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... et une petite lettre à Vincent, écrite par moi même... Toi qui pleurais des larmes de couleur, Dont les mains étaient des œuvres Dont les doigts se prolongeaient en pinceaux Et dont la couche était une toile Toi qui ne faisais qu’un avec ton rêve, Dont la vie n’était que passion Dont les yeux ne voyaient pas mais admiraient Et pour qui vivre était créer. Tu ne connaissais pas la misère Car tu te peignais tout ce dont tu as avais besoin Tu ne connaissais pas la folie C’est simplement ton monde qui tournait plus vite. Mais tu connaissais la beauté C’est même toi qui l’as inventé Tu connaissais l’amour Car quand tu aimais, tu t’offrais. Vincent, si de la haut, dans ce paradis de couleurs Tu jettes un regard amusé sur notre monde Et ses collectionneurs qui s’arrachent tes œuvres A grands coups de milliards de dollars Si ton regard se pose sur moi En train de gribouiller quelque toile. Fais tomber quelques poussières de ton talent Et rend moi heureux en me l’insufflant.
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31-03-2009, 07:00:16 Patrick
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Un joli texte écrit en hommage à Vincent Van Gogh par Jacques Prévert. A Arles où roule le Rhône Dans l'atroce lumière de midi Un homme de phosphore et de sang Pousse une obsédante plainte Comme une femme qui fait son enfant Et le linge devient rouge Et l'homme s'enfuit en hurlant Pourchassé par le soleil Un soleil d'un jaune strident Au bordel tout près du Rhône L'homme arrive comme un roi mage Avec son absurde présent Il a le regard bleu et doux Le vrai regard lucide et fou De ceux qui donnent tout à la vie De ceux qui ne sont pas jaloux Et montre à la pauvre enfant Son oreille couchée dans le linge Et elle pleure sans rien comprendre Songeant à de tristes présages L'affreux et tendre coquillage Où les plaintes de l'amour mort Et les voix inhumaines de l'art Se mêlent aux murmures de la mer Et vont mourir sur le carrelage Dans la chambre où l'édredon rouge D'un rouge soudain éclatant Mélange ce rouge si rouge Au sang bien plus rouge encore De Vincent à demi mort Et sage comme l'image même De la misère et de l'amour L'enfant nue toute seule sans âge Regarde le pauvre Vincent Foudroyé par son propre orage Qui s'écroule sur le carreau Couché dans son plus beau tableau Et l'orage s'en va calmé indifférent En roulant devant lui ses grands tonneaux de sang L'éblouissant orage du génie de Vincent Et Vincent reste là dormant rêvant râlant Et le soleil au-dessus du bordel Comme une orange folle dans un désert sans nom Le soleil sur Arles En hurlant tourne en rond. Paroles, 1946 Jacques PREVERT (1900-1977)
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30-03-2009, 07:45:11 Patrick
peinture poésie Van Gogh Vincent poésie
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J’ai capturé mon dernier soupir Pour l’empêcher de s’évanouir S’en aller pour tout les temps Dans le nulle part, le néant L’empêcher de rejoindre la lumière Celle qu conduit aux temps futur et naguère Jamais il ne rejoindra l’éternité D’où il me fera des pieds de nez Ou de la haut me faire des francs sourires En regardant ma carcasse en terre pourrir Il est enfermé dans le grand tiroir Celui de la commode dans le couloir Il peut autant qu’il le veut, taper du pied Pleurer, maugréer, me maudire ou pester Le tiroir est cadenassé, fermé, cloué Jamais il ne pourra s’en échapper Rien que d’y penser me fait frémir De joie, de bonheur et de plaisir Car mon dernier soupir escamoté Comment la mort viendra t elle me chercher ? Est ce que dans sa fourberie Madame la mort, cette chipie Un autre bon moyen trouvera Pour me faire passer de vie à trépas Je ne peux enfermer tous mes soupirs Bien que cela est mon plus cher désir Ils sont bien trop petits mes tiroirs Les attraper tous est sans espoir Il faudra donc bien qu’à l’idée je me fasse Qu’un jour, de mon corps, la vie elle chasse
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05-04-2007, 09:39:07 Patrick
littérature poésie poésie
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Comment c'est quand ça s'arrête Quand il n'y a plus de peut-être Quand nous sommes déjà demain Et que devant il n'y a plus rien Que l'aube ressemble au crépuscule À l’espace sans étoiles, sans lunes A un grand pas dans l’infini Où l’on se sent petit, si petit Comment c’est après marche ou crève Qu’il n’y a plus rien après la grève De l’eau sans vagues a perte de vue Agrippant désespérément une plage nue Quand les plaines sont sans horizon Que le soleil brille moins qu’un néon Et que les bruits de pas autant résonnent Qu’un condamné demande qu’on le pardonne Comment c’est quand les fleurs sont en deuil Quand les arbres ne portent plus de feuilles Quand le vent s’épuise en gémissements Que la terre s‘égare en tourments Quand l’éternité arrive en est à sa fin Et que l’infini va se rompre les reins C’est comme une neige qui n’est plus blanche Comme la fin, un néant, un silence
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22-02-2007, 08:05:49 Patrick
littérature poésie poésie
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Voici un petit poème qui aurait été trouvé dans une toilette publique. Je trouve que pour écrire aussi joliment sur un tel sujet, il faut ètre un as de de la plume ou en connaitre long sur la "matière" (glup) et, en tout cas, avoir énormément d'humour !! Malgré l'humour et la vertu Il faut ici montrer son cul Malgré la haine et la fierté Il faut ici se défroquer Malgré l'amour et la tendresse Il faut ici montrer ses fesses. Poussez ! poussez ! les constipés Le temps ici n'est pas compté Venez ! venez ! foules empressées Soulager là votre diarrhée Car en ces lieux souvent chéris Même le papier y est fourni. Soit qu'on y pète, soit qu'on y rote Tout est permis au sein des chiottes Mais ? graine de vérole ou de morpion N'oubliez pas d'vous laver l'fion De ces WC tant usités Préservez donc l'intégrité. Rendons gloire à nos vespasiennes De faïence ou de porcelaine ! Que l'on soit riche ou bien fauché Jamais de classe dans les WC Pines de smicards ou de richards Venez tous voir mon urinoir ! Qu'ils s'appellent chiottes, goguenots, waters Tout l'monde y pose son derrière On les dit turcs ou bien tinettes Tout est une question de cuvette Quand celles-ci se trouvent bouchées Nous voilà tous bien emmerdés. Entrez, entrez aux cabinets Nous raconter vos p'tits secrets Savoir péter c'est tout un art Pour ne pas chier dans son falzar. Si cet écrit vous semble idiot Torchez-vous-en vite au plus tôt Si au contraire il peut vous plaire Affichez-le dans vos waters !!! Auteur anonyme.
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05-02-2007, 10:24:03 Patrick
littérature poesie poésie
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Quelle douceur que le mensonge Qu’elle bonté que j'en songe Quand dans sa chaleur je m'engonce S’inventer tout simplement une vie Faite toute en duperies Et faire de sa vie une flânerie Avoir son propre monde Être seul maître à la ronde Vivre dans une rotonde Avoir vécu toutes les aventures Ou dans la démesure Sans craindre aucune usure Croire mon propre regard Croire, c’est tout avoir En jouir sans égard Faire fi de la réprobation Nier à l’unisson Être complètement bidon Et puis pour finir Le jour de mourir Ce sera… pour de rire
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07-12-2006, 12:18:21 Patrick
littérature poèsie poésie
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Ruban de granuleux et sombre macadam Trace la colline, sans esprit et sans âme Sur les cœurs se dévide et se déroule Étend ses tentacules pour happer la foule Il transforme en glauque poussière La campagne luxuriante de naguère Et le bel habit de brume alchimique A laissé la place aux nuages toxiques La voûte céleste autrefois illuminée Et de millions d’étoiles parsemée Etait bien longtemps avant ce désastre Décorées par de magnifiques astres Une nuit d’été, étendu dans l’herbe fraîche Après une journée chaude et sèche Il ne pleuvait que des étoiles filantes Accompagnées de comètes flamboyantes Champs fleuris et prés verts Ne sont à présent plus que chimère Tous ces regards lancés vers l’espoir S’égarent dans le marasme et le brouillard Tous les chimistes fantasques N’ont plus qu’à tomber les masques Et dans ce bas monde moribond Se dépêtrer dans leur foutue pollution
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10-11-2006, 13:59:49 Patrick
littérature poésie syrius poésie
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Les tourments du vent du nord Envole l’esprit, encore et encore Les vagues arrivée à leur crépuscule Noyant la plage d’une péninsule Et aveuglent de ces embruns Le regard égaré des inopportuns Des uns, émergés du brouillard Jetant des coups d’œils éparts Ne peuvent vivre que de leurs rêves Car jamais n’atteindront la grève Et las, seront emportés par le vent Jusqu’à la toute limite des temps Qu’importe que soit emportée la pensée Que de rayons lunaires elle soit dardée Que la tourmente l’emmène ou la noie L’envoie par le fond ou sur la route de la soie Qu’elle soit éreintée par les pluies diluviennes Rien ne l’empêchera de rester sienne
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15-10-2006, 12:21:43 Patrick
littérature poèsie syrius poésie
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Toi qui m’as abandonné au lieu de me regarder grandir Je te désaime. Toi qui m’enfermais pour sortir au lieu de me raconter des histoires Je te désaime. Toi qui me laissais traîner les rues au lieu de m’apprendre la vie Je te désaime. Toi qui m’as interdit la porte de ton école à cause de mes frusques Je te désaime. Toi qui m’as refusé ce boulot à cause de la longueur de mes cheveux Je te désaime. Toi qui as décidé seule ce qui est mieux pour tous les deux, Je te désaime. Toi qui estimais qu’elle seule est capable d’élever mes enfants Je te désaime. Toi qui à refusé de me louer cet appart à cause de ma sale gueule Je te désaime. Vous tous, qui jugez sans tenter de comprendre Je vous désaime Toi qui m’as pris ma voiture, mon toit, mon moi car j’étais fauché Je te désaime. Toi qui, au sortir d’un restaurant chic, as refusé une piécetteJe te désaime. Toi qui attires l’attention de tes amis et me désignes du menton, en riant Je te désaime. Toi dont le regard m'éclabousse de mépris Je te désaime Toi qui as refusé de me soigner car, à tes yeux, j’étais une ruine Je te désaime. Toi qui refuses de mettre ma pauvre dépouille dans une boite correcte Je te désaime. Toi qui décides que je n’ai même pas droit à une tombe pour moi seul Je te désaime. Toi qui, en me recouvrant de terre juges que je ne vaux pas ta sueur Je te désaime Toi, la vie qui ne m’a jamais épargné Je ne te désaime pas… je ne t’ai jamais aimée
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07-10-2006, 12:00:26 Patrick
littérature poésie syrius poésie
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Source de l'image : hypo.ge-dip.etat-ge.ch/.../html/Archives.html. Papillon Las de se traîner le nez dans la poussière De se tordre le cou pour voir le ciel à l’envers Que l’horizon soit le bout de ses antennes Il décida que cette vie n’était pas la sienne Ce petit insecte de jour ou noctambule Vola à un colibri deux jolies petites plumes Malicieux, il se les colla sur le dos Et vers le ciel s’envola sans ajouter un mot Ignorant qu’il est plus léger que l’air Il traversa les cieux à la vitesse de l’éclair Le papillon savourant pleinement son bonheur A tous fit mirer ses chatoyantes couleurs Il se mit aussitôt à arpenter les campagnes En quête d’une appétissante compagne En rêvant de nombreuses familles Avec dame papillon il fit des vertes chenilles En plus d’être au four et au moulin Il brûlait de fort belle façon son destin Et reparti aussitôt de par le monde Car partout il fallait qu’il vagabonde Mais voulant être ici et ailleurs à la fois Il se rendit compte, avec émoi Que par la vitesse, ses frêles ailes brûlèrent Et depuis… les papillons sont éphémères
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04-10-2006, 07:16:02 Patrick
conte pour enfants littérature poésie syrius poésie
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Si tu passais par ma belle contrée Aidé d’un bâton au lieu d‘une l’épée Je t'attendrais au bord du chemin Avec un broc d'eau et un morceau de pain Je te saluerais, toi pèlerin Espérant pouvoir t'embrasser les mains Voir le reflet de ton regard M’y plonger comme dans un miroir Y puiser de l'espérance Y trouver la persévérance Espérer voir déteindre ton talent Et colorer les mots de mon tourment. Puis te voir reprendre ta route En sachant, sans avoir aucun doute Qu’un jour, ayant fait le tour du monde Et comme notre chère terre est bien ronde Par un beau matin, Tu resurgiras au bout de man jardin.
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30-09-2006, 15:52:06 Patrick
littérature poésie syrius poésie
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La vie est un livre dont on tourne les pages A chacune nous découvrons un nouvel âge Doucement nous voguons entre les lignes En tentant tout au long de rester digne Vivons au son du crissement de la plume Qui rappelle celui des pneus sur le bitume En partant de grand matin depuis le prologue Tentons d’atteindre sans encombre l’épilogue Ce livre, peut être une douce romance Qui nous fait vivre dans un monde intense Un univers sans interdits et sans barrières Car il reflétera notre monde imaginaire Il pourra être un roman d’amour Avec des mots rouges comme toujours Peut être un roman d’horreur et d’épouvante Ou encore d’un style bonbon à la menthe Le lisant, certains prendront de l’avance Et n’y verrons qu’un signe de la chance D’autres, au caractère plus amer Ne jetterons pas un regard en arrière Sur celui qui prendra du retard En le traitant mentalement d’ignare Et se disant sans trop y croire Qu’il s’est juste trompé d’histoire Certains seront à la traîne Trouverons que leur vie est vaine Ne verrons devant eu que les dos De ceux se nourrissent d’autres mots Et pour les rattraper sauterons un chapitre Mais se rendront compte à juste titre Que dans ce livre à vivre à perdre haleine Chaque mot, chaque lettre vaut la peine Parfois dans un accès de rage Il arrive que l’on arrache des pages Coupant ainsi tous les ponts Avec ces autres que l’on ne juge pas bon Mettant un terme à une histoire Effaçant les acteurs de sa mémoire Oubliant que de cette façon nuisible Le fil de l’histoire en devient illisible Tout ce blabla simplement pour dire Que ce roman, avant de terminer de le lire N’oublions rien du vécu de ce livre Pensons à ceux qui nous ont aidé à vivre Retournons nous vers ceux qui peinent à avancer Ne perdons pas de vue ceux qui les étapes ont brûlés Et vivons pleinement cette douce harmonie Dont on soupire communément, quelle vie.
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15-09-2006, 14:34:33 Patrick
littérature poésie syrius poésie
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Pourquoi mon esprit, N’a-t-il pas vieilli Pourquoi n’a-t-il pas les maux Que rencontre ma peau Pourquoi lorsque que je parle une langue Les mots les plus simples me manquent Et que lorsque je réfléchis Mes mots s’enfuient, les maudits. Pourquoi mes jambes, pourtant pas de bois Peinent elles tant à porter mon poids Et que mon dos ne cesse de craquer Lorsque je tente de le décourber Pourquoi mes doigts recroquevillés Laisse tous les objets s’échapper Et que mon ouie tant de fois ravie Ne perçoit plus que des bizarreries Pourquoi est ce que mes yeux Ne se sentent jamais mieux Que quand ils s’égarent Au bout du quai d’une gare Pourquoi est ce que mes mains S’agitent dans l’air, en vain Cherchant loin dans l’espace Des choses qui n’y ont pas leur place Que mes pieds leur chemin ne retrouve plus Dans cette immense salle des pas perdus Et que je ressens dans mes viscères Que je ne le retrouverais plus guère. Pourquoi mon esprit, lui N’a-t-il pas vieilli Et qu’en conservant toute sa finesse Il m’éclabousse de ma vieillesse.
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28-08-2006, 09:56:00 Patrick
littérature poésie syrius poésie
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Illustration : "Convergence" de Jackson Pollock
Les quatre saisons, l'automne, saison fantastique, saison métallique. Saison fantastique, tu es une année à toi seule. En septembre tu nous gratifies de jours d’été plus chaud qu’en juillet et août. Tu nous fais espérer que l’été ne cessera plus malgré que ton soleil se retranche de plus en plus tôt derrière le soir. Et pour mieux nous leurrer, tu fais fleurir quelques petites fleurs, tardives mais non moins jolies que celles du printemps. Puis un matin d’octobre, tu nous surprends par la première gelée et tu nous fait soupirer car malgré ta beauté et tes températures clémentes jusqu’à ce jour, tu nous a gentiment pris par la main pour nous guider lentement vers le froid. Comme pour te faire pardonner, tu sors alors de ta manche, les plus jolies couleurs qu’il soit, saison métallique, tu peins la nature de couleur cuivre, or, bronze, rouille que tu agrémentes de bruns, de jaunes et d’oranges ou en laissant perdurer des verts foncés pendant quelques jours voir quelques semaines avant de les transformer en rouge presque vif. C’est alors une explosion de couleurs faisant ressembler la nature à une toile de Jackson Pollok, dans laquelle chaque buisson, chaque arbre, chaque feuille devient une œuvre d’art. Cela découpé sur un ciel rouge embrasé par le soleil couchant, faisant dire aux enfants que c’est Saint Nicolas qui allume ses fours pour cuir les spéculoos. Parfois, devant la mauvaise humeur des passants qui ne remarquent pas ta beauté, tu te rebiffes en déversant quantité d’eau faisant briller les imperméables et les parapluies sous la lumière blafarde des réverbères, mais les amoureux préfèrent voir la nature mourante recouverte d’un fin suaire de brume. Mourante ? Non pas, simplement assoupie, ankylosée dans l’humidité et le froid mais en attente d’une autre saison. Et puis, décembre étant la depuis quelques semaines, l’automne choisi de nous quitter, à pas feutrés, sur quelques flocons de neige, afin que l’hiver glisse mieux à sa place. PS pour les visiteurs hors Belgique, Saint Nicolas dont il est question dans ce texte est un saint qui est fêté en Belgique et je crois aussi en Alsace, le 6 décembre. A cette occasion les enfants reçoivent des jouets et des friandises, comme pour le Père Noël partout ailleurs... sauf que chez nous, les enfants reçoivent des cadeaux aussi par le Père Noël... aie le portefeuille.. PS bis : mon ami Michel me fait remarquer que la Lorraine connait aussi St Nicolas et que c'est même le Saint Patron de la Lorraine... J'aurais du y penser, vu que la Lorraine est la région la plus proche de la Belgique; par contre, j'ignorais que Saint Nicolas ést le patron de la Lorraine. Merci Michel , amitiés,
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16-08-2006, 10:21:33 Patrick
littérature poésie syrius poésie
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Le passage, Passage pas sage Pas sage comme une image Bien qu’il y a des images pas sages Mais pour la révolte, il n’y a pas d’âge. Même si pour ce faire, il y a saccage Même si pour gagner, des âmes se ravage Voulez vous que je m’explique d’avantage Qu’à la face je vous crache ma rage Que je crève mon ciel bouché de nuages Que je fasse exploser ma colère en orage Tant pis si dans mes mots il y a dérapage. Car cela ne se fera pas sans dommages Après vous avoir transmis mon message Je tenterais de regagner un rivage J’accosterais dans un marécage Ou peut être seras ce une jolie plage Et y créerais un joli village Qui sera mon dernier lieu d’ancrage J’y abolirais tout esclavage Interdirait les piratages Autoriserais tous les mariages Applaudirais les métissages. Ferais fondre l'acier des cages Et lèverais tous les barrages Quand je pourrais enfin tourner la page Que l’avenir se montrera sans grimage Que l’espoir montrera son vrai visage Que dirons la vérité tous les adages Qu’aux humains je pourrais rendre hommage Et que le maître mot sera partage Je me retirerais comme un vieux mage Dans ma cabane faites de branchages Au milieu de mes délicieux verts bocages Je pourrais enfin poser mes bagages Devenir enfin sage comme une image Et perpetuer mon passage
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11-08-2006, 07:43:32 Patrick
litérature poèsie poésie
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Telles des gouttes de parfums pulvérisées par la plume Les rimes sont absorbées par le papier qui les hume Les mots coulent et découlent, étrangement chamarrés Comme écrits aux pointes d’une armée de pinceaux colorés Malgré la teinte de l’encre infiniment épaisse et noire Le texte se prolonge paisiblement en couleurs de l’espoir Et certaines paroles vives jetées toute en éloquence Ont pris la couleur discrète de leur transparence De par l’éventail des mots, habilement choisis Le conteur fait deviner les teintes de son récit Couchées sur papier avec une fausse nonchalance Les paroles révèlent leur douce fragrance Et promènent le lecteur aux yeux heureux Sur les berges des rêveries aux tons camaïeux Puis le prenant par la main il l’emmène vers un sommeil Ou les mots ressembleront aux couleurs d’un arc en ciel
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31-07-2006, 14:36:39 Patrick
littérature poèsie syrius poésie
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Un soleil rouge se lève paresseusement. Perçant lentement la brume douce qui lui dessine une longue crinière blanche Son court combat contre l’obscurité éclabousse le paysage de rouge sang Le bleu nuit du ciel se métamorphose, lentement, en grenat, pourpres, mauve, vermillon. Les nuages hésitent sur la teinte qu’ils doivent adopter et se décident de se draper de rouge cramoisi. J’assiste à la venue au monde d’un jour nouveau, à la renaissance de couleurs qui existent depuis que le monde est monde mais qui semblent encore plus douces et merveilleuse ce matin. Les chênes qui bordent la route, les fermes et leurs granges qui, il y encore quelques minutes étaient gris sur fond sombre semblent revivre en se colorant de rose pâle pour les fermes avec leur toits dont les ardoises encore humides de la nuit reflètent des milliers d’éclats de soleil. Quant aux chênes, le feuillage vert ne tarde pas à prendre le pas sur le rouge qui le colorait il y a quelques instants. Ensuite, plus loin, au delà des champs, en bordure du chemin de terre, ce sont les sapins qui ce cisèlent une place sur le fond sombre de la foret. Le plus beau, le plus grand, le plus vieux, un mélèze, celui qui est planté à côté de la chapelle de la Dame au Bois, là au croisement du chemin du Mont d’Or et du chemin du Gibet, semble veiller sur la vallée, se penchant d’un air bienveillant, au grés du vent. Enfin, tandis que des milliers d’oiseaux se réveillent et saluent le jour nouveau en piaillant et chantant sur tous les tons, la forêt tout au fond, semble émerger de la torpeur. Se découpent en premier les bouleaux avec leurs troncs blancs qui se laissent volontiers teinter d’un orange doux, ensuite apparaissent les charmes, les chênes massif et forts et les hêtres majestueux que semblent vouloir aller chatouiller le ventre des nuages. Enfin, apparaissent au pied de ces géants, quelques noisetiers et merisiers. Le soleil est déjà plus haut dans le ciel et le rouge vire lentement en orange, puis bientôt en jaune vif et lumineux et ses rayons encore doux à cette heure matinale sont caresses sur la peau, tout comme le vrombissement des insectes est caresse pour les oreilles. Le jour est là il est temps de prendre la route, les foins n’attendent pas.
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16-07-2006, 09:17:03 Patrick
littérature poèsie syrius poésie
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Poème inspiré par un fait divers qui s’est déroulé aux Etats Unis. Un pont était coupé à la circulation, produisant un énorme embouteillage, car une personne menaçait de suicider en se jetant de ce pont. Comme la situation traînait, les badauds ont commencé à encourager la personne à sauter dans le vide, tout simplement pour qu’ils puissent continuer leur chemin tranquillement. Une vie ne vaut même plus quelque minutes qui seraient gaspillées a regarder la télé en bouffant des chips « light » vautré dans un fauteuil. Mes semelles collent à la boue Mon estomac, d’effroi, se noue Dans la vase je me débats, je m’enlise. Je n’en puis plus de me battre, je m’épuise Des passants passent Que rien ne tracasse Des passants s’arrêtent Que ma détresse délecte Certains regardent autour d’eux Observent mon sort peu envieux Cherchent un moyen de m’aider Cherchent un moyen de me sauver Puis secouent la tête tristement Puis s’en vont en soupirant D’autres détournent les yeux vers l’ailleurs Vers un monde au loin, peut être meilleur Si on regarde là où le malheur n’est pas Parviendra t on croire à qu’il n’existe pas. Je m’enfonce dans les sables mouvants J’économise le moindre mouvement Les badauds s’amassent devant le spectacle Dont, bien malgré moi, je suis le pinacle De la foule monte lentement une rumeur Certains me lancent un regard désapprobateur Si je suis dans cette situation peu enviable C’est que je le mérite lance une mégère peu affable Toutes ses vociférations forment un tintamarre Il ne manquerait plus que l’apparition d’une fanfare Je suis à présent embourbé jusqu’au cœur Le froid, l’humidité m’engonce dans une torpeur La foule, de plus en plus nombreuse s’impatiente Mon agonie est sans doute un peu trop lente Mais quand la boue pénètre ma bouche Faut il croire qu’aucune souffrance ne les touche Plus un de ces péquenot n’a envie de partir Tant mon épreuve les fait bien rire Et enfin mon ultime gargouillement Les fait grogner de contentement Quand je disparus dans un affreux bruit de succions. De le la foule réjouie j’eu droit à une ovation Puis tous retournèrent d’un pas pesant A leurs malheurs qu’ils avaient oublié un instant A quelque chose malheur est bon dit la maxime Quelqu’un se demande ce qu’en pense la victime ?
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01-07-2006, 18:19:52 Patrick
Littérature Poésie syrius poésie
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La frêle silhouette à la chevelure rouge L’ombre hirsute qui halète dans le mystère Qui uniquement dans la brume bouge Dans le marécage de ses rêves se perd Créature égarée dans son émotionnel Petit animal tapit dans ses pensées Tenaillée par ses pulsions rebelles Par la beauté de son esprit révélée L’apparition cristalline à la peau blafarde Qui attend de la vie qu’elle se réveille Déambule le long de ses jours, hagarde En ignorant que quelque part existe son pareil Ce peut il que vienne un jour en ces marais perdus Extraire du fond de cette eau nauséeuse, de la fange Un esprit franc que ne rebute ce travail ardu Et qui à cette créature offrira sa revanche Un prince de cœur s’égara en cette contrée damnée Il se crut maudit et à tout jamais dans cet enfer perdu Alors que jusqu’aux genoux dans la boue emprisonné L’être étrange déchira le brouillard et le secouru Le prince épuisé par son combat n’en crut pas ses yeux Venait d’apparaître et le sauver celle qu’il avait toujours rêvé Ce marais avait il l’étrange pouvoir d’exaucer son vœu ? Et le faire secourir par l’être que toute sa vie il a cherché Amour et tendresse par leur fusion en énergie convertie De la fange, lentement, fit émerger la créature sublimée Et depuis planent sur les marais et la forêt, en synergie Le prince de cœur et la belle reine rouge des fées
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24-06-2006, 16:02:42 Patrick
Littérature Poésie syrius poésie
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Si vous "m'emprunter" une peinture pour illustrer votre site ou blog, je ne vous ferais pas un procès mais c'est tellement plus sympa de le demander avant, pas vrai ?
L'éternité, c'est très long, surtout vers la fin...
Woody Allen
Il y a des étoiles qui imitent le bruit des avions pour pouvoir se déplacer le plus discretement possible dans le ciel, la nuit... *****Vincent Collin **********
Toi qui pleurais des larmes de couleur,
Dont les mains étaient des œuvres
Dont les doigts se prolongeaient en pinceaux
Et dont la couche était une toile
Toi qui ne faisais qu’un avec ton rêve,
Dont la vie n’était que passion
Dont les yeux ne voyaient pas mais admiraient
Et pour qui vivre était créer.
Tu ne connaissais pas la misère
Car tu te peignais tout ce dont tu as avais besoin
Tu ne connaissais pas la folie
C’est simplement ton monde qui tournait plus vite.
Mais tu connaissais la beauté
C’est même toi qui l’as inventé
Tu connaissais l’amour
Car quand tu aimais, tu t’offrais.
Vincent, si de la haut, dans ce paradis de couleurs
Tu jettes un regard amusé sur notre monde
Et ses collectionneurs qui s’arrachent tes œuvres
A grands coups de milliards de dollars
Si ton regard se pose sur moi
En train de gribouiller quelque toile.
Fait tomber quelques poussières de ton talent
Et rend moi heureux en me l’insufflant.
A Arles où roule le Rhône
Dans l'atroce lumière de midi
Un homme de phosphore et de sang
Pousse une obsédante plainte
Comme une femme qui fait son enfant
Et le linge devient rouge
Et l'homme s'enfuit en hurlant
Pourchassé par le soleil
Un soleil d'un jaune strident
Au bordel tout près du Rhône
L'homme arrive comme un roi mage
Avec son absurde présent
Il a le regard bleu et doux
Le vrai regard lucide et fou
De ceux qui donnent tout à la vie
De ceux qui ne sont pas jaloux
Et montre à la pauvre enfant
Son oreille couchée dans le linge
Et elle pleure sans rien comprendre
Songeant à de tristes présages
L'affreux et tendre coquillage
Où les plaintes de l'amour mort
Et les voix inhumaines de l'art
Se mêlent aux murmures de la mer
Et vont mourir sur le carrelage
Dans la chambre où l'édredon rouge
D'un rouge soudain éclatant
Mélange ce rouge si rouge
Au sang bien plus rouge encore
De Vincent à demi mort
Et sage comme l'image même
De la misère et de l'amour
L'enfant nue toute seule sans âge
Regarde le pauvre Vincent
Foudroyé par son propre orage
Qui s'écroule sur le carreau
Couché dans son plus beau tableau
Et l'orage s'en va calmé indifférent
En roulant devant lui ses grands tonneaux de sang
L'éblouissant orage du génie de Vincent
Et Vincent reste là dormant rêvant râlant
Et le soleil au-dessus du bordel
Comme une orange folle dans un désert sans nom
Le soleil sur Arles
En hurlant tourne en rond.
Paroles, 1946
Jacques PREVERT
(1900-1977)
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