31.03.2009
Lettre à Vincent
... et une petite lettre à Vincent, écrite par moi même...
Toi qui pleurais des larmes de couleur,
Dont les mains étaient des œuvres
Dont les doigts se prolongeaient en pinceaux
Et dont la couche était une toile
Toi qui ne faisais qu’un avec ton rêve,
Dont la vie n’était que passion
Dont les yeux ne voyaient pas mais admiraient
Et pour qui vivre était créer.
Tu ne connaissais pas la misère
Car tu te peignais tout ce dont tu as avais besoin
Tu ne connaissais pas la folie
C’est simplement ton monde qui tournait plus vite.
Mais tu connaissais la beauté
C’est même toi qui l’as inventé
Tu connaissais l’amour
Car quand tu aimais, tu t’offrais.
Vincent, si de la haut, dans ce paradis de couleurs
Tu jettes un regard amusé sur notre monde
Et ses collectionneurs qui s’arrachent tes œuvres
A grands coups de milliards de dollars
Si ton regard se pose sur moi
En train de gribouiller quelque toile.
Fais tomber quelques poussières de ton talent
Et rend moi heureux en me l’insufflant.
07:00 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poesie, peinture, artiste, vincent, van gogh, vincent van gogh
30.03.2009
Complainte de Vincent
Un joli texte écrit en hommage à Vincent Van Gogh par Jacques Prévert.
A Arles où roule le Rhône
Dans l'atroce lumière de midi
Un homme de phosphore et de sang
Pousse une obsédante plainte
Comme une femme qui fait son enfant
Et le linge devient rouge
Et l'homme s'enfuit en hurlant
Pourchassé par le soleil
Un soleil d'un jaune strident
Au bordel tout près du Rhône
L'homme arrive comme un roi mage
Avec son absurde présent
Il a le regard bleu et doux
Le vrai regard lucide et fou
De ceux qui donnent tout à la vie
De ceux qui ne sont pas jaloux
Et montre à la pauvre enfant
Son oreille couchée dans le linge
Et elle pleure sans rien comprendre
Songeant à de tristes présages
L'affreux et tendre coquillage
Où les plaintes de l'amour mort
Et les voix inhumaines de l'art
Se mêlent aux murmures de la mer
Et vont mourir sur le carrelage
Dans la chambre où l'édredon rouge
D'un rouge soudain éclatant
Mélange ce rouge si rouge
Au sang bien plus rouge encore
De Vincent à demi mort
Et sage comme l'image même
De la misère et de l'amour
L'enfant nue toute seule sans âge
Regarde le pauvre Vincent
Foudroyé par son propre orage
Qui s'écroule sur le carreau
Couché dans son plus beau tableau
Et l'orage s'en va calmé indifférent
En roulant devant lui ses grands tonneaux de sang L'éblouissant orage du génie de Vincent
Et Vincent reste là dormant rêvant râlant
Et le soleil au-dessus du bordel
Comme une orange folle dans un désert sans nom
Le soleil sur Arles
En hurlant tourne en rond.
Paroles, 1946 Jacques PREVERT (1900-1977)
07:45 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poesie, peinture, vincent, van gogh
05.04.2007
Mon dernier soupir
J’ai capturé mon dernier soupir
Pour l’empêcher de s’évanouir
S’en aller pour tout les temps
Dans le nulle part, le néant
L’empêcher de rejoindre la lumière
Celle qu conduit aux temps futur et naguère
Jamais il ne rejoindra l’éternité
D’où il me fera des pieds de nez
Ou de la haut me faire des francs sourires
En regardant ma carcasse en terre pourrir
Il est enfermé dans le grand tiroir
Celui de la commode dans le couloir
Il peut autant qu’il le veut, taper du pied
Pleurer, maugréer, me maudire ou pester
Le tiroir est cadenassé, fermé, cloué
Jamais il ne pourra s’en échapper
Rien que d’y penser me fait frémir
De joie, de bonheur et de plaisir
Car mon dernier soupir escamoté
Comment la mort viendra t elle me chercher ?
Est ce que dans sa fourberie
Madame la mort, cette chipie
Un autre bon moyen trouvera
Pour me faire passer de vie à trépas
Je ne peux enfermer tous mes soupirs
Bien que cela est mon plus cher désir
Ils sont bien trop petits mes tiroirs
Les attraper tous est sans espoir
Il faudra donc bien qu’à l’idée je me fasse
Qu’un jour, de mon corps, la vie elle chasse
09:39 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
22.03.2007
Le temps des cabanes.
Après le termps des cathédrales, voici le temps des cabanes... chacun fait selon ses moyens.. ![]()
Où est passé le temps des cabanes dans les arbres ? Celles que nous bâtissions dans les vieux saules maintes et maintes fois pourfendus par la foudre et qui poussaient en bordure des marécages.
Quelques planches trouvées ci et là, des bouts de branches sciées quand nous arrivions à dérober une scie aux parents, des bouts de ficelles et des vieux clous rouillés, redressés à coups de caillou et le tour était joué. En guise d’échelle, une corde à nœuds que nous remontions tel un pont-levis pour nous retrancher.
Où sont les festins que nous y organisions ? Les saucisses en boite réchauffées à la flamme d’un petit feu de bois, les tubes de lait concentré sucré, les pommes trop vertes et les bonne grosses prunes pourpres à chair jaune que nous allions marauder dans le verger de la grosse Georgette, le tout arrosé de d’eau au sirop de grenadine que nous emportions dans nos gourdes ou, parfois, à la limonade au citron dans une bouteille en verre qui se fermait avec un gros bouchon retenu par des boucles de fer. Et puis nous allions rapporter la vidange au magasin et nous l’échangions contre des friandises, surtout des Oh la la à la fraise ou au chocolat.
En échange d’une bouteille vide il y avait moyen d’avoir des bonbons pour tout le monde, en ce temps là.
Et puis certains jours nous conduisions un prisonnier à notre cabane, et surtout une prisonnière à qui nous allions faire subir les pires sévisses, bien que nous ne sachions pas très bien ce que ça voulait dire. En fait de sévisse, c’était bien souvent la prisonnière qui nous en infligeaient un en nous donnant un gros bisou collant sur notre joue rougissante en nous quittant.
Où sont passées les batailles à coups de pétard à mèche ? Ceux qui nous faisaient rentrer avec les bouts des doigts brûlés car trop attendu pour jeter le pétard, ou avec les oreilles qui sifflaient car il avait exploser trop près.
Ou est passé le temps où nous trouvions de magnifiques diamants, saphir, émeraudes et autres pierres précieuses sur la décharge de la verrerie voisine, fermée depuis bien des années et dont nous revenions tout écorchés mais chargés de trésors à la valeur inestimables.
Où sont passées les journées de glissade sur la neige ? Quand nous dévalions la rue à toute vitesse, un capot de voiture en guise de traîneau et les conducteurs des rares voitures nous laissaient la place en nous engueulant mais avec un sourire en coin.
Où sont passés les moments que nous passions dans les marais à couper des roseaux « des biroutes de velours » comme nous les appelions, pour ensuite aller les revendre aux gens du village, pour ce faire un peu de sous.
Où sont passés les moments que nous passions dans les marres nauséabondes « les trous de bombes » comme nous les appelions, car comme leur nom l’indique, un avion qui ce serait délester de ces bombes dans cette prairie durant la dernière guerre, serait à l’origine de ces trous.
Nous y chassions les grenouilles, juste pour le plaisir de voir qui en aurait le plus et ensuite les relâcher pour rentrer chez soi dégoûtant et puant et parfois accompagné d’hôtes indésirables tel des sangsues dont les plus âgés nous débarrassaient en les brûlant à la cigarette, comme ils l’avaient vu faire dans un western.
Où est passé le moment que, pour la première fois, un de nous a préféré aller se promener main dans la main avec une jolie jeune fille au lieu de traîner avec les autres ? Le moment du premier baiser volé, des premiers yeux dans les yeux et même parfois une main qui s’égarait sur un genou cagneux.
Mais ils sont là tous ces moments.. dans nos pensées, dans nos coeurs.. il suffit de fermer les yeux pour les revivre... un peu, rien qu'un peu.
10:08 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie
22.02.2007
Le silence
Comment c'est quand ça s'arrête
Quand il n'y a plus de peut-être
Quand nous sommes déjà demain
Et que devant il n'y a plus rien
Que l'aube ressemble au crépuscule
À l’espace sans étoiles, sans lunes
A un grand pas dans l’infini
Où l’on se sent petit, si petit
Comment c’est après marche ou crève
Qu’il n’y a plus rien après la grève
De l’eau sans vagues a perte de vue
Agrippant désespérément une plage nue
Quand les plaines sont sans horizon
Que le soleil brille moins qu’un néon
Et que les bruits de pas autant résonnent
Qu’un condamné demande qu’on le pardonne
Comment c’est quand les fleurs sont en deuil
Quand les arbres ne portent plus de feuilles
Quand le vent s’épuise en gémissements
Que la terre s‘égare en tourments
Quand l’éternité arrive en est à sa fin
Et que l’infini va se rompre les reins
C’est comme une neige qui n’est plus blanche
Comme la fin, un néant, un silence
08:05 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
05.02.2007
Aux cabinets
Voici un petit poème qui aurait été trouvé dans une toilette publique.
Je trouve que pour écrire aussi joliment sur un tel sujet, il faut ètre un as de de la plume ou en connaitre long sur la "matière" (glup) et, en tout cas, avoir énormément d'humour !!
10:24 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
18.01.2007
Le grand frère (slam)
J’ai rêvé que j’avais un grand frère
Un ami, un complice, un vrai père
Un avec qui ont fait de grosses bêtises
Avec qui on s’entend comme cul et chemise
Môme il m’attendrait à la sortie de l’école
Dirait des conneries et serait heureux que j’en rigole
Pour me protéger il serait toujours prêt pour la baston
Et réglerais à certains le compte pour de bon
Un derrière qui je me serais senti peinard
Qui serais plus qu’un mur, un bloc, un rempart.
Un frère qui porterait mon cartable.
Me ficherait une mandale quand je ne suis pas aimable
Qui me laisserait regarder tard la télé
Même s’il y passe des nanas avec de gros nénés
Et qui parfois même ferait semblant de croire
Quand je feins d’être malade afin de traîner à la foire
Ou qui vient me rejoindre à la pèche
Les jours que les cours barbants, je sèche
En somme un frère qui n’aurait qu’une envie
M’apprendre toutes les facettes de la vie
Mais surtout un frère en qui je pourrais lire le regard
Grâce à qui mon chemin ne se tracerait pas au hasard
Qui me motiverait et si nécessaire me bottera le cul
Qui me ferait voir l’existence avec un certain recul
Me ferait persévérer vaille que vaille
M’apprendrais que la vie est un éternel travail
Et puis m’enverrais valdinguer au milieu du jeu de quille
En veillant tout de même que je ne parte en vrille
Et à mon tour pour quelqu’un être un grand frère
Un ami, un complice, un père.
08:39 Écrit par Patrick dans slam | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : slam, litterature, poesie, syrius
07.12.2006
Ment songe
Quelle douceur que le mensonge
Qu’elle bonté que j'en songe
Quand dans sa chaleur je m'engonce
S’inventer tout simplement une vie
Faite toute en duperies
Et faire de sa vie une flânerie
Avoir son propre monde
Être seul maître à la ronde
Vivre dans une rotonde
Avoir vécu toutes les aventures
Ou dans la démesure
Sans craindre aucune usure
Croire mon propre regard
Croire, c’est tout avoir
En jouir sans égard
Faire fi de la réprobation
Nier à l’unisson
Être complètement bidon
Et puis pour finir
Le jour de mourir
Ce sera… pour de rire
12:18 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie
25.11.2006
Le ventre de la terre (slam)
Voyage dans les viscères de la terre
Où la nuit est jour, où tout est envers
Univers composé d’un chapelet de quais
Où tout est neutre, ni triste, ni gai
Eclairé par des rangées d’étoiles électriques
Aux teints blafards qui n’ont rien de magique
Il ne semble pas y avoir de bout à ce tunnel
Ne pas y avoir de temps dans ce monde surnaturel
Les wagons vomissent leurs lots de voyageurs
Puis ferment leurs portières et s’effacent sans rancœur
Se terre, en glissant sans bruit, dans l’obscurité
Pour ressurgir un peu plus loin et recommencer
La foule de mi-hommes, mi-robot s’épand, se dilue
Se précipite vers la liberté, là haut, vers les rues
Imaginant y trouver un semblant de liberté
Chassant la pensée que demain, déjà, ça va recommencer
L’avenir est une simple rame de métro
Au sortir du dodo, au retour du boulot
Chacun déambule gardant une mine sévère
Les seuls sourires sont sur les affiches publicitaires
Les êtres tristes pensant qu’une parole aimable
Rend moins intelligent, plus laid ou minable
Et préfèrent errer telle une armée d’ombres grises
Dans cet espace confiné où la vie n’est pas promise
Un éternel sourire dessinant ses lèvres
Ignorant tout de cette tiède fièvre
Les cheveux flottants au gré des courants d’air
Elle attend, tout simplement assise là, à terre
Ces yeux bleus délavés, couleur volée à une aquarelle
Ne voient plus depuis tant et pourtant trouvent la vie belle
Elle balaye ces soucis, les petits comme les pires
En les désarmants de son éclatant sourire
Sa main douce et blanche tendue vers la générosité
Semble créer une barrière pour la protéger
Des ombres inquiètes qui passaient et repassaient
Les yeux jaunes et glauques, baissés, l’observent de biais
Craignant que cette mendiante qui mélange le jour et la nuit
Telle une harpie, ne déroberais de leur labeur le fruit
Certains, honteux d’être heureux lui jetaient de loin
Une piécette jaune qui tombait loin de sa petite main.
Chaque jour, quand je pénétrais dans ces entrailles
Au retour d’une journée de ce qu’on appelle travail
Ayant l’impression que le système m’a passé dans une presse
Repoussant chaque jour l’aboutissement de mes propres promesses
Cette petite femme éclatait de mille feux dans son tunnel
Zébrant les quais de rayons de lumière tel un petit soleil.
Et jetait à la figure des ces gens à la gueule de mouroir
Que quoi qu’il puisse arriver, il y a de la lumière, de l’espoir
Puis vint la fin d’un jour et de son lot de misères
Personnes d’autre ne semblait remarquer ce bout de quai désert
Ni que ce bout de tunnel est retombé dans la pénombre
Depuis que n’est plus la, cette femme mince comme une ombre
Depuis je erre de quai en quai, de rame en rame
Ma route semble longue, comme de Bruxelles à Amsterdam
Mais tant que je n'aurais retrouvé mon soleil aux yeux de verre
Je ramperais, tel un ver solitaire, dans les boyaux de la terre
12:32 Écrit par Patrick dans slam | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : litterature, slam, poesie, syrius
10.11.2006
Macadam
Ruban de granuleux et sombre macadam
Trace la colline, sans esprit et sans âme
Sur les cœurs se dévide et se déroule
Étend ses tentacules pour happer la foule
Il transforme en glauque poussière
La campagne luxuriante de naguère
Et le bel habit de brume alchimique
A laissé la place aux nuages toxiques
La voûte céleste autrefois illuminée
Et de millions d’étoiles parsemée
Etait bien longtemps avant ce désastre
Décorées par de magnifiques astres
Une nuit d’été, étendu dans l’herbe fraîche
Après une journée chaude et sèche
Il ne pleuvait que des étoiles filantes
Accompagnées de comètes flamboyantes
Champs fleuris et prés verts
Ne sont à présent plus que chimère
Tous ces regards lancés vers l’espoir
S’égarent dans le marasme et le brouillard
Tous les chimistes fantasques
N’ont plus qu’à tomber les masques
Et dans ce bas monde moribond
Se dépêtrer dans leur foutue pollution
13:59 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius
15.10.2006
Tourmentes
Les tourments du vent du nord
Envole l’esprit, encore et encore
Les vagues arrivée à leur crépuscule
Noyant la plage d’une péninsule
Et aveuglent de ces embruns
Le regard égaré des inopportuns
Des uns, émergés du brouillard
Jetant des coups d’œils éparts
Ne peuvent vivre que de leurs rêves
Car jamais n’atteindront la grève
Et las, seront emportés par le vent
Jusqu’à la toute limite des temps
Qu’importe que soit emportée la pensée
Que de rayons lunaires elle soit dardée
Que la tourmente l’emmène ou la noie
L’envoie par le fond ou sur la route de la soie
Qu’elle soit éreintée par les pluies diluviennes
Rien ne l’empêchera de rester sienne
12:21 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius
10.10.2006
Chouette site.
Un site qui conduit aux rêves et à l'enchantement
A consommer sans modération.
10:01 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : site web, poesie, litterature
04.10.2006
Papillon.

Source de l'image : hypo.ge-dip.etat-ge.ch/.../
Papillon
Las de se traîner le nez dans la poussière
De se tordre le cou pour voir le ciel à l’envers
Que l’horizon soit le bout de ses antennes
Il décida que cette vie n’était pas la sienne
Ce petit insecte de jour ou noctambule
Vola à un colibri deux jolies petites plumes
Malicieux, il se les colla sur le dos
Et vers le ciel s’envola sans ajouter un mot
Ignorant qu’il est plus léger que l’air
Il traversa les cieux à la vitesse de l’éclair
Le papillon savourant pleinement son bonheur
A tous fit mirer ses chatoyantes couleurs
Il se mit aussitôt à arpenter les campagnes
En quête d’une appétissante compagne
En rêvant de nombreuses familles
Avec dame papillon il fit des vertes chenilles
En plus d’être au four et au moulin
Il brûlait de fort belle façon son destin
Et reparti aussitôt de par le monde
Car partout il fallait qu’il vagabonde
Mais voulant être ici et ailleurs à la fois
Il se rendit compte, avec émoi
Que par la vitesse, ses frêles ailes brûlèrent
Et depuis… les papillons sont éphémères
07:16 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, conte pour enfants, syrius
30.09.2006
Le pélerin.
Si tu passais par ma belle contrée
Aidé d’un bâton au lieu d‘une l’épée
Je t'attendrais au bord du chemin
Avec un broc d'eau et un morceau de pain
Je te saluerais, toi pèlerin
Espérant pouvoir t'embrasser les mains
Voir le reflet de ton regard
M’y plonger comme dans un miroir
Y puiser de l'espérance
Y trouver la persévérance
Espérer voir déteindre ton talent
Et colorer les mots de mon tourment.
Puis te voir reprendre ta route
En sachant, sans avoir aucun doute
Qu’un jour, ayant fait le tour du monde
Et comme notre chère terre est bien ronde
Par un beau matin,
Tu resurgiras au bout de man jardin.
15:52 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius
15.09.2006
Le roman.
La vie est un livre dont on tourne les pages
A chacune nous découvrons un nouvel âge
Doucement nous voguons entre les lignes
En tentant tout au long de rester digne
Vivons au son du crissement de la plume
Qui rappelle celui des pneus sur le bitume
En partant de grand matin depuis le prologue
Tentons d’atteindre sans encombre l’épilogue
Ce livre, peut être une douce romance
Qui nous fait vivre dans un monde intense
Un univers sans interdits et sans barrières
Car il reflétera notre monde imaginaire
Il pourra être un roman d’amour
Avec des mots rouges comme toujours
Peut être un roman d’horreur et d’épouvante
Ou encore d’un style bonbon à la menthe
Le lisant, certains prendront de l’avance
Et n’y verrons qu’un signe de la chance
D’autres, au caractère plus amer
Ne jetterons pas un regard en arrière
Sur celui qui prendra du retard
En le traitant mentalement d’ignare
Et se disant sans trop y croire
Qu’il s’est juste trompé d’histoire
Certains seront à la traîne
Trouverons que leur vie est vaine
Ne verrons devant eu que les dos
De ceux se nourrissent d’autres mots
Et pour les rattraper sauterons un chapitre
Mais se rendront compte à juste titre
Que dans ce livre à vivre à perdre haleine
Chaque mot, chaque lettre vaut la peine
Parfois dans un accès de rage
Il arrive que l’on arrache des pages
Coupant ainsi tous les ponts
Avec ces autres que l’on ne juge pas bon
Mettant un terme à une histoire
Effaçant les acteurs de sa mémoire
Oubliant que de cette façon nuisible
Le fil de l’histoire en devient illisible
Tout ce blabla simplement pour dire
Que ce roman, avant de terminer de le lire
N’oublions rien du vécu de ce livre
Pensons à ceux qui nous ont aidé à vivre
Retournons nous vers ceux qui peinent à avancer
Ne perdons pas de vue ceux qui les étapes ont brûlés
Et vivons pleinement cette douce harmonie
Dont on soupire communément, quelle vie.
14:34 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius
28.08.2006
Maudite vieillesse.
Pourquoi mon esprit,
N’a-t-il pas vieilli
Pourquoi n’a-t-il pas les maux
Que rencontre ma peau
Pourquoi lorsque que je parle une langue
Les mots les plus simples me manquent
Et que lorsque je réfléchis
Mes mots s’enfuient, les maudits.
Pourquoi mes jambes, pourtant pas de bois
Peinent elles tant à porter mon poids
Et que mon dos ne cesse de craquer
Lorsque je tente de le décourber
Pourquoi mes doigts recroquevillés
Laisse tous les objets s’échapper
Et que mon ouie tant de fois ravie
Ne perçoit plus que des bizarreries
Pourquoi est ce que mes yeux
Ne se sentent jamais mieux
Que quand ils s’égarent
Au bout du quai d’une gare
Pourquoi est ce que mes mains
S’agitent dans l’air, en vain
Cherchant loin dans l’espace
Des choses qui n’y ont pas leur place
Que mes pieds leur chemin ne retrouve plus
Dans cette immense salle des pas perdus
Et que je ressens dans mes viscères
Que je ne le retrouverais plus guère.
Pourquoi mon esprit, lui
N’a-t-il pas vieilli
Et qu’en conservant toute sa finesse
Il m’éclabousse de ma vieillesse.
09:56 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poesie, syrius, litterature
19.08.2006
Les quatre saisons : l'été.

Illustration : "Les coquelicots" de Claude Monet.
L’été, la langoureuse
Enfin voilà l’été pour boucler la boucle. Saison langoureuse ou saison spectacle ?
Langoureuse car sous ta chaleur le temps s’élonge, s’allonge, ralenti, s’alanguit. Les mouvements se font parcimonieux comme par épargne ou peut être est ce pour mieux jouir du spectacle que tu offres.
Je ferme les yeux pour mieux sentir les caresses de ton soleil sur ma peau et ta chaleur me réchauffer jusqu’aux os.
Ensuite, presque imperceptibles d’abord, puis de plus en plus fort, tes sons me parviennent. Le vol des oiseaux, les piaillements des oisillons qui réclament leur bouillie depuis leur nid, le vent chaud et sirupeux qui souffle dans les arbres ou qui fait bruisser les herbes. Puis je remarque le bruit des insectes, parfois presque inaudible, parfois très fort lorsque la présence des abeilles ou des bourdons se fait plus importante.
Ton parfum aussi est plus perceptible lorsque je ferme les yeux, l’odeur de l’air chaud, de pollen et les milliers de senteurs de fleurs et de plantes aromatiques sauvage qui se mêlent et s’emmêlent.
Puis lentement j’ouvre les yeux sur les merveilles que tu m’offres. Des champs de blés dorés, ressemblants à d’immenses galettes prêtes à être dévorées, des champs de maïs, des vergers prometteurs et surtout des prairies envahies par d’innombrables fleurs sauvages, fragiles et magnifiques qui font penser à une œuvre de Monet.
Et puis un jour, voilà que l’été fait son cirque, brusquement le ciel s’assombrit, les nuages s’amoncellent, le vent se lève et le spectacle son et lumière commence. Le ciel gronde et craque si fort que la terre en tremble d’effroi, le ciel se déchire de toutes parts et semble être en lambeaux. Le jour est métamorphosé en nuit et la nuit est illuminée de milles éclairs. Immenses arbres lumineux et renversés qui plantent leurs racines dans les jardins des dieux et viennent gratter la terre de leurs branches incandescentes.
Puis, comme un gros bébé qui en assez de faire ces caprices, l’été range ses jouets tonnerre et orages et retourne gentiment à ses journée tranquilles et à ses nuits aux magnifiquement étoilées, jusqu'à ce que l’automne vienne frapper à la porte. L’été lui passe alors le flambeau tout en douceur, sachant que l’automne atténuera tout tranquillement ces effets.
09:10 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius
18.08.2006
Les quatres saisons : le printemps
Illustration chipée sur
Les quatre saisons. Le printemps la paresseuse
Le printemps traîne souvent les pieds pour venir s’installer. Saison pleine de promesse de chaleur, de soleil, de couleur et de joie, souvent tu nous fais languir. Peut être es tu trop douce et tendre pour disputer ton bien à cet hiver qui ne veut pas céder du terrain et que tu préfères l‘user plutôt que le combattre, ou es tu simplement paresseuse?
Parfois tu montres le bout du nez, fin mars, entre deux giboulées, parfois pas du tout et tu laisses l’hiver prendre ses aises.
En avril ne dis tu pas qu’il ne faut pas se découvrir d’un fil ? Nous continuons donc à soupirer après toi et nous sommes à l’affût du moindre signe annonçant ton arrivée. Pourtant ne sont ils pas déjà là ? Quelques bourgeons, quelques crocus, un chant d’oiseau. Puis brusquement, le soleil se décide à chauffer et c’est aussitôt une explosion de couleurs, comme si le moindre rayon, en touchant le sol, donnait naissance à une jonquille, et que plus il y a de jonquille, plus il y a de rayons de soleil et plus il y a de rayons de soleil…
Suivent alors les tulipes, tachetant les parterres de pointes de couleur, comme s’il pleuvait des Smarties.
Arrive alors le joli mois de mai, annoncé par le muguet, jolies clochettes portant bonheur a toutes ces dames qui peuvent enfin sortir leurs jolies robes légère et les faire tourner au vent en même temps qu’elles nous font tourner la tête.
Et tout s’enchaîne, des buissons de genêts s’embrasent de couleurs jaune or si pur qu’ils semblent émettre de la chaleur comme le soleil, les cerisiers du Japon caressent la vue et s’accordent parfaitement avec les lilas. Lilas blancs et lilas lilas les groseilliers sanguins tranchent de leur rouge et les milliers de vivaces qui rivalisent de beauté et de fragrance. Les iris, les lupins et les lis mélangent leurs couleurs aux parfums du jasmin du chèvrefeuilles et de la lavande.
Et plaisir suprême, le retour de celle dont on dit qu’une seule ne fait pas le printemps, pourtant quand elle regagne son nid sous le porche, comme l’année dernière et celle d’avant et encore celle avant, quand cette hirondelle là est revenue, c’est vraiment le printemps.
10:19 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : syrius, poesie, litterature
17.08.2006
Les quatre saisons : L'hiver

Illustration de Gilles Abbey chipée sur http://gilles.abbey.free.fr/gribouille/
L’hiver survient souvent en colère. Semblant jaloux de la beauté de l’automne et des compliments dont il fait l’objet.
Alors aussitôt, comme pour montrer qui est le patron, il se met à souffler avec véhémences et accompagne fréquemment ses rafales de vents de trombes d’eau afin d’effacer les traces de l’automne.
Puis voyant les arbres nus, misérables et dépouillés de la moindre feuille résultat de sa mauvaise humeur, il se sent un peu bête et tente de réparer sa bêtise. Il sort alors sa bise froide et fige tout sur son passage.
Les arbres nus recouverts de givres se mettent à ressembler à de magnifiques objets sculptés dans le cristal. L’air devient d’une pureté sans pareil et le ciel prend une jolie couleur bleue délavée.
Mais ça dure rarement longtemps car monsieur hiver a fréquemment des sautes d’humeur et il aime jouer des couleurs dans son ciel. En quelques minutes, il peut transformer ce ciel serein en tumulte, faire surgir les nuages en rouleaux gris, bleu acier et parfois d’un blanc jaunâtre et inquiétant qui nous faire croire, l’espace d’un instant que la terre s’est renversée, que la mer a envahit le ciel et que le vent souffle de l’écume.
Puis, quand il sera enfin apaisé, un beau matin clair il décidera à tricoter un joli manteau blanc aux campagnes.
Là encore il dépendra de son humeur de quelle manière il nous recouvrira. Peut être sera ce par jolis petits flocons qui virevolterons dans les airs semblants jouer à cache-cache ou peut être par rafales des gros flocons qui tournoierons inlassablement, semblant ne jamais toucher le sol qui portant se couvre rapidement d’une épaisse couche.
Ils tournerons encore et encore, vous étourdirons, vous saoulerons et quand vous pourrez recouvrer vos esprits ce sera devant un spectacle époustouflant… A perte de vue, le paysage scintille par la pureté de la neige et tout semble brusquement apaisé, toute laideur est estompée, gommée et il ne reste que pureté qui fait plisser les yeux.
Même les sons semblent impressionné par tant de beauté et se font plus diffus.
L’hiver installera alors le gel, comme dans une volonté de figer cette beauté capable de rivaliser avec celle de l’automne et éclairera son œuvre par un soleil complice car froid, pâle et bas.
Et même quand arrivera le printemps, monsieur hiver rechignera a s’en aller ne s’éloignera d’ailleurs pas beaucoup, prêt à revenir à la moindre occasion.
10:03 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
16.08.2006
Les quatre saisons : l'automne.

Illustration : "Convergence" de Jackson Pollock
Les quatre saisons, l'automne, saison fantastique, saison métallique.
Saison fantastique, tu es une année à toi seule. En septembre tu nous gratifies de jours d’été plus chaud qu’en juillet et août. Tu nous fais espérer que l’été ne cessera plus malgré que ton soleil se retranche de plus en plus tôt derrière le soir. Et pour mieux nous leurrer, tu fais fleurir quelques petites fleurs, tardives mais non moins jolies que celles du printemps.
Puis un matin d’octobre, tu nous surprends par la première gelée et tu nous fait soupirer car malgré ta beauté et tes températures clémentes jusqu’à ce jour, tu nous a gentiment pris par la main pour nous guider lentement vers le froid.
Comme pour te faire pardonner, tu sors alors de ta manche, les plus jolies couleurs qu’il soit, saison métallique, tu peins la nature de couleur cuivre, or, bronze, rouille que tu agrémentes de bruns, de jaunes et d’oranges ou en laissant perdurer des verts foncés pendant quelques jours voir quelques semaines avant de les transformer en rouge presque vif.
C’est alors une explosion de couleurs faisant ressembler la nature à une toile de Jackson Pollok, dans laquelle chaque buisson, chaque arbre, chaque feuille devient une œuvre d’art. Cela découpé sur un ciel rouge embrasé par le soleil couchant, faisant dire aux enfants que c’est Saint Nicolas qui allume ses fours pour cuir les spéculoos.
Parfois, devant la mauvaise humeur des passants qui ne remarquent pas ta beauté, tu te rebiffes en déversant quantité d’eau faisant briller les imperméables et les parapluies sous la lumière blafarde des réverbères, mais les amoureux préfèrent voir la nature mourante recouverte d’un fin suaire de brume. Mourante ? Non pas, simplement assoupie, ankylosée dans l’humidité et le froid mais en attente d’une autre saison.
Et puis, décembre étant la depuis quelques semaines, l’automne choisi de nous quitter, à pas feutrés, sur quelques flocons de neige, afin que l’hiver glisse mieux à sa place.
PS pour les visiteurs hors Belgique, Saint Nicolas dont il est question dans ce texte est un saint qui est fêté en Belgique et je crois aussi en Alsace, le 6 décembre.
A cette occasion les enfants reçoivent des jouets et des friandises, comme pour le Père Noël partout ailleurs... sauf que chez nous, les enfants reçoivent des cadeaux aussi par le Père Noël... aie le portefeuille..
PS bis : mon ami Michel me fait remarquer que la Lorraine connait aussi St Nicolas
et que c'est même le Saint Patron de la Lorraine...
J'aurais du y penser, vu que la Lorraine est la région la plus proche de la Belgique; par contre, j'ignorais que Saint Nicolas ést le patron de la Lorraine.
Merci Michel , amitiés,
10:21 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius
11.08.2006
le passage
Le passage,
Passage pas sage
Pas sage comme une image
Bien qu’il y a des images pas sages
Mais pour la révolte, il n’y a pas d’âge.
Même si pour ce faire, il y a saccage
Même si pour gagner, des âmes se ravage
Voulez vous que je m’explique d’avantage
Qu’à la face je vous crache ma rage
Que je crève mon ciel bouché de nuages
Que je fasse exploser ma colère en orage
Tant pis si dans mes mots il y a dérapage.
Car cela ne se fera pas sans dommages
Après vous avoir transmis mon message
Je tenterais de regagner un rivage
J’accosterais dans un marécage
Ou peut être seras ce une jolie plage
Et y créerais un joli village
Qui sera mon dernier lieu d’ancrage
J’y abolirais tout esclavage
Interdirait les piratages
Autoriserais tous les mariages
Applaudirais les métissages.
Ferais fondre l'acier des cages
Et lèverais tous les barrages
Quand je pourrais enfin tourner la page
Que l’avenir se montrera sans grimage
Que l’espoir montrera son vrai visage
Que dirons la vérité tous les adages
Qu’aux humains je pourrais rendre hommage
Et que le maître mot sera partage
Je me retirerais comme un vieux mage
Dans ma cabane faites de branchages
Au milieu de mes délicieux verts bocages
Je pourrais enfin poser mes bagages
Devenir enfin sage comme une image
Et perpetuer mon passage
07:43 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : poesie, literature
04.08.2006
Fait divers (slam)
Comme beaucoup vous avez du entendre cette nouvelle forme de poésie nommée « slam » dont le porte parole est Grand Corps Malade.
Séduit, je me suis essayé à cette nouvelle discipline.. Est-ce réussis ou complètement raté… à vous de me le dire.
Je ne lutte pas, simplement je souris
A voir tous ces gens qui s’affairent comme des fourmis
C’est gentil de s’occuper de ma petite personne
Pour une fois que quelqu’un s’inquiète pour ma pomme
Je les trouve frais dans leurs jolies blouses vertes
Dommage que ce remue-ménage soit en pure perte
Et puis, le vert, j’aime bien cette couleur
Qui dans cette fournaise m’apporte de la fraîcheur
Pourquoi cette voix chantante me dit d’un ton anxieux
Monsieur, ne partez pas, restez avec nous, monsieur,
Parmi ces dévouées et gentilles petites personnes
N’y a t il que moi qui entend cette musique qui ronronne
Pourquoi me regardent ils tous avec ce regard triste
Ne voyent ils cette lumière comme le rai du soleil par un interstice
Et combien je me moque de mon paraître
Dans ce halo de lumière qui fait mon bien être.
Brusquement, alors que je suis presque à l’infini
Que mes amis en vert disparaissent en catimini
Me revient à la figure, ce moment dans un flash
Le visage de ce bâtard qui me laisse crever là, ce lâche
Je me balade, tranquille, avec mes potes, on rigole.
Quand débouche ce taré dans sa putain de bagnole
Il débouche dans le carrefour, se moquant du feu rouge
En un instant la vie se fige, plus rien ne bouge
Aux expressions de stupeur sur les visages effarés
Je me doute que dans mon dos, le destin va frapper
Mes potes à la destinée se dérobent de justesse
Et échappent à l’assassin aux yeux noyés par l’ivresse
Quand cette bagnole de plein fouet me percute
Et que sans un regard, s’enfuit ce fils de pute
Ne me reste en mémoire que les lumières de l’ambulance
Qui vers la fin m’emmène devant mes amis en transe.
Me voilà sur cette table dans la salle d’opération
Je m’élève doucement, je ne suis plus que brouillon
Comme dans les films, devant mes yeux ma vie défile
Les dates importantes comme les actes les plus débiles
Moi, gosse à moitié nu dans les mares, à la pèche à la grenouille
Ou vendant des prunes maraudées, à l’époque de la débrouille
Puis au loin, une femme en blanc comme sur un nuage
Ma femme, merveilleuse dans sa robe de mariage
Qui sont là haut, ces trois personnes qui me rappellent en riant
Mon dieu, n’est ce pas ma femme et mes enfants
Je ne peux les laisser pour partir dans cette belle lumière
Il me faut lutter, refaire le chemin à l’envers
Tout lentement, à regret, s’éloigne cette lumière divine
La douce musique redevient le cliquetis des machines
Au prix d’un effort violent je parviens à ouvrir les yeux
Une jolie dame en vert me dit : bienvenue parmi nous monsieur.
12:21 Écrit par Patrick dans slam | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : slam, litterature, poesie
31.07.2006
La couleur des mots
Telles des gouttes de parfums pulvérisées par la plume
Les rimes sont absorbées par le papier qui les hume
Les mots coulent et découlent, étrangement chamarrés
Comme écrits aux pointes d’une armée de pinceaux colorés
Malgré la teinte de l’encre infiniment épaisse et noire
Le texte se prolonge paisiblement en couleurs de l’espoir
Et certaines paroles vives jetées toute en éloquence
Ont pris la couleur discrète de leur transparence
De par l’éventail des mots, habilement choisis
Le conteur fait deviner les teintes de son récit
Couchées sur papier avec une fausse nonchalance
Les paroles révèlent leur douce fragrance
Et promènent le lecteur aux yeux heureux
Sur les berges des rêveries aux tons camaïeux
Puis le prenant par la main il l’emmène vers un sommeil
Ou les mots ressembleront aux couleurs d’un arc en ciel
14:36 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : syrius, poesie, litterature
16.07.2006
Lever de soleil en Ardennes.

Un soleil rouge se lève paresseusement.
Perçant lentement la brume douce qui lui dessine une longue crinière blanche
Son court combat contre l’obscurité éclabousse le paysage de rouge sang
Le bleu nuit du ciel se métamorphose, lentement, en grenat, pourpres, mauve, vermillon. Les nuages hésitent sur la teinte qu’ils doivent adopter et se décident de se draper de rouge cramoisi.
J’assiste à la venue au monde d’un jour nouveau, à la renaissance de couleurs qui existent depuis que le monde est monde mais qui semblent encore plus douces et merveilleuse ce matin.
Les chênes qui bordent la route, les fermes et leurs granges qui, il y encore quelques minutes étaient gris sur fond sombre semblent revivre en se colorant de rose pâle pour les fermes avec leur toits dont les ardoises encore humides de la nuit reflètent des milliers d’éclats de soleil.
Quant aux chênes, le feuillage vert ne tarde pas à prendre le pas sur le rouge qui le colorait il y a quelques instants.
Ensuite, plus loin, au delà des champs, en bordure du chemin de terre, ce sont les sapins qui ce cisèlent une place sur le fond sombre de la foret. Le plus beau, le plus grand, le plus vieux, un mélèze, celui qui est planté à côté de la chapelle de la Dame au Bois, là au croisement du chemin du Mont d’Or et du chemin du Gibet, semble veiller sur la vallée, se penchant d’un air bienveillant, au grés du vent.
Enfin, tandis que des milliers d’oiseaux se réveillent et saluent le jour nouveau en piaillant et chantant sur tous les tons, la forêt tout au fond, semble émerger de la torpeur. Se découpent en premier les bouleaux avec leurs troncs blancs qui se laissent volontiers teinter d’un orange doux, ensuite apparaissent les charmes, les chênes massif et forts et les hêtres majestueux que semblent vouloir aller chatouiller le ventre des nuages. Enfin, apparaissent au pied de ces géants, quelques noisetiers et merisiers.
Le soleil est déjà plus haut dans le ciel et le rouge vire lentement en orange, puis bientôt en jaune vif et lumineux et ses rayons encore doux à cette heure matinale sont caresses sur la peau, tout comme le vrombissement des insectes est caresse pour les oreilles.
Le jour est là il est temps de prendre la route, les foins n’attendent pas.
09:17 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius
01.07.2006
Sables mouvants.
Poème inspiré par un fait divers qui s’est déroulé aux Etats Unis.
Un pont était coupé à la circulation, produisant un énorme embouteillage, car une personne menaçait de suicider en se jetant de ce pont. Comme la situation traînait, les badauds ont commencé à encourager la personne à sauter dans le vide, tout simplement pour qu’ils puissent continuer leur chemin tranquillement.
Une vie ne vaut même plus quelque minutes qui seraient gaspillées a regarder la télé en bouffant des chips « light » vautré dans un fauteuil.
Mes semelles collent à la boue
Mon estomac, d’effroi, se noue
Dans la vase je me débats, je m’enlise.
Je n’en puis plus de me battre, je m’épuise
Des passants passent
Que rien ne tracasse
Des passants s’arrêtent
Que ma détresse délecte
Certains regardent autour d’eux
Observent mon sort peu envieux
Cherchent un moyen de m’aider
Cherchent un moyen de me sauver
Puis secouent la tête tristement
Puis s’en vont en soupirant
D’autres détournent les yeux vers l’ailleurs
Vers un monde au loin, peut être meilleur
Si on regarde là où le malheur n’est pas
Parviendra t on croire à qu’il n’existe pas.
Je m’enfonce dans les sables mouvants
J’économise le moindre mouvement
Les badauds s’amassent devant le spectacle
Dont, bien malgré moi, je suis le pinacle
De la foule monte lentement une rumeur
Certains me lancent un regard désapprobateur
Si je suis dans cette situation peu enviable
C’est que je le mérite lance une mégère peu affable
Toutes ses vociférations forment un tintamarre
Il ne manquerait plus que l’apparition d’une fanfare
Je suis à présent embourbé jusqu’au cœur
Le froid, l’humidité m’engonce dans une torpeur
La foule, de plus en plus nombreuse s’impatiente
Mon agonie est sans doute un peu trop lente
Mais quand la boue pénètre ma bouche
Faut il croire qu’aucune souffrance ne les touche
Plus un de ces péquenot n’a envie de partir
Tant mon épreuve les fait bien rire
Et enfin mon ultime gargouillement
Les fait grogner de contentement
Quand je disparus dans un affreux bruit de succions.
De le la foule réjouie j’eu droit à une ovation
Puis tous retournèrent d’un pas pesant
A leurs malheurs qu’ils avaient oublié un instant
A quelque chose malheur est bon dit la maxime
Quelqu’un se demande ce qu’en pense la victime ?
18:19 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius
24.06.2006
la fee rouge

La frêle silhouette à la chevelure rouge
L’ombre hirsute qui halète dans le mystère
Qui uniquement dans la brume bouge
Dans le marécage de ses rêves se perd
Créature égarée dans son émotionnel
Petit animal tapit dans ses pensées
Tenaillée par ses pulsions rebelles
Par la beauté de son esprit révélée
L’apparition cristalline à la peau blafarde
Qui attend de la vie qu’elle se réveille
Déambule le long de ses jours, hagarde
En ignorant que quelque part existe son pareil
Ce peut il que vienne un jour en ces marais perdus Extraire du fond de cette eau nauséeuse, de la fange
Un esprit franc que ne rebute ce travail ardu
Et qui à cette créature offrira sa revanche
Un prince de cœur s’égara en cette contrée damnée
Il se crut maudit et à tout jamais dans cet enfer perdu
Alors que jusqu’aux genoux dans la boue emprisonné
L’être étrange déchira le brouillard et le secouru
Le prince épuisé par son combat n’en crut pas ses yeux
Venait d’apparaître et le sauver celle qu’il avait toujours rêvé
Ce marais avait il l’étrange pouvoir d’exaucer son vœu ?
Et le faire secourir par l’être que toute sa vie il a cherché
Amour et tendresse par leur fusion en énergie convertie
De la fange, lentement, fit émerger la créature sublimée
Et depuis planent sur les marais et la forêt, en synergie
Le prince de cœur et la belle reine rouge des fées
16:02 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius
21.06.2006
La joute.

Qui de la plume ou de la rose
Gagnera cette joute de prose
Quel messager des quatre vents
En bravant tous les temps
Viendra pour protéger
Les doux mots de son bouclier
Quel chevalier de table ovale
Ou peut être est elle bancale
Viendra, à cette fleur divine
Oter les odieuses épines
Qui comme d’un coup de lance
Percera la peau pour sa défense
Mais ne serait il pas cruel
Qu’au doigt se pique une belle
Et que soit écrit un poème sanglant
Transmit par les couloirs du temps
La plume proposera t elle une trêve
Le rose couchera t elle sur papier son rêve
Sera-ce un conte aux êtres mirifique
Parlera t elle d’un monde féerique
De mondes qui ne connaissent que la paix
Où les hommes et les choses s’aiment pour de vrai
Qu’importe, si les mots prennent leur envolée
Si notre belle par ses écrits est charmée
16:27 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius
17.06.2006
Tranche de pain.
Tranche de vie
Tranche de pain
Pour que les yeux rient
Et repousser le chagrin
Te déposer, ma mie
Quelques miettes dans la main
Faim d’aventure
Et de la vie dévorer
En toute désinvolture
De part en part l’arpenter
Du temps ignorer l’usure
Et les années aimer grignoter
Toutes les montagnes gravir
Mirer le monde de tout la haut
La caresse des parfums sentir
L’odeur douce du pain chaud
Les yeux de couleur se remplir
Des merveilles de ce monde si beau
De la vie il faut se repaître
Des aventures entreprises
Par les livres on peut renaître
Sur le bonheur faire mainmise
Les vérités tenter de connaître
Et surmonter toutes les crises.
En ayant la tête garnie de rêves
Comment ne pas faire croyance au futur
Avec sa conscience faire une trêve
Jouir des bons moments à son allure
Des gros plaisirs ou des joies brèves
Comme d’une tartine à la confiture
17:49 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : syrius, litterature, poesie
07.06.2006
Le regard et le rêve.
Un rêve aimant transporté par un regard
Élégamment enveloppé par une brume bleue
Dans un écrin finement tendu de ciel plombé
Un regard déposé là non pas par hasard
Emporté de la contrée des milles lieues
Sur un tapis volant tissé de sourires émerveillés
Entreprenant ce périple vers ce doux lieu choisis
Par ce pèlerinage vers l’esprit, ravis mais épuisé
D’échapper à cette noyade de sens il n’y eu aucun désir
Car revigorer par l’aménité de ses yeux couleur cassis
Le rêve n’eut aucune peine a dans les brumes s’élever
Pour planer dans les limbes à la recherche de leur avenir
Une rêve enfantin, une pensée pâquerette
Prenait un coup de vent chaud, un alizé
Le transformant malicieusement en calèche poétique
Pour vers cette oeillade plaisante et guillerette
Glisser silencieusement comme sur du papier glacé.
Même si cela est de façon bien peu académique
Mais seul compte finalement cette douce rencontre
Ce mariage de deux sens en attente d’êtres bien
Entre un regard canaille et un rêve utopique
Au milieu de la foule ils ne voient aucun autre
Que eux, gravissant les bonheur faits de petits riens
18:01 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius
01.06.2006
Le marin fatigué.
Tanguant sous la fatigue
Usé comme ce rafiot qui trop navigue
Le visage craquelé par tous les vents
A scruter les horizons à tous les temps
Les yeux par les cieux délavés
Les cieux par les yeux balayés
Tanné de par les mers chasser le soleil
Pour le voir effriter mille et une merveilles
Essoufflé de gonfler les voiles
Epuisé de recompter les étoiles
Livide de s’être rongé les sangs
De coûte que coûte sortir du rang
Las d’entendre les articulations craquer
Tels de vieux mats par la tempête torturés.
Délicieuse tentation de lâcher le gouvernail
Ne plus tenir ce maudit cap, vaille qui vaille
Avoir dérivé par milles pôles
Laissé moisir son esprit dans des geôles
Être maudit mille fois par l’équateur
Réduits en poussière à l’âcre odeur
Après être happé par l’horizon
Laisser la barre à l’abandon
Sur quelle plage dorée échouer
Sur quels récifs les reins se briser
Chasser la pensée des beautés caressées du regard
Les paradis terrestres rencontrés par hasard
Ne plus voguer que sur la mer des rêves
Et si la vie veut bien conclure une trêve
Laisser reposer ses vieilles mains rêches
Enfin mettre son voilier en cale sèche
Pour la dernière fois, jeter l’ancre
Et achever sa vie rongée par le chancre
11:50 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syriu







