29.09.2006
Les Elfes Lumineuses et le Mage Noir (Part I)

Part 1
Mové jubilait, car il était enfin arrivé à ces fins. Détourner à son profit, le travail de centaines de mages, effectués à travers les siècles.
Mové était un mage lui aussi, mais un mage noir, qui avait mis sa science au service du mal et qui ne reculait devant aucun aveulissement.
Mensonge, fourberie, chantage et même le vol étaient pour lui des outils de travail. Même pire que cela, chaque méfait, chaque coup tordu était pour lui, source de plaisir et on ne le voyait rire qu’à ces moments là.
Ces yeux, légèrement bridés et d’un bleu presque blanc planté au milieu de globes jaunâtres et glauques semblaient alors lancer des éclairs.
Quand il avait réellement beaucoup de plaisir, son corps entier était secoué de petits soubresauts, qui faisaient chanceler son chapeau pointu sur sa tête à la chevelure abondante et d’un noir absolu, contrairement à tous les mages connus qui possédaient une longue chevelure d’un blanc immaculé.
Par contre, quand il était soucieux ou en quête d’un mauvais tour, il entourait des mèches de sa longue barbe autour de ses doigts et comme il était sans cesse à l’affût d’une méchanceté, sa barbe était superbement bouclée.
Cette fois, le denier mauvais tour de Mové lui procuraient tellement de plaisir que ses soubresauts lui firent choir le chapeau de la tête.
Tonneau accouru en claudiquant, ramassa le chapeau et après l’avoir dépoussiéré avec sa manche, lui remit, de guingois sur la tête.
Tonneau était l’homme, ou plutot le gnome à tout faire du Mage Noir, à vraiment tout faire. Plus bête que méchant, Tonneau s’acquittait, avec beaucoup de zèle de toutes les basses besognes que son maître lui ordonnait.
Tonneau était d’une laideur repoussante. Il avait un nez énorme couvert de pustules, des oreilles immenses toutes déchiquetées à cause des ronces au travers lesquelles il gambadait pour aller cueillir des fruits des bois et il devait son sobriquet à ses jambes excessivement arquées qui faisaient dire à tous ceux qui le croisaient qu’on avait du le mettre à sécher sur un tonneau.
A part lui, il y avait aussi dans l’entourage du mage, Remulda, une sorcière jadis redoutable mais qui dans une joute à coup de maléfice et sorts magiques contre les fées du bien, a été quelque peu secouée et a perdu la mémoire et par la même occasion son titre de sorcière.
Remulda, contrairement à Tonneau, était d’une beauté époustouflante mais au temps de sa gloire, elle se servait de ses charmes pour séduire des jeunes mages et tenter de leur soutirer leurs secrets.
En fait d’élixir, elle ne se souvenait maintenant plus que des recettes de la ratatouille aux carottes et de la poule au pot, ce qui faisait le bonheur de Mové car c’était ses menus favoris. De plus, son ballet, devenu fou lui aussi, ne cessait de balayer la masure du Mage, de la cave au grenier.
Mové était l’ennemi juré des Elfes Lumineuses ou encore nommées Elfes du Soir et dans le peuple des humains, elles étaient sottement appelées vers luisants ou lucioles.
Quelques unes ont été capturées par des humains et gardée en captivité, dans un bocal ou dans une petite cage finement grillagée et montrées comme des phénomènes bizarres. Les petites elfes captives mouraient très rapidement.
Pour éviter cela, les Elfes Lumineuses évitaient désormais précautionneusement les endroits qui pouvaient être fréquenté par les humains.. D’ailleurs, avez vous vous récemment une luciole luisant, vous ?
11:03 Écrit par Patrick dans conte pour enfants | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : litterature, fable, conte pour enfants, syrius
28.09.2006
Les Elfes Lumineuses et le Mage Noir (part II)

Part 2
Le mage noir aurait aimé asservir le peuple des Elfes lumineuses, en faire une troupe de petites ouvrières ou de petites domestique entièrement à son service et au temps où la sorcière Remulda était au sommet de sa gloire, elle coursait les Elfes en plein air à l’aide de son balai magique et était parvenue à en attraper quelque unes. Heureusement pour les Elfes et grâce à leurs ailes, elles parvenaient a s’échapper dés qu’on leur donnait un travail à faire hors de leur cage.
Depuis que la sorcière avait perdu la raison, il n’y avait eu plus une seule capture. Mové le mage avait bien tenté une fois monter le balai magique devenu fou et de le chevaucher pour tenter de le dompter mais mal lui en pris.
Le balai avait refusé de se laisser faire et tenté de se débarrasser de son cavalier par tous les moyens.
Le mage s’en sorti avec un chapeau complètement aplati contre le plafond de la masure, d’une série de bosses impressionnantes sur le crâne et d’une migraine qui dura trois jours. Depuis il n’avait plus tenté de détourner le balai fou de son nettoyage perpétuel.
Mové riait bien, à présent, de toutes ces mésaventures, car il avait trouvé le moyen de capturer toutes les Elfes en une seule fois et définitivement. Pour ce faire, il raconta aux elfes qu’il désirait faire la paix et qu’il les invitaient toutes à un banquet durant lequel il leur ferait part de son repentir et en guise de cadeau, il offrirait aux Elfes une éternelle pénombre.
En fait, Mové, grâce à des formules magiques retrouvées dans des grimoires qui dataient de temps immémoriaux était parvenu à détourner une des sept planètes sombres de notre système solaire et de la faire passer devant le soleil, provocant de cette manière une éclipse totale.
Les Elfes n’avaient aucune connaissance des sept planètes sombres et n’avaient donc aucune raisons de se méfier, ne connaissant, comme les humains que le système solaire dit « lumière » qui tournait parfaitement rond autour du soleil.
Ce soleil que craignaient les Elfes car la chaleur de celui-ci ferait se chiffonner leurs ailes si fines et si fragiles.
Peu avant l’heure de l’éclipse, Mové se présenta dans la clairière au milieu de laquelle se dressait le chêne millénaire qui était l’abri du peuple des Elfes Lumineuse. Il portait son vieux grimoire sous le bras, Tonneau tirait derrière lui un grand chaudron plein de ratatouille destinée au banquet et Remulda traînait, à grand peine, une grande carafe d’Hydromel.
Mové ignorait si les Elfes aimaient la ratatouille aux carottes mais de toute façon elles n’auraient sans doute pas le temps d’y goûter. Après les avoir un peu enivrées avec l’hydromel, elles auraient la surprise de leur vie.
09:28 Écrit par Patrick dans conte pour enfants | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : litterature, conte pour enfants, syrius, fable
27.09.2006
Les Elfes Lumineuses et le Mage Noir (part III)

Part III
A l’heure que l’éclipse devait commencer selon les calculs du mage, il sorti son grimoire aux feuilles jaunies et craquelées et commença a réciter de fausses formules, tentant de faire croire qu’il ferait tomber la nuit définitivement. A peine eut il terminé ses fausses incantations que la planète sombre déviée de sa route, commençait a grignoter le soleil.
Les Elfes lumineuses qui doutaient autant de l’honnêteté du Mage Noir qu’elles ne craignaient le soleil, étaient restées à l’abri dans les anfractuosités de leur chêne, mais la pénombre envahissant la clairière, les plus hardies commençaient à s’aventurer à l’extérieur suivies bientôt des plus craintives, alors que le silence s’abattait sur la clairière.
Les animaux diurnes avaient regagnés leur tanière, leur nid ou leur couche tandis que les diurnes jugeaient ne pas avoir suffisamment dormi et ne sortaient pas des leurs.
Bientôt, le disque de la planète sombre recouvrait totalement le soleil et la pénombre fut totale.
Les elfes commencèrent à tournoyer à l’aide de leurs petites ailes translucides et leurs cris de joie déchirèrent le silence impressionnant qui avait régné durant quelques minutes sur cette portion de forêt.
C’était un réel enchantement de voir tournoyer ces centaines d’elfes qui laissaient de longs traits lumineux derrière elles, elles riaient et chantaient comme de petites folles, ravies qu’elles étaient de désormais ne plus devoir craindre le soleil et de pouvoir sortir quand bon leur semblerait. Parfois, deux d’entres elles se percutaient en vol, provoquant une gerbe d’étincelles en même temps qu’un fou rire.
Tonneau, en gros bêta qu’il était, applaudissait ce spectacle des deux mains en riant bêtement, sous l’œil désapprobateur du Mage, tandis que Remulda, insensible à ce qu’il se passait autour d’elle réfléchissait au repas du lendemain.
Elle optât, une fois de plus pour de la poule au pot, quand Mové lui signifiât, d’un grand coup de coude dans les côtes, qu’il était temps de déboucher la carafe d’hydromel, qu’elle servit généreusement dans de grands gobelets fait avec les cupules des glands de chêne.
La fête battait son plein quand le disque de la planète sombre commençait a glisser de l’autre côté du soleil et que la clarté renaissait. Le peuple des Elfes commençait a pousser des petits cris d’étonnement et de frayeur mais le Mage les calma temporairement en leur expliquant qu’il ne s’agissait qu’une petite erreur de calcul et replongeat le nez dans son grimoire faisant mine de chercher la solution.
Tout cela pour gagner quelques précieuse minutes.
Quand les elfes se rendirent compte de la supercherie, la panique et les effets de l’hydromel leur firent perdre tous leur moyens. Elles voletèrent dans tous les sens, certaines se télescopaient en plein vol et peu purent retrouver leur abri.
Quant aux autres, le soleil, reconquérant son bien, vint leur caresser les ailes de ces rayons vifs et chauds.
Ces petites ailes si fines et si fragiles qui ne tardèrent pas à sécher et se recroqueviller comme de vieilles feuilles tombées d’un arbre en automne.
Les unes après les autres les petites Elfes perdirent de l’altitude et churent sur le sol recouvert de feuilles.
Il ne restait plus, à Mové le Mage et son vilain homme à tout faire, d’attraper les pauvres Demoiselles du Soir avec de grands filets à papillons et de les entasser, pêle-mêle, dans de crasseux sacs de jute.
Remulda, la sorcière qui avait une araignée dans le plafond, courrait aussi dans tous les sens, mais elle tentait d’attraper de vrais papillons. Ce qui lui attira des mots peu gentils de la part du Mage qui, étant habitué à se faire servir, était tout rouge et en sueur à force de courir après les Elfes.
Enfin, toutes ces pauvres Elfes finirent dans un des sacs et furent transportés dans la masure du Mage où elles furent renversées, sans ménagement, sur le sol.
..... à suivre....
09:29 Écrit par Patrick dans conte pour enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature, conte pour enfants, syrius, fable
26.09.2006
Les Elfes Lumineuses et le Mage Noir (part IV)

Part 4
Aussitôt le Mage noir, bavant de satisfaction, attribua des tâches à toute ses nouvelles esclaves et pour ne pas qu’aucune ne trichent ou tout simplement pour s’y retrouver lui même, le mage ne trouva rien de mieux que de tracer une croix à la peinture sur le derrière lumineux des malheureuses..
Rouge pour celles qui devaient piler les condiments destinés aux filtres magiques, noir pour celles qui devaient entretenir le fourneau, jaune pour celles destinées au service domestique, blanche pour celles qui faisaient de la lumière, vert pour celles qui étaient chargée de tenir ouvert le grimoire du mage, hé oui, il ne se refusait plus rien… oranges pour celles qui étaient chargées d' …. éplucher les carottes pour Remulda, et ainsi de suite pour toutes les tâches imaginables.
Les Elfes étaient furieuses d’avoir leur derrière peint de la sorte mais surtout de s’être laissé berner par ce mage dont elles connaissaient pourtant que trop bien le vilains défauts. Mais comment faire pour s’échapper sans ailes ??
La porte était toujours solidement fermée, les vitres aux fenêtres bien épaisses et lors des rares sorties pour aller cueillir les plantes médicinales, les Elfes étaient gardés par Tonneau, armé d’un énorme filet à papillon.
De plus, ce vilain nabot, malgré ces jambes affreusement arquées, était capable de se déplacer à vive allure et chaque tentative d’évasion c’était soldée par un échec et ponctuée d’une punition. Pour unique repas, les épluchures des carottes de Remulda ou les restes de la poule au pot, mais pour ce, elles passaient après ce goinfre de Tonneau qui parfois, ne laissait même pas les os !
Mové le Mage était le plus heureux des mages. Il était puissant puisque à la tête d’une armée d’esclaves et ce sentais si fort et intelligent qu’il était sur que plus rien de fâcheux ne pourrait lui arriver.
En cette fin de journée, il se promenait dans la clairière des Elfes lumineuses. Il leva les yeux au ciel et jubilait car il n’aperçu qu’une dizaine de Elfes, qui d’ailleurs s’empressèrent d’aller se mettre à l’abri. C’était celles qui avaient échappé à son traquenard. A part ça, rien d’autre dans le ciel.
Rien d’autre… à part quelques corneilles !!! Et même pas mal de corneilles qui volaient autour du chêne millénaire et se posaient sur ses branches ou encore sur les branches des arbres en bordure de la clairière. Et toutes regardaient le Mage d’un œil mauvais.
Le lendemain, Mové se rémora l’attroupement de corneilles et après avoir distribué leurs tâches à toutes ses esclaves, reparti se promener vers la clairière des Elfes.
Le rassemblement de corneilles avait considérablement augmenté, doublé, voir triplé et le mage ne se sentait pas du tout à son aises avec ces centaines d’yeux noirs fixés sur lui.
Mové était intrigué et même inquiet et se promit d’aller compulser ses grimoires dés son retour, question de voir s’il y avait déjà eu des rassemblements de corneilles tel qu’aujourd’hui.
Il arriva de très mauvaise humeur à sa masure car une partie des corneilles l’avait suivi jusque chez lui et sa mauvaise humeur se répercuta sur ses petites souffre-douleur.
12:16 Écrit par Patrick dans conte pour enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature, conte pour enfants, syrius
25.09.2006
Les Elfes Lunineuses et le Mage Noir.(part V)

Part 5
Aussitôt il leur fit sortir des étagères, des grimoires plus vieux et plus poussiéreux les uns que les autres.
Elles devaient parfois se mettre à trente ou quarante pour les porter tellement certains étaient lourds.
Patiemment il les feuilleta, page par page, à la recherche d’évènements qui évoquaient de gros rassemblement de corneilles.
Et tout à coup, son visage s’illumina en tapotant une page d’un doigt prolongé d’un ongle crasseux.
La page relatait l’histoire d’un misérable sorcier qui était parvenu à capturer quelques dizaines d’Elfes Lumineuses à l’aide d’un filet géant qu’il fit tomber depuis un arbre.
Il avait ensuit réduit les Elfes en esclavage après les avoir exposés au soleil pour leur brûler les ailes.
Quelques jours plus tard, des centaines de corneilles s’étaient rassemblées près de la maisonnette du sorcier et était parvenu à libérer les malheureuses. Il n’était pas indiqué comment les corneilles avaient procédé mais bien pourquoi. Les Elfes Lumineuses sont tout simplement les alliées des corneilles depuis la nuit des temps, mais aussi leur guérisseuses.
Elles possèdent elles aussi des dons de magie, mais contrairement au Mage Noir et à la sorcière Remulda, les Elfes employaient leurs dons pour faire le bien autour d’elles.
De plus, en période de disette, grâce à leur petite lumière et en se postant à plusieurs la nuit au bord d’un lac, elles attiraient sur la rive quelques poissons trop curieux.
Ce qui, à une année perdue dans les recoins du calendrier magique, avait sauvé le peuple des corneilles de la famine. C’est à cette époque que le Maître des corneilles promît protection éternelle aux Elfes Lumineuses.
Le Mage Mové partit dans un grand fou rire mauvais. Il se dit que ce sorcier dans le grimoire ne devait pas être bien futé pour s’être laissé déposséder de ses esclaves aussi aisément et qu’à lui, le grand Mage Noir qui avait asservis le peuple entier des Elfes, il faudrait bien plus que quelques emplumés pour le vaincre.
Et comme pour renforcer ses paroles, il sortit dans la clairière, s’arma d’une poignée de cailloux qu’il s’empressa de jeter vers les corneilles.
Plitch !!!
Pour toute réponse, il lui arriva une fiente au beau milieu du front.
Le Mage Noir, vexé, se mit en colère et jeta une rafale de cailloux en direction des corneilles.
Plitch, platch, plitch !!!
De nouvelles fientes lui percutèrent le crâne et lui coulèrent dans les yeux.
Ivre de colère, le Mage se mit à jurer, à invoquer les puissances des ténèbres et à maudire tout à ce dont il pensait, y compris les Elfes et ces corneilles stupides.
Ça en était trop pour les corneilles qui vinrent le bombarder de fiente et qui, dés qu’il fut enliser dans le caca, vinrent lui pincer le nez et les fesses de leurs bec puissants.
Tonneau et Remulda, qui avait encore en mains ces éternelles carottes, accoururent, attiré par les cris du Mage et les croassements des corneilles. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, ils subirent le même sort que leur patron.
Les trois compères s’enfuirent en glissant et dérapant sur la fiente et nul ne les revit dans la contrée.
Quant aux Elfes, les corneilles eurent vite fait de casser une vitre pour entrer dans la masure et, dés le soir venu elles furent évacuées une à une sur le dos de leurs amies volantes et conduites à leur chêne millénaire où elles purent se soigner et attendre que leurs ailes délicates repoussent.
Dernièrement, le bruit courut qu’à des lieues et des lieues de la clairière des Elfes, on avait aperçu un homme portant un chapeau pointu, qui agitait les bras sous une cape noire en poussant des croassements. Certains allèrent même jusqu’à prétendre qu’il s’agissait de Mové, le Mage noir.
Personnellement, je crois plutôt qu’il s’agit d’une fable…
13:44 Écrit par Patrick dans conte pour enfants | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : litterature, conte pour enfants, syrius, fable
10.07.2006
Macedoine de légumes.

Un jardinier, vêtu de sa belle salopette bleue, les pieds dans ces sabots et la tête protégée par un joli chapeau de paille s’extasiait devant un potiron.
- Mais comme tu es beau, mais comme tu es gros, mais comme tu es rond. Tu es une véritable réussite, tu es le roi du potager et patati et patata… Il ne tarissait pas déloges à propos de son légume préféré.
Ce que le gentil jardinier ignorait, c’est que dés qu’il tournait le dos, son potager prenait vie, une toute autre vie que ce qu’il s’imaginait car les légumes, s’ils ne pouvaient bouger de l’endroit où ils avaient été semé ou planté, pouvaient, en revanche, bavarder à volonté, et ils ne s’en privaient pas.
A chacun de ses passages, le petit monde du potager commentait chacun de ses faits et gestes et cette fois, ils n’étaient vraiment pas de bonne humeur. C’était même plutôt la jalousie qui les animait.
- Mais qu’est ce qu’il a de spécial ce gros balourd de potiron ? S’écria l’asperge ? Il est gros, trop gros, énorme même.
Par rapport à moi qui a une si belle ligne.
- Aha, répondit le potiron, tu parles d’une ligne, on ne t’appelles pas l’asperge pour rien, mais que veux tu donc qu’on mange chez toi, tu ressemble à un fil et puis tu as vu ta couleur ? Moi je suis d’un beau jaune or, tandis que toi, tu es blanche comme un navet !
- Mais dis donc toi, s’insurgeât le navet, est ce que je me mêle de ta couleur moi ? Est ce que je me mêle de dire que tu n’es qu’un gros balourd avec un petit pois dans la tête ?
- Comment, comment ? Que voulez vous dire par « un petit pois dans la tête » ? Je ne comprends pas, s’écria le pois.
- Ça n’étonne personne que tu ne comprenne pas, ça veut tout simplement dire que tu n’es pas futé, lui rétorqua l’épinard.
- Allons bon, se mêla l’endive, voilà l’épinard, sous prétexte qu’il est plein de fer, qui commence à faire les gros bras.
- En tout cas, répondit l’épinard, moi, je ne suis pas obligé de ma cacher dans l’obscurité pour pousser. Je ne joue pas à la madâme qui a peur du soleil, moi !!
La carotte qui somnolait dans son coin se réveillât tout à coup.
- vous n’en avez pas marre de faire des salades pour rien du tout ? Se moqua-t-elle.
- Et bien voilà autre chose, s’écria la salade. Tu te crois célèbre parce que tu as des fans ?
- Et si c’est vrai que les carottes rendent aimable, tu ferais bien de manger un bout de toi même. S’esclaffa la tomate.
- Mais de quoi elle se même l’autre, rétorqua la carotte, elle est la seule qu’on jette sur les mauvais chanteur et encore, après qu’on l’ai laissé pourrir et elle vient faire l’importante. Et puis vous commencer à me courir sur l’haricot !
- Voilà, dit le haricot, je ne dis rien et voilà qu’on me cherche des noises, tout ça pour une question de roi du potager, alors que vous ne valez pas un radis !
Le radis faillit s’étouffer de colère.
- Dis donc toi là, tout tordu et tout vert, tu te prends pour le haricot magique ou quoi ? Patate va !
- Patate, patate, dis la pomme de terre, au moins quand on me plante, ça vaut la peine, on plante une seule pomme de terre et on en récolte vingt ! Et de plus on me mange de mille manières, en frites, en purée, en beignet et même en chemise. Je suis tout de même le seul légume qui est parfois habillé. Après tout, c’est moi qui devrais être le roi du potager !
Le poireau se mit à rire.
- Une pomme de terre toi du potager, ce serait la première. Son excellence patate 1er s’esclaffa-t-il. C’est moi qui devrais être le roi, je suis tout de même le plus beau de ce potager.
- Ouais, mais surtout le plus lent, intervint le chou. Il faut attendre tout l’hiver pour te manger. Je dis attendre mais je devais plutôt dire poireauter !! Et le chou parti dans un rire gras.
Le navet qui boudait depuis tout à l’heure vint à l’aide de son ami poireaux
- Oooh, se moqua-t-il, voilà le chouchou qui s’en mêle. Mon petit chou par ci, mon petit chou par la et du coup il se prend pour un bien aimé !! Tu ferais mieux de t’occuper de tes oignons !
L’oignon sursauta.
- Hé la, je ne m’occupe pas de vos bêtises moi, mais puisque tu t’en prends à moi, je te le dis mois que tu portes bien ton nom, tu n’es qu’un navet, na !
Et ces charmants légumes auraient pu se chamailler encore longtemps si le jardinier n’était pas réapparu au bout du sentier du potager et ce qu’il tenait en main fit frémir toute la population du jardin : un couteau de cuisine.
Un des pensionnaires n’allait pas tarder à finir en pot au feu ou en ratatouille ou en salade. Mais lequel ?
Le jardinier s’approcha a nouveau de son potiron, le regardât amoureusement en penchant la tête de côté et un sourire béat sur les lèvres. Il se pencha et zip, il coupa la tige du potiron, se le mit sous le bras et retourna vers la cuisine en salivant déjà après la bonne grosse soupe que son épouse allait faire avec ce gros potiron.
- Miammm, marmonna-t-il, Avec des croûtons de pains et du fromage râpé, je vais me régaler.
Et il disparu par la porte la cuisine.
Aussitôt le jardinier parti, le potager reprit vie. Tous se regardaient un peu honteux de cette scène de jalousie au sujet du potiron.
Profitant du silence, le cornichon prit la parole.
- Bon, puisque personne ne parle, je décide que c’est moi le nouveau roi du potager, déclarât il haut et fort…
Et tout le potager partit dans un grand fou rire.
- Tu es un vrai cornichon, s’écrièrent ils en cœur.
- Mais tout de même, intervint le céleri, je crois que nul n’est plus compétent que moi pour le poste de roi du potager.
Et les chamailleries reprirent de plus belle… sans doute jusque la prochaine soupe, ou ratatouille..
17:07 Écrit par Patrick dans conte pour enfants | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : conte pour enfants, litterature, syrius
04.07.2006
Le saule qui pleurait.

Dans un grand jardin joliment arboré
Entendait-on, de loin, se lamenter
Un majestueux saule pleureur
Qui se plaignait de ses malheurs
C’est moi qui fais tout dans ce jardin
Pendant que se cachent les plus malins
Vociférait notre arbre avec rage
Autour de lui, aux verts bocages
Tous se cachent des rayons du soleil
De mes branches se font une ombrelle
Et c’est moi qui prends toute la chaleur
Tandis que vous passez vos journées sans heurts
L’arbre dans sa grande amertume
En vint à faire un vœux hors coutume
En espérant que cela vous ennuie
Je vous souhaite quarante jours de pluie
Et notre saule se prenant pour un sorcier
Entonna un chant, aux nuages adressé
Le résultat ne se fit pas long à venir
Le mauvais temps vint tout pourrir.
Le saule ne cessa pas pour autant de pleurer
Car plus un seul arbuste ne vint le visiter
Certes il ne faisait plus fonction de parasol
Mais avec personne il n’échangeait une parole
De plus le temps d’avantage se dégradat
Et ces tristes pensées, amèrement il regrettat
Au dessus du pleurnicheur s’accumulèrent les nuages
Qui ne tardèrent pas à virer au violent orage
Notre beau saule qui ne cessait de braire
Fut rapidement transpercé par un éclair
Cruellement il fut frappé par la foudre
Et son cœur de triste réduit en poudre
Ce qui subsistât de ses branches, de son bois
Fut découpé, fendu en bûches et mis en tas
Et notre arbre que du soleil refusait de protéger
En fut réduit, cet hiver, à la maisonnée réchauffer
Ce qui fit dire à toutes les plantations en place
Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse.
Et puis surtout si tu fais une méchanceté
Ne t’étonne pas que ça te retombe sur le nez.
17:21 Écrit par Patrick dans conte pour enfants | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : poeme pour enfant, litterature, syrius
13.06.2006
Le chaton et la marguerite

Un chaton gambadait dans les hautes herbes, tantôt reniflant un joli papillon bleu qui de ses ailes lui chatouillait le museau, tantôt essayant d’attraper entre ses pattes encore maladroite un gros bourdon qui volait lourdement de fleur en fleur en émettant son grave vrombissement. Le ratant de peu, son attention fut attirée par le ballet d’une abeille plus rapide que le bourdon, qu’il avait déjà oublié. L’abeille, les pattes chargées de pollen, esquiva facilement les coups de griffes maladroits du jeune chaton tigré et continua son butinage comme si de rien n’était. Il faut bien dire cette grande travailleuse n’a guère de temps pour jouer.
A nouveau l’attention du chaton fut détournée, cette fois par un scarabée. Le chaton lui décocha quelques coups de pattes rapides et aussitôt le scarabée se retourna sur le dos et resta immobile, les pattes en l’air. Le chaton le poussa un peu du bout de la patte, mais voyant que son nouveau copain de jeu restait immobile décida, déçu, de continuer sa route. Il fit à peine quelques mètres que le scarabée, bien heureux du tour qu’il venait de jouer à ce gros bêta de chat, reprit la sienne aussi.
Tout à coup, il sembla au chaton qu’on l’appelait,
-- Psst, psst !
Le chat grimpa sur une souche afin d’être plus haut que les herbes folles et regarda vers la grange en bois dans laquelle il passait ses nuits, douillettement emmitouflé dans un vieux pull-over jeté dans un panier en osier plus vieux encore. En fait, c’était une vielle manne à linge de laquelle ne subsistait pratiquement que le fond.
Il s’attendait à voir la fermière qui lui apportait les restes du repas de midi, un bel os de côtelette à nettoyer ou une couenne de lard bien grasse. Mais personne ne se trouvait à l’entrée de la grange. Et puis la fermière ne l’appelait jamais, elle se contentait de taper quelques coups sur l’écuelle en métal à l’aide d’une cuillère en bois. Si le chaton l’entendait, tant mieux, sinon, à son retour il devait se contenter de ce que lui avaient laissé les chats errants qui trainaient toujours en quête de nourriture, quant il ne devait pas disputer les restes à des corbeaux et même parfois à l’un ou l’autre hérisson, sans parler des invasions de fourmis, rouges ou noirs, il détestait les deux.
-- Psst, psst » entendit il une nouvelle fois.
Cette fois, il n’hésitât plus, il sauta de sa souche et couru à grands bons vers la grange.
Il pila net devant son écuelle dans laquelle ne se trouvait que quelques vieux os de poulet maintes et maintes fois reléché.
Il regarda les restes de façon circonspecte, ce n’était donc pas la fermière qui l’appelait pour son dîner.
Il comprit soudain ce qu’il se passait, c’était les deux enfants des fermiers, Riton et Julia, qui lui faisaient une farce. Ces deux délicieux garnements venaient parfois jouer avec lui. Ce n’était pas de tout repos car le chaton était trituré et retourné dans tous les sens, les deux mômes se le disputaient et le tiraient bien volontiers par la queue ou par les oreilles. Mais en contrepartie, ils lui apportaient, en cachette, un délicieux bol de lait, dans lequel ils ajoutaient parfois un morceau de beurre et lors de leur dernière visite, ils lui avaient apporté une belle grosse pelote de laine. Malheureusement, il ne put jouer longtemps avec car la fermière la trouva et la remporta. Chaton eut droit à un petit coup de ballet qu’il esquiva facilement et les deux garnements qui lui avaient apporté son jouet, à une solide réprimande. Il fait dire, à sa décharge, que le joli pull à col roulé qu’elle tricotait le soir, devant le feu de bois, était au point mort, depuis qu’elle ne retrouvais plus sa laine.
Chaton se demandait, en cherchant les deux enfants ce qu’ils lui avaient apporté cette fois. Mais il eut beau arpenté la grange dans tous les sens, il ne trouva aucun des deux enfants.
-- Psst psst !
-- Allons bon, çà commence a m’agacer se dit chaton en faisant pivoter ses oreilles en tout sens afin de capter d’où venaient ses appels. Il lui semblait que ça venait de la prairie, non loin de la souche qu’il avait escaladé tout à l’heure.
Il retourna donc dans les herbes, à pas lents, l’air faussement désinvolte mais tous les sens en éveil.
-- Psssssssst » entendit il, il se retourna vivement et se retrouva nez à nez, si on peut dire, avec une charmante marguerite qui semblait lui sourire.
Chaton se rapprocha afin de renifler la fleur.
-- Hihihihi,» s’exclama celle ci « arrêtes, tu me chatouilles »
Chatons fit un bond en hauteur, le poil hérissé, la queue en forme de goupillon et crachant de plus qu’il en fut capable.
-- Hoho, » dit la marguerite « tenterais tu de m’impressionner ? Je te connais tu sais, chaque jour je t’épie alors que tu fais tes galipettes et tes cabrioles dans les herbes et tu me fais bien rire. Surtout la fois que tu as tenté de manger ce vilain crapaud qui doit avoir un goût abject. Mais je suis certaines que tu n’es pas bien méchant »
Chaton se souvenait de cet épisode de sa courte existence. La fermière ne cessait de lui répéter que s’il n’avait pas assez avec les restes qu’elle lui apportait, il n’avait qu’à chasser les souris. Chaton était tout à fait d’accord avec la fermière, mais c’était quoi une souris ? Et le jour qu’il trouva cette bestiole à l’affreux museau, Chaton se dit que puisqu’il avait réussi à l’attraper, c’est que ce ne pouvait être qu’une souris. Mais pouah ! Si ça c’était une souris, il préférait se contenter des restes, même s’ils étaient parfois un peu maigres.
-- Et bien, si tu es si intelligente que ça, dis le moi donc toi, ce que c’est qu’une souris »
-- Mais ça, petit chaton » dit la marguerite « c’est ta maman qui doit te l’enseigner »
Chaton fut tout triste tout à coup. Les oreilles basses il confia à la fleur que sa maman l’avait abandonné dans cette grange. Quant à son père, nul ne savait qui il était mais il était certain qu’il ne devait attendre aucun aide de ce côté là. Et le chaton ponctua sa phrase d’un soupire si gros qu’il fit se balancer la fleurette sur sa tige.
Attendrie, la fleur décida de s’occuper de l’éducation du jeune félin orphelin.
-- Reste donc ici, près de moi, tapis toi dans l’herbe et écoutes les bruits, hume l’air, perçoit les mouvement avec tes moustaches mais surtout ne bouges pas, n’émet pas un son »
Le chaton écoutait les conseils de la fleur. Il se posa bien la question de savoir ce qu’une fleur pouvait bien connaître en souris mais comme lui en connaissait certainement moins encore, il décida de lui faire confiance.
Il commençait a trouver le temps long lorsqu’il entendit un léger bruissement sur sa droite. Il tourna la tête et vit une petite bestiole guère plus grosse que le crapaud mais au lieu d’une peau lisse et visqueuse, celle ci semblait avoir une fourrure.
La bestiole se dressa sur ses pattes arrière et d’un air malicieux huma les odeurs qui l’entouraient, laissant apparaître deux longues dents blanches qui lui sortaient de la bouche.
Le chaton interrogea la fleur du regard et celle ci acquiesça en lui faisant signe de ses pétales.
D’un bon, le félin sortit de sa cachette et se précipita sur sa malheureuse victime. Malheureusement, la souris senti son odeur bien trop tôt et en quelques bons elle regagna son trou. Dépité, chaton revint vers la marguerite et l’apostropha de mauvaise humeur.
-- Comment veux tu que j’attrape des bestioles qui sont aussi rapides ?
Marguerite hocha la tête en soupirant.
-- Il faut que je t’apprenne aussi l’art de chasser ? Je suis une fleur, ne l’oublies pas. Enfin, je peux te raconter ce que j’ai observé tout au long des étés que j’ai passé ici, tu en feras ce que tu voudras.
Chaton s’assit sur son postérieur, la queue enroulée autour des pattes et écouta attentivement ce que lui contait cette curieuse fleur. Parfois son attention fut détournée par l’une ou l’autre grosse mouche qui venait lui ronronner dans les oreilles, mais il fut vite rappelé à l’ordre à chaque reprise.
--D’abord, dit la fleur, tu dois rester tapis dans ta cachette et observer ta proie, attendre qu’elle se rapproche. Tu dois aussi sentir d’où vient le vent et approcher de la souris en rampant ventre à terre et contre le vent car les rongeurs, comme toi, ont un odorat très développé et ils te sentent arrivé de très loin. Enfin, quand tu juges que tu es assez près, tu bondis sur ta cachette et avec un peu de chance, ton dîner sera servi.
Chaton tenta de mettre ces conseils en pratiques mais de manière si maladroite qu’il rentra bredouille auprès de la fleur, tard dans l’après midi.
-- Et bien, s’exclama la marguerite, a voir ta moue, les rongeurs de la région n’ont pas du subir de grosses pertes aujourd’hui.
-- Rigole seulement, lui répondit Chaton vexé, tu as bien facile toi, tu plantes tes racines et tu attends qu’il pleuve.
-- Ne te fies donc pas aux apparences, en effet, je n’ai qu’à attendre qu’il pleuve, mais s’il ne pleut pas… penses tu que je puisse aller à la rivière pour me désaltérer ? Tu dois apprendre à réfléchir et non pas juger sur les apparences.
Et comme ça, jour après jour, Marguerite éduquait Chaton, tentant de le faire devenir adulte de la meilleure façon possible et surtout de l’éduquer dans le respect des autres.
Un beau jour, Chaton vient dire bonjour à sa grande amie, Marguerite, comme chaque matin, mais il ne le trouva pas dans la même grande forme que d’habitude. Son cœur n’avait plus tout à fait ce beau jaune soleil et les pétales semblaient ployer au moindre petit souffle de vent.
-- Mais que ce passe t il Marguerite, tu n’as pas bien dormi ?
-- Si, répondit la fleur, très bien dormi mais je crois que ma saison se termine tout doucement.
-- Mais qu’est ce que cela veut dire, ta saison se termine ??
Et la jolie fleur d’expliquer péniblement qu’elle ne vivait pas des années à la suite comme Chaton, mais qu’elle ne vivait que quelques semaines chaque année et puis elle mourait tout doucement pour revenir l’année suivante, aussi belle et fraîche.
Chaton ne comprenait pas tout ce que son amie la fleur lui racontait mais il sentait bien que quelque chose de grave était en train de se passer.
-- Mais, mais, tu vas mourir alors ? Tu vas partir et me laisser seul ?
-- Je vais partir en effet, mais ce n’est pas un choix, sais tu ? C’est la vie qui est comme ça.
-- Mais que vais je faire sans toi, je ne sais rien.
-- Mais si que tu sais plein de choses déjà, souviens toi de tout ce que je t’ai appris, de tout ce que je t’ai raconté et aussi tout ce que tu as découvert par toi même. Et puis, tu ne seras jamais seul puisque nous sommes amis. Et quand on a eu une fois un ami dans la vie, un véritable ami, on est plus jamais seul. Je serais toujours quelque part, non loin de toi, il suffira que tu penses à moi et tu sentiras mon amitié.
-- Et toi, demanda encore le jeune félin, les yeux mouillés de larmes qu’il tentait de retenir en vain, quand tu ne seras pas bien et que tu penseras à moi, tu me sentiras près de toi aussi ? Car je suis ton ami, tu sais ?
-- Oui Chaton, je sais que tu es mon ami, je le sens des pétales aux racines et bien sur que quand je me sentirais mal, je penserais à toi et je sentirais que tu penses à moi. Et tes pensées me seront d’un grand réconfort.
Le lendemain, dés le lever du jour, Chaton se précipita vers l’endroit où se trouvait Marguerite, il se demandait dans quel état il allait la trouver et cette pensée lu serra la gorge. Il avait raison de s’inquiéter car Marguerite n’allait pas bien du tout. Elle avait perdu la moitié de ses pétales et son cœur qui, il y a deux jours encore, donnait chaud tellement il était d’un beau jaune, virait maintenant vers le brun.
-- Je n’ai presque plus de force, lui avoua la mourante, je ne peux presque plus parler, reste là, près de moi, mon ami, tu me feras le plus grand bien.
Et Chaton resta là, auprès de son amie. Dés que le soleil commença à chauffer un peu, il s’assit sur son derrière et se redressa du plus haut qu’il put afin de lui faire un ombre de son corps. Ainsi tourna t il autour de son amie, suivant la route du soleil pour la préserver de la chaleur jusque tard dans l’après midi et il ne rentra que bien tard, épuisé et assoiffé, dans sa grange pour s’écrouler sur son vieux pull-over qui lui servait de literie.
Le jour suivant, Chaton ouvrit les yeux aux premières lueurs du jour, mais il tardait à se lever.
Peut être que Marguerite était partie durant la nuit et que ça ne valait pas la peine d’aller jusque là. Peut être qu’il pouvait faire semblant de ne pas s’être réveillé à temps.. et puis à quoi bon aller la voir, ça ne la retiendrais pas d’avantage ?
Puis Chaton se remémora tous les conseils que lui avait donné son amie la fleur, toutes les leçons, toutes les attentions. Elle n’était pas obligée pourtant, bien du contraire, elle pouvait profiter de chaque minute de sa courte vie pour s’occuper d’elle même, pour profiter du soleil, pour se réjouir des couleurs des papillons et des autres fleurs. Pour se laisser caresser par le vent et se laisser butiner par les abeilles.
Au lieu de ça, elle avait choisi de s’occuper d’un chaton borné et têtu qui ne pouvait faire la différence entre une souris et un crapaud.
Honteux d’avoir hésité, ne fus-ce que quelques secondes, plus par crainte de ce qu’il allait trouver que par égoïsme, Chaton se précipita hors de sa grange et couru au chevet de son amie mourante.
Le spectacle qu’il découvrit lui tira aussitôt les larmes.
Marguerite, le cœur brun, pendait sur sa tige toute molle, à peine à quelques centimètres du sol. Il ne lui restait qu’un seul pétale et sa voix était presque inaudible.
-- Je t’attendais, dit-elle, je ne voulais pas partir avant de te dire un dernier au revoir. Mais ne pleure pas, je reviendrais l’année prochaine, les amis se retrouvent toujours tu sais ? Je le l’ai promis !
Et le dernier pétale se détacha et fut emporté par le vent.
Chaton était effondré. Il savait qu’il n’y avait plus rien à faire, que tout était fini et il retourna à sa grange lentement, les pattes lourdes, la tête et la queue basse et se laissa tomber dans son panier.
Il resta la plusieurs jours, sans manger et presque sans boire, prostré dans son panier.
Riton et Julia, les enfants des fermiers venaient plusieurs fois par jour voir leur chaton qui dépérissait et même la fermière, inquiète, avait apporté une grosse boule faites de restes de laine de toutes les couleurs.
Mais rien n’y fit et tous se demandaient quel était ce mal qui faisait mourir, peu à peu leur petit chat tigré.
Puis, un jour, alors que toute la famille avait perdu espoir, Chaton était seul dans son panier.
Krrrr, krrrrr entendit il… Intrigué il pointa les oreilles.. krrr krrr !! Lentement il souleva la tête et jeta un regard par dessus le bord de son panier et vit un mulot bien gras qui se régalait de grains de maïs tombés d’un vieux sac de jute usé.
Aussitôt les conseils de son amie Marguerite lui revinrent à l’esprit. Ne pas se précipiter, aller contre le vent, mais dans la grange, il n’y a pas de vent, chouette !! Et ramper jusqu’à être à portée de sa proie.
Chaton se coula hors de son panier, rampa derrière quelques ballots de paille et quand il jugea que le rongeur était à sa portée, fondit sur lui et le choppa entre les pattes. Le pauvre mulot qui ne pensait qu’à se remplir le bedon de tous ces bons grains de maïs ne vit rien venir.
Chaton était aux anges, il avait enfin pu attraper une souris et ce grâce à son amie la fleur.
Bon, d’accord, en tentant de jouer avec sa souris, celle ci put s’échapper et se réfugier sous une vieille malle et bien que Chaton montât la garde durant des heures, elle ne montra plus le bout d’une moustache.
Mais ce que Chaton en avait retenu c’est que c’était donc vrai que les véritables amis ne se quittent jamais ??
Les journées passèrent, notre chaton reprit des forces autant que de la confiance en soi et devint un chasseur redoutable qui, chaque matin avant de partir à la chasse, et quand la météo le permettait, s’asseyait devant la porte de sa grange et regardait le soleil qui ressemblait étrangement au cœur de son amie qui lui manquait tellement.
Les semaines passèrent, à la fin de l’été vint l’automne, puis l’hiver. Tout ce temps, il ne put regarder le soleil à sa guise, car trop souvent caché derrière d’épaisses couches de nuages gris et opaques mais à chaque réapparition de celui ci, notre chaton soupirait de bien être et repensait à tous leurs fou rires, à toutes les bêtises qui avaient fait s’esclaffer son amie la fleur ou tout simplement à tous ces moments qu’ils avaient passé à bavarder et a rêvasser.
Et puis revint le printemps et notre chaton qui était devenu un bon gros chat bien nourri se promenait nonchalamment en humant l’air. Il croisait la route des papillons, des abeilles et des bourdons mais ne s’en souciait plus guère. Il allât à sa souche d’arbre sur laquelle il se fit copieusement les griffes.
-- Psst psst entendit il.
D’un bon, il se retourna et vit son amie, Marguerite, plus resplendissante que jamais.
D’un bon il fut sur elle, attrapa ses jolis pétales entre ses pattes et fourra son museau dans son cœur tout jaune.
-- Hihihihi, tu me chatouilles, s’écria la fleur, mais fait attention, tu es devenu trop grand pour moi, tu vas me casser la tige ! J’ai d’ailleurs hésité à t’appeler, tu es devenu si grand et fort que j’ai eu du mal à croire que c’était toi. Bien que j’étais sur que tu allais t’en sortir comme un grand, je ne pensais pas que tu deviendrais grand et fort comme un tigre.
-- Si tu savais, commença Chaton en baissant les yeux, mais se retint de dire la suite à son amie de crainte de la peiner.
Mais quand il leva les yeux vers elle et croisa son regard, il se rendit compte qu’elle savait, il ne savait pas comment cela était possible mais elle savait.
-- Je ne pensais pas que tu reviendrais, lui confia t il, j’ai douté et j’en ai honte.
-- Il n’y a pas de quoi avoir honte, c’est une erreur de jeunesse, répondit la fleur, et puis être de vrais amis a un avantage, celui de pouvoir tout se pardonner, toujours.
Les saisons passèrent, les années aussi. A chaque fin d’été, Chaton assistait son amie Marguerite dans ses derniers moments. Ils étaient triste de se quitter, certes, mais ils savaient qu’ils se retrouveraient au printemps suivant et donc la séparation ne fut plus jamais aussi dure que la première année.
Chaton qui était devenu un chasseur redouté de tous les rongeurs et la fierté des fermiers, car il avait débarrassé le grenier à grains de tous ces rongeurs, racontait lui les nouvelles, les bétises qu’avaient commis Julia et Riton, que le fermier avait eu une méchante grippe, si l’automne avait été pluvieux, si l’hiver avait été rude, comment une vache avait donné un grand coup de corne à la fermière le jour où elle les rentra à l’étable pour l’hiver et tous les petits ragots de tous les jours.
Quant à Marguerite, elle s’abstenait désormais de donner des conseils à son ami qui connaissait toutes les ficelles de la chasse mais aussi de la flémardise quand il faisait trop chaud et lui parlait plus volontiers ses souvenirs.
Puis, une année, le printemps revint accompagné de Marguerite. Aussitôt elle tourna sa jolie tête couleur or entourée de magnifiques pétales blancs dans tous les sens en quête de son ami. Mais point de Chaton en vue.
Sa souche préférée, sur laquelle il venait faire ses griffes commençait à être recouverte de mousse, signe qu’il n’était plus venu depuis quelques temps déjà.
Ce qu’elle redoutait depuis un an ou deux était arrivé cet hiver. Marguerite avait bien senti un douloureux malaise dans son cœur d’or et se doutait que cela concernait son fidèle ami.
Chaton était mort de vieillesse cet hiver. Il s’est éteint dans son sommeil, sans douleur. Julia, la fille des fermiers qui était maintenant à l’université en dernière année de médecine vétérinaire, le sentant usé, avait veillé sur lui toute la nuit.
Marguerite était anéantie, jamais au cours de ses printemps elle ne s’était sentie aussi seule et malheureuse.
Elle en venait à souhaiter une longue sècheresse afin de disparaître pour toujours quand il entendit gratter à la souche de Chaton. Elle tourna vivement la tête et ce qu’elle vit la fit chanceler sur sa tige.
Elle croyait être revenue quinze ans en arrière. Après avoir gratté copieusement la vieille souche d’arbre, Chaton parti en bondissant à la poursuite d’un joli papillon.
Naturellement ce n’était pas Chaton, son cher ami Chaton, mais une copie conforme de son ami qui lui manquait tant.
La ressemblance était tellement flagrante que Marguerite ne doutait pas un instant de qui était le papa de ce petit chat, qui se promenait non loin d’elle.
Chaton avait du rencontrer une jolie madame chat peu de temps avant de mourir et le résultat était là.
-- Et si … pensât elle ! Et elle mit son idée à exécution.
-- Psst psst ! fit Marguerite en gloussant d’avance de la farce qu’elle faisait à Chaton Junior.
Le petit chat grimpa sur une souche afin d’être plus haut que les herbes folle et regarda vers la grange où il passait ses nuits, Il s’attendait à voir la fermière qui lui apportait les restes du repas de midi…
Et ainsi l’aventure continua, comme la vie. Mais la vie n’est elle pas un éternel recommencement ?
Cela est sans doute vrai, aussi vrai que l’Amitié, la véritable Amitié est le trait d’union entre la fin d’une vie et le début d’une autre et que même la mort ne pourrait y mettre fin
17:20 Écrit par Patrick dans conte pour enfants | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : conte pour enfants, litterature, syrius
24.02.2006
Le bûcheron et les Elfes
Un beau matin d’automne, Loup le bûcheron partit en forêt pour couper une part de bois de chauffage.
Armé de sa tronçonneuse (ben oui, c’est un bûcheron moderne) de son merlin, qui n’est ni enchanteur, ni enchanté, de sa besace contenant son casse-croûte et un thermos de café bien chaud il arriva à pied d’œuvre.
Il choisit, pour commencer sa journée, un chêne bien costaud, L’examina un peu, question de voir de quel côté il penche, coupa un coin du côté qu’il devrait tomber, contourna l’arbre, commença à le tronçonner de l’autre côté et patatras, voilà le chêne à terre.
Plus qu’à le débiter, puis le tronçonner en morceaux d’un mètre, le fendre et le ranger… ben dis donc, pas une mince affaire.
Enfin, au bout de deux bonnes heures c’était chose faite et finalement il avait déjà environ un stère et demi.
Loup se dit que c’était le moment idéal pour boire une bonne tasse de café bien sucré.. ce qu’il se servit immédiatement.
En sirupent son café fumant, il regardait sa tronçonneuse d’un mauvais oeil, pfffff, pas très en forme aujourd’hui.. et pas très envie non plus de se tuer à la besogne, ce sera un jour calme, décida t il !
- Et si j’allais plutôt faire un petit tour dans la forêt et tenter de me trouver quelques mûres, ou peut-être quelques noisettes ??
Et hop voilà notre bûcheron en maraude. Il avança, au hasard entre les arbres, tous plus beau et plus grands les uns que les autres...
Point de mûres a se mettre sous la dent… mais imperceptiblement, quelque chose changeait dans l’atmosphère… un légère brume se mit à flotter au dessus du sol, les arbres étaient de plus en plus serré, la lumière ne perçait presque plus l’épais feuillage et les bruits de la forêt se firent plus feutrés. C’est à ce moment que Loup le bûcheron les aperçus.. .. Deux chênes bicentenaires, voire trois fois centenaires se tenaient la, au milieu d’une petite clairière. Des chênes gigantesques tout tordus et maintes fois coudés qui tendaient leurs branches noueuses vers le ciel tel des vieillards rompus de rhumatismes qui pouvaient a peine lever leurs bras..
Un rayon de soleil balayait les deux arbres géants d’une lumière vive mais douce. Tout à coup, ça devenait flagrant pour le bûcheron… Des arbres aux Elfes… il était sur que c’était des arbres aux Elfes.. Elles ne pouvaient vivre que dans un arbre de cette sorte et il allait en voir, aussi sur que deux et deux font quatre.
Il s’approcha silencieusement des arbres, jusqu’à les toucher.. L’écorce était épaisse, rêche et soyeuse à la fois, elle était fraîche mais diffusait une chaleur douce et tiède. Il collât sa joue à l’arbre espérant que celui ci lui transmettrais ses secrets, lui raconterait tout sur les elfes et lui conterait tout ce qu’il a vécu durant ces centaines d’années.. Il étreint l’arbre de ces deux bras mais il arrivait à peine à couvrir le quart de la circonférence. Loup le bûcheron resta ainsi un long moment, espérant que quelque chose se passerait… mais rien n’arriva.. bien que.. il lui semblait que le chant des oiseaux avait changé, qu’il chantaient ensemble à présent, en harmonie.. Les mésanges et les roitelets étaient les voix les plus fluettes, les merles et les roitelets faisaient les cœurs, les buses et les corbeaux étaient les barytons… et les piverts s’occupaient des percussions !! Taratatata toc toc, taratatata toc toc…
- Mais qu’est qui te prend se dit Loup, deviens tu fou ?? Ces oiseaux sont en train de jouer le Beau Danube Bleu, comment veux tu que des oiseaux ardennais connaissent et pire encore, jouent ensemble le Beau Danube Bleu ???
Alors c’est que c’est bel et bien un arbre à Elfes… Doucement, il commença a les appeler..
- Petites Elfes, je sais que vous êtes là, je sais que vous habitez dans ces arbres… Venez, montrez vous, je ne vous ferais aucun mal, petites Fées, montrez vous, je ne trahirais jamais votre secret !! Il répéta plusieurs fois sa demande, d’abord en murmurant ensuite plus fort.. mais rien ne se produisit… ni Elfe ni Fée…
Loup le bûcheron très déçu se détourna des chênes et s’en allât d’un pas lourd.
- J’aurais du y penser, se dit-il, des Elfes vivants dans un chêne ne vont pas se montrer à un bûcheron, ce serait stupide de leur part.. et pourquoi me ferait-elle confiance, elles ne me connaissent pas du tout !!
Croaaah !!
Croaaah ?? Quroiii, euh, quoi Croaaah ??? Qu’est ce qui peut bien faire ce bruit ? Loup senti quelque chose bouger sur sa chaussure, il pencha la tête et vis un joli petit crapaud que le regardait avec un large sourire et des yeux ronds.
Ah bon, voilà autre chose, se dit-il en se penchant pour ramasser le batracien.
- Ah !! Tout de même !! S’exclama le crapaud.
Loup sursauta, ce qui envoyât valdinguer le crapaud dans les feuilles mortes… Ben oui !! Croire aux Elfes est une chose, croire aux crapauds parlant en est une autre. Néanmoins, il s’empressa d’aller repêcher le pauvre crapaud qui gisait sur le dos et pédalait dans l’air avec ses longues pattes arrière.
- Je te demande pardon, Monsieur crapaud, ou prince, ou princesse, ou je ne sais ce que je découvrirais quand je t’aurais embrassé… car je suppose que c’est ce que je vais devoir faire ? dit Loup avec un sourire un peu contrit.
- Hé oui, dit le crapaud, je vois que tu connais tes classiques, mais dans le cas présent, il y a une petite variante… c’est moi qui doit te déposer un bisou sur le front et je me métamorphoserais !!
Loup le bûcheron était si soulagé de ne pas devoir embrasser le crapaud qu’il ne songea même pas à demander en quoi il se métamorphoserait et lui donna son accord. Aussitôt le crapaud bondi vers le visage de Loup, s’agrippa à ses cheveux et lui déposa un gros bisou baveux et sonore sur le front.
Pouffff !!! Loup vola en arrière dans un nuages de milliers de petites étoiles et se retrouva assis, le derrière dans les feuilles humides, mais aucune jolie princesse n’était apparue.Il
Il passa la main à l’endroit où le crapaud avait déposé le baiser et fut stupéfait d’y trouver.. une bosse !!!
Là, Loup le bûcheron était abasourdi ! Comment un crapaud était-il parvenu a lui faire une aussi grosse bosse ?
Il regarda autour de lui et, stupéfait, vit sa tronçonneuse et ses autres outils près de l’arbre abattu, ainsi qu’à côté de lui un bout de branche morte !!
Il se rendit soudain compte de ce qu’il lui était arrivé.. le stupide accident, une branche morte s’est détachée de l’arbre et poc !! elle est tombée sur la tête de pauvre bûcheron, l’envoyant au tapis pour quelques minutes ou quelques heures ?? Il ne saurait le dire mais tout le reste n’était qu’un rêve… point de chêne plusieurs fois centenaire, pas de crapaud et certainement pas de Elfes ni de fées…
Loup avait son compte pour la journée et décida de rassembler ses affaires et de rentrer mettre un peu de glace sur son énorme bosse…
Mais … son thermos était hors de sa besace et il restait un peu de café au fond de son gobelet !! Pourtant, tout devait encore se trouver dans sa besace, puisque c’était dans son rêve qu’il avait bu !!
- Oh la la se dit-il, le coup a du être plus rude que je ne le pensait si j’ai des pertes de mémoires, mieux vaut rentrer au plus vite.
Mais quelque chose le perturbait, car en rassemblant ses affaires, il avait tantôt des frissons et tantôt délicieusement chaud ..
Il s ‘éloignait, ça refroidissait, il revenait sur ces pas et aussitôt le sentiment de bien-être revenait.
Loup observa l’endroit avec plus d’intention, espérant comprendre ce que signifiait cette atmosphère bizarre quand, tout à coup, il lui sembla voir quelques étincelles s’échappant de dessous une branche du chêne qu’il avait terrassé !
Il s’approcha craintivement, souleva la grosse branche et découvrit en dessous… une aile de libellule.
Mais en y regardant de plus près, cette libellule devait être de belle taille pour avoir une aile aussi grande et aussi solide.. et puis il n’avait jamais vu de libellules qui avaient des ailes chaudes et non plus qui lançaient des étincelles et, et… qui atténuait la douleur se dit-il en passant la main sur sa bosse qui ne le faisait plus du tout souffrir…
Loup le bûcheron avait du mal à le croire mais pourtant il devait bien se rendre à l’évidence, bien que ça y ressemblait un peu, ce qu’il tenait là en main n’était pas du tout une aile de libellule mais bien une aile de Elfe. Il n’avait jamais vu de Elfe de sa vie mais il était sur de ne pas se tromper.
Eberlués et ravi, Loup rentra chez lui en courant, retourna son grenier de fond en comble pour retrouver ce si beau coffret en bois qu’il tenait de sa grand mère, celle dont on disait qu’elle était un peu sorcière ! Il tendit un bout de velours bordeaux au fond du coffret, après l’avoir dépoussiéré et y déposa délicatement l’aile de l’Elfe.
Il installa le coffret sur sa grande cheminée et reparti aussitôt au bois sans même penser à mettre de la glace sur sa bosse, ce qui eut été inutile d’ailleurs, car celle ci avait totalement disparu… Il lui fallu à peine quelques minutes pour retourner à l’endroit où il avait trouvé l’aile de Elfe, tellement il avait hâte d’aller demander pardon à sa malheureuse et magique petite victime.
Cependant, il eut bien de la peine à retrouver l’endroit exact car aucun chêne ne gisait à terre. Il ne retrouva l’endroit que grâce au feuillage qui était chamboulé et au silence de mort qui régnait à cet endroit. Puis il reconnut son chêne, qui était à nouveau bien droit et tendait fièrement ses branches vers le ciel… sauf une qui gisait encore au sol, celle sous laquelle il avait trouvé l’aile de la Elfe.
Il l’appelât en chuchotant
- Petite Elfe, je suis revenu, je viens te demander pardon… si je peux faire quelque chose pour me faire pardonner, dis le moi… fais le moi savoir ou fais moi un signe…
Il répétât sa supplique encore et encore, mais n’obtint aucune réponse, aucun signe. Il de décidât alors de rentrer chez lui, le pas lourd et les larmes aux yeux, se sentant coupable d’un horrible crime quand il entendit un bruit, d’abord un chuchotement, puis ça ressemblait de plus en plus à des chants d’oiseaux. Tous les oiseaux de la forêt étaient là, réunis dans les arbres tout autour de lui et chantaient ensemble un air qui ressemblait de plus en plus à un grand air classique, mais lequel ? Mais oui, il lui semblait bien, ça y est, il le reconnaissait, c’est Pierre et le Loup.. Les oiseaux le chantait de plus en plus fort et plus en plus clairement, joyeusement et la mélodie résonnait dans toute la forêt..
A ce moment là, Loup le bûcheron sut qu’il était pardonné, que les Elfes ne lui en voulaient pas, qu’il avait fauté par simple ignorance.. Mais il se promit de se racheter malgré tout..
Et depuis ce jour, loup se promenait dans les bois, il ne coupait plus que les arbres malades et qu’il ne pouvait plus soigner.
Et le reste du temps, il chantait avec les oiseaux. Il arpentât la forêt du nord au sud et de l’ouest à l’est mais ne trouvât jamais les deux chênes plusieurs fois centenaire. Mais il s’en moquait bien, comme il se moquait que désormais on ne l’appelait plus Loup le bûcheron, mais Loup le fou doux !! Celui qui parle aux oiseaux et qui passe ses soirées à faire des étincelles chez lui.
Loup était peut être fou… et peut être pas… mais ce qui ne fait aucun doute, c’est qu’il fut heureux jusqu’à sa dernière seconde de vie, jusqu’à sa dernière étincelle.
10:57 Écrit par Patrick dans conte pour enfants | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : conte pour enfant, litterature, syrius
13.01.2006
Le savant fou et les crottes de nez
Un savant doux mais très fou
Avec de gros doigts tout mous
S’énervait dans son laboratoire
Où il avait connu déjà bien des déboires
Car bien qu’il ait d’énormes narines
Grandes comme des bassines
Il ne parvenait pas a extirper
De son gros pif, les crottes de nez
Mais nom d’un bonhomme se dit-il
Je ne suis vraiment qu’un imbécile
Puisque je suis un savant
A ce problème agaçant
Un remède je n’ai qu’a m’inventer
Pour de ces crottes me débarrasser
Le voilà parti dans ses formules
Et dans de compliqués calculs
Se fabriqua une drôle de mixture
Qui semblait de mauvaise augure
Versa le tout dans une éprouvettes
Le mit à bouillir sur sa p’tite chaufferette.
Et regarda d’un air satisfait
Ce jus bizarre qui bouillonnait
Et voilà !! dit-il dans un grand rire
Y a plus qu’a le laisser refroidir
Et il versa le liquide jaune pisseux
Qui fit un joli faux col mousseux
Dans une grosse et vielle chope
Posée près de son microscope.
Une fois son bizarre remède refroidi
D’un seul trait et sans respirer, il l’englouti
Les effets ne se firent pas attendre
Et il eu du mal à comprendre
Pourquoi tout à coup il se mit a chanter
A virevolter, rire sottement et a danser.
Jusqu a ce que, tout confus
Il culbuta sur son gros cul.
Ce que ne savait pas notre savant
C’est qu’avec tous ces ingrédients
Il avait, ce ne fut pas pour lui déplaire
Inventé une toute nouvelle bière
Il n’hésita pas pour en faire commerce
Et fit fortune grâce à sa maladresse
Il put s’offrir de pleines armoires
De frais et doux .. mouchoirs..
14:38 Écrit par Patrick dans conte pour enfants | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : conte pour enfants, litterature, syrius
07.01.2006
l'ours un peu bète

Monsieur ours dans sa tanière
Râlait de sa plus belle manière
Car de madame ourse point il n’avait.
Il faut dire que souvent il ronchonnait.
Ce jour il s’était mal levé
C’était vraiment un ours mal léché
Cela n’allait pas arranger ses affaires
De vieux grognon célibataire.
Pourtant il alla voir une jolie oursonne.
Et lui dit de manière polissonne
J’aimerais vous demander en mariage
Car personne je n’ai pour faire mon ménage.
Ce monsieur ours triste et si peu riche
La prenait donc pour une bonniche
Et d’un pas rapide et vaillant
Dame ourse se sauva en maugréant
Passait par la, vilaine dame renarde.
Dans son pelage couleur moutarde.
L’état de ce pauvre ours la fit rire.
Et décida de faire en sorte que ça empire.
Monsieur Ours l’interpelle t elle.
Je vois que vous vous cherchez une belle
Mais vous vous y prenez de pitoyable manière.
Je vais vous dire, moi, comment faire.
Offrez-lui donc de beaux cadeaux
Une brosse, un balai et un seau.
Des détergents, du savon, une serpillière.
Des casseroles, des poêles et une cuisinière.
Monsieur ours a renarde fait confiance
Car de l’astuce elle a en abondance
Il courra quérir ces ustensiles
Qui rendrait sa conquête moins difficile
Toutes ses belles choses acquises
Il alla retrouver sa promise
Lui raconta qu’elle serait la plus heureuse
Au milieu de toutes ces choses précieuses
La jolie dame ourse, toute émoustillée
Dans la tanière se laissa guider
Y rentra les yeux fermés et rêvant
D’une jolie fourrure (sic) ou d’un diamant.
La déception de dame ourse fut à la mesure
De tout ce grand amas d’objet de torture
Et sous l’œil amusé du renard
Fila a l’ours un beau coquart
De loin, une hyène hideuse
Observait cette scène curieuse
Et décida de donner un bon coup de main
A ce pauvre ours pas bien malin
Elle s’écria ; tu n’as vraiment aucune idée
De ce que désire une jeune mariée
Il ne faut point de cuisine équipée
Et moins encore de diamants être parée
Juste une jolie tanière bien coquette
Et un beau petit bouquet de violette
Au-dessus de la tête un solide toit
Et de quoi bien se remplir l’estomac.
Monsieur ours un peu méfiant
De cet animal a l’air peu avenant
Se dit qu’après tout pourquoi pas
Et que ses conseils il suivra
Sa tanière il nettoya et récura
De jolis meubles il se fabriqua
Il repeignit tout son intérieur
Et alla cueillir des tas de fleurs
Tout ce travail bien terminé
Il songea à garnir le garde-manger.
Au détriment des pauvres abeilles
De miel il fit des réserves sans pareilles
Alors, fringuant et vêtu de son plus bel habit
Il retourna auprès de sa belle, d’un air contrit
Et lui promit que si elle acceptait ce mariage
Elle vivrait une existence sans nuages.
Madame ourse se promit que cette fois
Ce serait la dernière qu’elle suivrait ce fier à bras.
Mais dés que, ébahie, elle vit cette belle demeure
Dans les bras de l’ours elle tomba en pleures
Ils invitèrent tous les animaux de la forêt à leur union
Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’oursons.
Et ils se promirent de ne jamais oublier
Qui dans ces moments les ont aidé
Dame renarde qui a tant d’intelligence
Ne leur avait laissé aucune chance
Tandis que cette hyène si laide
Les avait sauvé grâce à son aide
Monsieur ours se promit de se souvenir
Que d’être laid on peut souffrir
Et que d’avoir une sale gueule
Ne veut pas dire qu’on soit veule
Aussi qu’un être rusé et intelligent
Peut l’être à vos dépends
Mais il se souviendra surtout de la meilleure
Les conseillers ne sont pas.. les payeurs.
15:03 Écrit par Patrick dans conte pour enfants | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : histoire pour enfants, litterature, syrius






