fil de l’histoire en devient illisible

 

Tout ce blabla simplement pour dire 

Que ce roman, avant de terminer de le lire

N’oublions rien du vécu de ce livre

Pensons à ceux qui nous ont aidé à vivre

Retournons nous vers ceux qui peinent à avancer

Ne perdons pas de vue ceux qui les étapes ont brûlés

Et vivons pleinement cette douce harmonie      

Dont on soupire communément, quelle vie.

14:34 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius

09.09.2006

Promenade

Le jour se lève péniblement, comme à regret, le son du souffle du vent entre les arbres ressemble à un long bâillement et

la nuit s’étire puis se retire lentement, laissant place à une brume légère qui,  ressemblant à un duvet, semble vouloir garder le sous bois au chaud.

J’avance précautionneusement, veillant à poser chaque pas sur le doux tapis d’aiguilles de pin qui recouvre le sol et à éviter les branches mortes qui, dans ce calme surnaturel,  feraient un bruit assourdissant en se brisant sous mon poids.

L’atmosphère singulière qui règne dans cette forêt, mes pieds qui s’enfoncent dans l’épais tapis d’humus, me donnant l’impression de flotter, la tête dans la brume et les yeux émerveillés par les couleurs rouge, jaune vif, cuivre et or de la pluie de feuilles mortes tombants des arbres en cet automne naissant me donne l’impression d’évoluer dans un conte de fée et je souris en pensant que je ne serais même pas étonné si, brusquement, un farfadet surgissait de derrière un tronc pour me faire sursauter ou me faire un croc en jambe et puis s’enfuirait en riant ou si je sentais sur mon visage, le souffle des ailes de quelques elfes qui, curieuses d’observer ce visiteur incongru, viendraient me voleter autour.

Alors que le jour finissait de s’installer et que les derniers lambeaux de brume tentaient désespérément de s’accrocher à la cime des arbres, rêvant d’empêcher le soleil encore froid d’atteindre le sol,  je vis celui que j’espérais trouver ce matin : un cerf majestueux se trouvait en contrebas,

J’avais de la chance car le vent venait de son côté et il ne me senti pas. Il avançait nonchalamment en quête de nourriture.

Lentement, je m’accroupis derrière une grosse souche pour observer amoureusement ce Roi de la forêt.

Sa majesté s’arrêta sur un rocher qui surplombe un petit ravin et de cette manière, semblait plus géant encore.

Son pelage luisait sous les premiers rayons de soleil et le jeu de la lumière soulignait ses muscles. Il était fort et fier et dans ces yeux et ressemblait réellement à un monarque qui réfléchit au bien-être de son peuple.

Brusquement inquiet, il leva la tête et la tourna vers moi, ses bois gigantesques tentaient de griffer le ciel et il me semblait qu’il ne manquait pas beaucoup pour qu’ils y parviennent. Il ne m’avait pas vu mais son instinct le prévenait qu’il y avait une menace, là,  pas loin.

Il tourna la tête en tout sens, les naseaux humant l’air puis se tourna une nouvelle fois vers moi. J’étais certain que Sa Majesté le cerf ne pouvait me voir mais qu’il savait néanmoins que j’étais la.

Son regard se fit plus perçant, peut être plus dur face à cet intrus qui empiétais sur son territoire, qui envahissait son royaume.

Et brusquement, choisissant la sécurité, le cerf démarra en trombe et en quelques secondes disparu dans la forêt, débusquant au passage un magnifique lièvre que je n’avais pas vu et qui s’enfuit, plus vite encore, dans la direction opposée.

Je me relevais, un peu courbatu, de ma cachette inconfortable, mais déjà ravi par cette journée qui commençait  à peine.

Je repris mon exploration,  il y aura tellement de choses à voir dans cette forêt par cette journée qui s’annonçait radieuse et j’errerais sans doute dans ces bois jusqu’à ce que la nuit vienne me réclamer son bien.

11:41 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : litterature, syrius

28.08.2006

Maudite vieillesse.

Pourquoi mon esprit,

N’a-t-il pas vieilli

Pourquoi n’a-t-il pas les maux

Que rencontre ma peau

Pourquoi lorsque que je parle une langue

Les mots les plus simples me manquent

Et que lorsque je réfléchis        

Mes mots s’enfuient, les maudits.

Pourquoi mes jambes, pourtant pas de bois

Peinent elles tant à porter mon poids

  Et que mon dos ne cesse de craquer    

     Lorsque je tente de le décourber          

Pourquoi mes doigts recroquevillés

Laisse tous les objets s’échapper

Et que mon ouie tant de fois ravie

Ne perçoit plus que des bizarreries

Pourquoi est ce que mes yeux  

Ne se sentent jamais mieux

Que quand ils s’égarent

Au bout du quai d’une gare

Pourquoi est ce que mes mains 

S’agitent dans l’air, en vain

Cherchant loin dans l’espace

Des choses qui n’y ont pas leur place

Que mes pieds leur chemin ne retrouve plus

Dans cette immense salle des pas perdus

Et que je ressens dans mes viscères

Que je ne le retrouverais plus guère.

Pourquoi mon esprit, lui

N’a-t-il pas vieilli

Et qu’en conservant toute sa finesse

Il m’éclabousse de ma vieillesse.

 

09:56 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poesie, syrius, litterature

19.08.2006

Les quatre saisons : l'été.

 

 

Illustration : "Les coquelicots" de Claude Monet.

          

L’été, la langoureuse

 

Enfin voilà l’été pour boucler la boucle. Saison langoureuse ou saison spectacle ?

Langoureuse car sous ta chaleur le temps s’élonge, s’allonge, ralenti, s’alanguit. Les mouvements se font parcimonieux comme par épargne ou peut être est ce pour mieux jouir du spectacle que tu offres.

Je ferme les yeux pour mieux sentir les caresses de ton soleil sur ma peau et ta chaleur me réchauffer jusqu’aux os.

 

Ensuite, presque imperceptibles d’abord, puis de plus en plus fort, tes sons me parviennent. Le vol des oiseaux, les piaillements des oisillons qui réclament leur bouillie depuis leur nid, le vent chaud et sirupeux qui souffle dans les arbres ou qui fait bruisser les herbes. Puis je remarque le bruit des insectes, parfois presque inaudible, parfois très fort lorsque la présence des abeilles ou des bourdons se fait plus importante.

Ton parfum aussi est plus perceptible lorsque je ferme les yeux, l’odeur de l’air chaud, de pollen et les milliers de senteurs de fleurs et de plantes aromatiques sauvage qui se mêlent et s’emmêlent.

 

Puis lentement j’ouvre les yeux sur les merveilles que tu m’offres. Des champs de blés dorés, ressemblants à d’immenses galettes prêtes à être dévorées, des champs de maïs, des vergers prometteurs et surtout des prairies envahies par d’innombrables fleurs sauvages, fragiles et magnifiques qui font penser à une œuvre de Monet.

 

Et puis un jour, voilà que l’été fait son cirque, brusquement le ciel s’assombrit, les nuages s’amoncellent, le vent se lève et le spectacle son et lumière commence. Le ciel gronde et craque si fort que la terre en tremble d’effroi,  le ciel se déchire de toutes parts et semble être en lambeaux. Le jour est métamorphosé en nuit et la nuit est illuminée de milles éclairs. Immenses arbres lumineux et renversés qui plantent leurs racines dans les jardins des dieux et viennent gratter la terre de leurs branches incandescentes.

 

Puis, comme un gros bébé qui en assez de faire ces caprices, l’été range ses jouets tonnerre et orages et retourne gentiment à ses journée tranquilles et à ses nuits aux magnifiquement étoilées,  jusqu'à ce que l’automne vienne frapper à la porte. L’été lui passe alors le flambeau tout en douceur, sachant que l’automne atténuera tout tranquillement ces effets.

 

 

18.08.2006

Les quatres saisons : le printemps

 

 

Illustration chipée sur

 

http://sophievoillot.hautetfort.com/

 

Les quatre saisons. Le printemps  la paresseuse

 

Le printemps traîne souvent les pieds pour venir s’installer. Saison pleine de promesse de chaleur, de soleil, de couleur et de joie, souvent tu nous fais languir. Peut être es tu trop douce et tendre pour disputer ton bien à cet hiver qui ne veut pas céder du terrain et que tu préfères l‘user plutôt que le combattre, ou es tu simplement paresseuse?

Parfois tu montres le bout du nez, fin mars, entre deux giboulées, parfois pas du tout et tu laisses l’hiver prendre ses aises.

 

En avril ne dis tu pas qu’il ne faut pas se découvrir d’un fil ? Nous continuons donc à soupirer après toi et nous sommes à l’affût du moindre signe annonçant ton arrivée. Pourtant ne sont ils pas déjà là ? Quelques bourgeons, quelques crocus, un chant d’oiseau. Puis brusquement, le soleil se décide à chauffer et c’est aussitôt une explosion de couleurs, comme si le moindre rayon, en touchant le sol, donnait naissance à une jonquille, et que plus il y a de jonquille, plus il y a de rayons de soleil et plus il y a de rayons de soleil…

Suivent alors les tulipes, tachetant les parterres de pointes de couleur, comme s’il pleuvait des Smarties.

 

Arrive alors le joli mois de mai, annoncé par le muguet, jolies clochettes portant bonheur a toutes ces dames qui peuvent enfin sortir leurs jolies robes légère et les faire tourner au vent en même temps qu’elles nous font tourner la tête.

Et tout s’enchaîne, des buissons de genêts s’embrasent de couleurs jaune or si pur qu’ils semblent émettre de la chaleur comme le soleil, les cerisiers du Japon caressent la vue et s’accordent parfaitement avec les lilas. Lilas blancs et lilas lilas les groseilliers sanguins tranchent de leur rouge et les milliers de vivaces qui rivalisent de beauté et de fragrance. Les iris, les lupins et les lis mélangent leurs couleurs aux parfums du  jasmin du chèvrefeuilles et de la lavande.

 

Et plaisir suprême, le retour de celle dont on dit qu’une seule ne fait pas le printemps, pourtant quand elle regagne son nid sous le porche, comme l’année dernière et celle d’avant et encore celle avant, quand cette hirondelle là est revenue, c’est vraiment le printemps.

 

 

 

17.08.2006

Les quatre saisons : L'hiver

 

Illustration de Gilles Abbey chipée sur http://gilles.abbey.free.fr/gribouille/

 

L’hiver survient souvent en colère. Semblant jaloux de la beauté de l’automne et des compliments dont il fait l’objet.        

Alors aussitôt, comme pour montrer qui est le patron, il se met à souffler avec véhémences et accompagne fréquemment ses rafales de vents de trombes d’eau afin d’effacer les traces de l’automne.

Puis voyant les arbres nus, misérables et dépouillés de la moindre feuille résultat de sa mauvaise humeur, il se sent un  peu bête et tente de réparer sa bêtise. Il sort alors sa bise froide et fige tout sur son passage.

Les arbres nus recouverts de givres se mettent à ressembler à de magnifiques objets sculptés dans le cristal. L’air devient d’une pureté sans pareil et le ciel prend une jolie couleur bleue délavée.

Mais ça dure rarement longtemps car monsieur hiver a fréquemment des sautes d’humeur et il aime jouer des couleurs dans son ciel. En quelques minutes, il peut transformer ce ciel serein en  tumulte, faire surgir les nuages en rouleaux gris, bleu acier et parfois d’un blanc jaunâtre et inquiétant qui nous faire croire, l’espace d’un instant que la terre s’est renversée, que la mer a envahit le ciel et que le vent souffle de l’écume.

Puis, quand il sera enfin apaisé, un beau matin clair il décidera à tricoter un joli manteau blanc aux campagnes.

Là encore il dépendra de son humeur de quelle manière il nous recouvrira. Peut être sera ce par jolis petits flocons qui virevolterons dans les airs semblants jouer à cache-cache ou peut être par rafales des gros flocons qui tournoierons inlassablement, semblant ne jamais toucher le sol qui portant se couvre rapidement d’une épaisse couche. 

Ils tournerons encore et encore, vous étourdirons, vous saoulerons et quand vous pourrez recouvrer vos esprits ce sera devant un spectacle époustouflant…  A perte de vue, le paysage scintille par la pureté de la neige et tout semble brusquement apaisé, toute laideur est estompée, gommée et il ne reste que pureté qui fait plisser les yeux.

Même les sons semblent impressionné par tant de beauté et se font plus diffus.

L’hiver installera alors le gel, comme dans une volonté de figer cette beauté capable de rivaliser avec celle de l’automne et éclairera son œuvre par un soleil complice car froid, pâle et bas.

Et même quand arrivera le printemps, monsieur hiver rechignera a s’en aller ne s’éloignera d’ailleurs pas beaucoup, prêt à revenir à la moindre occasion.

 

10:03 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature

16.08.2006

Les quatre saisons : l'automne.

Illustration : "Convergence" de Jackson Pollock

Les quatre saisons, l'automne, saison fantastique, saison métallique.

 

Saison fantastique, tu es une année à toi seule. En septembre tu nous gratifies de jours d’été plus chaud qu’en juillet et août. Tu nous fais espérer que l’été ne cessera plus malgré que ton soleil se retranche de plus en plus tôt derrière le soir. Et pour mieux nous leurrer, tu fais  fleurir quelques petites fleurs, tardives mais non moins jolies que celles du printemps.

Puis un matin d’octobre, tu nous surprends par la première gelée et tu nous fait soupirer car malgré ta beauté et tes températures clémentes jusqu’à ce jour,  tu nous a gentiment pris par la main pour nous guider lentement vers le froid.

Comme pour te faire pardonner, tu sors alors de ta manche, les plus jolies couleurs qu’il soit, saison métallique,  tu peins la nature de couleur cuivre, or, bronze, rouille que tu agrémentes de bruns, de jaunes et d’oranges ou en laissant perdurer des verts foncés pendant quelques jours voir quelques semaines avant de les transformer en rouge presque vif.

C’est alors une explosion de couleurs faisant ressembler la nature à une toile de Jackson Pollok, dans laquelle chaque buisson, chaque arbre, chaque feuille devient une œuvre d’art. Cela découpé sur un ciel rouge embrasé par le soleil couchant, faisant dire aux enfants que c’est Saint Nicolas qui allume ses fours pour cuir les spéculoos.

Parfois, devant la mauvaise humeur des passants qui ne remarquent pas ta beauté, tu te rebiffes en déversant quantité d’eau faisant briller les imperméables et les parapluies sous la lumière blafarde des réverbères, mais les amoureux préfèrent voir la nature mourante recouverte d’un fin suaire de brume. Mourante ? Non pas, simplement assoupie, ankylosée dans l’humidité et le froid mais en attente d’une autre saison.

Et puis, décembre étant la depuis quelques semaines, l’automne choisi de nous quitter, à pas feutrés, sur quelques flocons de neige, afin que l’hiver glisse mieux à sa place.

PS pour les visiteurs hors Belgique, Saint Nicolas dont il est question dans ce texte est un saint qui est fêté en Belgique et je crois aussi en Alsace, le 6 décembre.

A cette occasion les enfants reçoivent des jouets et des friandises, comme pour le Père Noël partout ailleurs... sauf que chez nous, les enfants reçoivent des cadeaux aussi par le Père Noël... aie le portefeuille.. 

 

PS bis : mon ami Michel me fait remarquer que la Lorraine connait aussi St Nicolas et que c'est même le Saint Patron de la Lorraine... 

 

J'aurais du y penser, vu que la Lorraine est la région la plus proche de la Belgique; par contre,  j'ignorais que Saint Nicolas ést le patron de la Lorraine.

Merci Michel , amitiés,

10:21 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius

04.08.2006

Fait divers (slam)

Comme beaucoup vous avez du entendre cette nouvelle forme de poésie nommée « slam » dont le porte parole est Grand Corps Malade. <-- Cliquez sur le lien.

Séduit, je me suis essayé à cette nouvelle discipline..  Est-ce réussis ou complètement raté… à vous de me le dire.  

 

 

 

Je ne lutte pas, simplement je souris

A voir tous ces gens qui s’affairent comme des fourmis    

C’est gentil de s’occuper de ma petite personne

Pour une fois que quelqu’un s’inquiète pour ma pomme

Je les trouve frais dans leurs jolies blouses vertes

Dommage que ce remue-ménage soit en pure perte

Et puis, le vert,  j’aime bien cette couleur

Qui  dans cette fournaise m’apporte de la fraîcheur

Pourquoi cette voix chantante me dit d’un ton anxieux

Monsieur, ne partez pas, restez avec nous, monsieur,

Parmi ces dévouées et gentilles petites personnes

N’y a t il que moi qui entend cette musique qui ronronne

Pourquoi me regardent ils tous avec ce regard triste

Ne voyent ils cette lumière comme le rai du soleil par un interstice

Et combien je me moque de mon paraître       

Dans ce halo de lumière qui fait mon bien être.

 

 

 

 

Brusquement, alors que je suis presque à l’infini

Que mes amis en vert disparaissent en catimini

Me revient à la figure, ce moment dans un flash

Le visage de ce bâtard qui me laisse crever là, ce lâche

Je me balade, tranquille, avec mes potes, on rigole.

Quand débouche ce taré dans sa putain de bagnole 

Il débouche dans le carrefour, se moquant du feu rouge

En un instant la vie se fige, plus rien ne bouge

Aux expressions de stupeur sur les visages effarés

Je me doute que dans mon dos, le destin va frapper

Mes potes à la destinée se dérobent de justesse       

Et échappent à l’assassin aux yeux noyés par l’ivresse

Quand cette bagnole de plein fouet me percute        

Et que sans un regard, s’enfuit ce fils de pute 

Ne me reste en mémoire que les lumières de l’ambulance

Qui vers la fin m’emmène devant mes amis en transe.

 

 

 

Me voilà sur cette table dans la salle d’opération

Je m’élève doucement, je ne suis plus que brouillon

Comme dans les films, devant mes yeux ma vie défile        

Les dates importantes comme les actes les plus débiles

Moi,  gosse à moitié nu dans les mares, à la pèche à la grenouille       

Ou vendant des prunes maraudées, à l’époque de la débrouille

Puis au loin, une femme en blanc comme sur un nuage     

Ma femme, merveilleuse dans sa robe de mariage   

Qui sont là haut, ces trois personnes qui me rappellent en riant

Mon dieu, n’est ce pas ma femme et mes enfants

Je ne peux les laisser pour partir dans cette belle lumière

Il me faut lutter, refaire le chemin à l’envers

Tout lentement, à regret, s’éloigne cette lumière divine

La douce musique redevient le cliquetis des machines

Au prix d’un effort violent je parviens à ouvrir les yeux    

Une jolie dame en vert me dit : bienvenue parmi nous monsieur.

 

12:21 Écrit par Patrick dans slam | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : slam, litterature, poesie

31.07.2006

La couleur des mots

Telles des gouttes de parfums pulvérisées par la plume

Les rimes sont absorbées par le papier qui les hume

Les mots coulent et découlent, étrangement chamarrés

Comme écrits aux pointes d’une armée de pinceaux colorés

Malgré la teinte de l’encre infiniment épaisse et noire

Le texte se prolonge paisiblement en couleurs de l’espoir

Et certaines paroles vives jetées toute en éloquence

Ont pris la couleur discrète de leur transparence

De par l’éventail des mots, habilement choisis

Le conteur fait deviner les teintes de son récit

Couchées sur papier  avec une fausse nonchalance

Les paroles révèlent leur douce fragrance

Et promènent le lecteur aux yeux heureux

Sur les berges des rêveries aux tons camaïeux

Puis le prenant par la main il l’emmène vers un sommeil

Ou les mots ressembleront aux couleurs d’un arc en ciel

 

14:36 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : syrius, poesie, litterature

16.07.2006

 Lever de soleil en Ardennes.

 

Un soleil rouge se lève paresseusement.

Perçant lentement la brume douce qui lui dessine une longue crinière blanche

Son court combat contre l’obscurité éclabousse le paysage de rouge sang

Le bleu nuit du ciel se métamorphose, lentement, en grenat, pourpres, mauve, vermillon. Les nuages hésitent sur la teinte qu’ils doivent adopter et se décident de se draper de rouge cramoisi.

J’assiste à la venue au monde d’un jour nouveau, à la renaissance de couleurs qui existent depuis que le monde est monde mais qui semblent encore plus douces et merveilleuse ce matin.

Les chênes qui bordent la route, les fermes et leurs granges qui, il y encore quelques minutes étaient gris sur fond sombre semblent revivre en se colorant de rose pâle pour les fermes avec leur toits dont les ardoises encore humides de la nuit reflètent des milliers d’éclats de soleil.

Quant aux chênes, le feuillage vert ne tarde pas à prendre le pas sur le rouge qui le colorait il y a quelques instants.

Ensuite, plus loin, au delà des champs, en bordure du chemin de terre, ce sont les sapins qui ce cisèlent une place sur le fond sombre de la foret. Le plus beau, le plus grand, le plus vieux, un mélèze, celui qui est planté à côté de la chapelle de la  Dame au Bois, là au croisement du chemin du Mont d’Or et du chemin du Gibet, semble veiller sur la vallée, se penchant d’un air bienveillant, au grés du vent.

Enfin, tandis que des milliers d’oiseaux se réveillent et saluent le jour nouveau en piaillant et chantant sur tous les tons, la forêt tout au fond, semble émerger de la torpeur. Se découpent en premier les bouleaux avec leurs troncs blancs qui se laissent volontiers teinter d’un orange doux, ensuite apparaissent les charmes, les chênes massif et forts et les hêtres majestueux que semblent vouloir aller chatouiller le ventre des nuages. Enfin, apparaissent au pied de ces géants, quelques noisetiers et merisiers.

Le soleil est déjà plus haut dans le ciel et le rouge vire lentement en orange, puis bientôt en jaune vif  et lumineux et ses rayons encore doux à cette heure matinale sont caresses sur la peau, tout comme le vrombissement des insectes est caresse pour les oreilles.

Le jour est là il est temps de prendre la route, les foins n’attendent pas.

 

 

09:17 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius

10.07.2006

Macedoine de légumes.

Un jardinier, vêtu de sa belle salopette bleue, les pieds dans ces sabots et la tête protégée par un joli chapeau de paille s’extasiait devant un potiron.

- Mais comme tu es beau, mais comme tu es gros, mais comme tu es rond. Tu es une véritable réussite, tu es le roi du potager et patati et patata… Il ne tarissait pas déloges à propos de son légume préféré.

Ce que le gentil jardinier ignorait, c’est que dés qu’il tournait le dos, son potager prenait vie, une toute autre vie que ce qu’il s’imaginait car les légumes, s’ils ne pouvaient bouger de l’endroit où ils avaient été semé ou planté, pouvaient, en revanche, bavarder à volonté, et ils ne s’en privaient pas.

A chacun de ses passages, le petit monde du potager commentait chacun de ses faits et gestes et cette fois, ils n’étaient vraiment pas de bonne humeur. C’était même plutôt la jalousie qui les animait.

- Mais qu’est ce qu’il a de spécial ce gros balourd de potiron ? S’écria l’asperge ? Il est gros, trop gros, énorme même.

Par rapport à moi qui a une si belle ligne.

- Aha, répondit le potiron, tu parles d’une ligne, on ne t’appelles pas l’asperge pour rien, mais que veux tu donc qu’on mange chez toi, tu ressemble à un fil et puis tu as vu ta couleur ? Moi je suis d’un beau jaune or, tandis que toi, tu es blanche comme un navet !

- Mais dis donc toi, s’insurgeât le navet, est ce que je me mêle de ta couleur moi ? Est ce que je me mêle de dire que tu n’es qu’un gros balourd avec un petit pois dans la tête ?

- Comment, comment ? Que voulez vous dire par « un petit pois dans la tête » ? Je ne comprends pas, s’écria le pois.

- Ça n’étonne personne que tu ne comprenne pas, ça veut tout simplement dire que tu n’es pas futé, lui rétorqua l’épinard.

- Allons bon, se mêla l’endive, voilà l’épinard, sous prétexte qu’il est plein de fer, qui commence à faire les gros bras.

- En tout cas, répondit l’épinard, moi, je ne suis pas obligé de ma cacher dans l’obscurité pour pousser. Je ne joue pas à la madâme qui a peur du soleil, moi !!

La carotte qui somnolait dans son coin se réveillât tout à coup.

- vous n’en avez pas marre de faire des salades pour rien du tout ? Se moqua-t-elle.

- Et bien voilà autre chose, s’écria la salade. Tu te crois célèbre parce que tu as des fans ?

- Et si c’est vrai que les carottes rendent aimable, tu ferais bien de manger un bout de toi même. S’esclaffa la tomate.

- Mais de quoi elle se même l’autre, rétorqua la carotte, elle est la seule qu’on jette sur les mauvais chanteur et encore, après qu’on l’ai laissé pourrir et elle vient faire l’importante. Et puis vous commencer à me courir sur l’haricot !

- Voilà, dit le haricot, je ne dis rien et voilà qu’on me cherche des noises, tout ça pour une question de roi du potager, alors que vous ne valez pas un radis !

Le radis faillit s’étouffer de colère.

- Dis donc toi là, tout tordu et tout vert, tu te prends pour le haricot magique ou quoi ? Patate va !

- Patate, patate, dis la pomme de terre, au moins quand on me plante, ça vaut la peine, on plante une seule pomme de terre et on en récolte vingt ! Et de plus on me mange de mille manières, en frites, en purée, en beignet et même en chemise. Je suis tout de même le seul légume qui est parfois habillé. Après tout, c’est moi qui devrais être le roi du potager !

Le poireau se mit à rire.

- Une pomme de terre toi du potager, ce serait la première. Son excellence patate 1er s’esclaffa-t-il. C’est moi qui devrais être le roi, je suis tout de même le plus beau de ce potager.

- Ouais, mais surtout le plus lent, intervint le chou. Il faut attendre tout l’hiver pour te manger. Je dis attendre mais je devais plutôt dire poireauter !! Et le chou parti dans un rire gras.

Le navet qui boudait depuis tout à l’heure vint à l’aide de son ami poireaux

- Oooh, se moqua-t-il, voilà le chouchou qui s’en mêle. Mon petit chou par ci, mon petit chou par la et du coup il se prend pour un bien aimé !! Tu ferais mieux de t’occuper de tes oignons !

L’oignon sursauta.

- Hé la, je ne m’occupe pas de vos bêtises moi, mais puisque tu t’en prends à moi, je te le dis mois que tu portes bien ton nom, tu n’es qu’un navet, na !

Et ces charmants légumes auraient pu se chamailler encore longtemps si le jardinier n’était pas réapparu au bout du sentier du potager et ce qu’il tenait en main fit frémir toute la population du jardin : un couteau de cuisine.

Un des pensionnaires n’allait pas tarder à finir en pot au feu ou en ratatouille ou en salade. Mais lequel ?

Le jardinier s’approcha a nouveau de son potiron, le regardât amoureusement en penchant la tête de côté et un sourire béat sur les lèvres. Il se pencha et zip, il coupa la tige du potiron, se le mit sous le bras et retourna vers la cuisine en salivant déjà après la bonne grosse soupe que son épouse allait faire avec ce gros potiron.

- Miammm, marmonna-t-il, Avec des croûtons de pains et du fromage râpé, je vais me régaler.

Et il disparu par la porte la cuisine.

Aussitôt le jardinier parti, le potager reprit vie. Tous se regardaient un peu honteux de cette scène de jalousie au sujet du potiron.

Profitant du silence, le cornichon prit la parole.

- Bon, puisque personne ne parle, je décide que c’est moi le nouveau roi du potager, déclarât il haut et fort…

Et tout le potager partit dans un grand fou rire.

- Tu es un vrai cornichon, s’écrièrent ils en cœur.

- Mais tout de même, intervint le céleri, je crois que nul n’est plus compétent que moi pour le poste de roi du potager.

Et les chamailleries reprirent de plus belle… sans doute jusque la prochaine soupe, ou ratatouille..

04.07.2006

 Le saule qui pleurait.

 
Peinture de Jocelyne Jacques.
Autres oeuvres à voir sur  http://www.accie.com/joque/htm/le_ciel.htm

 

Dans un grand jardin joliment arboré

Entendait-on, de loin, se lamenter

Un majestueux saule pleureur       

Qui se plaignait de ses malheurs

C’est moi qui fais tout dans ce jardin

Pendant que se cachent les plus malins

Vociférait notre arbre avec rage

Autour de lui, aux verts bocages

Tous se cachent des rayons du soleil

De mes branches se font une ombrelle

Et c’est moi qui prends toute la chaleur

Tandis que vous passez vos journées sans heurts

L’arbre dans sa grande amertume

En vint à faire un vœux hors coutume

En espérant que cela vous ennuie

Je vous souhaite quarante jours de pluie

Et notre saule se prenant pour un sorcier                

Entonna un chant, aux nuages adressé

Le résultat ne se fit pas long à venir

Le mauvais temps vint tout pourrir.

Le saule ne cessa pas pour autant de pleurer  

Car plus un seul arbuste ne vint le visiter

Certes il  ne faisait plus fonction de parasol

Mais avec personne il n’échangeait une parole

De plus le temps d’avantage se dégradat

Et ces tristes pensées, amèrement il regrettat

Au dessus du pleurnicheur s’accumulèrent les nuages

Qui ne tardèrent pas à virer au violent orage

Notre beau saule qui ne cessait de braire

Fut rapidement transpercé par un éclair

Cruellement il fut frappé par la foudre  

Et son cœur de triste réduit en poudre

Ce qui subsistât de ses branches, de son bois  

Fut découpé, fendu en bûches et mis en tas

Et notre arbre que du soleil refusait de protéger

En fut réduit, cet hiver, à la maisonnée réchauffer

Ce qui fit dire à toutes les plantations en place

Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse.

Et puis surtout si tu fais une méchanceté

Ne t’étonne pas que ça te retombe sur le nez.

 

01.07.2006

Sables mouvants.

 

Poème inspiré par un fait divers qui s’est déroulé aux Etats Unis.

Un pont était coupé à la circulation, produisant un énorme embouteillage, car une personne menaçait de suicider en se jetant de ce pont. Comme la situation traînait, les badauds ont commencé à encourager la personne à sauter dans le vide, tout simplement pour qu’ils puissent continuer leur chemin tranquillement.

Une vie ne vaut même plus quelque minutes qui seraient gaspillées a regarder la télé en bouffant des chips « light » vautré dans un fauteuil.

 

 

 

 

Mes semelles collent à la boue

Mon estomac, d’effroi, se noue

Dans la vase je me débats, je m’enlise.

Je n’en puis plus de me battre, je m’épuise

Des passants passent

Que rien ne tracasse

Des passants s’arrêtent

Que ma détresse délecte

Certains regardent autour d’eux

Observent mon sort peu envieux

Cherchent un moyen de m’aider

Cherchent un moyen de me sauver

Puis secouent la tête tristement

Puis s’en vont en soupirant

D’autres détournent les yeux vers l’ailleurs

Vers un monde au loin, peut être meilleur

Si on regarde là où le malheur n’est pas

Parviendra t on croire à qu’il n’existe pas.

Je m’enfonce dans les sables mouvants

J’économise le moindre mouvement

Les badauds s’amassent devant le spectacle

Dont, bien malgré moi, je suis le pinacle

De la foule monte lentement une rumeur

Certains me lancent un regard désapprobateur

Si je suis dans cette situation peu enviable

C’est que je le mérite lance une mégère peu affable

Toutes ses vociférations forment un tintamarre

Il ne manquerait plus que l’apparition d’une fanfare

Je suis à présent embourbé jusqu’au cœur

Le froid,  l’humidité m’engonce dans une torpeur

La foule, de plus en plus nombreuse s’impatiente

Mon agonie est sans doute un peu trop lente

Mais quand la boue pénètre ma bouche

Faut il croire qu’aucune souffrance ne les touche

Plus un de ces péquenot n’a envie de partir

Tant mon épreuve les fait bien rire 

Et enfin mon ultime gargouillement

Les fait grogner de contentement

Quand je disparus dans un affreux bruit de succions.

De le la foule réjouie j’eu droit à une ovation

Puis tous retournèrent d’un pas pesant

A leurs malheurs qu’ils avaient oublié un instant

A quelque chose malheur est bon dit la maxime

Quelqu’un se demande ce qu’en pense la victime ?

 

18:19 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius

24.06.2006

la fee rouge

La frêle silhouette à la chevelure rouge

L’ombre hirsute qui halète dans le mystère

Qui uniquement dans la brume bouge     

Dans le marécage de ses rêves se perd

 

Créature égarée dans son émotionnel

Petit animal tapit dans ses pensées

Tenaillée par ses pulsions rebelles

Par la beauté de son esprit révélée

 

L’apparition cristalline à la peau blafarde

Qui attend de la vie qu’elle se réveille

Déambule le long de ses jours, hagarde

En ignorant que quelque part existe son pareil

 

Ce peut il que vienne un jour en ces marais perdus Extraire du fond de cette eau nauséeuse, de la fange

Un esprit franc que ne rebute ce travail ardu

Et qui à cette créature offrira sa revanche

 

Un prince de cœur s’égara en cette contrée damnée

Il se crut maudit et à tout jamais dans cet enfer perdu

Alors que jusqu’aux genoux dans la boue emprisonné

L’être étrange déchira le brouillard et le secouru

 

Le prince épuisé par son combat n’en crut pas ses yeux

Venait d’apparaître et le sauver celle qu’il avait toujours rêvé

Ce marais avait il l’étrange pouvoir d’exaucer son vœu ?

Et le faire secourir par l’être que toute sa vie il a cherché

 

Amour et tendresse par leur fusion en énergie convertie

De la fange, lentement, fit émerger la créature sublimée

Et depuis planent sur les marais et la forêt, en synergie

Le prince de cœur et la belle reine rouge des fées

 

16:02 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius

21.06.2006

 La joute.

 

Qui de la plume ou de la rose

Gagnera cette joute de prose

Quel messager des quatre vents

En bravant tous les temps

Viendra pour protéger

Les doux mots de son bouclier

 

Quel chevalier de table ovale

Ou peut être est elle bancale

Viendra, à cette fleur divine

Oter les odieuses épines

Qui comme d’un coup de lance

Percera la peau pour sa défense

 

Mais ne serait il pas cruel

Qu’au doigt se pique une belle

Et que soit écrit un poème sanglant

Transmit par les couloirs du temps

La plume proposera t elle une trêve

Le rose couchera t elle sur papier son rêve

 

Sera-ce un conte aux êtres mirifique

Parlera t elle d’un monde féerique

De mondes qui ne connaissent que la paix

Où les hommes et les choses s’aiment pour de vrai

Qu’importe, si les mots prennent leur envolée

Si notre belle par ses écrits est charmée

16:27 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius

17.06.2006

Tranche de pain.

Tranche de vie

Tranche de pain

Pour que les yeux rient

Et repousser le chagrin

Te déposer, ma mie

Quelques miettes dans la main

 

Faim d’aventure

Et de la vie dévorer

En toute désinvolture

De part en part l’arpenter

Du temps ignorer l’usure

Et les années aimer grignoter

 

Toutes les montagnes gravir

Mirer le monde de tout la haut

La caresse des parfums sentir

L’odeur douce du pain chaud

Les yeux de couleur se remplir

Des merveilles de ce monde si beau

 

De la vie il faut se repaître

Des aventures entreprises

Par les livres on peut renaître

Sur le bonheur faire mainmise

Les vérités tenter de connaître

Et surmonter toutes les crises.

 

En ayant la tête garnie de rêves

Comment ne pas faire croyance au futur

Avec sa conscience faire une trêve

Jouir des bons moments à son allure

Des gros plaisirs ou des joies brèves

Comme d’une tartine à la confiture

 

17:49 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : syrius, litterature, poesie

13.06.2006

Le chaton et la marguerite

 

Un chaton gambadait dans les hautes herbes, tantôt reniflant un joli papillon bleu qui de ses ailes lui chatouillait le museau, tantôt essayant d’attraper entre ses pattes encore maladroite un gros bourdon qui volait lourdement de fleur en fleur en émettant son grave vrombissement. Le ratant de peu, son attention fut attirée par le ballet d’une abeille plus rapide que le bourdon, qu’il avait déjà oublié. L’abeille, les pattes chargées de pollen, esquiva facilement les coups de griffes maladroits du jeune chaton tigré et continua son butinage comme si de rien n’était. Il faut bien dire cette grande travailleuse n’a guère de temps pour jouer.

A nouveau l’attention du chaton fut détournée, cette fois par un scarabée. Le chaton lui décocha quelques coups de pattes rapides et aussitôt le scarabée se retourna sur le dos et resta immobile, les pattes en l’air. Le chaton le poussa un peu du bout de la patte, mais voyant que son nouveau copain de jeu restait immobile décida, déçu, de continuer sa route. Il fit à peine quelques mètres que le scarabée, bien heureux du tour qu’il venait de jouer à ce gros bêta de chat, reprit la sienne aussi.

Tout à coup, il sembla au chaton qu’on l’appelait,

-- Psst, psst !

Le chat grimpa sur une souche afin d’être plus haut que les herbes folles et regarda vers la grange en bois dans laquelle il passait ses nuits, douillettement emmitouflé dans un vieux pull-over jeté dans un panier en osier plus vieux encore. En fait, c’était une vielle manne à linge de laquelle ne subsistait pratiquement que le fond.

Il s’attendait à voir la fermière qui lui apportait les restes du repas de midi, un bel os de côtelette à nettoyer ou  une couenne de lard bien grasse. Mais personne ne se trouvait à l’entrée de la grange. Et puis la fermière ne l’appelait jamais, elle se contentait de taper quelques coups sur l’écuelle en métal à l’aide d’une cuillère en bois. Si le chaton l’entendait, tant mieux, sinon, à son retour il devait se contenter de ce que lui avaient laissé les chats errants qui trainaient toujours en quête de nourriture, quant il ne devait pas disputer les restes à des corbeaux et même parfois à l’un ou l’autre hérisson, sans parler des invasions de fourmis, rouges ou noirs, il détestait les deux.

-- Psst, psst » entendit il une nouvelle fois.

Cette fois, il n’hésitât plus, il sauta de sa souche et couru à grands bons vers la grange.

Il pila net devant son écuelle dans laquelle ne se trouvait que quelques vieux os de poulet maintes et maintes fois reléché.

Il regarda les restes de façon circonspecte, ce n’était donc pas la fermière qui l’appelait pour son dîner.

Il comprit soudain ce qu’il se passait, c’était les deux enfants des fermiers, Riton et Julia, qui lui faisaient une farce. Ces deux délicieux garnements venaient parfois jouer avec lui. Ce n’était pas de tout repos car le chaton était trituré et retourné dans tous les sens, les deux mômes se le disputaient et le tiraient bien volontiers par la queue ou par les oreilles. Mais en contrepartie, ils lui apportaient, en cachette, un délicieux bol de lait, dans lequel ils ajoutaient parfois un morceau de beurre et lors de leur dernière visite, ils lui avaient apporté une belle grosse pelote de laine.  Malheureusement, il ne put jouer longtemps avec car la fermière la trouva et la remporta. Chaton eut droit à un petit coup de ballet qu’il esquiva facilement et les deux garnements qui lui avaient apporté son jouet, à une solide réprimande. Il fait dire, à sa décharge, que le joli pull à col roulé qu’elle tricotait le soir, devant le feu de bois, était au point mort, depuis qu’elle ne retrouvais plus sa laine.

Chaton se demandait, en cherchant les deux enfants ce qu’ils lui avaient apporté cette fois. Mais il eut beau arpenté la grange dans tous les sens, il ne trouva aucun des deux enfants.

-- Psst psst ! 

-- Allons bon, çà commence a m’agacer se dit chaton en faisant pivoter ses oreilles en tout sens afin de capter d’où venaient ses appels. Il lui semblait que ça venait de la prairie, non loin de la souche qu’il avait escaladé tout à l’heure.

Il retourna donc dans les herbes, à pas lents, l’air faussement désinvolte mais tous les sens en éveil.

-- Psssssssst » entendit il, il se retourna vivement et se retrouva nez à nez, si on peut dire, avec une charmante marguerite qui semblait lui sourire.

Chaton se rapprocha afin de renifler la fleur.

-- Hihihihi,» s’exclama celle ci « arrêtes, tu me chatouilles »

Chatons fit un bond en hauteur, le poil hérissé, la queue en forme de goupillon et crachant de plus qu’il en fut capable.

-- Hoho, » dit la marguerite « tenterais tu de m’impressionner ? Je te connais tu sais, chaque jour je t’épie alors que tu fais tes galipettes et tes cabrioles dans les herbes et tu me fais bien rire. Surtout la fois que tu as tenté de manger ce vilain crapaud qui doit avoir un goût abject. Mais je suis certaines que tu n’es pas bien méchant »

Chaton se souvenait de cet épisode de sa courte existence. La fermière ne cessait de lui répéter que s’il n’avait pas assez avec les restes qu’elle lui apportait, il n’avait qu’à chasser les souris. Chaton était tout à fait d’accord avec la fermière, mais c’était quoi une souris ? Et le jour qu’il trouva cette bestiole à l’affreux museau, Chaton se dit que puisqu’il avait réussi à l’attraper, c’est que ce ne pouvait être qu’une souris. Mais pouah ! Si ça c’était une souris, il préférait se contenter des restes, même s’ils étaient parfois un peu maigres.

-- Et bien, si tu es si intelligente que ça, dis le moi donc toi, ce que c’est qu’une souris »

-- Mais ça, petit chaton » dit la marguerite « c’est ta maman qui doit te l’enseigner »

Chaton fut tout triste tout à coup. Les oreilles basses il confia à la fleur que sa maman l’avait abandonné dans cette grange. Quant à son père, nul ne savait qui il était mais il était certain qu’il ne devait attendre aucun aide de ce côté là. Et le chaton ponctua sa phrase d’un soupire si gros qu’il fit se balancer la fleurette sur sa tige.

Attendrie, la fleur décida de s’occuper de l’éducation du jeune félin orphelin.

-- Reste donc ici, près de moi, tapis toi dans l’herbe et écoutes les bruits, hume l’air, perçoit les mouvement avec tes moustaches mais surtout ne bouges pas, n’émet pas un son »

Le chaton écoutait les conseils de la fleur. Il se posa bien la question de savoir ce qu’une fleur pouvait bien connaître en souris mais comme lui en connaissait certainement moins encore, il décida de lui faire confiance.

Il commençait a trouver le temps long lorsqu’il entendit un léger bruissement sur sa droite. Il tourna la tête et vit une petite bestiole guère plus grosse que le crapaud mais au lieu d’une peau lisse et visqueuse, celle ci semblait avoir une fourrure.

La bestiole se dressa sur ses pattes arrière et d’un air malicieux huma les odeurs qui l’entouraient, laissant apparaître deux longues dents blanches qui lui sortaient de la bouche.

Le chaton interrogea la fleur du regard et celle ci acquiesça en lui faisant signe de ses pétales.

D’un bon, le félin sortit de sa cachette et se précipita sur sa malheureuse victime. Malheureusement, la souris senti son odeur bien trop tôt et en quelques bons elle regagna son trou. Dépité, chaton revint vers la marguerite et l’apostropha de mauvaise humeur.

-- Comment veux tu que j’attrape des bestioles qui sont aussi rapides ?

Marguerite hocha la tête en soupirant.

-- Il faut que je t’apprenne aussi l’art de chasser ? Je suis une fleur, ne l’oublies pas. Enfin, je peux te raconter ce que j’ai observé tout au long des étés que j’ai passé ici, tu en feras ce que tu voudras.

Chaton s’assit sur son postérieur, la queue enroulée autour des pattes et écouta attentivement ce que lui contait cette curieuse fleur. Parfois son attention fut détournée par l’une ou l’autre grosse mouche qui venait lui ronronner dans les oreilles, mais il fut vite rappelé à l’ordre à chaque reprise.

--D’abord, dit la fleur, tu dois rester tapis dans ta cachette et observer ta proie, attendre qu’elle se rapproche. Tu dois aussi sentir d’où vient le vent et approcher de la souris en rampant ventre à terre et contre le vent car les rongeurs, comme toi, ont un odorat très développé et ils te sentent arrivé de très loin. Enfin, quand tu juges que tu es assez près, tu bondis sur ta cachette et avec un peu de chance, ton dîner sera servi.

Chaton tenta de mettre ces conseils en pratiques mais de manière si maladroite qu’il rentra bredouille auprès de la fleur, tard dans l’après midi.

-- Et bien, s’exclama la marguerite, a voir ta moue, les rongeurs de la région n’ont pas du subir de grosses pertes aujourd’hui.

-- Rigole seulement, lui répondit Chaton vexé, tu as bien facile toi, tu plantes tes racines et tu attends qu’il pleuve.

-- Ne te fies donc pas aux apparences, en effet, je n’ai qu’à attendre qu’il pleuve, mais s’il ne pleut pas… penses tu que je puisse aller à la rivière pour me désaltérer ? Tu dois apprendre à réfléchir et non pas juger sur les apparences.

Et comme ça, jour après jour, Marguerite éduquait Chaton, tentant de le faire devenir adulte de la meilleure façon possible et surtout de l’éduquer dans le respect des autres.

 

Un beau jour, Chaton vient dire bonjour à sa grande amie, Marguerite, comme chaque matin, mais il ne le trouva pas dans la même grande forme que d’habitude. Son cœur n’avait plus tout à fait ce beau jaune soleil et les pétales semblaient ployer au moindre petit souffle de vent.

-- Mais que ce passe t il Marguerite, tu n’as pas bien dormi ?

-- Si, répondit la fleur, très bien dormi mais je crois que ma saison se termine tout doucement.

-- Mais qu’est ce que cela veut dire, ta saison se termine ??

Et la jolie fleur d’expliquer péniblement qu’elle ne vivait pas des années à la suite comme Chaton, mais qu’elle ne vivait que quelques semaines chaque année et puis elle mourait tout doucement pour revenir l’année suivante, aussi belle et fraîche.

Chaton ne comprenait pas tout ce que son amie la fleur lui racontait mais il sentait bien que quelque chose de grave était en train de se passer.

-- Mais, mais, tu vas mourir alors ? Tu vas partir et me laisser seul ?

-- Je vais partir en effet, mais ce n’est pas un choix, sais tu ? C’est la vie qui est comme ça.

-- Mais que vais je faire sans toi, je ne sais rien.

-- Mais si que tu sais plein de choses déjà, souviens toi de tout ce que je t’ai appris, de tout ce que je t’ai raconté et aussi tout ce que tu as découvert par toi même. Et puis, tu ne seras jamais seul puisque nous sommes amis. Et quand on a eu une fois un ami dans la vie, un véritable ami, on est plus jamais seul. Je serais toujours quelque part, non loin de toi, il suffira que tu penses à moi et tu sentiras mon amitié.

-- Et toi, demanda encore le jeune félin, les yeux mouillés de larmes qu’il tentait de retenir en vain, quand tu ne seras pas bien et que tu penseras à moi, tu me sentiras près de toi aussi ? Car je suis ton ami, tu sais ?

-- Oui Chaton, je sais que tu es mon ami, je le sens des pétales aux racines et bien sur que quand je me sentirais mal, je penserais à toi et je sentirais que tu penses à moi. Et tes pensées me seront d’un grand réconfort.

Le lendemain, dés le lever du jour, Chaton se précipita vers l’endroit où se trouvait Marguerite, il se demandait dans quel état il allait la trouver et cette pensée lu serra la gorge. Il avait raison de s’inquiéter car Marguerite n’allait pas bien du tout. Elle avait perdu la moitié de ses pétales et son cœur qui, il y a deux jours encore, donnait chaud tellement il était d’un beau jaune, virait maintenant vers le brun. 

-- Je n’ai presque plus de force, lui avoua la mourante, je ne peux presque plus parler, reste là, près de moi, mon ami, tu me feras le plus grand bien.

Et Chaton resta là, auprès de son amie. Dés que le soleil commença à chauffer un peu, il s’assit sur son derrière et se redressa du plus haut qu’il put afin de lui faire un ombre de son corps. Ainsi tourna t il autour de son amie, suivant la route du soleil pour la préserver de la chaleur jusque tard dans l’après midi et il ne rentra que bien tard, épuisé et assoiffé, dans sa grange pour s’écrouler sur son vieux pull-over qui lui servait de literie.

Le jour suivant, Chaton ouvrit les yeux aux premières lueurs du jour, mais il tardait à se lever.

Peut être que Marguerite était partie durant la nuit et que ça ne valait pas la peine d’aller jusque là. Peut être qu’il pouvait faire semblant de ne pas s’être réveillé à temps.. et puis à quoi bon aller la voir, ça ne la retiendrais pas d’avantage ?

Puis Chaton se remémora tous les conseils que lui avait donné son amie la fleur, toutes les leçons, toutes les attentions. Elle n’était pas obligée pourtant, bien du contraire, elle pouvait profiter de chaque minute de sa courte vie pour s’occuper d’elle même, pour profiter du soleil, pour se réjouir des couleurs des papillons et des autres fleurs. Pour se laisser caresser par le vent et se laisser butiner par les abeilles. 

Au lieu de ça, elle avait choisi de s’occuper d’un chaton borné et têtu qui ne pouvait faire la différence entre une souris et un crapaud.

Honteux d’avoir hésité, ne fus-ce que quelques secondes, plus par crainte de ce qu’il allait trouver que par égoïsme, Chaton se précipita hors de sa grange et couru au chevet de son amie mourante.

Le spectacle qu’il découvrit lui tira aussitôt les larmes.

Marguerite, le cœur brun, pendait sur sa tige toute molle, à peine à quelques centimètres du sol. Il ne lui restait qu’un seul pétale et sa voix était presque inaudible.

-- Je t’attendais, dit-elle, je ne voulais pas partir avant de te dire un dernier au revoir. Mais ne pleure pas, je reviendrais l’année prochaine, les amis se retrouvent toujours tu sais ? Je le l’ai promis !

Et le dernier pétale se détacha et fut emporté par le vent.

Chaton était effondré. Il savait qu’il n’y avait plus rien à faire, que tout était fini et il retourna à sa grange lentement, les pattes lourdes, la tête et la queue basse et se laissa tomber dans son panier.

Il resta la plusieurs jours, sans manger et presque sans boire, prostré dans son panier.

Riton et Julia, les enfants des fermiers venaient plusieurs fois par jour voir leur chaton qui dépérissait et même la fermière, inquiète, avait apporté une grosse boule faites de restes de laine de toutes les couleurs.

Mais rien n’y fit et tous se demandaient quel était ce mal qui faisait mourir, peu à peu leur petit chat tigré. 

Puis, un jour, alors que toute la famille avait perdu espoir, Chaton était seul dans son panier.

Krrrr, krrrrr entendit il… Intrigué il pointa les oreilles..  krrr krrr !! Lentement il souleva la tête et jeta un regard par dessus le bord de son panier et vit un mulot bien gras qui se régalait de grains de maïs tombés d’un vieux sac de jute usé.

Aussitôt les conseils de son amie Marguerite lui revinrent à l’esprit. Ne pas se précipiter, aller contre le vent, mais dans la grange, il n’y a pas de vent, chouette !! Et ramper jusqu’à être à portée de sa proie.

Chaton se coula hors de son panier, rampa derrière quelques ballots de paille et quand il jugea que le rongeur était à sa portée, fondit sur lui et le choppa entre les pattes. Le pauvre mulot qui ne pensait qu’à se remplir le bedon de tous ces bons grains de maïs ne vit rien venir.

Chaton était aux anges, il avait enfin pu attraper une souris et ce grâce à son amie la fleur.

Bon, d’accord, en tentant de jouer avec sa souris, celle ci put s’échapper et se réfugier sous une vieille malle et bien que Chaton montât la garde durant des heures, elle ne montra plus le bout d’une moustache.

Mais ce que Chaton en avait retenu c’est que c’était donc vrai que les véritables amis ne se quittent jamais ??

Les journées passèrent, notre chaton reprit des forces autant que de la confiance en soi et devint un chasseur redoutable qui, chaque matin avant de partir à la chasse, et quand la météo le permettait, s’asseyait devant la porte de sa grange et regardait le soleil qui ressemblait étrangement au cœur de son amie qui lui manquait tellement. 

Les semaines passèrent, à la fin de l’été vint l’automne, puis l’hiver. Tout ce temps, il ne put regarder le soleil à sa guise, car trop souvent caché derrière d’épaisses couches de nuages gris et opaques mais à chaque réapparition de celui ci, notre chaton soupirait de bien être et repensait à tous leurs fou rires, à toutes les bêtises qui avaient fait s’esclaffer son amie la fleur ou tout simplement à tous ces moments qu’ils avaient passé à bavarder et a rêvasser.

Et puis revint le printemps et notre chaton qui était devenu un bon gros chat bien nourri se promenait nonchalamment en humant l’air. Il croisait la route des papillons, des abeilles et des bourdons mais ne s’en souciait plus guère. Il allât à sa souche d’arbre sur laquelle il se fit copieusement les griffes.

-- Psst psst entendit il.

D’un bon, il se retourna et vit son amie, Marguerite, plus resplendissante que jamais.

D’un bon il fut sur elle, attrapa ses jolis pétales entre ses pattes et fourra son museau dans son cœur tout jaune.

-- Hihihihi, tu me chatouilles, s’écria la fleur, mais fait attention, tu es devenu trop grand pour moi, tu vas me casser la tige ! J’ai d’ailleurs hésité à t’appeler, tu es devenu si grand et fort que j’ai eu du mal à croire que c’était toi. Bien que j’étais sur que tu allais t’en sortir comme un grand, je ne pensais pas que tu deviendrais grand et fort comme un tigre.

-- Si tu savais, commença Chaton en baissant les yeux, mais se retint de dire la suite à son amie de crainte de la peiner.

Mais quand il leva les yeux vers elle et croisa son regard, il se rendit compte qu’elle savait, il ne savait pas comment cela était possible mais elle savait.

-- Je ne pensais pas que tu reviendrais, lui confia t il, j’ai douté et j’en ai honte.

-- Il n’y a pas de quoi avoir honte, c’est une erreur de jeunesse, répondit la fleur, et puis être de vrais amis a un avantage, celui de pouvoir tout se pardonner, toujours.

 

Les saisons passèrent, les années aussi. A chaque fin d’été, Chaton assistait son amie Marguerite dans ses derniers moments. Ils étaient triste de se quitter, certes, mais ils savaient qu’ils se retrouveraient au printemps suivant et donc la séparation ne fut plus jamais aussi dure que la première année.

Chaton qui était devenu un chasseur redouté de tous les rongeurs et la fierté des fermiers, car il avait débarrassé le grenier à grains de tous ces rongeurs, racontait lui les nouvelles, les bétises qu’avaient commis Julia et Riton, que le fermier avait eu une méchante grippe,  si l’automne avait été pluvieux, si l’hiver avait été rude, comment une vache avait donné un grand coup de corne à la fermière le jour où elle les rentra à l’étable pour l’hiver et tous les petits ragots de tous les jours.

Quant à Marguerite, elle s’abstenait désormais de donner des conseils à son ami qui connaissait toutes les ficelles de la chasse mais aussi de la flémardise quand il faisait trop chaud et lui parlait plus volontiers ses souvenirs.

 

Puis, une année, le printemps revint accompagné de Marguerite. Aussitôt elle tourna sa jolie tête couleur or entourée de magnifiques pétales blancs dans tous les sens en quête de son ami. Mais point de Chaton en vue.

Sa souche préférée, sur laquelle il venait faire ses griffes commençait à être recouverte de mousse, signe qu’il n’était plus venu depuis quelques temps déjà.

Ce qu’elle redoutait depuis un an ou deux était arrivé cet hiver. Marguerite avait bien senti un douloureux malaise dans son cœur d’or et se doutait que cela concernait son fidèle ami.

Chaton était mort de vieillesse cet hiver. Il s’est éteint dans son sommeil, sans douleur. Julia, la fille des fermiers qui était maintenant à l’université en dernière année de médecine vétérinaire, le sentant usé, avait veillé sur lui toute la nuit.

Marguerite était anéantie, jamais au cours de ses printemps elle ne s’était sentie aussi seule et malheureuse.

Elle en venait à souhaiter une longue sècheresse afin de disparaître pour toujours quand il entendit gratter à la souche de Chaton. Elle tourna vivement la tête et ce qu’elle vit la fit chanceler sur sa tige.

Elle croyait être revenue quinze ans en arrière. Après avoir gratté copieusement la vieille souche d’arbre, Chaton parti en bondissant à la poursuite d’un joli papillon.

Naturellement ce n’était pas Chaton, son cher ami Chaton, mais une copie conforme de son ami qui lui manquait tant.

La ressemblance était tellement flagrante que Marguerite ne doutait pas un instant de qui était le papa de ce petit chat, qui se promenait non loin d’elle.

Chaton avait du rencontrer une jolie madame chat peu de temps avant de mourir et le résultat était là.

-- Et si … pensât elle ! Et elle mit son idée à exécution.

-- Psst psst ! fit Marguerite en gloussant d’avance de la farce qu’elle faisait à Chaton Junior.

Le petit chat grimpa sur une souche afin d’être plus haut que les herbes folle et regarda vers la grange où il passait ses nuits, Il s’attendait à voir la fermière qui lui apportait les restes du repas de midi…

 

Et ainsi l’aventure continua, comme la vie. Mais la vie n’est elle pas un éternel recommencement ?

Cela est sans doute vrai, aussi vrai que l’Amitié, la véritable Amitié est le trait d’union entre la fin d’une vie et le début d’une autre et que même la mort ne pourrait y mettre fin

07.06.2006

Le regard et le rêve.

Un rêve aimant transporté par un regard

Élégamment enveloppé par une brume bleue

Dans un écrin finement tendu de ciel plombé

Un regard déposé là non pas par hasard

Emporté de la contrée des milles lieues

Sur un tapis volant tissé de sourires émerveillés

 

Entreprenant ce périple vers ce doux lieu choisis

Par ce pèlerinage vers l’esprit, ravis mais épuisé

D’échapper à cette noyade de sens il n’y eu aucun désir

Car revigorer par l’aménité de ses yeux couleur cassis

Le rêve n’eut aucune peine a dans les brumes s’élever

Pour planer dans les limbes à la recherche de leur avenir

 

Une rêve enfantin, une pensée pâquerette

Prenait un coup de vent chaud, un alizé

Le transformant malicieusement en calèche poétique

Pour vers cette oeillade plaisante et guillerette

Glisser silencieusement comme sur du papier glacé.

Même si cela est de façon bien peu académique

 

Mais seul compte finalement cette douce rencontre

Ce mariage de deux sens en attente d’êtres bien

Entre un regard canaille et un rêve utopique

Au milieu de la foule ils ne voient aucun autre

Que eux, gravissant les bonheur faits de petits riens

Eclairés par la lueur émanant de leur union féerique

18:01 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius

01.06.2006

Le marin fatigué.

 

 

Tanguant sous la fatigue

Usé comme ce rafiot qui trop navigue

Le visage craquelé par tous les vents           

A scruter les horizons à tous les temps

Les yeux par les cieux délavés

Les cieux par les yeux balayés

Tanné de par les mers chasser le soleil

Pour le voir effriter mille et une merveilles

 

Essoufflé de gonfler les voiles    

Epuisé de recompter les étoiles

Livide de s’être rongé les sangs

De coûte que coûte sortir du rang 

Las d’entendre les articulations craquer

Tels de vieux mats par la tempête torturés.

Délicieuse tentation de lâcher le gouvernail

Ne plus tenir ce maudit cap, vaille qui vaille

 

Avoir dérivé par milles pôles

Laissé moisir son esprit dans des geôles

Être maudit mille fois par l’équateur        

Réduits en poussière à l’âcre odeur

Après être happé par l’horizon               

Laisser la barre à l’abandon

Sur quelle plage dorée échouer    

Sur quels récifs les reins se briser 

 

Chasser la pensée des beautés caressées du regard

Les paradis terrestres rencontrés par hasard

Ne plus voguer que sur la mer des rêves

Et si la vie veut bien conclure une trêve     

Laisser reposer ses vieilles mains rêches

Enfin mettre son voilier en cale sèche

Pour la dernière fois, jeter l’ancre

Et achever sa vie rongée par le chancre

11:50 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syriu

19.05.2006

La vengeance

 
Illustration : Chagrin de Julien Barnabé.
 

Bon...  V'la falloir que je mette encore les pendules à l'heure...

Ce que j'écrits ne me concerne pas directement... C'est de l'imaginaire comme ce qu'écrivent la majorités de écriveurs :o)

Comme celui qui a écrits "Mars Attak " n'a pas été désintégré par un rayon laser, celui qui a écrit "Allien " n'a pas été bouffé par des bestioles pondues dans son estomac et celui qui a écrits "les feux de l'amour" n'a pas couché" avec Brenda, Jana, Jason, Carlton, Sue Ellen (ou c'est Dallas ça ??) et Rantanplan le labrador de John et il n'est pas le papa de Kevin, Barbara, Brenda (mais non, c'est une autre) Al et je ne sais qui d'autre...  et moi, je n'ai personne de qui j'aimerais me venger de cette manière...  Alors s'il vous plait, cessez de croire toute sorte de choses, je ne connais pas la personne dont il est question dans ce poème, ni dans les autres d’ailleurs, c'est de l'I-MA-GI-NAI-RE.

Merci,

 

 

Enfin tu as mal, enfin tu souffres.

Enfin tu as trouvé quelqu’un qui t’inflige tous les maux que tu as infligé à tellement

Quelqu’un qui n’a ni pitié, ni patience, ni compassion, ni d’empathie, qui prend, qui ne donne pas.

Quelqu’un qui te griffe le cœur, qui le réduit en charpie, en bouillie, quelqu’un qui raille ton amour

Telle une hyène qui hume l’air après l’odeur de la charogne, j’attendais, le museau au vent, de sentir l’odeur de ton désarrois, l’odeur de la peur de te retrouver sans lui.

J’étanche ma soif de vengeance aux larmes qui prennent leur source dans tes yeux au regard faussement innocent, mais maintenant si hagards, si vides.

Comme un chien qui a enterré son os en attendant qu’il soit faisandé je peux maintenant enfin me nourrir de ces sanglots qui secouent ton corps frèle, je me délecte de ta peine.

Ton égarement trace mon chemin, ta dérive me montre comme est beau le fleuve de la vie

Tu dégoulines de détresse et je m’en enduit les tripes

La souffrance qui te ronge fait fourmiller mes entrailles de plaisir

Tes pleurs me lavent les yeux, tes cris sont une mélodie.

Ta déchéance me rend vie et plus tu t’éteints et plus mes jours sont lumineux.

Et quand ton cœur sera sec de trop pleurer, je le réduirais en poussière à coups de pilon

J’intrduirais ta poussière de cœur dans un sablier que je retournerait inlassablement pour me montrer comme il est bon, le temps passé sans toi…

Ne dit-on pas que la vengeance est amère ?? La mienne a le goût si doux du miel.

  

10:12 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius

15.05.2006

Le désespoir du soleil.

Le soleil, au désespoir,  pleurait des larmes de plomb.

Tentant de ranimer des terres vierges, des déserts moribonds 

Il espérait sauver cette planète en guenille et à la peau fripée   

Zébrée à grands coups d’épée de vent et semblant pétrifiée

Tentation désespérée de l’extirper du marasme de poussière

Regrettant amèrement sa désinvolture et son laxisme d’hier  

Cette terre qui s’est laissé acheter, abuser, traiter telle une pute

Par d’aveugles spéculateurs, pour l’argent toujours en rut

Sans s’apercevoir qu’était entamé le compte à rebours

Que le néant veillait que soit atteint le point de non retour

Comment allait échapper maintenant au haro, ce dieu Râ  

Accusé injustement d’avoir incinéré tout ce bas fatras

Ces pâles requins qui anéantirent ce bouclier protecteur

Etendent à présent un brouillard, de doute et de terreur

Accusé par cette gente d’être la cause de tous leurs malheurs

Le soleil cessa lentement les caresses de sa douce chaleur

Plongeant cette planète égarée pour quelques millénaires

Dans le froid, la pénombre, il entama une ère glaciaire

Il avait renoncé à combattre l’ingratitude, de guère lasse

Le soleil au désespoir pleurait des larmes de glace.

 

10:45 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius

04.05.2006

Le plus joli mot...

Nom de l'auteur de cette oeuvre illisible, vous pouvez en admirer d'autres sur : http://etlebut.openface.ca/~durocher/art/232/2001.html

Un petit mot, tout simple, de deux syllabes

Moins, ce ne serait vraiment pas convenable

De la part de deux charmantes petites personnes

Ce mot simple et magique à mes oreilles résonne.

Plus beau qu’une véritable mini symphonie

Qui d’entendre autre chose m’ôte l’envie

Parfois, ce mot, d’une lettre ils amputent

Parler, à cet âge, n’est ce pas une dure lutte

Deux êtres qui sont toujours tellement pressés

Alors qu’à les attendre, tant de temps est passé

Pour eux, je dois parfois me déchirer le cœur

En punition, gronderie ou leur faire peur.

Tout cela en leur tenant, très fort, la main

Les guider dans la vie sur le bon chemin

Les voir, la larme à l’œil, prendre leur envol

Être sur que leur vie ne souffrira d’aucun bémol

Pour enfin pouvoir m’éclipser à tous petits pas

Sachant qu’il me diront toujours le mot magique ….. papa….

14:31 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius

28.04.2006

La lionne et l'étoile.

 

Lionne de Marjorie Mac Donald

 
Toute ressemblance avec une personne vivante ou ayant existé ne serait que pure coincidence :o)
 

La lionne ouvrit les yeux.

Elle avait passé la majeure partie de l’après midi à somnoler à l’ombre des arbres, au bord de la rivière et maintenant que la nuit était tombée, apportant un peu de fraîcheur, la lionne sortait de sa torpeur.

Ses yeux étaient d’une rare beauté.. grands, d’un bleu très clairs et rehaussés de longs cils dorés , le regard était vif, malicieux , avec des reflets metallique.

Elle secoua la tête pour reprendre ses esprits et sa crinière composée de millions de cheveux d’or d’une longeur interminable tournoya autour d’elle, lancant des éclairs dorés à la volée.

Les bois environnants semblaient arrosés d’une fines pluie d’or.

La lionne leva les yeux aux ciel et vit aussitôt une étoile briller de milles feux..  elle semblait étrangément proche de la terre et son rayonnement était des milliers de fois plus brillant que celui des autres étoiles.

Aussitôt l’éclat des yeux de la lionne attira celui de l’étoile et instantanément ils ne firent plus qu’un.

Et l’étoile su.

L’étoile su que le moment était arrivé, le moment qu’il attendait et redoutait tant..

 

La lionne tendit la main à l’étoile qui descendit aussitôt auprès d’elle.

Ils se cachèrent dans les fougères, au bord d’un ruisseau qui courrait paresseusement entre les sapins et là, la lionne se dépouilla de ses vêtements mais l’étoile ne put se délecter de la vue de son corps nu car elle se voilà aussitôt dans sa magnifique crinière, jusqu'à ce qu’elle s’étendit dans l’herbe fraîche et offrit son corps à l’étoile.

Selon la rumeur, cette nuit là, un soleil d’or se leva sur la forêt.   Un soleil doux et chaud qui réveilla les oiseaux qui se mirent aussitôt a chanter comme ils ne le firent jamais plus depuis.

Ce n’est qu’au petit matin que ce soleil doré se coucha, croisant le vrai soleil. Ensemble ils jouèrent quelques instants à se darder de rayons dans tous les tons de jaunes, d’ocre et d’or.

 

Leur idylle dura quelques mois, voir un an et pendant ce temps la lionne supportait les lions grincheux et les hyènes toujours à l’affût d’un mauvais coup et l’étoile supportait les astres sombres et les étoiles fuyantes…  trop fuyantes.. 

Puis, peu à peu, la lionne devint plus distante, plus froide, son regard plus métallique que jamais…  l’étoile, elle, était de plus en plus empressée, à force de trop vouloir veiller sur la lionne, peut être devenait elle envahissante, oubliant que la lionne était une lionne avant d’être une compagne.

La lionne lui prêta alors bien des défauts, la jalousie, l’égoïsme, la médiocrité.

L’étoile la disait glaciale, indifférente, volage et superficielle.

La crinière de la lionne perdit de son éclat, devenait grise et sèche, son regard ternit.

L’étoile perdit sa brillance, devenait sombre et s’égara dans les multiples voies célestes.

 

L’étoile y croyait encore un peu mais pas la lionne.

C’est elle qui annonça la rupture alors que l’étoile pensait que tout était encore possible.

Cela ne se passa pas sans tempêtes, sans orages ou sans averses de mots cinglants, plus inutiles et plus cruels les uns que les autres.

Et puis le temps passa, lentement au début, puis il reprit son cours normal, les minutes avaient à nouveau soixante secondes et les heures comptaient soixante minutes.

L’étoile passait souvent au dessus de l’endroit qui avait connu leurs premiers amours.

La lionne s’inquiétait parfois de savoir si l’étoile veillait encore sur elle, malgré tout.

Un soir de l’été suivant,  la lionne ouvrit les yeux.

Elle avait passé la majeure partie de l’après midi à somnoler à l’ombre des arbres, au bord de la rivière et maintenant que la nuit était tombée, apportant un peu de fraîcheur, la lionne sortait de sa torpeur.

Elle leva les yeux au ciel et appercut l’étoile qui brillait par coups, semblant lui faire des clins d’oeils.

La lionne sourit et lui fit un signe de la main tout en secouant sa crinière.

Tous deux se mirent a briller de mille feux. Leurs éclats se rejoignirent en un magnifique feu d’artifices.

La lionne et l’étoile étaient heureux car ils étaient les meilleurs amis du monde…

 

12:06 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : litterature, syrius

24.04.2006

Ma tombe

 

 
Illustration chipée sur : http://patrice.panaget.club.fr

 

De quoi sera fait ma tombe, trou dans le ventre de la mère, la terre

Aboutissement froid, sombre et humide ou porte ouverte sur un nouvel univers

Cercueil sobre en sapin clair, recouvert de moult pelletées de terre fraîche

Et pardessus, une pierre froide, lisse, épaisse et lourde, si lourde

Comme si quelqu’un craignait de me voir ressurgir de parmi les morts

Et de le taquiner en le tirant pas les pieds ou le torturer durant son sommeil

Ces vaniteux qui imaginent qu’ils auront encore de l’importance à mes yeux vides

Comme si je ne mérite pas de me reposer, enfin…

Sans doute aurais-je une jolie épitaphe gravée dans la pierre

Quelques jolies fleurs, dommage qu’elles doivent mourir à cause de moi, après moi

Et puis, et puis…

Me voilà dans mon joli cimetière entouré d’un haut mur de pierres grises et humides

Un mur ! Je ricane, celui qui est là ne s’enfuira pas, celui qui n’y est pas n’y viendra pas.

Une grille en fer forgé, rouillée et qui grince a en éclater les dents

Et quand vient la nuit, la lune rousse étale les ombres des tombes outrageusement tapageuses de quelques bourgeois ventripotent se rendant compte tardivement  que leur vie était si pingre en bonté et tentant de se racheter.

Des vierges en pleurs ou en prière, des crucifix démesurés, des anges aux ailes déployées et parfois brisées.

Tentatives insensées, désespérées et, j’espère vaines, de s’acheter un bout de paradis.

Dans la brume, les feux follets joueront à cache-cache, allant de tombe en tombe tels des âmes perdues et effrayant les adolescents qui tenteraient de démontrer leur courage en allant déambuler nuitamment dans le cimetière.

Et puis, et puis…

Les années passeront mais quelle importance peut bien avoir une année en cet endroit.

Les visites, pour autant qu’il y en ai eu, s’espaceront puis cesseront

Seuls quelques badauds tenteront de déchiffrer l’épitaphe rongée par le temps

La pierre tombale, recouverte de mousses se dissimulera dans les hautes herbes que plus personne ne vient arracher, depuis si longtemps et puis, une année, lors d’un hiver vigoureux, il gèlera à pierre fendre et ma pierre se fendra..

La neige fondue puis la pluie s’infiltrera  jusqu’à mon misérable cercueil dont elle achèvera de faire pourrir le bois et enfin, après tant de décennies, peut être un siècle,  un rayon de soleil viendra caresser mon crâne abandonné de ses cheveux.

Me voilà libre à nouveau… enfin libre…  mais libre d’aller où.. je ne fais plus partie de ce monde… et puis je suis bien là… dans ma tombe.

12:55 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius

20.04.2006

Le départ de l'orientale.

 
Peinture de Richard Gall. Autres oeuvres visibles sur :

 

J’aimerais te dire si c’est ton destin de partir,  va.

J’aimerais te faire croire que ça ne me fait ni chaud ni froid

Je voudrais te crier de t’en aller si cela te rend heureuse 

Que je ne penserais plus à toi, même à mes heures creuses

Que je m’en fiche, vas donc ailleurs si tu as mieux à y faire

Avec d’autres gens en d’autres lieux s’ils parviennent a te plaire

Et puis tant pis, pour toi je ne perdrais pas d’avantage de temps

Tu veux nous lâcher, nous oublier et bien va t’en, salut et bon vent

Mais j’ai peine a croire que cela semble venir du cœur

Cela sonnera faux, pour mentir, je suis loin d’être le meilleur

Et j’ai bien trop de peine pour ne pas laisser paraître ma tristesse

Je te quémande alors et  même, je mendie, une simple  promesse

Si au hasard d’une nuit, tu vois briller une jolie étoile      

Tu te souviendras de celle que tu as oublié sur la toile                 

Alors tu viendras en cachette, souffler sur notre moral maigrelet

Quelques écrits chaud, doux et mystérieux dont tu as le secret

Si un jour tu te sens seul ou juste la juste la tête à l'envers

Ou si par malheur tu devais faire la traversée d’un désert

Et que qu’aucun oasis ne soit en vue, ni réel, ni en mirage

Ou si un jour tu te sens flouée, abusée ou mise en cage

Pense alors à ces amis que tu as non pas abandonnés mais quittés          

Pour aller courir les mondes et les mers chercher d’autres vérités

Tous se tourneront vers toi le cœur et les bras grands ouverts     

Pour t’accueillir, mystérieuse orientale dont le retour on espère. 

09:11 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius

18.04.2006

 La femme et l'enfant.

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La femme et l'enfant..... dédié à Fanidole et dolette..

 

Femme, petite, belle, fragile et  meurtrie.

Bafouée, blessée, assommée, anéantie.

Attaquée dans ce que tu as de plus cher

Torturée dans la chaire de ta chaire

Les tristes sires, désinvoltes, ont fait volte-face

Te laissant malheureuse, l’âme vide et lasse         

Tous ces chevaliers noirs ont lâchement foulé aux pieds

Ce grand mot qu’ils se faisaient fort de clamer, l’amitié

Te laissant dans le brouillard de la solitude

Errer les yeux triste en proie a toutes les turpitudes

Mille et mille fois, épuisée, tu as pensé en finir

Te retirer dans un endroit sombre pour t’éteindre, mourir,

Car plus que la solitude et la trahison        

Tu redoutais l’intolérance, l’incompréhension

Les sourires de biais ou les regards détournés

Les haussements d’épaules, les mots chuchotés.

Tu as cru être la cause des maux de ton enfant

Te jugeant,  pensant ne pas mériter d’être maman

Ce sont la médiocrité et l’égoïsme qui t’ont jugés

Te condamnant à une peine nullement méritée

Mais tu t’es relevée, faisant face vaille que vaille

Te faisant bouclier pour protéger le fruit de tes entrailles

La préserver du mépris ces noirs apôtres

Cette enfant pas tout a fait « comme les autres »

Chaque journée est maintenant chère en efforts

Mais si peu de choses dans les yeux d’un enfant qui t’adore

Et plus aucun mot, geste ou regard ne réduira à néant. 

Ton amour pour ton enfant, le trésor d’être maman.

12:26 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius