31.03.2009
Lettre à Vincent
... et une petite lettre à Vincent, écrite par moi même...
Toi qui pleurais des larmes de couleur,
Dont les mains étaient des œuvres
Dont les doigts se prolongeaient en pinceaux
Et dont la couche était une toile
Toi qui ne faisais qu’un avec ton rêve,
Dont la vie n’était que passion
Dont les yeux ne voyaient pas mais admiraient
Et pour qui vivre était créer.
Tu ne connaissais pas la misère
Car tu te peignais tout ce dont tu as avais besoin
Tu ne connaissais pas la folie
C’est simplement ton monde qui tournait plus vite.
Mais tu connaissais la beauté
C’est même toi qui l’as inventé
Tu connaissais l’amour
Car quand tu aimais, tu t’offrais.
Vincent, si de la haut, dans ce paradis de couleurs
Tu jettes un regard amusé sur notre monde
Et ses collectionneurs qui s’arrachent tes œuvres
A grands coups de milliards de dollars
Si ton regard se pose sur moi
En train de gribouiller quelque toile.
Fais tomber quelques poussières de ton talent
Et rend moi heureux en me l’insufflant.
07:00 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poesie, peinture, artiste, vincent, van gogh, vincent van gogh
30.03.2009
Complainte de Vincent
Un joli texte écrit en hommage à Vincent Van Gogh par Jacques Prévert.
A Arles où roule le Rhône
Dans l'atroce lumière de midi
Un homme de phosphore et de sang
Pousse une obsédante plainte
Comme une femme qui fait son enfant
Et le linge devient rouge
Et l'homme s'enfuit en hurlant
Pourchassé par le soleil
Un soleil d'un jaune strident
Au bordel tout près du Rhône
L'homme arrive comme un roi mage
Avec son absurde présent
Il a le regard bleu et doux
Le vrai regard lucide et fou
De ceux qui donnent tout à la vie
De ceux qui ne sont pas jaloux
Et montre à la pauvre enfant
Son oreille couchée dans le linge
Et elle pleure sans rien comprendre
Songeant à de tristes présages
L'affreux et tendre coquillage
Où les plaintes de l'amour mort
Et les voix inhumaines de l'art
Se mêlent aux murmures de la mer
Et vont mourir sur le carrelage
Dans la chambre où l'édredon rouge
D'un rouge soudain éclatant
Mélange ce rouge si rouge
Au sang bien plus rouge encore
De Vincent à demi mort
Et sage comme l'image même
De la misère et de l'amour
L'enfant nue toute seule sans âge
Regarde le pauvre Vincent
Foudroyé par son propre orage
Qui s'écroule sur le carreau
Couché dans son plus beau tableau
Et l'orage s'en va calmé indifférent
En roulant devant lui ses grands tonneaux de sang L'éblouissant orage du génie de Vincent
Et Vincent reste là dormant rêvant râlant
Et le soleil au-dessus du bordel
Comme une orange folle dans un désert sans nom
Le soleil sur Arles
En hurlant tourne en rond.
Paroles, 1946 Jacques PREVERT (1900-1977)
07:45 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poesie, peinture, vincent, van gogh
05.04.2007
Mon dernier soupir
J’ai capturé mon dernier soupir
Pour l’empêcher de s’évanouir
S’en aller pour tout les temps
Dans le nulle part, le néant
L’empêcher de rejoindre la lumière
Celle qu conduit aux temps futur et naguère
Jamais il ne rejoindra l’éternité
D’où il me fera des pieds de nez
Ou de la haut me faire des francs sourires
En regardant ma carcasse en terre pourrir
Il est enfermé dans le grand tiroir
Celui de la commode dans le couloir
Il peut autant qu’il le veut, taper du pied
Pleurer, maugréer, me maudire ou pester
Le tiroir est cadenassé, fermé, cloué
Jamais il ne pourra s’en échapper
Rien que d’y penser me fait frémir
De joie, de bonheur et de plaisir
Car mon dernier soupir escamoté
Comment la mort viendra t elle me chercher ?
Est ce que dans sa fourberie
Madame la mort, cette chipie
Un autre bon moyen trouvera
Pour me faire passer de vie à trépas
Je ne peux enfermer tous mes soupirs
Bien que cela est mon plus cher désir
Ils sont bien trop petits mes tiroirs
Les attraper tous est sans espoir
Il faudra donc bien qu’à l’idée je me fasse
Qu’un jour, de mon corps, la vie elle chasse
09:39 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
22.02.2007
Le silence
Comment c'est quand ça s'arrête
Quand il n'y a plus de peut-être
Quand nous sommes déjà demain
Et que devant il n'y a plus rien
Que l'aube ressemble au crépuscule
À l’espace sans étoiles, sans lunes
A un grand pas dans l’infini
Où l’on se sent petit, si petit
Comment c’est après marche ou crève
Qu’il n’y a plus rien après la grève
De l’eau sans vagues a perte de vue
Agrippant désespérément une plage nue
Quand les plaines sont sans horizon
Que le soleil brille moins qu’un néon
Et que les bruits de pas autant résonnent
Qu’un condamné demande qu’on le pardonne
Comment c’est quand les fleurs sont en deuil
Quand les arbres ne portent plus de feuilles
Quand le vent s’épuise en gémissements
Que la terre s‘égare en tourments
Quand l’éternité arrive en est à sa fin
Et que l’infini va se rompre les reins
C’est comme une neige qui n’est plus blanche
Comme la fin, un néant, un silence
08:05 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
05.02.2007
Aux cabinets
Voici un petit poème qui aurait été trouvé dans une toilette publique.
Je trouve que pour écrire aussi joliment sur un tel sujet, il faut ètre un as de de la plume ou en connaitre long sur la "matière" (glup) et, en tout cas, avoir énormément d'humour !!
10:24 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
07.12.2006
Ment songe
Quelle douceur que le mensonge
Qu’elle bonté que j'en songe
Quand dans sa chaleur je m'engonce
S’inventer tout simplement une vie
Faite toute en duperies
Et faire de sa vie une flânerie
Avoir son propre monde
Être seul maître à la ronde
Vivre dans une rotonde
Avoir vécu toutes les aventures
Ou dans la démesure
Sans craindre aucune usure
Croire mon propre regard
Croire, c’est tout avoir
En jouir sans égard
Faire fi de la réprobation
Nier à l’unisson
Être complètement bidon
Et puis pour finir
Le jour de mourir
Ce sera… pour de rire
12:18 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie
10.11.2006
Macadam
Ruban de granuleux et sombre macadam
Trace la colline, sans esprit et sans âme
Sur les cœurs se dévide et se déroule
Étend ses tentacules pour happer la foule
Il transforme en glauque poussière
La campagne luxuriante de naguère
Et le bel habit de brume alchimique
A laissé la place aux nuages toxiques
La voûte céleste autrefois illuminée
Et de millions d’étoiles parsemée
Etait bien longtemps avant ce désastre
Décorées par de magnifiques astres
Une nuit d’été, étendu dans l’herbe fraîche
Après une journée chaude et sèche
Il ne pleuvait que des étoiles filantes
Accompagnées de comètes flamboyantes
Champs fleuris et prés verts
Ne sont à présent plus que chimère
Tous ces regards lancés vers l’espoir
S’égarent dans le marasme et le brouillard
Tous les chimistes fantasques
N’ont plus qu’à tomber les masques
Et dans ce bas monde moribond
Se dépêtrer dans leur foutue pollution
13:59 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius
15.10.2006
Tourmentes
Les tourments du vent du nord
Envole l’esprit, encore et encore
Les vagues arrivée à leur crépuscule
Noyant la plage d’une péninsule
Et aveuglent de ces embruns
Le regard égaré des inopportuns
Des uns, émergés du brouillard
Jetant des coups d’œils éparts
Ne peuvent vivre que de leurs rêves
Car jamais n’atteindront la grève
Et las, seront emportés par le vent
Jusqu’à la toute limite des temps
Qu’importe que soit emportée la pensée
Que de rayons lunaires elle soit dardée
Que la tourmente l’emmène ou la noie
L’envoie par le fond ou sur la route de la soie
Qu’elle soit éreintée par les pluies diluviennes
Rien ne l’empêchera de rester sienne
12:21 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius
10.10.2006
Chouette site.
Un site qui conduit aux rêves et à l'enchantement
A consommer sans modération.
10:01 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : site web, poesie, litterature
07.10.2006
Le désamour.
Toi qui m’as abandonné au lieu de me regarder grandir
Je te désaime.
Toi qui m’enfermais pour sortir au lieu de me raconter des histoires
Je te désaime.
Toi qui me laissais traîner les rues au lieu de m’apprendre la vie
Je te désaime.
Toi qui m’as interdit la porte de ton école à cause de mes frusques
Je te désaime.
Toi qui m’as refusé ce boulot à cause de la longueur de mes cheveux
Je te désaime.
Toi qui as décidé seule ce qui est mieux pour tous les deux,
Je te désaime.
Toi qui estimais qu’elle seule est capable d’élever mes enfants
Je te désaime.
Toi qui à refusé de me louer cet appart à cause de ma sale gueule
Je te désaime.
Vous tous, qui jugez sans tenter de comprendre
Je vous désaime
Toi qui m’as pris ma voiture, mon toit, mon moi car j’étais fauché
Je te désaime.
Je te désaime.
Toi qui attires l’attention de tes amis et me désignes du menton, en riant
Je te désaime.
Toi dont le regard m'éclabousse de mépris
Je te désaime
Toi qui as refusé de me soigner car, à tes yeux, j’étais une ruine
Je te désaime.
Toi qui refuses de mettre ma pauvre dépouille dans une boite correcte
Je te désaime.
Toi qui décides que je n’ai même pas droit à une tombe pour moi seul
Je te désaime.
Toi qui, en me recouvrant de terre juges que je ne vaux pas ta sueur
Je te désaime
Toi, la vie qui ne m’a jamais épargné
Je ne te désaime pas… je ne t’ai jamais aimée
12:00 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : litterature poesie, syrius






