05.04.2007

Mon dernier soupir

J’ai capturé mon dernier soupir

Pour l’empêcher de s’évanouir

S’en aller pour tout les temps

Dans le nulle part, le néant

L’empêcher de rejoindre la lumière

Celle qu conduit aux temps futur et naguère

Jamais il ne rejoindra l’éternité

D’où il me fera des pieds de nez

Ou de la haut me faire des francs sourires

En regardant ma carcasse en terre pourrir

 

Il est enfermé dans le grand tiroir

Celui de la commode dans le couloir

Il peut autant qu’il le veut, taper du pied

Pleurer, maugréer, me maudire ou pester

Le tiroir est cadenassé, fermé, cloué

Jamais il ne pourra s’en échapper

Rien que d’y penser me fait frémir

De joie, de bonheur et de plaisir

Car mon dernier soupir escamoté

Comment la mort viendra t elle me chercher ?

 

Est ce que dans sa fourberie

Madame la mort, cette chipie

Un autre bon moyen trouvera

Pour me faire passer de vie à trépas

Je ne peux enfermer tous mes soupirs

Bien que cela est mon plus cher désir

Ils sont bien trop petits mes tiroirs

Les attraper tous est sans espoir

Il faudra donc bien qu’à l’idée je me fasse

Qu’un jour, de mon corps, la vie elle chasse

09:39 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature

22.03.2007

Le temps des cabanes.

Après le termps des cathédrales, voici le temps des cabanes... chacun fait selon ses moyens..

 

Où est passé le temps des cabanes dans les arbres ? Celles que nous bâtissions dans les vieux saules maintes et maintes fois pourfendus par la foudre et qui poussaient en bordure des marécages.

Quelques planches trouvées ci et là, des bouts de branches sciées quand nous arrivions à dérober une scie aux parents, des bouts de ficelles et des vieux clous rouillés, redressés à coups de caillou et le tour était joué. En guise d’échelle, une corde à nœuds que nous remontions tel un pont-levis pour nous retrancher.

Où sont les festins que nous y organisions ? Les saucisses en boite réchauffées à la flamme d’un petit feu de bois, les tubes de lait concentré sucré, les pommes trop vertes et les bonne grosses prunes pourpres à chair jaune que nous allions marauder dans le verger de la grosse Georgette, le tout arrosé de d’eau  au sirop de grenadine que nous emportions dans nos gourdes ou, parfois, à la limonade au citron dans une bouteille en verre qui se fermait avec un gros bouchon retenu par des boucles de fer. Et puis nous allions rapporter la vidange au magasin et nous l’échangions contre des friandises, surtout des Oh la la à la fraise ou au chocolat.

En échange d’une bouteille vide il y avait moyen d’avoir des bonbons pour tout le monde, en ce temps là.

Et puis certains jours nous conduisions un prisonnier à notre cabane, et surtout une prisonnière à qui nous allions faire subir les pires sévisses, bien que nous ne sachions pas très bien ce que ça voulait dire. En fait de sévisse, c’était bien souvent la prisonnière qui nous en infligeaient un en nous donnant un gros bisou collant sur notre joue rougissante en nous quittant.

 

Où sont passées les batailles à coups de pétard à mèche ? Ceux qui nous faisaient rentrer avec les bouts des doigts brûlés car trop attendu pour jeter le pétard, ou avec les oreilles qui sifflaient car il avait exploser trop près. 

 

Ou est passé le temps où nous trouvions de magnifiques diamants, saphir, émeraudes et autres pierres précieuses sur la décharge de la verrerie voisine, fermée depuis bien des années et dont nous revenions tout écorchés mais chargés de trésors à la valeur inestimables.

 

Où sont passées les journées de glissade sur la neige ? Quand nous dévalions la rue à toute vitesse, un capot de voiture en guise de traîneau et les conducteurs des rares voitures nous laissaient la place en nous engueulant mais avec un sourire en coin.

 

Où sont passés les moments que nous passions dans les marais à couper des roseaux « des biroutes de velours » comme nous les appelions, pour ensuite aller les revendre aux gens du village, pour ce faire un peu de sous.

 

Où sont passés les moments que nous passions dans les marres nauséabondes « les trous de bombes » comme nous les appelions, car comme leur nom l’indique, un avion qui ce serait délester de ces bombes dans cette prairie durant la dernière guerre, serait à l’origine de ces trous.

Nous y chassions les grenouilles, juste pour le plaisir de voir qui en aurait le plus et ensuite les relâcher pour rentrer chez soi dégoûtant et puant et parfois accompagné d’hôtes indésirables tel des sangsues dont les plus âgés nous débarrassaient en les brûlant à la cigarette, comme ils l’avaient vu faire dans un western.

 

Où est passé le moment que, pour la première fois, un de nous a préféré aller se promener main dans la main avec une jolie jeune fille au lieu de traîner avec les autres ? Le moment du premier baiser volé, des premiers yeux dans les yeux et même parfois une main qui s’égarait sur un genou cagneux.

 

Mais ils sont là tous ces moments.. dans nos pensées, dans nos coeurs.. il suffit de fermer les yeux pour les revivre... un peu, rien qu'un peu.

 

10:08 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie

22.02.2007

Le silence

 

 

Comment c'est quand ça s'arrête

Quand il n'y a plus de peut-être

Quand nous sommes déjà demain

Et que devant il n'y a plus rien

Que l'aube ressemble au crépuscule

À l’espace sans étoiles, sans lunes 

A un grand pas dans l’infini

Où l’on se sent petit, si petit

 

Comment c’est après marche ou crève

Qu’il n’y a plus rien après la grève

De l’eau sans vagues a perte de vue        

Agrippant désespérément une plage nue

Quand les plaines sont sans horizon

Que le soleil brille moins qu’un néon

Et que les bruits de pas autant résonnent

Qu’un condamné demande qu’on le pardonne

 

Comment c’est quand les fleurs sont en deuil

Quand les arbres ne portent plus de feuilles

Quand le vent s’épuise en gémissements

Que la terre s‘égare en tourments

Quand l’éternité arrive en est à sa fin     

Et que l’infini va se rompre les reins

C’est comme une neige qui n’est plus blanche

Comme la fin, un néant, un silence

08:05 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature

16.02.2007

Le bûcheron amateur - Suite et fin.

Septième partie et fin.

 

Le samedi suivant, un riche propriétaire qui habitait quelque kilomètres plus loin, organisait une battue au gros gibier.

Tard dans l’après midi, tandis que les chasseurs se dirigeaient vers le château au volant de leurs puissantes voitures aux quatre roues motrices et salivaient par avance après le repas bien arrosé qui les attendaient, les traqueurs vidaient les victimes de la journée.

Un d’eux, un bonnet de laine troué sur la tête et un mégot éteint et jaunâtre collé à la lèvre inférieure, planta son couteau de chasse dans la panse d’un gros sanglier, l’ouvrit de haut en bas et plongeât ses mains aux ongles crasseux à l’intérieur pour en extraire les entrailles encore tièdes. 

Alors que les boyaux tombèrent à ces pieds dans un gargouillis répugnant et éclaboussait ses bottes, il lui sembla voir un éclair brillant au milieu des tripes gris verdâtre qui gisaient  à ses pieds.

De la pointe de son couteau il farfouilla dans la masse malodorante jusqu’à ce qu’il entende le « tic » que fit son couteau en touchant un objet en métal. Le traqueur y regarda plus près et découvrit une bague, ou plutôt une chevalière.

Elle semblait en or et un gros caillou y était incrusté.

En nettoyant la chevalière sur son blouson, il jeta un coup d’œil aux autres traqueurs, mais personne n’avait remarqué son manège. Tant mieux car il n’était pas partageur.

Une fois la bague débarrassée du plus gros de la crasse qui la recouvrait, il la fit disparaître dans sa poche en se réjouissant d’avance du nombre de chopes qu’il pourra s’offrir au troquet du coin avec l’argent de la revente du bijou.

Il ne doutait pas qu’il tirerait bien cinquante euros de sa trouvaille, peut être même soixante, ignorant que la chevalière de Henri était transmise de père en fils depuis quatre générations et que le brillant qui l’ornait valait à lui seul plusieurs dizaine de fois ce qu’il comptait en tirer.

Il explora  les restes du sanglier de la pointe de son couteau, espérant trouver encore l’un ou l’autre bijou mais du ce satisfaire de  son butin.

 

Début juin de l’année suivante, Isabelle se mariait avec le collègue de bureau de Henri. Ils avaient fait plus amples connaissance à l’enterrement de Henri et ne s’étaient plus quittés depuis.

 

Il paraît que le traqueur qui trouva la chevalière de Henri fêta un peu trop le pactole qu’il put tirer de la revente du bijou, étonné qu’il était que l’acheteur lui donna les deux cents euro qu’il demanda,  en prévision de tractations acharnée.

Il enroula sa voiture autour d’un arbre en rentrant chez lui, tard dans la nuit et fut tué sur le coup.

 

Ainsi va la vie… paraît-il..

11:52 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : litterature, nouvelle

15.02.2007

Le bûcheron amateur - Part VI

Sixième partie.

 

Le mardi suivant, Isabelle, la petite amie d’Henri, toujours furieuse de s’être fait posé un lapin mais néanmoins inquiète de ne pas avoir reçu de mot d’excuse et ne pouvant contacter que la messagerie d’Henry, se décida à appeler un collègue de bureau de Henri, qu'elle avait rencontré en sa compagnie.

Quand celui ci lui répondit que lui, ainsi que son employeur, étaient sans nouvelles de Henri et qu’il n’avait ni appelé, ni envoyé de certificat médical, Isabelle était certaine qu’il était arrivé quelque chose de grave.

Morte d’inquiétude, elle se rendit aussitôt au bureau de police du village où habite Henri et expliqua la situation au seul policier présent.

Devant la mine grave d’Isabelle, l’agent ne prit pas l’affaire à la légère et se rendit aussitôt au domicile d’Henri.

Après avoir sonné à la porte, sans réponse, il procéda à une rapide enquête chez les voisins et appris rapidement que Henri était parti dimanche vers huit heures à bord de sa petit voiture 4x4, celle qu’il n’utilisait que pour aller au bois.

Dés qu’il apprit cela, l’inquiétude creusa  le visage du policier. Bien qu’ils étaient rarement fatals, les accidents dans les bois étaient assez fréquents, surtout chez les bûcherons amateurs.

Aussitôt il prit contact par radio avec les gardes forestiers. Un d’eux se rendit à la maison communale où il alla consulter les registres où étaient consignés les lots de bois et les noms des acheteurs tandis que les autres se dispersèrent en foret.

Bientôt le premier garde forestier transmit aux autres où se trouvait la parcelle de Henri et à peine un quart d’heure plus tard, le petit 4 x 4 fut repéré au bord d’un chemin encaissé.

Le premier garde arrivé sur les lieux attendit les autres gardes forestiers avant d’entamer les recherches, sous prétextes qu’il était plus sur de chercher à plusieurs personnes, mais la vraie raison était qu’il avait peur de ce qu’il allait trouver.

Ils ne mirent que quelques minutes à trouver Henri, sa tronçonneuse rouge étant visible du chemin.

Il était agenouillé dans une position grotesque, la main toujours coincée dans l’arbre. Avec ses pieds chaussés de grosses bottines à bouts d’acier, sa main droite était d’ailleurs la seule partie de son corps qui était encore intacte.

Le visage avait été déchiqueté, de la main gauche ne subsistait qu’un moignon et le reste du corps était partiellement dévoré par le sanglier qui l’avait tué et ses congénères, par les renards et sans doute par une multitude de rongeurs de toutes races.

Des lambeaux de tissus ensanglantés jonchaient le sol et même le sac d’Henri avait été dévasté et poussé bien plus loin, sans doute par un sanglier venu renifler les restes de nourriture.

Quant a son téléphone portable, qui était tombé du sac, il avait été piétiné par on ne sait quelle bestiole et il traînait au milieu d’une boue mêlée à des excréments de ces sales bestioles.

11:00 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle, litterature

14.02.2007

Le bûcheron - art V

Cinquième partie

Henri regardait fixement son sac, s’attendant à un miracle mais aucun ne se produit. Il n’y avait plus que lui, la nuit et le silence.

Silence qui fut bientôt entrecoupés de petits bip-bip qui signalaient que sa batterie était faible. Ça en fut de trop pour Henri qui fondit en larmes.

Il sanglota quelques minutes, la tête posée contre son arbre puis se ressaisit un peu en se disant que ça ne changeait rien si son portable s’éteignait puisqu’il ne pouvait pas l’atteindre.

Il se dit que c’était bête d’avoir gaspillé toute l’essence de sa tronçonneuse, il aurait pu s’en servir pour allumer un petit feu car il commençait à frissonner, et si quelqu’un le cherchait, il serait visible de bien plus loin. Mais il se souvint qu’il n’avait sur lui ni allumettes, ni briquet puisque il ne fumait pas, donc pas de feu.

Il posa sa joue contre l’écorce lisse du bouleau, il était épuisé, physiquement et psychologiquement. Il tentait de trouver un moyen de se délivrer mais se sentait incapable de réfléchir à autre chose que sa malchance.

La lune se levait, pleine et ronde comme une bonne fermière, arrosant les bois d’une lumière froide et donnant un aspect sinistre à tout ce qui l’entourait. Même son sac contenant le portable ressemblait à présent à une bête qui, tapie dans la pénombre, attendait qu’il s’assoupisse pour venir le prendre à la gorge.

Henri ricana tout seul des ses idées stupides et déplaça un peu ses fesses qui commençaient à s’ankyloser à cause du froid et de l’immobilité. Il trouva une meilleure position en s’asseyant avec l’arbre entre les jambes, il posa sa joue contre l’écorce et se mit à chantonner des chanson des années ’60. Une chanson de Paul Anka pensait il, sans en être sur.

Il ricana du fait qu’il se creusait la mémoire pour un détail aussi futile.

Peu à peu il s’assoupit. Il ne savait pas depuis combien de temps il somnolait quand il se rendit compte que les petits bruits qu’il entendait étaient bien réels et non pas issu de son rêve.

Les pas légers et rapides s’interrompaient fréquemment pour reprendre aussitôt.

- Des enfants, se dit Henri dont le cœur c’était mit a battre la chamade, ce sont des scouts qui font un jeu de nuit.

Aussitôt il se mit à crier

- Au secours, venez m’aider. Les enfants, je suis là, je suis prisonnier !! S’égosilla t il.

Il tendit l’oreille. Plus de pas ! Il n’avait pourtant pas rêvé, ou si ? Et pourtant si dit il, nous sommes dimanche soir, demain les enfants ont cours, comment peut il y avoir des enfants qui jouent dehors maintenant !

Il resta prostré quelques minutes, tous les sens aux aguets. Le silence était oppressant et lourd comme une dalle en béton.

Puis tout à coup les pas reprirent. Henri se redressa autant que le permettait sa main coincée et tendit le cou à s’en faire craquer les vertèbres.

Malgré le clair de lune il ne voyait personne, bien que les pas approchaient.

Puis tout à coup une masse sombre se découpa dans la pénombre. Henri senti le sang se glacer dans ses veines, ce qu’il prenait pour un boy-scout était un énorme sanglier.

Il avançait lentement, le groin à raz du sol, s’arrêtant de temps en temps pour manger ce qu’il trouvait à son goût mais ne quittait pas Henri des yeux.

C’était un vieux mâle solitaire qui boitillait un peu, sans doute le souvenir d’un coup de fusil récolté lors d’une chasse.

Le groin toujours au raz du sol, qu’il ne cessait de renifler, il s’approchait lentement de Henri.

Celui ci se mit à tirer frénétiquement sur sa main coincée dans la fente de l’arbre en poussant une longue plainte qui se termina dans un râle. La peur surmontait la douleur lancinante de sa main et de son épaule démise.

D’habitude il n’avait pas peur du gibier, mais là il était seul, blessé, épuisé et sans possibilité de fuite.

Pourtant il parvint a retrouver son calme, bien que sa respiration était toujours très rapide et il parvenait à nouveau a réfléchir.

Le sanglier était tout près à présent et reniflait le sang qui avait coulé et séché le long du bras emprisonné d’Henri.

Henri poussa un hurlement qui fit reculer le sanglier d’un mètre ou deux. Lorsqu’il s’approcha une nouvelle fois, Henri poussa un nouveau cri mais l’animal recula moins et la suivante, il ne bougea pratiquement pas, ayant vite compris que ce cri ne pouvait lui faire de mal.

Lentement Henri tendit alors son bras valide vers le bout de bois dont il s’était servi tout à l’heure pour tenter de se dégager, il le passa derrière son épaule puis le rabattit de toute ses forces sur le groin de son indésirable compagnon.

Le sanglier poussa un grand « grouiiiiiik » en reculant, secoua la tête puis chargea pour donner un coup de boutoir.

Une dent pénétra la gorge sectionnant la veine jugulaire.

La dernière pensée d’Henri fut « quelle connerie ! » et il s’affaissa dans un gargouillis.

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13.02.2007

Le bûcheron amateur - Part IV

 

Quatrième partie


Cette fois le soleil descendait plus vite derrière les arbres et il ne tarderait pas à faire nuit.

Il semblait à Henri que le soleil percutait la planète, là-bas, derrière les arbres embrasant le ciel et le dessous des nuages de feu rouge, pourpre et presque mauve.

En temps normal, une telle beauté aurait ému notre bûcheron amateur mais en ce moment seul la pensée de rester seul dans ce bois le taraudait.

Son portable se remit à sonner dans son sac, là-bas, à quelques mètres. Sept ou huit sonneries, Henri ne se souvenait plus du nombre qu’il avait décidé avant que le répondeur ne prenne la relève. Quelques minutes passèrent puis la sonnerie repris, « La Cucaracha » !! Quelle idée stupide d’avoir choisi cette sonnerie se dit-il.

A chaque fois que la sonnerie s’interrompait, le silence retombait comme un couvercle de cercueil, lourd et oppressant.

Plus rien ne bougeait dans ce bois sur lequel la nuit achevait de s’installer.

Tout à coup, au loin, un bruit de moteur. Sans doute un autre bûcheron qui rentrait en charriant une remorque de bois coupé.

Henri se mit à hurler au secours. Il s’égosilla une longue minute puis se tu et écouta. Le bruit de tracteur s’était rapproché mais n’avait pas ralenti.

- Ce con ne m’entend pas s’exclama t il à haute voix et il se remit à hurler à haute voix jusqu’à ce qu’il ne sorte plus qu’un son rauque de sa gorge.

A ce moment il songea a nouveau à sa tronçonneuse. Il glissa aussitôt son pied dans la poignée, bloqua la gâchette et tira la ficelle. Comme tout à l’heure, la machine démarra au premier coup.

Le chauffeur du tracteur trouverait certainement insolite que quelqu’un travaille encore dans cette pénombre et pour en être sur il donnait de furieux coup de gaz. Il coupa le moteur de sa machine et écouta. Le tracteur était plus proche encore mais n’avait toujours pas ralenti.

Henri relança aussitôt le moteur de sa machine et cette fois donnait des coups de gaz dans un ordre bien régulier, trois coups brefs, trois coups longs, trois coups brefs. S.O.S. !

Mais Henri doutait que ce « bouseux » connaisse le morse. Quoi que, s’il a un certain âge, il a du faire son service militaire et connaître les rudiments du morse.

Il continua à lancer son SOS à grands coups de gaz jusqu’à ce que la machine s’arrête, après quelques toussotements.

Panne d’essence.

Henri tendit à nouveau l’oreille mais, cette fois, le tracteur s’éloignait. Le conducteur ne devait pas connaître le morse, à moins que le moteur du tracteur a couvert celui de la tronçonneuse, tout simplement.

Anéanti, il s’assit dans les feuilles mortes et humides se disant qu’il devait faire une posture bizarre avec cette main coincée dans cet arbre.

Son portable se remit à sonner. Henri était certain que c’était sa petite amie, d’ailleurs il lui semblait que la sonnerie était plus nerveuse. Quel heure pouvait il bien être à présent ? Peut être était elle déjà devant la porte et se demandait pourquoi je n’étais pas là. Sans doute va t elle prévenir la police et vont ils entamer des recherches. Est-ce qu’il lui avait dit qu’il passait sa journée au bois ? Il en était presque sur. Presque…

Pendant pratiquement une demi heure le portable sonna à intervalles réguliers puis cessa.

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12.02.2007

Le bûcheron amateur - Part III

 

Troisième partie.



Henri déposa le bout de bois avant qu’il ne se casse, il pourrait encore en avoir besoin.

Ses yeux tombèrent sur sa tronçonneuse.

« Mais quel imbécile » se dit-il. Je vais prendre la tronçonneuse et couper l’arbre un peu plus haut !!

Il enfila le bout de son pied dans la poignée de sa machine et tira un coup sec sur le cordon, le moteur bien entretenu prit au premier coup. Du bout du pied il enfonça la gâchette de sécurité et actionna la manette des gaz avant de soulever la machine.

La tronçonneuse semblait peser cent kilos au bout de ce bras gauche qu’il utilisait peu.

Par deux fois il tenta de d’attaquer le bois mais ne pouvant y mettre suffisamment de force, la chêne acérée glissait sur le bois.

A la troisième tentative, il ne peut retenir l’engin qui longea le bras droit dont la main était coincée et entama légèrement la chair, déchiquetant les vêtements et la peau au passage.

Henri laissa échapper la tronçonneuse de sa main en poussant un hurlement. Le sang coulait le long de son avant bras jusqu’au coude et gouttait, à petite gouttes au pied du bouleau.

Il lâcha un de ces jurons préférés, dans lequel il mélange la religion avec des dames de petites vertus ainsi que leur lieu de travail.

Henri examina sa blessure et en vint rapidement à la conclusion que la blessure, bien que douloureuse, n’était pas mortelle, du moins il ne pensait pas que des artères vitales aient été sectionnées.

Cette fois, il décida que la plaisanterie, qui avait failli lui coûter la vie, avait suffisamment duré.  Le ridicule ne tue pas, se dit il, la tronçonneuse oui !  Tant pis s’il devenait la risée du village, cette fois il appellerait de l’aide. N’importe qui, la police, les gardes forestiers ou même l’armée s’il le fallait, il en avait assez bavé.

Il tâta ses poches de la main gauche à la recherche de son téléphone portable mais ne le trouva pas. Il senti un frisson lui courir le long de sa colonne tandis qu’un début de panique fit accélérer son pouls.

-Allons, Henri, se dit il à voix basse. Reste calme et essaye de réfléchir un peu. Ton portable ne peut être loin, regarde autour de toi. Au même moment, celui ci se mit à sonner… dans son sac qui était posé près de son tas de bois et de ses outils.

-Imbécile s’insultât il à voix haute car il l’avait déposé dans son sac car il le gênait pour travailler et en plus, comme c’était le nouveau Samsung T26, il craignait de l’abîmer.

Henri écoutât sonner son portable puis arrêter, sans doute le répondeur avait il pris le relais. Puis quelques instants plus tard, il se remit à sonner. Henri regardait son sac fixement, comme s’il s’attendait à en voir surgir son correspondant, qui lui viendrait en aide. Mais, malgré que son portable se remettre à sonner plusieurs fois de suite, personne n’en sortit comme un génie qui sortirait d’une lampe magique pour venir réaliser ses voeux. Il connaissait son vœux le plus cher du moment : réduire ce maudit bouleau en cure-dents et le délivrer par la même occasion.

Il s’interrogea quelques minutes sur qui pouvait être ce correspondant, bien qu’il s’en doutait un peu. Ça ne pouvait être que sa petite amie qui  lui demandait confirmation pour le dîner de ce soir.

Henri fut presque content de s’être blessé avec la tronçonneuse, car il avait là la preuve irréfutable que son retard n’était pas du à une étourderie, comme ça lui arrivait bien souvent. C’est qu’elle est très pointilleuse sur la ponctualité, sa demoiselle Isabelle.

Encore faut il,  pour se justifier, qu’il parvienne à ce sortir de ce mauvais pas.

A la pensée de ne pouvoir sortir à temps de ce bois, ou de ne pas pouvoir sortir du tout il fut pris d’une crise de panique, une réelle cette fois. Il se mit à tirer sur son bras de toutes ses forces afin de dégager sa main mais une douleur fulgurante le fit arrêter.  En plus de s’être d’avantage abîmé la main, il s’était démit l’épaule et ne savait pas lequel des deux lui faisait le plus mal.

11.02.2007

Le bûcheron amateur - Part II

 

Deuxième partie



Henri hésitait à s’attaquer à un dernier arbre. Ce soir sa nouvelle petite amie, Isabelle, venait dîner chez lui et il avait intérêt à être en forme. Il avait l’intention de sortir le grand jeu avec les bougies, lumières tamisées et tout le toutim et de donner l’estocade avec le coup du feu ouvert.

Finalement il décida de couper un dernier gros bouleau, une haute boule comme on les appelait dans cette contrée, car au  du siècle, on taillait dans la base du tronc, une boule de bois qui servait dans les jeux de quilles.

L’arbre  penchait un peu du mauvais côté et il aurait aimé le redresser afin de ne pas avoir une trop longue distance a parcourir pour mettre ses bûches sur le tas et aussi l’empêcher de tomber contre d’autres arbres, ce qui aurait rendu le débitage bien plus difficile. 

Il découpa donc un quartier dans l’arbre, du côté qu’il voulait le faire tomber puis entama l’autre côté d’un large coup de tronçonneuse et y inséra un de ses coins d’acier qu’il enfonça à grands coups de merlin afin de le faire pencher du côté désiré. 

Mauvaise idée, le coin se coinça dans la fissure. En poussant un gros juron à haute voix, il alla chercher son deuxième coin et recommença l’opération pour en arriver au même résultat, le deuxième coin se bloqua également.

Il se mit alors à tapoter les coins du bout de son merlin afin de les décoincer. Un des deux coins bougeait un peu mais pas suffisamment rapidement  pour Henri qui commençait à s’énerver passablement.

Faisant fi de toutes mesures de sécurité, il plongeât la main dans la fente et agrippa le coin à pleine main. C’est à ce moment que dans un petit craquement sinistre, l’arbre vacilla de quelques centimètres emprisonnant la main de Henri dans l’interstice.


Henri poussa un hurlement de douleur puis resta la bouche grande ouverte alors que plus un son n’en sortait. Il venait de se rendre compte qu’il souffrait à peine et qu’il avait hurlé plus de panique que de mal.

Il tira sur sa main et poussa à nouveau un cri, cette fois réellement de douleur car, en tirant de cette manière, il s’enfonçait des échardes dans la peau. De plus, il comprit rapidement qu’il n’arriverait jamais à dégager sa main de cette manière.

Il s’arc-bouta contre le tronc et poussa de toutes ces forces avec son épaule gauche contre le tronc pour tenter de le pousser du coté opposé afin que la fente s’écarte un peu et lui laisse se dégager.

Si la cime vacillait un peu, il ne pouvait donner suffisamment de force pour bouger la base..

Dans un mouvement de découragement, Henri s’assit à côté de l’arbre en poussant un juron qui aurait fait rougir un charretier.

« Et bien, je ne suis pas dans la m… »  se dit-il, je ne serais jamais à l’heure à la maison pour accueillir ma dulcinée.

Il jeta un coup d’œil autour de lui, cherchant un morceau de bois assez solide pour faire levier et délivrer sa main.

En s’étendant au maximum, il parvient à attraper, du bout des doigts, un morceau de bois mort. Aussitôt il l’enserra dans la fente et poussa vers le bas en y mettant tout son poids, mais au lieu de libérer sa main, ce fut le bout de bois qui émit un craquement semblable à celui d’un os qui se brise.

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10.02.2007

Chronique de la foret - Le bûcheron amateur.

Une nouvelle, que je posterais en 7 parties.

Merci à ceux qui la liront jusqu'au bout et me donnerons leur avis.

 

Premiere partie.

 

Henri se releva, en se tenant les reins des deux mains. Il était au bois depuis huit heure trente ce matin, avait déjà coupé, refendu et rangé pas mal de bûches et la fatigue commençait à se faire sentir.

Henri aimait couper lui même son bois de chauffage, il disait que ça joint l’utile à l’agréable car ça lui faisait faire de l’exercice et prendre un bon bol d’air pur au milieu de le foret, sauf quand il avalait les gaz d’échappements de sa tronçonneuse,  et ça lui procurait un combustible peu coûteux. Il s’amusait à répéter la même blague éculée : que, en se chauffant au bois, il avait trois fois chaud ; en le coupant, en le rangeant et en le brûlant.

Il savait que cette blague était usée jusqu’à la corde mais s’entêtait a la raconter encore et encore, par plaisir de voir les gens se forcer à rires poliment a cette blague tout en sachant que ça les agaçait au plus haut point.

En fait, Henri avait un joli poêle au bois enserré dans l’ancien feu ouvert, une cassette qu’on appelait ça, et quand il ramenait une fiancée à la maison, il relevait la vitre escamotable et installait un plaid devant les bûches qui rougeoyaient dans l’âtre. Il pensait que ça ajoutait une touche romantique.

Plus terre à terre, quand le vent se levait dans sa région, sa maison étant retirée et en bordure de forêt, les lignes électriques se rompaient fréquemment et occasionnaient des coupures de courant. Sa cuisinière électrique étant alors hors d’usage, il se faisait cuire une grosse omelette dans une poêle posée directement sur les braises et quand celle-ci était presque cuite, il ajoutait une conserve de haricots à la sauce tomate et mangeait le tout à même la poêle à l’aide d’une cuillère en bois en s’imaginant être retourné au temps du Far West.

Parfois aussi il se faisait une soirée à la « Autant en emporte le vent » comme il les nommait : il traînait son vieux fauteuil de cuir devant le poêle dont il avait escamoté la vitre, prenait un bon bouquin, un verre de cognac âgé et s’installait confortablement pour s’endormir quelques minutes après avoir terminé son verre t lu à peine quelques pages.

Donc chaque année, il achetait une ou deux parts de bois à couper et passait quelques dimanches à jouer au bûcheron amateur.

D’un revers de manche il épongea la sueur de son front en regardant le soleil blanc de novembre qui commençait à se cacher derrière la cime des arbres. Il regarda sa montre, il n’était que seize heures.

Henri recommença à pester contre les changements d’heure. Heure d’été, heure d’hiver, il ne savait plus laquelle était la bonne et il s’en fichait, ce qui l’énervait, c’était le changement. Il s’accorda quelques minutes de repos, accroupis et adossé à son tas de bois. Il versa le fond de sa bouteille Thermos dans son gobelet en plastique et fit une grimace en avalant le reste de café presque froid et dont le goût avait un peu tourné. Il fouilla  encore son sac à la recherche d’un dernier sandwich et fit une nouvelle fois la grimace car ne trouva plus qu’une banane noircie et à moitié écrasée.

En avalant ce qu’il pu sauvé de sa banane il observa deux buses en train de planer très haut dans le ciel en poussant leur cri plaintif.  Henri attendit qu’elles fondent sur une malheureuse proie mais elles n’en firent rien et continuèrent à planer tranquillement. Alors il ferma les yeux pour profiter pleinement du silence et se laissa caresser le visage par les rayons de soleil, à peine tiède.

C’était un des moments de bonheur dont Henri raffolait. Le calme et la quiétude semblaient le pénétrer par tous les pores de la peau et il se sentait bien.

 

10:35 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : litterature, nouvelle

05.02.2007

Aux cabinets

Voici un petit poème qui aurait été trouvé dans une toilette publique.

Je trouve que pour écrire aussi joliment sur un tel sujet, il faut ètre un as de de la plume ou en connaitre long sur la "matière" (glup) et, en tout cas, avoir énormément d'humour !!

 

Malgré l'humour et la vertu
Il faut ici montrer son cul
Malgré la haine et la fierté
Il faut ici se défroquer
Malgré l'amour et la tendresse
Il faut ici montrer ses fesses.
 
Poussez ! poussez ! les constipés
Le temps ici n'est pas compté
Venez ! venez ! foules empressées
Soulager là votre diarrhée
Car en ces lieux souvent chéris
Même le papier y est fourni.
 
Soit qu'on y pète, soit qu'on y rote
Tout est permis au sein des chiottes
Mais ? graine de vérole ou de morpion
N'oubliez pas d'vous laver l'fion
De ces WC tant usités
Préservez donc l'intégrité.
 
Rendons gloire à nos vespasiennes
De faïence ou de porcelaine !
Que l'on soit riche ou bien fauché
Jamais de classe dans les WC
Pines de smicards ou de richards
Venez tous voir mon urinoir !
 
Qu'ils s'appellent chiottes, goguenots, waters
Tout l'monde y pose son derrière
On les dit turcs ou bien tinettes
Tout est une question de cuvette
Quand celles-ci se trouvent bouchées
Nous voilà tous bien emmerdés.
 
Entrez, entrez aux cabinets
Nous raconter vos p'tits secrets
Savoir péter c'est tout un art
Pour ne pas chier dans son falzar.
 
Si cet écrit vous semble idiot
Torchez-vous-en vite au plus tôt
Si au contraire il peut vous plaire
Affichez-le dans vos waters !!!
 
Auteur anonyme.

10:24 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature

31.01.2007

 

Bon mot ….

 

A la fin de sa vie, passée dans un asile, Georges Feydeau reçu la visite de son ami Sacha Guitry.

Ce dernier discutait de la santé de son ami avec un infirmier et lui fit part qu’il  trouvait que l’était de Georges Feydeau s’améliorait.

 

Il va mieux ? s’exclama l’infirmier !! Ce matin il parlait encore aux oiseaux..

Dans ce cas, rétorqua Sacha Guitry, il faudrait enfermer tous les poètes…

26.01.2007

Madame Angèle- Part IV

 

Elle déambulât dans les rayons du supermarché, sortant des articles de leur emplacement pour les examiner sous toutes les coutures, contrôler la date de fraîcheur pour ensuite les remettre au rayon, sauf si la date n’était plus bonne, dans quel cas elle allait sermonner le gérant du magasin.

Elle allait visiter le rayon surgelé qu’elle détestait presque autant que celui des viandes préemballées qu’elle examinait sans les toucher et en retroussant le nez d’un air dégoutté. Ensuite Madame Angèle continuait sa petite visite par le rayon des cosmétiques et se parfumait abondamment à l’aide des multiples testeurs mis à la disposition des belles du quartier, qui désiraient essayer les nouveautés.

Bizarrement, ce mélange de différents parfums et eaux de toilettes qui, sur n’importe quelle personne se sentirait à des dizaines de mètres n’avait absolument aucun effet sur Madame Angèle qui gardait une odeur étrange qui rappelait un peu l’odeur des cryptes humides mélangée à une pointe de soufre, peut-être aussi une petite odeur de charogne, qui faisait dire aux mauvaises langues du quartier qu’elle se promenait avec des souris crevées dans les poches, mais de loin car tout le monde craignait un peu Madame Angèle, sans trop bien savoir pourquoi.

Elle alla chercher un petit pot de nourriture pour son poisson rouge, qui n’avait pas de nom car à quoi bon donner un nom à un poisson ? Jamais il ne viendra sur mes genoux si je l’appelle se répétait elle chaque jour !

Ensuite elle passa acheter un kilo de sucre scié. Elle se remit à grommeler de plus belle. Dans le temps on pouvait acheter la quantité de sucre dont on avait besoin. L’épicier avait un gros bloc de sucre et en cassait des morceaux avec un pic. Pendant ce temps là, les mégères faisaient la file et racontaient des ragots sur les gens du quartier.

C’est de là que vient l’expression « casser du sucre sur le dos de quelqu’un !! »

Ce n’était pas bien chrétien, (chrétien, rien que le mot la faisait rire), mais au moins de cette façon Angèle savait elle ce qui se passait chez les gens et si quelqu’un n’était plus en très bonne santé, ça l’aidait pour établir son emploi du temps. Maintenant on appelle ça « son planning » pensa t elle agacée.

Madame Angèle termina sa promenade, comme chaque jour, par le rayon boulangerie, juste pour le plaisir de montrer sa baguette de pain à la responsable du rayon en lui disant que « ça » c’était du bon pain et que jamais elle n’achèterais du pain dans une grande surface, semblant oublier que quelques minutes plus tôt, en sortant de la boulangerie, elle pestait contre la qualité de ce même pain.

Enfin elle passa à la caisse et multiplia les « s’il vous plait madame » les « merci madame » agrémenté de son plus beau sourire dans le seul but d’agacer l’hôtesse de caisse, une dame sans âge, aux traits tirés et mal coiffée qui lui répondit par des grognements.

Notre vielle dame repoussa le sac plastic d’un revers de la main, enfourna ses articles dans son vieux cabas et prit le chemin du retour.

08:00 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle, litterature

25.01.2007

Madame Angèle Part III

 

C’était au temps où tout le monde avait du travail et pratiquement chaque immeuble de la rue qu’Angèle descendait abritait un petit commerce. Il y avait des épiceries tout les cinquante mètres, autant de boucheries et de boulangeries, aussi des merceries où on pouvait trouver des millions de boutons de toutes les couleurs et des fermetures éclairs de toutes les longueurs, ainsi que des coudières et des genouillères en cuir. A cette époque là, il n’était pas question de jeter un vêtement avant qu’il ne soit usé jusqu’à la corde.

Madame Angèle se souvient très bien de tous ces commerces. Et puis ils ont été fermé l’un après l’autre ou remplacé par d’autres types de commerces.

Là où on loue maintenant des cassettes ou des « dévédés » se trouvait une quincaillerie où les clous se vendaient au poids. Là se trouvait un petit atelier de couture qui, après la guerre, fut transformé en cinéma de quartier et maintenant en solderie. Là, où se trouvait une boucherie où on pouvait trouver les meilleures rillettes de toute la ville se trouve un marchand d’ordinateurs et là où il y avait une corsetière se trouve maintenant un magasin qui vend des machines à faire la lessive, des machines à faire la vaisselle, des machine à sécher le linge, des machines à moudre le café, à faire la café et sans doute bientôt a boire la café se disait souvent Madame Angèle.

La majorité de ces changements c’est fait après la guerre, la deuxième évidemment, pas la première, la belle, la « grande » guerre ! Non, tout cela c’est passé après la seconde guerre mondiale, celle de 39-45. Mais tout compte fait, elle n’était pas si moche, celle de ’40 par rapport aux petites gué-guères de maintenant.

Aaaah, les guerres, car Angèle en a connu quelques unes. Epoque magique et prospère, il y a bien trop longtemps que la dernière est terminée. A la pensée de celle de 14-18, sa préférée, ses yeux s’embuèrent de nostalgie mais elle repris rapidement ses esprits et poussa la porte de la boulangerie.

Elle commanda un baguette de pain et une tarte au sucre, la seule gourmandise qu’elle s’autorisait de temps à autre et sorti de la boulangerie en tâtant sa baguette de pain et en grommelant que le pain était bien meilleur « dans le temps » quand le boulanger se levait la nuit pour pétrir et cuir lui même son pain.

Maintenant ce n’était plus que des vendeurs qui n’étaient pas capable de différencier un de seigle d’un pain d’épeautre.

Elle progressa, toujours à petit pas, vers le supermarché au coin de la rue. Quelle horreur que ces magasins anonymes ou les bonjour, au revoir et les sourires semblent proscrits. Pourtant on leur passait de la musique toute la journée, ça devait les mettre de bonne humeur.

08:20 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : litterature, nouvelle

23.01.2007

Madame Angèle Part II

2eme partie...

 

 

Elle avançait tellement lentement qu’un chat égaré, noir aux moustaches longues et blanches, peut être alléché par l’odeur de la dame, sortit d’une porte cochère avec l’intention d’aller se frotter à ses jambes mais dés qu’il fut à la portée d’Angèle, celle ci lui décocha un coup de pied au cul qui l’envoyât valdinguer bien loin.

- Tiens, se dit elle, je me demande si ce gardien de but chauve, dont on parle beaucoup à la télé en ce moment, serait capable d’en faire autant.

Madame Angèle réajustât sa jupe. Son regard pétillant et d’un bleu délavé regarda, amusé, le pauvre chat qui pestait et soufflait tant qu’il pouvait puis elle jeta un coup d’œil autour d’elle de manière à s’assurer que personne n’avait remarqué le geste trop alerte pour son âge. Elle effaça le sourire satisfait de ses lèvres et continua tranquillement sa route.

De l’autre côté de l’allée, assis sur un banc du petit square, le vieux Charles lisait son journal.

Il était assis au beau milieu d’un rayon de soleil, c’est pourquoi il avait baissé sa casquette a pompon, dont le pompon avait disparu depuis longtemps d’ailleurs, sur ses yeux.

Pendant des années, ces copains ce sont moqués de lui au sujet de ce pompon, ils le touchaient sans cesse, prétextant que, comme celui d’un marin, il portait bonheur.

Et puis, un jour que Charles avait bu un peu trop de ballons de rouge et qu’il s’était endormi sur la table du troquet, un de ces copains de beuveries avait trouvé très drôle de le couper. Le lendemain, quand Charles c’était rendu compte de la mystérieuse disparition, il estima que sa casquette était plus belle sans le pompon et depuis ne sortait plus sans son couvre-chef préféré.

Comme d’habitude, il commençait sa lecture par la rubrique nécrologique, ensuite les faits divers qu’il préférait appeler « la rubrique des chiens écrasés » et ensuite la page des sports, dans laquelle il y avait justement un article sur le gardien de but chauve, cher à Angèle, le fameux Fabien Barthes.

Angèle connaissait Charles depuis que sa mère le poussait dans un landau et qu’elle le conduisait chez une gardienne avant d’aller travailler à la filature.

Comment se nommait elle encore cette gardienne ?? Jeanne ou Jeannine, quelque chose comme ça. En tout cas, ce dont Angèle se souvenait, c’est du jour qu’elle du s’occuper de la gardienne, suite à une mauvais chute dans l’escalier en pierre qui conduisait à la cave.

A cette époque déjà les trente-cinq heures étaient d’application, mais c’était les trente-cinq heures de repos par semaine, le reste du temps on travaillait.

 

à suivre...

22.01.2007

Madame Angèle

Petite histoire que je posterais en cinq épisodes, de façon à ce que vous n'ayez pas à fatiguer vos jolies petites mirettes en lisant tout en une seule fois...

 

 

Madame Angèle descendait, à petits pas, la rue trop pentue pour son grand âge. Le soleil montrait le bout de son nez mais la pluie n’avait cessé de tomber de toute la nuit et les dalles de trottoir luisaient d’humidité sous le soleil et pouvaient être glissantes, mieux valait être prudente.

L’allée qu’elle longeait était bordée de parterres fleuris et une bonne odeur de terre mouillée embaumait l’air.

La vieille dame était vêtue comme à l’accoutumée, d’un tricot noir, d’une jupe droite noire passée au dessus de gros bas noir, peut être un peu trop grand pour elle car ils lui retombaient en accordéon sur les jambes. Par dessus les bas elle enfilait une paire de grosses chaussettes en laine dont elle retournait le haut sur ces gros godillots en cuir usé qui semblaient peser plusieurs kilos chacun.

Elle portait un manteau en laine, noir lui aussi, dont les boutons étaient grands comme des soucoupes et portait sur la tête un bibi orné de fleurettes qui furent roses autrefois et de deux cerises. C’était d’ailleurs la seule touche de couleur de tout l’habillement d’Angèle.

Du chapeau pendait un petite voilette qui lui chatouillait sans cesse l’arrête du nez qu’elle avait en bec d’aigle et qu’elle se grattait sans cesse.

Ses vêtements noirs laissaient croire au voisinage qu’elle était en deuil, bien que personne, mêmes parmi les aînés du quartier, ne lui avait connu de mari.

Angèle était toujours « propre sur elle » mais on ne pouvait pas vraiment la qualifier de coquette mais plutôt d’austère..

A la main elle tenait un grand parapluie, datant d’un autre âge, qu’elle emportait par tous les temps et lui servait autant de canne que de protection contre la pluie et dans à l’autre main elle tenait un vieux cabas en simili cuir tout râpé destiné à recueillir les quelques achats qu’elle allait faire ce matin.

Angèle avait en horreur ces sacs en plastiques qu’on distribuait généreusement dans tous les commerces, depuis qu’elle avait vu à la télévision qu’un tel sac pouvait causer la mort d’un cachalot qui le confondait avec une méduse.

La mort des cachalots n’était pas de son rayon et depuis elle n’oubliait jamais de prendre son cabas quand elle allait faire des courses.

 

... à suivre...

09:50 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : litterature, nouvelle, art

18.01.2007

Le grand frère (slam)

J’ai rêvé que j’avais un grand frère

Un ami, un complice, un vrai père

Un avec qui ont fait de grosses  bêtises     

Avec qui on s’entend comme cul et chemise

Môme il m’attendrait à  la sortie de l’école       

Dirait des conneries et serait heureux que j’en rigole

Pour me protéger il serait toujours prêt pour la baston

Et réglerais à certains le compte pour de bon

Un derrière qui je me serais senti peinard

Qui serais plus qu’un mur, un bloc, un rempart.

 

Un frère qui porterait mon cartable.

Me ficherait une mandale quand je ne suis pas aimable

Qui me laisserait regarder tard la télé

Même s’il y passe des nanas avec de gros nénés

Et qui parfois même ferait semblant de croire   

Quand je feins d’être malade afin de traîner à la foire

Ou qui vient me rejoindre à la pèche

Les jours que les cours barbants, je sèche

En somme un frère qui n’aurait qu’une envie

M’apprendre toutes les facettes de la vie

 

Mais surtout un frère en qui je pourrais lire le regard

Grâce à qui mon chemin ne se tracerait pas au hasard

Qui me motiverait et si nécessaire me bottera le cul

Qui me ferait voir l’existence avec un certain recul    

Me ferait persévérer vaille que vaille 

M’apprendrais que la vie est un éternel travail

Et puis m’enverrais valdinguer au milieu du jeu de quille

En veillant tout de même que je ne parte en vrille

Et à mon tour pour quelqu’un être un grand frère

Un ami, un complice, un père.

 

 

 

08:39 Écrit par Patrick dans slam | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : slam, litterature, poesie, syrius

06.01.2007

Mémoires d'une pierre.

 

 

Petite pierre rose et brune, marbrée de blanc, lissée par les eaux vives qui la caresse depuis longtemps, oh combien longtemps, voit passer tranquillement les années au travers le courant limpide et froid de ce joli torrent.

Jamais pierre ne s’ennuie car au fil des saisons le gargouillis et clapotis changent, comme une musique au fil des modes.

En été,  le faible débit est à peine un murmure, comme une jolie musique classique qui roucoule à l’oreille, vous assoupis, se mêle à la chaleur pour vous enfoncer dans une douce torpeur.

A la fin de l’été,  avec les premières pluies, la musique se transforme en Boléro de Ravel, plus soutenu, plus rythmé.

Durant l’hiver, la musique ressemble à une jolie fanfare tandis qu’au printemps, avec les pluies qui se mêle la fonte des neiges, c’est un festival de rock.

Les habits du paysage change aussi, lentement au fil des semaines. Le joli printemps et son costume vert tendre, ses fleurettes qui pétillent un peu de partout, les truites de rivière qui frayent et viennent me chatouiller de leurs nageoires.

Les bergers qui entament la transhumance passent avec troupeau de moutons et de chèvres, parfois un agneau tout nouvellement né chargé sur leurs épaules.  Puis viennent les  jolies vaches, un peu amaigries par ce long hiver à l’étable.

Elles sont attendrissantes avec leurs immenses  yeux doux bordés de longs cils, mais parfois un peu bruyantes à cause de ces immenses cloches qu’elles portent autour du cou.

L’été est plus calme, si ce n’est que quelques promeneurs déguisés en montagnard de pacotille accompagnés de leur chien d’appartement…

Aaah elle est bien loin la belle époque des saint-bernards qui vagabondaient avec leur tonnelet de rhum autour du cou à la recherche de randonneurs à secourir. A présent, il n’y a plus que des chiens miniatures comme celui de la semaine dernière qui a faillit se noyer dans quinze centimètres d’eau. 

Cela ne risquait pas d’arriver à ce saint-bernard qui, un jour, il y a quinze ou vingt ans, mais que sont vingt années pour une pierre, est venu se désaltérer à l’eau du torrent, à quelques centimètres de pierre et qui l’avait regardé de ses grands yeux tristes bordés de rouge.

L’été s’étire lentement, l’eau du torrent est au plus bas et pierre émerge même de quelques centimètres, lui laissant le loisir d’admirer quelques edelweiss qui fleurissent au bord du torrent au milieu de quelques cailloux.

Puis vient l’automne, le berger repasse avec son troupeau, redescendant dans la vallée pour rentrer moutons et chèvres à la bergerie et les vaches à l’étable.

Les feuilles des quelques arbres se trouvant le long du cours d’eau commencent à s’embraser d’un rouge lie de vin pour jaunir ensuite et bientôt s’envoler, brunes et sèches, dans la brume par un matin frais.

Les pluies augmentent, faisant gonfler les eaux du torrent et bientôt elles sont remplacées par les premières neiges. Très vite le flan de la montagne se couvre d’un épais tapis blanc et entre en léthargie  pour de longs mois. C’est tout juste si pierre aperçoit un bouquetin ou un chamois qui tente de trouver quelques pousses vertes qui dépasseraient du manteau blanc ou un renard, revêtu de son pelage d’hiver ayant reniflé l’un ou l’autre rongeur égaré.

Sinon rien. Que le vent qui balaie la neige en se plaignant.

Puis revient le printemps, très pluvieux cette année. Les pluies mêlées à la fonte des neiges ont fait gonfler le torrent plus fort que de coutume.

Les eaux bouillonnent, en colère d’être si serrée dans ce lit trop étroit et semblent pressées de le quitter pour se jeter dans le fleuve, là-bas dans la vallée.

Dans leur empressement, les eaux emportent même pierre.

Oh, pas bien loin, juste sur quelques mètres et elle ne s’en émeut pas, ce n’est pas la première fois que pierre est emportée par la colère des eaux. Cependant, cette fois là, pierre regrettait de bouger car elle ne verrait plus fleurir les edelweiss cet été. Mais sans doute y aura t il un autre événement qui viendra la distraire, cette année, ou la suivante ou celle d’après.

 

08:12 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : litterature, nouvelle

19.12.2006

Les géants dans le brouillard.

La porte de garage s’ouvre lentement, les roulettes glissants silencieusement dans les rails bien huilées,  pour laisser apparaître un mur blanc, grisâtre, laiteux,  qui semblait naître sur le pas de la porte pour aller mourir à l’infini.

Ce mur semblait vivant, mouvant et tellement opaque que l’autre côté de la rue était invisible, à tel point que je me demandais s’il y avait un autre côté, l’autre côté de nulle part.

Je tendis le bras et ma main pénétra cette ouate. Elle était humide et semblait rugueuse et rêche comme de l’ouate bon marché et me fit penser à de la barbe à papa.

Il me semblait même que ça fit un bruit quand ma main la pénétra, un peu le comme quand on décolle lentement deux bandes Velcro.

Cette comparaison me fit sourire à moitié et je monta en voiture en soupirant.

Dés que je sorti la voiture du garage,  elle fut gobée par le brouillard, enveloppée et expédiée dans un autre monde, un monde  sans dimensions, sans avant, sans arrière. Les bruits feutrés me firent penser à la seule fois que je me mis des boules Quies dans les oreilles. Cette fois-là, je n’entendis pratiquement rien de l’extérieur mais tous les bruits à l’intérieur de mon corps étaient tellement amplifiés que cela me fit peur.

Je roulais, lentement, très lentement mais j’avais plutôt l’impression de glisser ou mieux, de planer, sans trop bien savoir où je me trouvais, où j’allais, ce que je devenais.

Je suivais péniblement la ligne blanche en bordure de la route. Parfois je passais la tête par la vitre, pensant mieux voir mais, aussitôt, la barbe à papa tentait de s’emparer de moi, de m’extirper de la voiture et de m’emmener Dieu sait où.

En fait, je crois que c’était juste l’humidité ajoutée à l’opacité qui me stressait un peu.

L’avant de la voiture se soulevait un peu, me donnant encore plus l’impression que je volais plutôt que de rouler, mais j’étais seulement en train de gravir une colline. Je n’avais jamais remarqué que ça grimpe si fort par ici, mais est-ce que je passais par ici les autres jours ?

Puis, peu à peu, le babeurre dans lequel je gravitais sembla s’éclaircir et tout à coup la lumière jaillit.

Une lumière éclatante se jeta sur moi et m’enveloppa d’une douceur inattendue. A ce moment je songea que lorsque la mort se saisi de quelqu’un et qu’il voit « la » lumière, elle devait être aussi jolie que celle ci.

Je garai la voiture sur la bas-côté et en sorti pour m’apercevoir aussitôt que j’étais tout simplement au sommet d’une colline.

Je venais de crever l’épaisse couche de brouillard et me trouvais sur une espèce de monticule de terre. Un îlot au milieu d’un océan laineux, coupé par une route qui surgissait du brouillard pour y replonger quelque mètres plus loin.  

Je regardais  le soleil en face qui, en guise de bienvenue, me caressa les joues de sa douce chaleur et déposa des perles de lumières sur mes cils, ce qui me brouilla un peu la vue.

J’étais seul sur mon îlot de terre et de macadam, Autour de moi, à perte de vue, un océan de nuages avec seulement ça et là, un monticule qui dépassait des nuages, comme celui sur lequel je suis réfugié.

La, un arrondis et là, un peu décalé il y en a un un peu plus pointu, un peu en biseau, et là, plus bas deux petits sommets côte à côte et bien plus bas, il y en avait quatre autres qui dépassaient des nuages. Ils étaient curieusement surmontés de gros troncs qui ressemblaient à des orteils.

Des orteils ?  J’observais un peu mieux cette série de monticules et il me semblait de moins en moins être de simples buttes.

La première butte que j’ai vue ressemble fort à un nez et la deuxième, un peu plus bas à un autre nez, un nez en trompette, un peu plus petit et plus fin que le premier. Les dernières buttes que je venais de voir ressemblent à deux paires de pieds et ceux du côté du petit nez sont un peu plus petits que les autres.

Et finalement, ces deux sommets jumeaux que j’apercevais entre le petit nez et les petits pieds, ne sont ce pas une poitrine ?

La vérité me sauta aux yeux, c’était un couple de géants en train de dormir paisiblement sous leur duvet de nuages.

Mais comment suis je arrivé ici ? Comment ne les ai-je jamais vu auparavant ??

Je restai là un moment intemporel a les regarder dormir tranquillement.

Ils dormaient si bien, du sommeil du juste comme on dit, que je me sentis apaisé moi aussi. Je me trouvais dans un nouveau monde, un monde inconnu, calme, serein, silencieux, mystérieux.

Puis, tout à coup, la terre se mit à vibrer sous mes pieds, d’abord très légèrement puis de plus en plus fort.

Je pris peur, pensant que les géants se réveillaient ou pire, qu’un autre venait voir ce que je faisais là !

Un géant gentil ou un géant méchant ?? C’’est que je ne m’y connais pas trop en géant, moi.

Les vibrations se firent plus fortes et une sorte de rugissement commençait à se faire entendre d’abord légèrement puis s’intensifiant au fur et à mesure que les vibrations augmentaient

Mais qu’est ce que j’allais devenir ? Je ne savais pas si je devais attendre sagement ou bien prendre mes jambes à mon cou ??

Je regardais autour de moi, tentant de sentir de quel côté allait surgir le danger mais mon regard ne put percer l’épais brouillard lorsque, tout à coup, un monstre énorme surgit d’où j’étais venu, dans un rugissement térrifiant.

Il était énorme et son armure noire et rouge brillait de mille feux. Ces  yeux, dont il avait plusieurs paires de toutes les dimensions, lançaient des éclairs en tout sens.

Je me jette de côté afin d’éviter sa charge et le temps de récupérer mes esprits, je m’aperçois qu’en fait de monstre, il s’agit tout simplement d’un gros camion, chargé d’énormes troncs d’arbre qui, moteur hurlant de grimper cette côte, surgit du brouillard.

Le chauffeur, une casquette de base-ball vissée sur la tête et son gsm collé à l’oreille fut, comme moi quelques minutes plus tôt, ébloui par le soleil en sortant de cette épaisse purée de pois.

Lorsqu’il s’aperçu de ma présence, et me vit sursauter, il me regarda d’un air ahuris et continua son chemin en déchiquetant le ciel d’énormes coups de klaxon multi tons.

Récupérant mes esprits, je regardais autour de moi mais ne vis plus rien qui ressemblait à des géants, seulement une grosse brume que les rayons de soleil étaient en train de diluer et quelques sommets et crêtes qui dépassait de la brume, ici et là.

Je remontais tristement en voiture et repris la route.

Juste avant de replonger dans le brouillard, je jetai un petit coup d’œil dans le rétroviseur et il me sembla voir, en une fraction de seconde, une main géante traverser la brume et me faire signe au revoir…

 

07.12.2006

Ment songe

 

 

Quelle douceur que le mensonge

Qu’elle bonté que j'en songe

Quand dans sa chaleur je m'engonce

 

S’inventer tout simplement une vie

Faite toute en duperies

Et faire de sa vie une flânerie

 

Avoir son propre monde      

Être seul maître à la ronde 

Vivre dans une rotonde

 

Avoir vécu toutes les aventures

Ou dans la démesure  

Sans craindre aucune usure

 

Croire mon propre regard

Croire, c’est tout avoir               

En jouir sans égard

 

Faire fi de la réprobation

Nier à l’unisson

Être complètement bidon    

 

Et puis pour finir     

Le jour de mourir      

Ce sera… pour de rire

 

12:18 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie

04.12.2006

Carlos Ruiz Zafón - L'ombre du vent 

Une autre citation de Carlos Ruiz Zafón, lue dans "L'ombre du vent".. un roman qui m'a décidément beaucoup plu.

 

Les gens caquettent à qui mieux mieux. L'homme ne descend pas du singe, il descend de la poule.

 

 

08:55 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : litterature

02.12.2006

Carlos Ruiz Zafón - Citation.

Une jolie phrase prélevée dans le roman de Carlos Ruiz Zafón "L'ombre du vent":

 

Les mots avec lesquels on empoisonne le coeur d'un enfant, par petitesse ou ignorance, restent enkystés dans sa mémoire et, tôt ou tard, lui brûlent l'âme.

08:10 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : litterature

25.11.2006

Le ventre de la terre (slam)

Voyage dans les viscères de la terre

Où la nuit est jour, où tout est envers     

Univers composé d’un chapelet de quais

Où tout est neutre, ni triste, ni gai 

Eclairé par des rangées d’étoiles électriques     

Aux teints blafards qui n’ont rien de magique   

Il ne semble pas y avoir de bout à ce tunnel

Ne pas y avoir de temps dans ce monde surnaturel

 

Les wagons vomissent leurs lots de voyageurs

Puis ferment leurs portières et s’effacent sans rancœur                

Se terre, en glissant sans bruit, dans l’obscurité

Pour ressurgir un peu plus loin et recommencer

La foule de mi-hommes, mi-robot s’épand, se dilue    

Se précipite vers la liberté, là haut, vers les rues

Imaginant y trouver un semblant de liberté

Chassant la pensée que demain, déjà, ça va recommencer

 

L’avenir est une simple rame de métro    

Au sortir du dodo, au retour du boulot    

Chacun déambule gardant une mine sévère     

Les seuls sourires sont sur les affiches publicitaires

Les êtres tristes pensant qu’une parole aimable                  

Rend moins intelligent, plus laid ou minable

Et préfèrent errer telle une armée d’ombres grises    

Dans cet espace confiné où la vie n’est pas promise

 

Un éternel sourire dessinant ses lèvres   

Ignorant tout de cette tiède fièvre

Les cheveux flottants au gré des courants d’air 

Elle attend, tout simplement assise là, à terre  

Ces yeux bleus délavés, couleur volée à une aquarelle

Ne voient plus depuis tant et pourtant trouvent la vie belle

Elle balaye ces soucis, les petits comme les pires       

En les désarmants de son éclatant sourire        

 

Sa main douce et blanche tendue vers la générosité

Semble créer une barrière pour la protéger

Des ombres inquiètes qui passaient et repassaient

Les yeux jaunes et glauques, baissés, l’observent de biais

Craignant que cette mendiante qui mélange le jour et la nuit      

Telle une harpie, ne déroberais de leur labeur le fruit

Certains, honteux d’être heureux lui jetaient de loin 

Une piécette jaune qui tombait loin de sa petite main.

 

Chaque jour, quand je pénétrais dans ces entrailles

Au retour d’une journée de ce qu’on appelle travail

Ayant l’impression que le système m’a passé dans une presse

Repoussant chaque jour l’aboutissement de mes propres promesses

Cette petite femme éclatait de mille feux dans son tunnel

Zébrant les quais de rayons de lumière tel un petit soleil.

Et jetait à la figure des ces gens à la gueule de mouroir

Que quoi qu’il puisse arriver, il y a de la lumière, de l’espoir        

 

Puis vint la fin d’un jour et de son lot de misères

Personnes d’autre ne semblait remarquer ce bout de quai désert

Ni que ce bout de tunnel est retombé dans la pénombre

Depuis que n’est plus la, cette femme mince comme une ombre

Depuis je erre de quai en quai, de rame en rame   

Ma route semble longue, comme de Bruxelles à Amsterdam

Mais tant que je n'aurais retrouvé mon soleil aux yeux de verre

Je ramperais, tel un ver solitaire, dans les boyaux de la terre    

12:32 Écrit par Patrick dans slam | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : litterature, slam, poesie, syrius

10.11.2006

Macadam

 

Ruban de granuleux et sombre macadam

Trace la colline, sans esprit et sans âme       

Sur les cœurs se dévide et se déroule            

Étend ses tentacules pour happer la foule    

Il transforme en glauque poussière

La campagne luxuriante de naguère

Et le bel habit de brume alchimique

A laissé la place aux nuages toxiques

       

La voûte céleste autrefois illuminée

Et de millions d’étoiles parsemée

Etait bien longtemps avant ce désastre

Décorées par de magnifiques astres

Une nuit d’été, étendu dans l’herbe fraîche

Après une journée chaude et sèche       

Il ne pleuvait que des étoiles filantes

Accompagnées de comètes flamboyantes

 

Champs fleuris et prés verts

Ne sont à présent plus que chimère

Tous ces regards lancés vers l’espoir

S’égarent dans le marasme et le brouillard

Tous les chimistes fantasques

N’ont plus qu’à tomber les masques

Et dans ce bas monde moribond

Se dépêtrer dans leur foutue pollution

 

13:59 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius

04.11.2006

les arbres amoureux

A la croisée de deux chemins forestiers se dressait un chêne de plusieurs fois dix ans.

C’était un arbre fort et fier qui dominait les autres d’une cime et se plaisait beaucoup à l’angle de ces deux chemins  partiellement envahi par les herbes folles et les fougères.

Encaissés et impraticables, personnes ne les empruntaient si ce n’est ces magnifiques chevaux de trait qui passait de temps à autre en charriant un tronc.

L’endroit était beau et paisible, tout simplement. Quelle que soit la saison, il donnait une impression de bien-être.

Au pied de ce beau chêne un peu prétentieux avait pris racine un petit hêtre tout frêle et tout menu.

Protégé du vent par ce chêne au tronc large et bénéficiant de suffisamment de lumière grâce au croisement des deux chemins, le petit hêtre croissait rapidement.

 

Voulant témoigner sa reconnaissance à son protecteur un peu plus âgé que lui, le hêtre enlaça tendrement  le chêne et au fil des années, il grandit en s’entortillant autour de son tronc.

Le chêne peu habitué aux démonstrations de tendresse, voire d’amour tenta, sans beaucoup de conviction, de décoller ce courtisant en se secouant un peu à l’aide du vent et puis il s’habitua rapidement à cette gentille compagnie.

 

Les années passèrent, saison après saison et notre hêtre avait pris beaucoup de force et de hauteur malgré que son tronc pousse en spirale tout au tour son protecteur, tuteur, ami ou amant, nul ne le savait dans la forêt et finalement, qui s’en préoccupait ?? Le couple n’ennuyait ni ne gênait personne et, enlacés comme ils étaient, ils semblaient former un bloc dur et solide qui, personne ne sait pourquoi, rassurait un peu le reste de la forêt.

 

Le couple d’arbres n’ennuyait personne ? C’était compter sans ce gros bourru de garde forestier prénommé Hyppolite et surnommé hypocrite par les quelques personne qui le côtoyait, par obligation car le garde forestier n’avait aucun ami.

 

Ce vieil aigri n’avait jamais vu les deux arbres enlacés pour la bonne raison qu’il ne déambulait que le dos courbé, les mains profondément enfoncées dans ces poches  et le regard fixé sur le bout de ses vieilles bottines boueuses.

Il ne cessait de grommeler après le monde entier qui semblait lui en vouloir et  un vieux mégot jauni et malodorant collé à sa lèvre inférieure ne cessait de gigoter dans tous les sens.

 

Ce jour là, alors qu’il effectuait ce qu’il appelait une tournée d’inspection, c’est à dire qu’il inspectait le bout de ses vieilles chaussures, en grommelant sur les gens qu’il était forcé de côtoyer et qui étaient tous beaucoup moins intelligent que lui, évidemment.

Il arriva à hauteur du croisement où vivaient nos deux arbres, décidant que ces gens avaient bien de la chance, que lui, Hyppolite, veuille bien travailler pour eux quand éclata une violente dispute entre des pies qui avaient élu domicile tout en haut de notre chêne. Le vieux garde chasse s’arrêta, en grommelant plus fort qu’à l'accoutumée après ces vandales qui avaient osé interrompre ses savantes réflexions. Il se pencha en arrière, faisant tomber son chapeau de feutre qui jadis a été vert mais dont la couleur était maintenant indéfinie, dans un flaque d’eau boueuse, ce qui provoqua un juron du meilleur cru.

Il ramassa son chapeau dégoulinant et se pencha à nouveau en arrière afin d’identifier les auteurs du vacarme, mais son geste s’arrêta à mi-chemin sur les deux tronc enlacés.

Il resta de longues secondes, interdit, à regarder ses deux arbres tendrement enlacés, se demandant s’il devait croire ses yeux ou si la double dose de Pecquet qu’il avait pris en pousse café lui donnait des hallucinations.

          - Mais… qu’est ce que c’est ?? Mais… comment est ce possible ? Mais… mais…

Il balbutiait tellement qu’il en laissa s’échapper son mégot qui se planta dans la boue qui séchait sur le bout de sa chaussure.

Il tourna plusieurs fois sur lui-même, la tête en l’air pour examiner les autres arbres des environs mais non, heureusement, ce n’était qu’un cas isolé, des révoltés, des marginaux !

          - C’est ce que nous allons voir, dit il à haute voix, ça ne se passera pas comme ça. Non mais, qu’est ce que cela veut dire ?? Deux arbres ?? Qui s’aiment ?? En plus pas de la même race ?? Et peut etre même du même sexe ??

- Ce n’est pas correct, s’écria t il, ce n’est pas propre, c’est immoral et qu’est ce ça va donner à l’avenir ? Des arbres de quelle couleur ?? Et peut être que plus tard ils voudront se marier et pourquoi pas adopter des arbrisseaux, tant qu’ils y sont ?

 

Le problème d’Hyppolite était qu’il n’aimait personne et que personne ne l’aimait. Alors, comment pouvait il y avoir de l’amour dans « son » bois sans son autorisation, qu’il n’aurait pas donné d’ailleurs car l’amour n’était il pas une perte de temps ? Ce qui se passait là sous ces yeux était affreux, impensable car dans son cœur sec, les mots entraide, amitiés et amour étaient totalement inconnu et il devait faire en sorte que cela ne se reproduise pas et pour cela il devait agir et tout de suite.

 

Il se précipita chez lui et revint aussitôt avec sa belle tronçonneuse. En une bonne demi heure, le hêtre était abattu et débité en morceau d’un mètre. De plus, comme le hêtre était bien entortillé autour du chêne, le garde forestier l’avait tronçonné à même le tronc de celui ci, sans prendre garde de le préserver des terribles dents de la chaîne de  la tronçonneuse

Une fois son méfait terminé il examina, avec beaucoup de satisfaction le pauvre hêtre qui gisait là en un tas qui serait rapidement charrié chez le garde pour être mis au séchage et servirait de bois de chauffage dans un an ou deux. 

- Comme elles seront belles, les flammes que donnera ce bois en brûlant. Dit il à haute voix en s’adressant au malheureux chêne qui, en quelques minutes, avait perdu toute sa superbe.

Le garde se roula un cigarette toute neuve en regardant, l’œil brillant, les plaies du chênes.

Il coulait tout le long de son tronc, une sorte de sève, c’est en tout ce que pensait Hyppolite,  jamais il n’aurait pu imaginer que ce fut des larmes.

 

Les semaines qui suivirent cet événement, le garde forestier passait presque quotidiennement par ce coin de forêt, question de voir si le mauvais exemple n’avait pas fait d’émules. Il marmonnait toujours autant, le mégot vissé dans sa bouche presque sans lèvres, mais ne regardait plus le bout de ses chaussures. A chaque passage, il s’arrêtait devant le chêne qui semblait dépérir depuis que son ami avait été brutalement assassiné et il ricanait méchamment.

 

Ce matin là de novembre, Hyppolite partait faire sa ronde dans les bois mais quelque chose le tracassait sans qu’il ne parvienne à définir quoi exactement. Une sorte de brume jaunâtre flottait sur la forêt et il y régnait un silence de mort.

C’était bien la première fois que le garde forestier ne se sentait pas à son aise dans la forêt.

Il arriva devant le pauvre chêne qui, maintenant qu’il avait perdu une partie de ses feuilles, semblait encore plus misérable.

Comme d’habitude, il se planta devant le chêne pour le narguer.

          - Et alors cria t il comme à l’accoutumée, comme s’il y avait un nombreux auditoire qui écoutait ces sornettes.

 - Te voilà bien minable comme ça, seul et presque nu. Tu fais moins le malin que quand tu faisais des bêtises avec       

  ami le hêtre. Et je suppose que c’est toi l’auteur de cette ambiance de cimetière ? Crois tu vraiment que cela va    m’impressionner ?

Pour tout réponse, le chêne frissonna sur toute sa hauteur. Et à l’aide d’un bon coup de vent qui s’était brusquement levé,  et dans un énorme craquement sinistre,  il s’abattit d’un seul coup sur l’amer garde forestier.

Hyppolite, la jambe écrabouillée sous le chêne, resta coincé toute la journée a s’égosiller après de l’aide. Mais il était conscient qu’on ne viendrait pas le chercher de sitôt, car fier de son état de garde forestier, il avait interdit l’entrée du bois à tout le monde.

Ce ne fut donc que le lendemain matin qu’un voisin, écoutant son cœur plutôt que sa raison, se décida à signaler son absence et que des recherches furent lancées.

Hyppolite fut vite retrouvé, dégagé de sous le chêne et conduit à l’hôpital. Malheureusement, sa jambe était bien trop abîmée et on du l’amputer.

Il resta de longues semaines à l’hôpital, puis en convalescence et ensuite on lui fit une prothèse à laquelle il du s’habituer encore de longues semaines. Pendant tout ce temps il ne cessa de ruminer sa vengeance. Des centaines de fois il s’imagina de quelle manière il traiterait le chêne qui s’était abattu sur lui et lui avait volé une jambe. Il le réduirait en bûche, en planche, en piquets de bois… même pas, il le réduirait en cure-dent, en copeaux, en sciure qu’il disséminerait dans toute la forêt, même si cela devait lui prendre des mois.

Même la nuit il en rêvait, il se voyait armé d’un tronçonneuse ultra moderne aux dimensions démesurées, équipée d’une chaîne avec des dents de dix centimètres, réduisant ce chêne gigantesque en bois de chauffage en quelques minutes et il se réveillait chaque matin, bavant de satisfaction.

Et puis ce fut le grand jour. Le docteur lui donnait la permission de sortir avec sa prothèse.

Aussitôt il se précipita dans sa chambre à coucher, pris son bas de laine, caché dans une vieille boite à chaussures au dessus de l’imposante garde robe, en extirpa quelques billets de banque et couru en claudiquant chez l’Adrien, le meilleur bûcheron du village.

- Tiens, dit il en lui tendant une jolie somme d’argent. Je te paye pour que tu ailles découper le chêne qui m’a écrasé la jambe. Je veux que tu le découpes en rondelles, en dés, en lamelle. Je veux qu’il n’en reste rien, que de la sciure qui resterait là à moisir. S’écria t il dans sa soif de vengeance.

Son visage haineux faisait peur au bûcheron qui n’avait jamais vu le garde forestier dans cet état et pourtant il savait combien il pouvait être mauvais.

Cela le fit bégayer dans sa réponse. 

          - Mais, heu, c’est que … balbutia t il.

- Quoi ? Hurla Hippolyte, ce n’est pas suffisant ? Et il ajouta deux ou trois billets tout chiffonnés dans la main du bûcheron.

- Mais non, ce n’est pas une question d’argent, répondit le malheureux bûcheron.

- C’est une question de quoi alors ???

Le bûcheron avait de plus en plus peur, pas du garde, mais peur qu’il ne fasse un arrêt du cœur tellement il était furieux.

Il devait pourtant bien lui dire, à ce maudit garde forestier, que c’était impossible d’aller débiter ce chêne.  Ah la la, il fallait bien que ça tombe sur lui !

          - Ecoute Hyppolite, je ne peux pas aller découper ton chêne parce que ton chêne n’est plus la !      

          - Mais comment il n’est plus là ?? Et où pourrait il bien être alors ?

- Le patron d’une scierie trouvait que le bois de ce chêne était de si belle qualité qu’il a proposé au propriétaire de bois de lui acheter.

- Donnes moi le nom de cette scierie, je vais aller racheter le chêne.

Le bûcheron était de moins en moins à l’aise.

          - Impossible de le racheter, la scierie l’a déjà revendu !

Le garde forestier était sur le point d’exploser.

          - Vendu ? Mais vendu à qui ?

          - A un artisan. Souffla le bûcheron. 

          - Mais bon sang, vas tu enfin me dire clairement ce que cet artisan fait avec mon chêne ??

          - Il fabrique des jambes de bois !!

 

15.10.2006

Tourmentes

Les tourments du vent du nord

Envole l’esprit, encore et encore

Les vagues arrivée à leur crépuscule

Noyant la plage d’une péninsule

Et aveuglent de ces embruns

Le regard égaré des inopportuns

 

Des uns, émergés du brouillard

Jetant des coups d’œils éparts        

Ne peuvent vivre que de leurs rêves

Car jamais n’atteindront la grève

Et las, seront emportés par le vent

Jusqu’à la toute limite des temps

 

Qu’importe que soit emportée la pensée

Que de rayons lunaires elle soit dardée    

Que la tourmente  l’emmène ou la noie

L’envoie par le fond ou sur la route de la soie

Qu’elle soit éreintée par les pluies diluviennes

Rien ne l’empêchera de rester sienne

 

 

 

12:21 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius

10.10.2006

Chouette site.

Un site qui conduit aux rêves et à l'enchantement

 

http://www.antre-lyre.com

 

A consommer sans modération.

 

 

aaaaaaaaaaaaaaaaa

 

10:01 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : site web, poesie, litterature

04.10.2006

Papillon.

papillon

Source de l'image : hypo.ge-dip.etat-ge.ch/.../html/Archives.htm....

 

 

Papillon

 

Las de se traîner le nez dans la poussière

De se tordre le cou pour voir le ciel à l’envers

Que l’horizon soit le bout de ses antennes

Il décida que cette vie n’était pas la sienne

Ce petit insecte de jour ou noctambule

Vola à un colibri deux jolies petites plumes

Malicieux, il se les colla sur le dos   

Et vers le ciel s’envola sans ajouter un mot

Ignorant qu’il est plus léger que l’air

Il traversa les cieux à la vitesse de l’éclair  

Le papillon savourant pleinement son bonheur

A tous fit mirer ses chatoyantes couleurs

Il se mit aussitôt à arpenter les campagnes

En quête d’une appétissante compagne

En rêvant de nombreuses familles   

Avec dame papillon il fit des vertes chenilles

En plus d’être au four et au moulin 

Il brûlait de fort belle façon son destin

Et reparti aussitôt de par le monde  

Car partout il fallait qu’il vagabonde

Mais voulant être ici et ailleurs à la fois

Il se rendit compte, avec émoi

Que par la vitesse, ses frêles ailes brûlèrent

Et depuis… les papillons sont éphémères

 

 

30.09.2006

Le pélerin.

Si tu passais par ma belle contrée

Aidé d’un bâton au lieu d‘une l’épée

Je t'attendrais au bord du chemin

Avec un broc d'eau et un morceau de pain

Je te saluerais, toi pèlerin

 Espérant pouvoir t'embrasser les mains

Voir le reflet de ton regard

M’y plonger comme dans un miroir

Y puiser de l'espérance

Y trouver la persévérance

Espérer voir déteindre ton talent

Et colorer les mots de mon tourment.

Puis te voir reprendre ta route

En sachant, sans avoir aucun doute

Qu’un jour, ayant fait le tour du monde

Et comme notre chère terre est bien ronde

Par un beau matin,

Tu resurgiras au bout de man jardin.

15:52 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius

29.09.2006

Les Elfes Lumineuses et le Mage Noir (Part I)

Luciole

Part 1

 

Mové  jubilait, car il était enfin arrivé à ces fins. Détourner à son profit, le travail de centaines de mages, effectués à travers les siècles.

Mové était un mage lui aussi, mais un mage noir, qui avait mis sa science au service du mal et qui ne reculait devant aucun aveulissement.

Mensonge, fourberie, chantage et même le vol étaient pour lui des outils de travail. Même pire que cela, chaque méfait, chaque coup tordu était pour lui, source de plaisir et on ne le voyait rire qu’à ces moments là.

Ces yeux, légèrement bridés et d’un bleu presque blanc planté au milieu de globes jaunâtres et glauques semblaient alors lancer des éclairs.

Quand il avait réellement beaucoup de plaisir, son corps entier était secoué de petits soubresauts, qui faisaient chanceler son chapeau pointu sur sa tête à la chevelure abondante et d’un noir absolu, contrairement à tous les mages connus qui possédaient une longue chevelure d’un blanc immaculé.

Par contre, quand il était soucieux ou en quête d’un mauvais tour, il entourait des mèches de sa longue barbe autour de ses doigts et comme il était sans cesse à l’affût d’une méchanceté, sa barbe était superbement bouclée.

Cette fois, le denier mauvais tour de Mové lui procuraient tellement de plaisir que ses soubresauts lui firent choir le chapeau de la tête.

Tonneau accouru en claudiquant, ramassa le chapeau et après l’avoir dépoussiéré avec sa manche, lui remit, de guingois sur la tête.

Tonneau était l’homme, ou plutot le gnome à tout faire du Mage Noir, à vraiment tout faire. Plus bête que méchant, Tonneau s’acquittait, avec beaucoup de zèle de toutes les basses besognes que son maître lui ordonnait.

Tonneau était d’une laideur repoussante. Il avait un nez énorme couvert de pustules, des oreilles immenses toutes déchiquetées à cause des ronces au travers lesquelles il gambadait pour aller cueillir des fruits des bois et il devait son sobriquet à ses jambes excessivement arquées qui faisaient dire à tous ceux qui le croisaient qu’on avait du le mettre à sécher sur un tonneau.

A part lui,  il y avait aussi dans l’entourage du mage, Remulda, une sorcière jadis redoutable mais qui dans une joute à coup de maléfice et sorts magiques contre les fées du bien, a été quelque peu secouée et a perdu la mémoire et par la même occasion son titre de sorcière.

Remulda, contrairement à Tonneau, était d’une beauté époustouflante mais au temps de sa gloire, elle se servait de ses charmes pour séduire des jeunes mages et tenter de leur soutirer leurs secrets.

En fait d’élixir, elle ne se souvenait maintenant plus que des recettes de la ratatouille aux carottes et de la poule au pot, ce qui faisait le bonheur de Mové car c’était ses menus favoris. De plus, son ballet, devenu fou lui aussi, ne cessait de balayer la masure du Mage, de la cave au grenier.

Mové était l’ennemi juré des Elfes Lumineuses ou encore nommées Elfes du Soir et dans le peuple des humains, elles étaient sottement appelées vers luisants ou lucioles.

Quelques unes ont été capturées par des humains et gardée en captivité, dans un bocal ou dans une petite cage finement grillagée et montrées comme des phénomènes bizarres. Les petites elfes captives mouraient très rapidement. 

Pour éviter cela, les Elfes Lumineuses évitaient désormais  précautionneusement les endroits qui pouvaient être fréquenté par les humains..  D’ailleurs, avez vous vous récemment une luciole luisant, vous ?