05.04.2007
Mon dernier soupir
J’ai capturé mon dernier soupir
Pour l’empêcher de s’évanouir
S’en aller pour tout les temps
Dans le nulle part, le néant
L’empêcher de rejoindre la lumière
Celle qu conduit aux temps futur et naguère
Jamais il ne rejoindra l’éternité
D’où il me fera des pieds de nez
Ou de la haut me faire des francs sourires
En regardant ma carcasse en terre pourrir
Il est enfermé dans le grand tiroir
Celui de la commode dans le couloir
Il peut autant qu’il le veut, taper du pied
Pleurer, maugréer, me maudire ou pester
Le tiroir est cadenassé, fermé, cloué
Jamais il ne pourra s’en échapper
Rien que d’y penser me fait frémir
De joie, de bonheur et de plaisir
Car mon dernier soupir escamoté
Comment la mort viendra t elle me chercher ?
Est ce que dans sa fourberie
Madame la mort, cette chipie
Un autre bon moyen trouvera
Pour me faire passer de vie à trépas
Je ne peux enfermer tous mes soupirs
Bien que cela est mon plus cher désir
Ils sont bien trop petits mes tiroirs
Les attraper tous est sans espoir
Il faudra donc bien qu’à l’idée je me fasse
Qu’un jour, de mon corps, la vie elle chasse
09:39 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
22.03.2007
Le temps des cabanes.
Après le termps des cathédrales, voici le temps des cabanes... chacun fait selon ses moyens.. ![]()
Où est passé le temps des cabanes dans les arbres ? Celles que nous bâtissions dans les vieux saules maintes et maintes fois pourfendus par la foudre et qui poussaient en bordure des marécages.
Quelques planches trouvées ci et là, des bouts de branches sciées quand nous arrivions à dérober une scie aux parents, des bouts de ficelles et des vieux clous rouillés, redressés à coups de caillou et le tour était joué. En guise d’échelle, une corde à nœuds que nous remontions tel un pont-levis pour nous retrancher.
Où sont les festins que nous y organisions ? Les saucisses en boite réchauffées à la flamme d’un petit feu de bois, les tubes de lait concentré sucré, les pommes trop vertes et les bonne grosses prunes pourpres à chair jaune que nous allions marauder dans le verger de la grosse Georgette, le tout arrosé de d’eau au sirop de grenadine que nous emportions dans nos gourdes ou, parfois, à la limonade au citron dans une bouteille en verre qui se fermait avec un gros bouchon retenu par des boucles de fer. Et puis nous allions rapporter la vidange au magasin et nous l’échangions contre des friandises, surtout des Oh la la à la fraise ou au chocolat.
En échange d’une bouteille vide il y avait moyen d’avoir des bonbons pour tout le monde, en ce temps là.
Et puis certains jours nous conduisions un prisonnier à notre cabane, et surtout une prisonnière à qui nous allions faire subir les pires sévisses, bien que nous ne sachions pas très bien ce que ça voulait dire. En fait de sévisse, c’était bien souvent la prisonnière qui nous en infligeaient un en nous donnant un gros bisou collant sur notre joue rougissante en nous quittant.
Où sont passées les batailles à coups de pétard à mèche ? Ceux qui nous faisaient rentrer avec les bouts des doigts brûlés car trop attendu pour jeter le pétard, ou avec les oreilles qui sifflaient car il avait exploser trop près.
Ou est passé le temps où nous trouvions de magnifiques diamants, saphir, émeraudes et autres pierres précieuses sur la décharge de la verrerie voisine, fermée depuis bien des années et dont nous revenions tout écorchés mais chargés de trésors à la valeur inestimables.
Où sont passées les journées de glissade sur la neige ? Quand nous dévalions la rue à toute vitesse, un capot de voiture en guise de traîneau et les conducteurs des rares voitures nous laissaient la place en nous engueulant mais avec un sourire en coin.
Où sont passés les moments que nous passions dans les marais à couper des roseaux « des biroutes de velours » comme nous les appelions, pour ensuite aller les revendre aux gens du village, pour ce faire un peu de sous.
Où sont passés les moments que nous passions dans les marres nauséabondes « les trous de bombes » comme nous les appelions, car comme leur nom l’indique, un avion qui ce serait délester de ces bombes dans cette prairie durant la dernière guerre, serait à l’origine de ces trous.
Nous y chassions les grenouilles, juste pour le plaisir de voir qui en aurait le plus et ensuite les relâcher pour rentrer chez soi dégoûtant et puant et parfois accompagné d’hôtes indésirables tel des sangsues dont les plus âgés nous débarrassaient en les brûlant à la cigarette, comme ils l’avaient vu faire dans un western.
Où est passé le moment que, pour la première fois, un de nous a préféré aller se promener main dans la main avec une jolie jeune fille au lieu de traîner avec les autres ? Le moment du premier baiser volé, des premiers yeux dans les yeux et même parfois une main qui s’égarait sur un genou cagneux.
Mais ils sont là tous ces moments.. dans nos pensées, dans nos coeurs.. il suffit de fermer les yeux pour les revivre... un peu, rien qu'un peu.
10:08 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie
22.02.2007
Le silence
Comment c'est quand ça s'arrête
Quand il n'y a plus de peut-être
Quand nous sommes déjà demain
Et que devant il n'y a plus rien
Que l'aube ressemble au crépuscule
À l’espace sans étoiles, sans lunes
A un grand pas dans l’infini
Où l’on se sent petit, si petit
Comment c’est après marche ou crève
Qu’il n’y a plus rien après la grève
De l’eau sans vagues a perte de vue
Agrippant désespérément une plage nue
Quand les plaines sont sans horizon
Que le soleil brille moins qu’un néon
Et que les bruits de pas autant résonnent
Qu’un condamné demande qu’on le pardonne
Comment c’est quand les fleurs sont en deuil
Quand les arbres ne portent plus de feuilles
Quand le vent s’épuise en gémissements
Que la terre s‘égare en tourments
Quand l’éternité arrive en est à sa fin
Et que l’infini va se rompre les reins
C’est comme une neige qui n’est plus blanche
Comme la fin, un néant, un silence
08:05 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
16.02.2007
Le bûcheron amateur - Suite et fin.
Septième partie et fin.
Le samedi suivant, un riche propriétaire qui habitait quelque kilomètres plus loin, organisait une battue au gros gibier.
Tard dans l’après midi, tandis que les chasseurs se dirigeaient vers le château au volant de leurs puissantes voitures aux quatre roues motrices et salivaient par avance après le repas bien arrosé qui les attendaient, les traqueurs vidaient les victimes de la journée.
Un d’eux, un bonnet de laine troué sur la tête et un mégot éteint et jaunâtre collé à la lèvre inférieure, planta son couteau de chasse dans la panse d’un gros sanglier, l’ouvrit de haut en bas et plongeât ses mains aux ongles crasseux à l’intérieur pour en extraire les entrailles encore tièdes.
Alors que les boyaux tombèrent à ces pieds dans un gargouillis répugnant et éclaboussait ses bottes, il lui sembla voir un éclair brillant au milieu des tripes gris verdâtre qui gisaient à ses pieds.
De la pointe de son couteau il farfouilla dans la masse malodorante jusqu’à ce qu’il entende le « tic » que fit son couteau en touchant un objet en métal. Le traqueur y regarda plus près et découvrit une bague, ou plutôt une chevalière.
Elle semblait en or et un gros caillou y était incrusté.
En nettoyant la chevalière sur son blouson, il jeta un coup d’œil aux autres traqueurs, mais personne n’avait remarqué son manège. Tant mieux car il n’était pas partageur.
Une fois la bague débarrassée du plus gros de la crasse qui la recouvrait, il la fit disparaître dans sa poche en se réjouissant d’avance du nombre de chopes qu’il pourra s’offrir au troquet du coin avec l’argent de la revente du bijou.
Il ne doutait pas qu’il tirerait bien cinquante euros de sa trouvaille, peut être même soixante, ignorant que la chevalière de Henri était transmise de père en fils depuis quatre générations et que le brillant qui l’ornait valait à lui seul plusieurs dizaine de fois ce qu’il comptait en tirer.
Il explora les restes du sanglier de la pointe de son couteau, espérant trouver encore l’un ou l’autre bijou mais du ce satisfaire de son butin.
Début juin de l’année suivante, Isabelle se mariait avec le collègue de bureau de Henri. Ils avaient fait plus amples connaissance à l’enterrement de Henri et ne s’étaient plus quittés depuis.
Il paraît que le traqueur qui trouva la chevalière de Henri fêta un peu trop le pactole qu’il put tirer de la revente du bijou, étonné qu’il était que l’acheteur lui donna les deux cents euro qu’il demanda, en prévision de tractations acharnée.
Il enroula sa voiture autour d’un arbre en rentrant chez lui, tard dans la nuit et fut tué sur le coup.
Ainsi va la vie… paraît-il..
11:52 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : litterature, nouvelle
15.02.2007
Le bûcheron amateur - Part VI
Sixième partie.
Le mardi suivant, Isabelle, la petite amie d’Henri, toujours furieuse de s’être fait posé un lapin mais néanmoins inquiète de ne pas avoir reçu de mot d’excuse et ne pouvant contacter que la messagerie d’Henry, se décida à appeler un collègue de bureau de Henri, qu'elle avait rencontré en sa compagnie.
Quand celui ci lui répondit que lui, ainsi que son employeur, étaient sans nouvelles de Henri et qu’il n’avait ni appelé, ni envoyé de certificat médical, Isabelle était certaine qu’il était arrivé quelque chose de grave.
Morte d’inquiétude, elle se rendit aussitôt au bureau de police du village où habite Henri et expliqua la situation au seul policier présent.
Devant la mine grave d’Isabelle, l’agent ne prit pas l’affaire à la légère et se rendit aussitôt au domicile d’Henri.
Après avoir sonné à la porte, sans réponse, il procéda à une rapide enquête chez les voisins et appris rapidement que Henri était parti dimanche vers huit heures à bord de sa petit voiture 4x4, celle qu’il n’utilisait que pour aller au bois.
Dés qu’il apprit cela, l’inquiétude creusa le visage du policier. Bien qu’ils étaient rarement fatals, les accidents dans les bois étaient assez fréquents, surtout chez les bûcherons amateurs.
Aussitôt il prit contact par radio avec les gardes forestiers. Un d’eux se rendit à la maison communale où il alla consulter les registres où étaient consignés les lots de bois et les noms des acheteurs tandis que les autres se dispersèrent en foret.
Bientôt le premier garde forestier transmit aux autres où se trouvait la parcelle de Henri et à peine un quart d’heure plus tard, le petit 4 x 4 fut repéré au bord d’un chemin encaissé.
Le premier garde arrivé sur les lieux attendit les autres gardes forestiers avant d’entamer les recherches, sous prétextes qu’il était plus sur de chercher à plusieurs personnes, mais la vraie raison était qu’il avait peur de ce qu’il allait trouver.
Ils ne mirent que quelques minutes à trouver Henri, sa tronçonneuse rouge étant visible du chemin.
Il était agenouillé dans une position grotesque, la main toujours coincée dans l’arbre. Avec ses pieds chaussés de grosses bottines à bouts d’acier, sa main droite était d’ailleurs la seule partie de son corps qui était encore intacte.
Le visage avait été déchiqueté, de la main gauche ne subsistait qu’un moignon et le reste du corps était partiellement dévoré par le sanglier qui l’avait tué et ses congénères, par les renards et sans doute par une multitude de rongeurs de toutes races.
Des lambeaux de tissus ensanglantés jonchaient le sol et même le sac d’Henri avait été dévasté et poussé bien plus loin, sans doute par un sanglier venu renifler les restes de nourriture.
Quant a son téléphone portable, qui était tombé du sac, il avait été piétiné par on ne sait quelle bestiole et il traînait au milieu d’une boue mêlée à des excréments de ces sales bestioles.
11:00 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle, litterature
14.02.2007
Le bûcheron - art V
Cinquième partie
Henri regardait fixement son sac, s’attendant à un miracle mais aucun ne se produit. Il n’y avait plus que lui, la nuit et le silence.
Silence qui fut bientôt entrecoupés de petits bip-bip qui signalaient que sa batterie était faible. Ça en fut de trop pour Henri qui fondit en larmes.
Il sanglota quelques minutes, la tête posée contre son arbre puis se ressaisit un peu en se disant que ça ne changeait rien si son portable s’éteignait puisqu’il ne pouvait pas l’atteindre.
Il se dit que c’était bête d’avoir gaspillé toute l’essence de sa tronçonneuse, il aurait pu s’en servir pour allumer un petit feu car il commençait à frissonner, et si quelqu’un le cherchait, il serait visible de bien plus loin. Mais il se souvint qu’il n’avait sur lui ni allumettes, ni briquet puisque il ne fumait pas, donc pas de feu.
Il posa sa joue contre l’écorce lisse du bouleau, il était épuisé, physiquement et psychologiquement. Il tentait de trouver un moyen de se délivrer mais se sentait incapable de réfléchir à autre chose que sa malchance.
La lune se levait, pleine et ronde comme une bonne fermière, arrosant les bois d’une lumière froide et donnant un aspect sinistre à tout ce qui l’entourait. Même son sac contenant le portable ressemblait à présent à une bête qui, tapie dans la pénombre, attendait qu’il s’assoupisse pour venir le prendre à la gorge.
Henri ricana tout seul des ses idées stupides et déplaça un peu ses fesses qui commençaient à s’ankyloser à cause du froid et de l’immobilité. Il trouva une meilleure position en s’asseyant avec l’arbre entre les jambes, il posa sa joue contre l’écorce et se mit à chantonner des chanson des années ’60. Une chanson de Paul Anka pensait il, sans en être sur.
Il ricana du fait qu’il se creusait la mémoire pour un détail aussi futile.
Peu à peu il s’assoupit. Il ne savait pas depuis combien de temps il somnolait quand il se rendit compte que les petits bruits qu’il entendait étaient bien réels et non pas issu de son rêve.
Les pas légers et rapides s’interrompaient fréquemment pour reprendre aussitôt.
- Des enfants, se dit Henri dont le cœur c’était mit a battre la chamade, ce sont des scouts qui font un jeu de nuit.
Aussitôt il se mit à crier
- Au secours, venez m’aider. Les enfants, je suis là, je suis prisonnier !! S’égosilla t il.
Il tendit l’oreille. Plus de pas ! Il n’avait pourtant pas rêvé, ou si ? Et pourtant si dit il, nous sommes dimanche soir, demain les enfants ont cours, comment peut il y avoir des enfants qui jouent dehors maintenant !
Il resta prostré quelques minutes, tous les sens aux aguets. Le silence était oppressant et lourd comme une dalle en béton.
Puis tout à coup les pas reprirent. Henri se redressa autant que le permettait sa main coincée et tendit le cou à s’en faire craquer les vertèbres.
Malgré le clair de lune il ne voyait personne, bien que les pas approchaient.
Puis tout à coup une masse sombre se découpa dans la pénombre. Henri senti le sang se glacer dans ses veines, ce qu’il prenait pour un boy-scout était un énorme sanglier.
Il avançait lentement, le groin à raz du sol, s’arrêtant de temps en temps pour manger ce qu’il trouvait à son goût mais ne quittait pas Henri des yeux.
C’était un vieux mâle solitaire qui boitillait un peu, sans doute le souvenir d’un coup de fusil récolté lors d’une chasse.
Le groin toujours au raz du sol, qu’il ne cessait de renifler, il s’approchait lentement de Henri.
Celui ci se mit à tirer frénétiquement sur sa main coincée dans la fente de l’arbre en poussant une longue plainte qui se termina dans un râle. La peur surmontait la douleur lancinante de sa main et de son épaule démise.
D’habitude il n’avait pas peur du gibier, mais là il était seul, blessé, épuisé et sans possibilité de fuite.
Pourtant il parvint a retrouver son calme, bien que sa respiration était toujours très rapide et il parvenait à nouveau a réfléchir.
Le sanglier était tout près à présent et reniflait le sang qui avait coulé et séché le long du bras emprisonné d’Henri.
Henri poussa un hurlement qui fit reculer le sanglier d’un mètre ou deux. Lorsqu’il s’approcha une nouvelle fois, Henri poussa un nouveau cri mais l’animal recula moins et la suivante, il ne bougea pratiquement pas, ayant vite compris que ce cri ne pouvait lui faire de mal.
Lentement Henri tendit alors son bras valide vers le bout de bois dont il s’était servi tout à l’heure pour tenter de se dégager, il le passa derrière son épaule puis le rabattit de toute ses forces sur le groin de son indésirable compagnon.
Le sanglier poussa un grand « grouiiiiiik » en reculant, secoua la tête puis chargea pour donner un coup de boutoir.
Une dent pénétra la gorge sectionnant la veine jugulaire.
La dernière pensée d’Henri fut « quelle connerie ! » et il s’affaissa dans un gargouillis.
11:30 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : litterature, nouvelle
13.02.2007
Le bûcheron amateur - Part IV
Quatrième partie
Cette fois le soleil descendait plus vite derrière les arbres et il ne tarderait pas à faire nuit.
Il semblait à Henri que le soleil percutait la planète, là-bas, derrière les arbres embrasant le ciel et le dessous des nuages de feu rouge, pourpre et presque mauve.
En temps normal, une telle beauté aurait ému notre bûcheron amateur mais en ce moment seul la pensée de rester seul dans ce bois le taraudait.
Son portable se remit à sonner dans son sac, là-bas, à quelques mètres. Sept ou huit sonneries, Henri ne se souvenait plus du nombre qu’il avait décidé avant que le répondeur ne prenne la relève. Quelques minutes passèrent puis la sonnerie repris, « La Cucaracha » !! Quelle idée stupide d’avoir choisi cette sonnerie se dit-il.
A chaque fois que la sonnerie s’interrompait, le silence retombait comme un couvercle de cercueil, lourd et oppressant.
Plus rien ne bougeait dans ce bois sur lequel la nuit achevait de s’installer.
Tout à coup, au loin, un bruit de moteur. Sans doute un autre bûcheron qui rentrait en charriant une remorque de bois coupé.
Henri se mit à hurler au secours. Il s’égosilla une longue minute puis se tu et écouta. Le bruit de tracteur s’était rapproché mais n’avait pas ralenti.
- Ce con ne m’entend pas s’exclama t il à haute voix et il se remit à hurler à haute voix jusqu’à ce qu’il ne sorte plus qu’un son rauque de sa gorge.
A ce moment il songea a nouveau à sa tronçonneuse. Il glissa aussitôt son pied dans la poignée, bloqua la gâchette et tira la ficelle. Comme tout à l’heure, la machine démarra au premier coup.
Le chauffeur du tracteur trouverait certainement insolite que quelqu’un travaille encore dans cette pénombre et pour en être sur il donnait de furieux coup de gaz. Il coupa le moteur de sa machine et écouta. Le tracteur était plus proche encore mais n’avait toujours pas ralenti.
Henri relança aussitôt le moteur de sa machine et cette fois donnait des coups de gaz dans un ordre bien régulier, trois coups brefs, trois coups longs, trois coups brefs. S.O.S. !
Mais Henri doutait que ce « bouseux » connaisse le morse. Quoi que, s’il a un certain âge, il a du faire son service militaire et connaître les rudiments du morse.
Il continua à lancer son SOS à grands coups de gaz jusqu’à ce que la machine s’arrête, après quelques toussotements.
Panne d’essence.
Henri tendit à nouveau l’oreille mais, cette fois, le tracteur s’éloignait. Le conducteur ne devait pas connaître le morse, à moins que le moteur du tracteur a couvert celui de la tronçonneuse, tout simplement.
Anéanti, il s’assit dans les feuilles mortes et humides se disant qu’il devait faire une posture bizarre avec cette main coincée dans cet arbre.
Son portable se remit à sonner. Henri était certain que c’était sa petite amie, d’ailleurs il lui semblait que la sonnerie était plus nerveuse. Quel heure pouvait il bien être à présent ? Peut être était elle déjà devant la porte et se demandait pourquoi je n’étais pas là. Sans doute va t elle prévenir la police et vont ils entamer des recherches. Est-ce qu’il lui avait dit qu’il passait sa journée au bois ? Il en était presque sur. Presque…
Pendant pratiquement une demi heure le portable sonna à intervalles réguliers puis cessa.
11:30 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : litterature, nouvelle
12.02.2007
Le bûcheron amateur - Part III
Troisième partie.
Henri déposa le bout de bois avant qu’il ne se casse, il pourrait encore en avoir besoin.
Ses yeux tombèrent sur sa tronçonneuse.
« Mais quel imbécile » se dit-il. Je vais prendre la tronçonneuse et couper l’arbre un peu plus haut !!
Il enfila le bout de son pied dans la poignée de sa machine et tira un coup sec sur le cordon, le moteur bien entretenu prit au premier coup. Du bout du pied il enfonça la gâchette de sécurité et actionna la manette des gaz avant de soulever la machine.
La tronçonneuse semblait peser cent kilos au bout de ce bras gauche qu’il utilisait peu.
Par deux fois il tenta de d’attaquer le bois mais ne pouvant y mettre suffisamment de force, la chêne acérée glissait sur le bois.
A la troisième tentative, il ne peut retenir l’engin qui longea le bras droit dont la main était coincée et entama légèrement la chair, déchiquetant les vêtements et la peau au passage.
Henri laissa échapper la tronçonneuse de sa main en poussant un hurlement. Le sang coulait le long de son avant bras jusqu’au coude et gouttait, à petite gouttes au pied du bouleau.
Il lâcha un de ces jurons préférés, dans lequel il mélange la religion avec des dames de petites vertus ainsi que leur lieu de travail.
Henri examina sa blessure et en vint rapidement à la conclusion que la blessure, bien que douloureuse, n’était pas mortelle, du moins il ne pensait pas que des artères vitales aient été sectionnées.
Cette fois, il décida que la plaisanterie, qui avait failli lui coûter la vie, avait suffisamment duré. Le ridicule ne tue pas, se dit il, la tronçonneuse oui ! Tant pis s’il devenait la risée du village, cette fois il appellerait de l’aide. N’importe qui, la police, les gardes forestiers ou même l’armée s’il le fallait, il en avait assez bavé.
Il tâta ses poches de la main gauche à la recherche de son téléphone portable mais ne le trouva pas. Il senti un frisson lui courir le long de sa colonne tandis qu’un début de panique fit accélérer son pouls.
-Allons, Henri, se dit il à voix basse. Reste calme et essaye de réfléchir un peu. Ton portable ne peut être loin, regarde autour de toi. Au même moment, celui ci se mit à sonner… dans son sac qui était posé près de son tas de bois et de ses outils.
-Imbécile s’insultât il à voix haute car il l’avait déposé dans son sac car il le gênait pour travailler et en plus, comme c’était le nouveau Samsung T26, il craignait de l’abîmer.
Henri écoutât sonner son portable puis arrêter, sans doute le répondeur avait il pris le relais. Puis quelques instants plus tard, il se remit à sonner. Henri regardait son sac fixement, comme s’il s’attendait à en voir surgir son correspondant, qui lui viendrait en aide. Mais, malgré que son portable se remettre à sonner plusieurs fois de suite, personne n’en sortit comme un génie qui sortirait d’une lampe magique pour venir réaliser ses voeux. Il connaissait son vœux le plus cher du moment : réduire ce maudit bouleau en cure-dents et le délivrer par la même occasion.
Il s’interrogea quelques minutes sur qui pouvait être ce correspondant, bien qu’il s’en doutait un peu. Ça ne pouvait être que sa petite amie qui lui demandait confirmation pour le dîner de ce soir.
Henri fut presque content de s’être blessé avec la tronçonneuse, car il avait là la preuve irréfutable que son retard n’était pas du à une étourderie, comme ça lui arrivait bien souvent. C’est qu’elle est très pointilleuse sur la ponctualité, sa demoiselle Isabelle.
Encore faut il, pour se justifier, qu’il parvienne à ce sortir de ce mauvais pas.
A la pensée de ne pouvoir sortir à temps de ce bois, ou de ne pas pouvoir sortir du tout il fut pris d’une crise de panique, une réelle cette fois. Il se mit à tirer sur son bras de toutes ses forces afin de dégager sa main mais une douleur fulgurante le fit arrêter. En plus de s’être d’avantage abîmé la main, il s’était démit l’épaule et ne savait pas lequel des deux lui faisait le plus mal.
08:55 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : litterature, nouvelles
11.02.2007
Le bûcheron amateur - Part II
Deuxième partie
Henri hésitait à s’attaquer à un dernier arbre. Ce soir sa nouvelle petite amie, Isabelle, venait dîner chez lui et il avait intérêt à être en forme. Il avait l’intention de sortir le grand jeu avec les bougies, lumières tamisées et tout le toutim et de donner l’estocade avec le coup du feu ouvert.
Finalement il décida de couper un dernier gros bouleau, une haute boule comme on les appelait dans cette contrée, car au du siècle, on taillait dans la base du tronc, une boule de bois qui servait dans les jeux de quilles.
L’arbre penchait un peu du mauvais côté et il aurait aimé le redresser afin de ne pas avoir une trop longue distance a parcourir pour mettre ses bûches sur le tas et aussi l’empêcher de tomber contre d’autres arbres, ce qui aurait rendu le débitage bien plus difficile.
Il découpa donc un quartier dans l’arbre, du côté qu’il voulait le faire tomber puis entama l’autre côté d’un large coup de tronçonneuse et y inséra un de ses coins d’acier qu’il enfonça à grands coups de merlin afin de le faire pencher du côté désiré.
Mauvaise idée, le coin se coinça dans la fissure. En poussant un gros juron à haute voix, il alla chercher son deuxième coin et recommença l’opération pour en arriver au même résultat, le deuxième coin se bloqua également.
Il se mit alors à tapoter les coins du bout de son merlin afin de les décoincer. Un des deux coins bougeait un peu mais pas suffisamment rapidement pour Henri qui commençait à s’énerver passablement.
Faisant fi de toutes mesures de sécurité, il plongeât la main dans la fente et agrippa le coin à pleine main. C’est à ce moment que dans un petit craquement sinistre, l’arbre vacilla de quelques centimètres emprisonnant la main de Henri dans l’interstice.
Henri poussa un hurlement de douleur puis resta la bouche grande ouverte alors que plus un son n’en sortait. Il venait de se rendre compte qu’il souffrait à peine et qu’il avait hurlé plus de panique que de mal.
Il tira sur sa main et poussa à nouveau un cri, cette fois réellement de douleur car, en tirant de cette manière, il s’enfonçait des échardes dans la peau. De plus, il comprit rapidement qu’il n’arriverait jamais à dégager sa main de cette manière.
Il s’arc-bouta contre le tronc et poussa de toutes ces forces avec son épaule gauche contre le tronc pour tenter de le pousser du coté opposé afin que la fente s’écarte un peu et lui laisse se dégager.
Si la cime vacillait un peu, il ne pouvait donner suffisamment de force pour bouger la base..
Dans un mouvement de découragement, Henri s’assit à côté de l’arbre en poussant un juron qui aurait fait rougir un charretier.
« Et bien, je ne suis pas dans la m… » se dit-il, je ne serais jamais à l’heure à la maison pour accueillir ma dulcinée.
Il jeta un coup d’œil autour de lui, cherchant un morceau de bois assez solide pour faire levier et délivrer sa main.
En s’étendant au maximum, il parvient à attraper, du bout des doigts, un morceau de bois mort. Aussitôt il l’enserra dans la fente et poussa vers le bas en y mettant tout son poids, mais au lieu de libérer sa main, ce fut le bout de bois qui émit un craquement semblable à celui d’un os qui se brise.
11:30 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : litterature, nouvelle
10.02.2007
Chronique de la foret - Le bûcheron amateur.
Une nouvelle, que je posterais en 7 parties.
Merci à ceux qui la liront jusqu'au bout et me donnerons leur avis.
Premiere partie.
Henri se releva, en se tenant les reins des deux mains. Il était au bois depuis huit heure trente ce matin, avait déjà coupé, refendu et rangé pas mal de bûches et la fatigue commençait à se faire sentir.
Henri aimait couper lui même son bois de chauffage, il disait que ça joint l’utile à l’agréable car ça lui faisait faire de l’exercice et prendre un bon bol d’air pur au milieu de le foret, sauf quand il avalait les gaz d’échappements de sa tronçonneuse, et ça lui procurait un combustible peu coûteux. Il s’amusait à répéter la même blague éculée : que, en se chauffant au bois, il avait trois fois chaud ; en le coupant, en le rangeant et en le brûlant.
Il savait que cette blague était usée jusqu’à la corde mais s’entêtait a la raconter encore et encore, par plaisir de voir les gens se forcer à rires poliment a cette blague tout en sachant que ça les agaçait au plus haut point.
En fait, Henri avait un joli poêle au bois enserré dans l’ancien feu ouvert, une cassette qu’on appelait ça, et quand il ramenait une fiancée à la maison, il relevait la vitre escamotable et installait un plaid devant les bûches qui rougeoyaient dans l’âtre. Il pensait que ça ajoutait une touche romantique.
Plus terre à terre, quand le vent se levait dans sa région, sa maison étant retirée et en bordure de forêt, les lignes électriques se rompaient fréquemment et occasionnaient des coupures de courant. Sa cuisinière électrique étant alors hors d’usage, il se faisait cuire une grosse omelette dans une poêle posée directement sur les braises et quand celle-ci était presque cuite, il ajoutait une conserve de haricots à la sauce tomate et mangeait le tout à même la poêle à l’aide d’une cuillère en bois en s’imaginant être retourné au temps du Far West.
Parfois aussi il se faisait une soirée à la « Autant en emporte le vent » comme il les nommait : il traînait son vieux fauteuil de cuir devant le poêle dont il avait escamoté la vitre, prenait un bon bouquin, un verre de cognac âgé et s’installait confortablement pour s’endormir quelques minutes après avoir terminé son verre t lu à peine quelques pages.
Donc chaque année, il achetait une ou deux parts de bois à couper et passait quelques dimanches à jouer au bûcheron amateur.
D’un revers de manche il épongea la sueur de son front en regardant le soleil blanc de novembre qui commençait à se cacher derrière la cime des arbres. Il regarda sa montre, il n’était que seize heures.
Henri recommença à pester contre les changements d’heure. Heure d’été, heure d’hiver, il ne savait plus laquelle était la bonne et il s’en fichait, ce qui l’énervait, c’était le changement. Il s’accorda quelques minutes de repos, accroupis et adossé à son tas de bois. Il versa le fond de sa bouteille Thermos dans son gobelet en plastique et fit une grimace en avalant le reste de café presque froid et dont le goût avait un peu tourné. Il fouilla encore son sac à la recherche d’un dernier sandwich et fit une nouvelle fois la grimace car ne trouva plus qu’une banane noircie et à moitié écrasée.
En avalant ce qu’il pu sauvé de sa banane il observa deux buses en train de planer très haut dans le ciel en poussant leur cri plaintif. Henri attendit qu’elles fondent sur une malheureuse proie mais elles n’en firent rien et continuèrent à planer tranquillement. Alors il ferma les yeux pour profiter pleinement du silence et se laissa caresser le visage par les rayons de soleil, à peine tiède.
C’était un des moments de bonheur dont Henri raffolait. Le calme et la quiétude semblaient le pénétrer par tous les pores de la peau et il se sentait bien.
10:35 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : litterature, nouvelle





