31.03.2009

Lettre à Vincent

... et une petite lettre à Vincent, écrite par moi même...

 

Toi qui pleurais des larmes de couleur,

Dont les mains étaient des œuvres

Dont les doigts se prolongeaient en pinceaux

Et dont la couche était une toile

 

Toi qui ne faisais qu’un avec ton rêve,

Dont la vie n’était que passion

Dont les yeux ne voyaient pas mais admiraient

Et pour qui vivre était créer.

 

Tu ne connaissais pas la misère

Car tu te peignais tout ce dont tu as avais besoin

Tu ne connaissais pas la folie

C’est simplement ton monde qui tournait plus vite.

 

Mais tu connaissais la beauté

C’est même toi qui l’as inventé

Tu connaissais l’amour

Car quand tu aimais, tu t’offrais.

 

Vincent, si de la haut, dans ce paradis de couleurs

Tu jettes un regard amusé sur notre monde

Et ses collectionneurs qui s’arrachent tes œuvres

A grands coups de milliards de dollars

 

Si ton regard se pose sur moi

En train de gribouiller quelque toile.

Fais tomber quelques poussières de ton talent                           

Et rend moi heureux en me l’insufflant.

 

30.03.2009

Complainte de Vincent

Un joli texte écrit en hommage à Vincent Van Gogh par Jacques Prévert.

A Arles où roule le Rhône
Dans l'atroce lumière de midi
Un homme de phosphore et de sang
Pousse une obsédante plainte
Comme une femme qui fait son enfant
Et le linge devient rouge
Et l'homme s'enfuit en hurlant
Pourchassé par le soleil
Un soleil d'un jaune strident
Au bordel tout près du Rhône
L'homme arrive comme un roi mage
Avec son absurde présent
Il a le regard bleu et doux
Le vrai regard lucide et fou
De ceux qui donnent tout à la vie
De ceux qui ne sont pas jaloux
Et montre à la pauvre enfant
Son oreille couchée dans le linge
Et elle pleure sans rien comprendre
Songeant à de tristes présages
L'affreux et tendre coquillage
Où les plaintes de l'amour mort
Et les voix inhumaines de l'art
Se mêlent aux murmures de la mer
Et vont mourir sur le carrelage
Dans la chambre où l'édredon rouge
D'un rouge soudain éclatant
Mélange ce rouge si rouge
Au sang bien plus rouge encore
De Vincent à demi mort
Et sage comme l'image même
De la misère et de l'amour
L'enfant nue toute seule sans âge
Regarde le pauvre Vincent
Foudroyé par son propre orage
Qui s'écroule sur le carreau
Couché dans son plus beau tableau
Et l'orage s'en va calmé indifférent
En roulant devant lui ses grands tonneaux de sang L'éblouissant orage du génie de Vincent
Et Vincent reste là dormant rêvant râlant
Et le soleil au-dessus du bordel
Comme une orange folle dans un désert sans nom
Le soleil sur Arles
En hurlant tourne en rond.
Paroles, 1946 Jacques PREVERT (1900-1977)

 

07:45 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poesie, peinture, vincent, van gogh

05.04.2007

Mon dernier soupir

J’ai capturé mon dernier soupir

Pour l’empêcher de s’évanouir

S’en aller pour tout les temps

Dans le nulle part, le néant

L’empêcher de rejoindre la lumière

Celle qu conduit aux temps futur et naguère

Jamais il ne rejoindra l’éternité

D’où il me fera des pieds de nez

Ou de la haut me faire des francs sourires

En regardant ma carcasse en terre pourrir

 

Il est enfermé dans le grand tiroir

Celui de la commode dans le couloir

Il peut autant qu’il le veut, taper du pied

Pleurer, maugréer, me maudire ou pester

Le tiroir est cadenassé, fermé, cloué

Jamais il ne pourra s’en échapper

Rien que d’y penser me fait frémir

De joie, de bonheur et de plaisir

Car mon dernier soupir escamoté

Comment la mort viendra t elle me chercher ?

 

Est ce que dans sa fourberie

Madame la mort, cette chipie

Un autre bon moyen trouvera

Pour me faire passer de vie à trépas

Je ne peux enfermer tous mes soupirs

Bien que cela est mon plus cher désir

Ils sont bien trop petits mes tiroirs

Les attraper tous est sans espoir

Il faudra donc bien qu’à l’idée je me fasse

Qu’un jour, de mon corps, la vie elle chasse

09:39 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature

22.03.2007

Le temps des cabanes.

Après le termps des cathédrales, voici le temps des cabanes... chacun fait selon ses moyens..

 

Où est passé le temps des cabanes dans les arbres ? Celles que nous bâtissions dans les vieux saules maintes et maintes fois pourfendus par la foudre et qui poussaient en bordure des marécages.

Quelques planches trouvées ci et là, des bouts de branches sciées quand nous arrivions à dérober une scie aux parents, des bouts de ficelles et des vieux clous rouillés, redressés à coups de caillou et le tour était joué. En guise d’échelle, une corde à nœuds que nous remontions tel un pont-levis pour nous retrancher.

Où sont les festins que nous y organisions ? Les saucisses en boite réchauffées à la flamme d’un petit feu de bois, les tubes de lait concentré sucré, les pommes trop vertes et les bonne grosses prunes pourpres à chair jaune que nous allions marauder dans le verger de la grosse Georgette, le tout arrosé de d’eau  au sirop de grenadine que nous emportions dans nos gourdes ou, parfois, à la limonade au citron dans une bouteille en verre qui se fermait avec un gros bouchon retenu par des boucles de fer. Et puis nous allions rapporter la vidange au magasin et nous l’échangions contre des friandises, surtout des Oh la la à la fraise ou au chocolat.

En échange d’une bouteille vide il y avait moyen d’avoir des bonbons pour tout le monde, en ce temps là.

Et puis certains jours nous conduisions un prisonnier à notre cabane, et surtout une prisonnière à qui nous allions faire subir les pires sévisses, bien que nous ne sachions pas très bien ce que ça voulait dire. En fait de sévisse, c’était bien souvent la prisonnière qui nous en infligeaient un en nous donnant un gros bisou collant sur notre joue rougissante en nous quittant.

 

Où sont passées les batailles à coups de pétard à mèche ? Ceux qui nous faisaient rentrer avec les bouts des doigts brûlés car trop attendu pour jeter le pétard, ou avec les oreilles qui sifflaient car il avait exploser trop près. 

 

Ou est passé le temps où nous trouvions de magnifiques diamants, saphir, émeraudes et autres pierres précieuses sur la décharge de la verrerie voisine, fermée depuis bien des années et dont nous revenions tout écorchés mais chargés de trésors à la valeur inestimables.

 

Où sont passées les journées de glissade sur la neige ? Quand nous dévalions la rue à toute vitesse, un capot de voiture en guise de traîneau et les conducteurs des rares voitures nous laissaient la place en nous engueulant mais avec un sourire en coin.

 

Où sont passés les moments que nous passions dans les marais à couper des roseaux « des biroutes de velours » comme nous les appelions, pour ensuite aller les revendre aux gens du village, pour ce faire un peu de sous.

 

Où sont passés les moments que nous passions dans les marres nauséabondes « les trous de bombes » comme nous les appelions, car comme leur nom l’indique, un avion qui ce serait délester de ces bombes dans cette prairie durant la dernière guerre, serait à l’origine de ces trous.

Nous y chassions les grenouilles, juste pour le plaisir de voir qui en aurait le plus et ensuite les relâcher pour rentrer chez soi dégoûtant et puant et parfois accompagné d’hôtes indésirables tel des sangsues dont les plus âgés nous débarrassaient en les brûlant à la cigarette, comme ils l’avaient vu faire dans un western.

 

Où est passé le moment que, pour la première fois, un de nous a préféré aller se promener main dans la main avec une jolie jeune fille au lieu de traîner avec les autres ? Le moment du premier baiser volé, des premiers yeux dans les yeux et même parfois une main qui s’égarait sur un genou cagneux.

 

Mais ils sont là tous ces moments.. dans nos pensées, dans nos coeurs.. il suffit de fermer les yeux pour les revivre... un peu, rien qu'un peu.

 

10:08 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie

22.02.2007

Le silence

 

 

Comment c'est quand ça s'arrête

Quand il n'y a plus de peut-être

Quand nous sommes déjà demain

Et que devant il n'y a plus rien

Que l'aube ressemble au crépuscule

À l’espace sans étoiles, sans lunes 

A un grand pas dans l’infini

Où l’on se sent petit, si petit

 

Comment c’est après marche ou crève

Qu’il n’y a plus rien après la grève

De l’eau sans vagues a perte de vue        

Agrippant désespérément une plage nue

Quand les plaines sont sans horizon

Que le soleil brille moins qu’un néon

Et que les bruits de pas autant résonnent

Qu’un condamné demande qu’on le pardonne

 

Comment c’est quand les fleurs sont en deuil

Quand les arbres ne portent plus de feuilles

Quand le vent s’épuise en gémissements

Que la terre s‘égare en tourments

Quand l’éternité arrive en est à sa fin     

Et que l’infini va se rompre les reins

C’est comme une neige qui n’est plus blanche

Comme la fin, un néant, un silence

08:05 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature

05.02.2007

Aux cabinets

Voici un petit poème qui aurait été trouvé dans une toilette publique.

Je trouve que pour écrire aussi joliment sur un tel sujet, il faut ètre un as de de la plume ou en connaitre long sur la "matière" (glup) et, en tout cas, avoir énormément d'humour !!

 

Malgré l'humour et la vertu
Il faut ici montrer son cul
Malgré la haine et la fierté
Il faut ici se défroquer
Malgré l'amour et la tendresse
Il faut ici montrer ses fesses.
 
Poussez ! poussez ! les constipés
Le temps ici n'est pas compté
Venez ! venez ! foules empressées
Soulager là votre diarrhée
Car en ces lieux souvent chéris
Même le papier y est fourni.
 
Soit qu'on y pète, soit qu'on y rote
Tout est permis au sein des chiottes
Mais ? graine de vérole ou de morpion
N'oubliez pas d'vous laver l'fion
De ces WC tant usités
Préservez donc l'intégrité.
 
Rendons gloire à nos vespasiennes
De faïence ou de porcelaine !
Que l'on soit riche ou bien fauché
Jamais de classe dans les WC
Pines de smicards ou de richards
Venez tous voir mon urinoir !
 
Qu'ils s'appellent chiottes, goguenots, waters
Tout l'monde y pose son derrière
On les dit turcs ou bien tinettes
Tout est une question de cuvette
Quand celles-ci se trouvent bouchées
Nous voilà tous bien emmerdés.
 
Entrez, entrez aux cabinets
Nous raconter vos p'tits secrets
Savoir péter c'est tout un art
Pour ne pas chier dans son falzar.
 
Si cet écrit vous semble idiot
Torchez-vous-en vite au plus tôt
Si au contraire il peut vous plaire
Affichez-le dans vos waters !!!
 
Auteur anonyme.

10:24 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature

18.01.2007

Le grand frère (slam)

J’ai rêvé que j’avais un grand frère

Un ami, un complice, un vrai père

Un avec qui ont fait de grosses  bêtises     

Avec qui on s’entend comme cul et chemise

Môme il m’attendrait à  la sortie de l’école       

Dirait des conneries et serait heureux que j’en rigole

Pour me protéger il serait toujours prêt pour la baston

Et réglerais à certains le compte pour de bon

Un derrière qui je me serais senti peinard

Qui serais plus qu’un mur, un bloc, un rempart.

 

Un frère qui porterait mon cartable.

Me ficherait une mandale quand je ne suis pas aimable

Qui me laisserait regarder tard la télé

Même s’il y passe des nanas avec de gros nénés

Et qui parfois même ferait semblant de croire   

Quand je feins d’être malade afin de traîner à la foire

Ou qui vient me rejoindre à la pèche

Les jours que les cours barbants, je sèche

En somme un frère qui n’aurait qu’une envie

M’apprendre toutes les facettes de la vie

 

Mais surtout un frère en qui je pourrais lire le regard

Grâce à qui mon chemin ne se tracerait pas au hasard

Qui me motiverait et si nécessaire me bottera le cul

Qui me ferait voir l’existence avec un certain recul    

Me ferait persévérer vaille que vaille 

M’apprendrais que la vie est un éternel travail

Et puis m’enverrais valdinguer au milieu du jeu de quille

En veillant tout de même que je ne parte en vrille

Et à mon tour pour quelqu’un être un grand frère

Un ami, un complice, un père.

 

 

 

08:39 Écrit par Patrick dans slam | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : slam, litterature, poesie, syrius

07.12.2006

Ment songe

 

 

Quelle douceur que le mensonge

Qu’elle bonté que j'en songe

Quand dans sa chaleur je m'engonce

 

S’inventer tout simplement une vie

Faite toute en duperies

Et faire de sa vie une flânerie

 

Avoir son propre monde      

Être seul maître à la ronde 

Vivre dans une rotonde

 

Avoir vécu toutes les aventures

Ou dans la démesure  

Sans craindre aucune usure

 

Croire mon propre regard

Croire, c’est tout avoir               

En jouir sans égard

 

Faire fi de la réprobation

Nier à l’unisson

Être complètement bidon    

 

Et puis pour finir     

Le jour de mourir      

Ce sera… pour de rire

 

12:18 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie

25.11.2006

Le ventre de la terre (slam)

Voyage dans les viscères de la terre

Où la nuit est jour, où tout est envers     

Univers composé d’un chapelet de quais

Où tout est neutre, ni triste, ni gai 

Eclairé par des rangées d’étoiles électriques     

Aux teints blafards qui n’ont rien de magique   

Il ne semble pas y avoir de bout à ce tunnel

Ne pas y avoir de temps dans ce monde surnaturel

 

Les wagons vomissent leurs lots de voyageurs

Puis ferment leurs portières et s’effacent sans rancœur                

Se terre, en glissant sans bruit, dans l’obscurité

Pour ressurgir un peu plus loin et recommencer

La foule de mi-hommes, mi-robot s’épand, se dilue    

Se précipite vers la liberté, là haut, vers les rues

Imaginant y trouver un semblant de liberté

Chassant la pensée que demain, déjà, ça va recommencer

 

L’avenir est une simple rame de métro    

Au sortir du dodo, au retour du boulot    

Chacun déambule gardant une mine sévère     

Les seuls sourires sont sur les affiches publicitaires

Les êtres tristes pensant qu’une parole aimable                  

Rend moins intelligent, plus laid ou minable

Et préfèrent errer telle une armée d’ombres grises    

Dans cet espace confiné où la vie n’est pas promise

 

Un éternel sourire dessinant ses lèvres   

Ignorant tout de cette tiède fièvre

Les cheveux flottants au gré des courants d’air 

Elle attend, tout simplement assise là, à terre  

Ces yeux bleus délavés, couleur volée à une aquarelle

Ne voient plus depuis tant et pourtant trouvent la vie belle

Elle balaye ces soucis, les petits comme les pires       

En les désarmants de son éclatant sourire        

 

Sa main douce et blanche tendue vers la générosité

Semble créer une barrière pour la protéger

Des ombres inquiètes qui passaient et repassaient

Les yeux jaunes et glauques, baissés, l’observent de biais

Craignant que cette mendiante qui mélange le jour et la nuit      

Telle une harpie, ne déroberais de leur labeur le fruit

Certains, honteux d’être heureux lui jetaient de loin 

Une piécette jaune qui tombait loin de sa petite main.

 

Chaque jour, quand je pénétrais dans ces entrailles

Au retour d’une journée de ce qu’on appelle travail

Ayant l’impression que le système m’a passé dans une presse

Repoussant chaque jour l’aboutissement de mes propres promesses

Cette petite femme éclatait de mille feux dans son tunnel

Zébrant les quais de rayons de lumière tel un petit soleil.

Et jetait à la figure des ces gens à la gueule de mouroir

Que quoi qu’il puisse arriver, il y a de la lumière, de l’espoir        

 

Puis vint la fin d’un jour et de son lot de misères

Personnes d’autre ne semblait remarquer ce bout de quai désert

Ni que ce bout de tunnel est retombé dans la pénombre

Depuis que n’est plus la, cette femme mince comme une ombre

Depuis je erre de quai en quai, de rame en rame   

Ma route semble longue, comme de Bruxelles à Amsterdam

Mais tant que je n'aurais retrouvé mon soleil aux yeux de verre

Je ramperais, tel un ver solitaire, dans les boyaux de la terre    

12:32 Écrit par Patrick dans slam | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : litterature, slam, poesie, syrius

10.11.2006

Macadam

 

Ruban de granuleux et sombre macadam

Trace la colline, sans esprit et sans âme       

Sur les cœurs se dévide et se déroule            

Étend ses tentacules pour happer la foule    

Il transforme en glauque poussière

La campagne luxuriante de naguère

Et le bel habit de brume alchimique

A laissé la place aux nuages toxiques

       

La voûte céleste autrefois illuminée

Et de millions d’étoiles parsemée

Etait bien longtemps avant ce désastre

Décorées par de magnifiques astres

Une nuit d’été, étendu dans l’herbe fraîche

Après une journée chaude et sèche       

Il ne pleuvait que des étoiles filantes

Accompagnées de comètes flamboyantes

 

Champs fleuris et prés verts

Ne sont à présent plus que chimère

Tous ces regards lancés vers l’espoir

S’égarent dans le marasme et le brouillard

Tous les chimistes fantasques

N’ont plus qu’à tomber les masques

Et dans ce bas monde moribond

Se dépêtrer dans leur foutue pollution

 

13:59 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius

15.10.2006

Tourmentes

Les tourments du vent du nord

Envole l’esprit, encore et encore

Les vagues arrivée à leur crépuscule

Noyant la plage d’une péninsule

Et aveuglent de ces embruns

Le regard égaré des inopportuns

 

Des uns, émergés du brouillard

Jetant des coups d’œils éparts        

Ne peuvent vivre que de leurs rêves

Car jamais n’atteindront la grève

Et las, seront emportés par le vent

Jusqu’à la toute limite des temps

 

Qu’importe que soit emportée la pensée

Que de rayons lunaires elle soit dardée    

Que la tourmente  l’emmène ou la noie

L’envoie par le fond ou sur la route de la soie

Qu’elle soit éreintée par les pluies diluviennes

Rien ne l’empêchera de rester sienne

 

 

 

12:21 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius

10.10.2006

Chouette site.

Un site qui conduit aux rêves et à l'enchantement

 

http://www.antre-lyre.com

 

A consommer sans modération.

 

 

aaaaaaaaaaaaaaaaa

 

10:01 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : site web, poesie, litterature

04.10.2006

Papillon.

papillon

Source de l'image : hypo.ge-dip.etat-ge.ch/.../html/Archives.htm....

 

 

Papillon

 

Las de se traîner le nez dans la poussière

De se tordre le cou pour voir le ciel à l’envers

Que l’horizon soit le bout de ses antennes

Il décida que cette vie n’était pas la sienne

Ce petit insecte de jour ou noctambule

Vola à un colibri deux jolies petites plumes

Malicieux, il se les colla sur le dos   

Et vers le ciel s’envola sans ajouter un mot

Ignorant qu’il est plus léger que l’air

Il traversa les cieux à la vitesse de l’éclair  

Le papillon savourant pleinement son bonheur

A tous fit mirer ses chatoyantes couleurs

Il se mit aussitôt à arpenter les campagnes

En quête d’une appétissante compagne

En rêvant de nombreuses familles   

Avec dame papillon il fit des vertes chenilles

En plus d’être au four et au moulin 

Il brûlait de fort belle façon son destin

Et reparti aussitôt de par le monde  

Car partout il fallait qu’il vagabonde

Mais voulant être ici et ailleurs à la fois

Il se rendit compte, avec émoi

Que par la vitesse, ses frêles ailes brûlèrent

Et depuis… les papillons sont éphémères

 

 

30.09.2006

Le pélerin.

Si tu passais par ma belle contrée

Aidé d’un bâton au lieu d‘une l’épée

Je t'attendrais au bord du chemin

Avec un broc d'eau et un morceau de pain

Je te saluerais, toi pèlerin

 Espérant pouvoir t'embrasser les mains

Voir le reflet de ton regard

M’y plonger comme dans un miroir

Y puiser de l'espérance

Y trouver la persévérance

Espérer voir déteindre ton talent

Et colorer les mots de mon tourment.

Puis te voir reprendre ta route

En sachant, sans avoir aucun doute

Qu’un jour, ayant fait le tour du monde

Et comme notre chère terre est bien ronde

Par un beau matin,

Tu resurgiras au bout de man jardin.

15:52 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius

15.09.2006

Le roman.

La vie est un livre dont on tourne les pages

A chacune nous découvrons un nouvel âge

Doucement nous voguons entre les lignes

En tentant tout au long de rester digne            

Vivons au son du crissement de la plume

Qui rappelle celui des pneus sur le bitume

En partant de grand matin depuis le prologue

Tentons d’atteindre sans encombre l’épilogue 

 

Ce livre, peut être une douce romance       

Qui nous fait vivre dans un monde intense

Un univers sans interdits et sans barrières      

Car il reflétera notre monde imaginaire

Il pourra être un roman d’amour       

Avec des mots rouges comme toujours

Peut être un roman d’horreur et d’épouvante

Ou encore d’un style bonbon à la menthe

 

Le lisant, certains prendront de l’avance 

Et n’y verrons qu’un signe de la chance

D’autres, au caractère plus amer      

Ne jetterons pas un regard en arrière

Sur celui qui prendra du retard

En le traitant mentalement d’ignare

Et se disant sans trop y croire    

Qu’il s’est juste trompé d’histoire

 

Certains seront à la traîne  

Trouverons que leur vie est vaine

Ne verrons devant eu que les dos

De ceux se nourrissent d’autres mots

Et pour les rattraper sauterons un chapitre    

Mais se rendront compte à juste titre

Que dans ce livre à vivre à perdre haleine

Chaque mot, chaque lettre vaut la peine

 

Parfois dans un accès de rage    

Il arrive que l’on arrache des pages

Coupant  ainsi tous les ponts      

Avec ces autres que l’on ne juge pas bon

Mettant un terme à une histoire 

Effaçant les acteurs de sa mémoire   

Oubliant que de cette façon nuisible  

Le fil de l’histoire en devient illisible

 

Tout ce blabla simplement pour dire 

Que ce roman, avant de terminer de le lire

N’oublions rien du vécu de ce livre

Pensons à ceux qui nous ont aidé à vivre

Retournons nous vers ceux qui peinent à avancer

Ne perdons pas de vue ceux qui les étapes ont brûlés

Et vivons pleinement cette douce harmonie      

Dont on soupire communément, quelle vie.

14:34 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius

28.08.2006

Maudite vieillesse.

Pourquoi mon esprit,

N’a-t-il pas vieilli

Pourquoi n’a-t-il pas les maux

Que rencontre ma peau

Pourquoi lorsque que je parle une langue

Les mots les plus simples me manquent

Et que lorsque je réfléchis        

Mes mots s’enfuient, les maudits.

Pourquoi mes jambes, pourtant pas de bois

Peinent elles tant à porter mon poids

  Et que mon dos ne cesse de craquer    

     Lorsque je tente de le décourber          

Pourquoi mes doigts recroquevillés

Laisse tous les objets s’échapper

Et que mon ouie tant de fois ravie

Ne perçoit plus que des bizarreries

Pourquoi est ce que mes yeux  

Ne se sentent jamais mieux

Que quand ils s’égarent

Au bout du quai d’une gare

Pourquoi est ce que mes mains 

S’agitent dans l’air, en vain

Cherchant loin dans l’espace

Des choses qui n’y ont pas leur place

Que mes pieds leur chemin ne retrouve plus

Dans cette immense salle des pas perdus

Et que je ressens dans mes viscères

Que je ne le retrouverais plus guère.

Pourquoi mon esprit, lui

N’a-t-il pas vieilli

Et qu’en conservant toute sa finesse

Il m’éclabousse de ma vieillesse.

 

09:56 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poesie, syrius, litterature

19.08.2006

Les quatre saisons : l'été.

 

 

Illustration : "Les coquelicots" de Claude Monet.

          

L’été, la langoureuse

 

Enfin voilà l’été pour boucler la boucle. Saison langoureuse ou saison spectacle ?

Langoureuse car sous ta chaleur le temps s’élonge, s’allonge, ralenti, s’alanguit. Les mouvements se font parcimonieux comme par épargne ou peut être est ce pour mieux jouir du spectacle que tu offres.

Je ferme les yeux pour mieux sentir les caresses de ton soleil sur ma peau et ta chaleur me réchauffer jusqu’aux os.

 

Ensuite, presque imperceptibles d’abord, puis de plus en plus fort, tes sons me parviennent. Le vol des oiseaux, les piaillements des oisillons qui réclament leur bouillie depuis leur nid, le vent chaud et sirupeux qui souffle dans les arbres ou qui fait bruisser les herbes. Puis je remarque le bruit des insectes, parfois presque inaudible, parfois très fort lorsque la présence des abeilles ou des bourdons se fait plus importante.

Ton parfum aussi est plus perceptible lorsque je ferme les yeux, l’odeur de l’air chaud, de pollen et les milliers de senteurs de fleurs et de plantes aromatiques sauvage qui se mêlent et s’emmêlent.

 

Puis lentement j’ouvre les yeux sur les merveilles que tu m’offres. Des champs de blés dorés, ressemblants à d’immenses galettes prêtes à être dévorées, des champs de maïs, des vergers prometteurs et surtout des prairies envahies par d’innombrables fleurs sauvages, fragiles et magnifiques qui font penser à une œuvre de Monet.

 

Et puis un jour, voilà que l’été fait son cirque, brusquement le ciel s’assombrit, les nuages s’amoncellent, le vent se lève et le spectacle son et lumière commence. Le ciel gronde et craque si fort que la terre en tremble d’effroi,  le ciel se déchire de toutes parts et semble être en lambeaux. Le jour est métamorphosé en nuit et la nuit est illuminée de milles éclairs. Immenses arbres lumineux et renversés qui plantent leurs racines dans les jardins des dieux et viennent gratter la terre de leurs branches incandescentes.

 

Puis, comme un gros bébé qui en assez de faire ces caprices, l’été range ses jouets tonnerre et orages et retourne gentiment à ses journée tranquilles et à ses nuits aux magnifiquement étoilées,  jusqu'à ce que l’automne vienne frapper à la porte. L’été lui passe alors le flambeau tout en douceur, sachant que l’automne atténuera tout tranquillement ces effets.

 

 

18.08.2006

Les quatres saisons : le printemps

 

 

Illustration chipée sur

 

http://sophievoillot.hautetfort.com/

 

Les quatre saisons. Le printemps  la paresseuse

 

Le printemps traîne souvent les pieds pour venir s’installer. Saison pleine de promesse de chaleur, de soleil, de couleur et de joie, souvent tu nous fais languir. Peut être es tu trop douce et tendre pour disputer ton bien à cet hiver qui ne veut pas céder du terrain et que tu préfères l‘user plutôt que le combattre, ou es tu simplement paresseuse?

Parfois tu montres le bout du nez, fin mars, entre deux giboulées, parfois pas du tout et tu laisses l’hiver prendre ses aises.

 

En avril ne dis tu pas qu’il ne faut pas se découvrir d’un fil ? Nous continuons donc à soupirer après toi et nous sommes à l’affût du moindre signe annonçant ton arrivée. Pourtant ne sont ils pas déjà là ? Quelques bourgeons, quelques crocus, un chant d’oiseau. Puis brusquement, le soleil se décide à chauffer et c’est aussitôt une explosion de couleurs, comme si le moindre rayon, en touchant le sol, donnait naissance à une jonquille, et que plus il y a de jonquille, plus il y a de rayons de soleil et plus il y a de rayons de soleil…

Suivent alors les tulipes, tachetant les parterres de pointes de couleur, comme s’il pleuvait des Smarties.

 

Arrive alors le joli mois de mai, annoncé par le muguet, jolies clochettes portant bonheur a toutes ces dames qui peuvent enfin sortir leurs jolies robes légère et les faire tourner au vent en même temps qu’elles nous font tourner la tête.

Et tout s’enchaîne, des buissons de genêts s’embrasent de couleurs jaune or si pur qu’ils semblent émettre de la chaleur comme le soleil, les cerisiers du Japon caressent la vue et s’accordent parfaitement avec les lilas. Lilas blancs et lilas lilas les groseilliers sanguins tranchent de leur rouge et les milliers de vivaces qui rivalisent de beauté et de fragrance. Les iris, les lupins et les lis mélangent leurs couleurs aux parfums du  jasmin du chèvrefeuilles et de la lavande.

 

Et plaisir suprême, le retour de celle dont on dit qu’une seule ne fait pas le printemps, pourtant quand elle regagne son nid sous le porche, comme l’année dernière et celle d’avant et encore celle avant, quand cette hirondelle là est revenue, c’est vraiment le printemps.

 

 

 

17.08.2006

Les quatre saisons : L'hiver

 

Illustration de Gilles Abbey chipée sur http://gilles.abbey.free.fr/gribouille/

 

L’hiver survient souvent en colère. Semblant jaloux de la beauté de l’automne et des compliments dont il fait l’objet.        

Alors aussitôt, comme pour montrer qui est le patron, il se met à souffler avec véhémences et accompagne fréquemment ses rafales de vents de trombes d’eau afin d’effacer les traces de l’automne.

Puis voyant les arbres nus, misérables et dépouillés de la moindre feuille résultat de sa mauvaise humeur, il se sent un  peu bête et tente de réparer sa bêtise. Il sort alors sa bise froide et fige tout sur son passage.

Les arbres nus recouverts de givres se mettent à ressembler à de magnifiques objets sculptés dans le cristal. L’air devient d’une pureté sans pareil et le ciel prend une jolie couleur bleue délavée.

Mais ça dure rarement longtemps car monsieur hiver a fréquemment des sautes d’humeur et il aime jouer des couleurs dans son ciel. En quelques minutes, il peut transformer ce ciel serein en  tumulte, faire surgir les nuages en rouleaux gris, bleu acier et parfois d’un blanc jaunâtre et inquiétant qui nous faire croire, l’espace d’un instant que la terre s’est renversée, que la mer a envahit le ciel et que le vent souffle de l’écume.

Puis, quand il sera enfin apaisé, un beau matin clair il décidera à tricoter un joli manteau blanc aux campagnes.

Là encore il dépendra de son humeur de quelle manière il nous recouvrira. Peut être sera ce par jolis petits flocons qui virevolterons dans les airs semblants jouer à cache-cache ou peut être par rafales des gros flocons qui tournoierons inlassablement, semblant ne jamais toucher le sol qui portant se couvre rapidement d’une épaisse couche. 

Ils tournerons encore et encore, vous étourdirons, vous saoulerons et quand vous pourrez recouvrer vos esprits ce sera devant un spectacle époustouflant…  A perte de vue, le paysage scintille par la pureté de la neige et tout semble brusquement apaisé, toute laideur est estompée, gommée et il ne reste que pureté qui fait plisser les yeux.

Même les sons semblent impressionné par tant de beauté et se font plus diffus.

L’hiver installera alors le gel, comme dans une volonté de figer cette beauté capable de rivaliser avec celle de l’automne et éclairera son œuvre par un soleil complice car froid, pâle et bas.

Et même quand arrivera le printemps, monsieur hiver rechignera a s’en aller ne s’éloignera d’ailleurs pas beaucoup, prêt à revenir à la moindre occasion.

 

10:03 Écrit par Patrick dans littérature | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature

16.08.2006

Les quatre saisons : l'automne.

Illustration : "Convergence" de Jackson Pollock

Les quatre saisons, l'automne, saison fantastique, saison métallique.

 

Saison fantastique, tu es une année à toi seule. En septembre tu nous gratifies de jours d’été plus chaud qu’en juillet et août. Tu nous fais espérer que l’été ne cessera plus malgré que ton soleil se retranche de plus en plus tôt derrière le soir. Et pour mieux nous leurrer, tu fais  fleurir quelques petites fleurs, tardives mais non moins jolies que celles du printemps.

Puis un matin d’octobre, tu nous surprends par la première gelée et tu nous fait soupirer car malgré ta beauté et tes températures clémentes jusqu’à ce jour,  tu nous a gentiment pris par la main pour nous guider lentement vers le froid.

Comme pour te faire pardonner, tu sors alors de ta manche, les plus jolies couleurs qu’il soit, saison métallique,  tu peins la nature de couleur cuivre, or, bronze, rouille que tu agrémentes de bruns, de jaunes et d’oranges ou en laissant perdurer des verts foncés pendant quelques jours voir quelques semaines avant de les transformer en rouge presque vif.

C’est alors une explosion de couleurs faisant ressembler la nature à une toile de Jackson Pollok, dans laquelle chaque buisson, chaque arbre, chaque feuille devient une œuvre d’art. Cela découpé sur un ciel rouge embrasé par le soleil couchant, faisant dire aux enfants que c’est Saint Nicolas qui allume ses fours pour cuir les spéculoos.

Parfois, devant la mauvaise humeur des passants qui ne remarquent pas ta beauté, tu te rebiffes en déversant quantité d’eau faisant briller les imperméables et les parapluies sous la lumière blafarde des réverbères, mais les amoureux préfèrent voir la nature mourante recouverte d’un fin suaire de brume. Mourante ? Non pas, simplement assoupie, ankylosée dans l’humidité et le froid mais en attente d’une autre saison.

Et puis, décembre étant la depuis quelques semaines, l’automne choisi de nous quitter, à pas feutrés, sur quelques flocons de neige, afin que l’hiver glisse mieux à sa place.

PS pour les visiteurs hors Belgique, Saint Nicolas dont il est question dans ce texte est un saint qui est fêté en Belgique et je crois aussi en Alsace, le 6 décembre.

A cette occasion les enfants reçoivent des jouets et des friandises, comme pour le Père Noël partout ailleurs... sauf que chez nous, les enfants reçoivent des cadeaux aussi par le Père Noël... aie le portefeuille.. 

 

PS bis : mon ami Michel me fait remarquer que la Lorraine connait aussi St Nicolas et que c'est même le Saint Patron de la Lorraine... 

 

J'aurais du y penser, vu que la Lorraine est la région la plus proche de la Belgique; par contre,  j'ignorais que Saint Nicolas ést le patron de la Lorraine.

Merci Michel , amitiés,

10:21 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syrius

11.08.2006

le passage

Le passage,

Passage pas sage

Pas sage comme une image

Bien qu’il y a des images pas sages

Mais pour la révolte, il n’y a pas d’âge.

Même si pour ce faire, il y a saccage

Même si pour gagner, des âmes se ravage

 

Voulez vous que je m’explique d’avantage 

Qu’à la face je vous crache ma rage     

Que je crève mon ciel bouché de nuages

Que je fasse exploser ma colère en orage

Tant pis si dans mes mots il y a dérapage.

Car cela  ne se fera pas sans dommages

 

Après vous avoir transmis mon message

Je tenterais de regagner un rivage

J’accosterais dans un marécage

Ou peut être seras ce une jolie plage

Et y créerais un joli village

Qui sera mon dernier lieu d’ancrage

 

J’y abolirais tout esclavage

Interdirait les piratages

Autoriserais tous les mariages

Applaudirais les métissages.

Ferais fondre l'acier des cages

Et lèverais tous les barrages

 

 

Quand je pourrais enfin tourner la page

Que l’avenir se montrera sans grimage

Que l’espoir montrera son vrai visage

Que dirons la vérité tous les adages

Qu’aux humains je pourrais rendre hommage

Et que le maître mot sera partage

 

 

Je me retirerais comme un vieux mage

Dans ma cabane faites de branchages

Au milieu de mes délicieux verts bocages

Je pourrais enfin poser mes bagages

Devenir enfin sage comme une image     

Et perpetuer mon passage

 

 

07:43 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : poesie, literature

04.08.2006

Fait divers (slam)

Comme beaucoup vous avez du entendre cette nouvelle forme de poésie nommée « slam » dont le porte parole est Grand Corps Malade. <-- Cliquez sur le lien.

Séduit, je me suis essayé à cette nouvelle discipline..  Est-ce réussis ou complètement raté… à vous de me le dire.  

 

 

 

Je ne lutte pas, simplement je souris

A voir tous ces gens qui s’affairent comme des fourmis    

C’est gentil de s’occuper de ma petite personne

Pour une fois que quelqu’un s’inquiète pour ma pomme

Je les trouve frais dans leurs jolies blouses vertes

Dommage que ce remue-ménage soit en pure perte

Et puis, le vert,  j’aime bien cette couleur

Qui  dans cette fournaise m’apporte de la fraîcheur

Pourquoi cette voix chantante me dit d’un ton anxieux

Monsieur, ne partez pas, restez avec nous, monsieur,

Parmi ces dévouées et gentilles petites personnes

N’y a t il que moi qui entend cette musique qui ronronne

Pourquoi me regardent ils tous avec ce regard triste

Ne voyent ils cette lumière comme le rai du soleil par un interstice

Et combien je me moque de mon paraître       

Dans ce halo de lumière qui fait mon bien être.

 

 

 

 

Brusquement, alors que je suis presque à l’infini

Que mes amis en vert disparaissent en catimini

Me revient à la figure, ce moment dans un flash

Le visage de ce bâtard qui me laisse crever là, ce lâche

Je me balade, tranquille, avec mes potes, on rigole.

Quand débouche ce taré dans sa putain de bagnole 

Il débouche dans le carrefour, se moquant du feu rouge

En un instant la vie se fige, plus rien ne bouge

Aux expressions de stupeur sur les visages effarés

Je me doute que dans mon dos, le destin va frapper

Mes potes à la destinée se dérobent de justesse       

Et échappent à l’assassin aux yeux noyés par l’ivresse

Quand cette bagnole de plein fouet me percute        

Et que sans un regard, s’enfuit ce fils de pute 

Ne me reste en mémoire que les lumières de l’ambulance

Qui vers la fin m’emmène devant mes amis en transe.

 

 

 

Me voilà sur cette table dans la salle d’opération

Je m’élève doucement, je ne suis plus que brouillon

Comme dans les films, devant mes yeux ma vie défile        

Les dates importantes comme les actes les plus débiles

Moi,  gosse à moitié nu dans les mares, à la pèche à la grenouille       

Ou vendant des prunes maraudées, à l’époque de la débrouille

Puis au loin, une femme en blanc comme sur un nuage     

Ma femme, merveilleuse dans sa robe de mariage   

Qui sont là haut, ces trois personnes qui me rappellent en riant

Mon dieu, n’est ce pas ma femme et mes enfants

Je ne peux les laisser pour partir dans cette belle lumière

Il me faut lutter, refaire le chemin à l’envers

Tout lentement, à regret, s’éloigne cette lumière divine

La douce musique redevient le cliquetis des machines

Au prix d’un effort violent je parviens à ouvrir les yeux    

Une jolie dame en vert me dit : bienvenue parmi nous monsieur.

 

12:21 Écrit par Patrick dans slam | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : slam, litterature, poesie

31.07.2006

La couleur des mots

Telles des gouttes de parfums pulvérisées par la plume

Les rimes sont absorbées par le papier qui les hume

Les mots coulent et découlent, étrangement chamarrés

Comme écrits aux pointes d’une armée de pinceaux colorés

Malgré la teinte de l’encre infiniment épaisse et noire

Le texte se prolonge paisiblement en couleurs de l’espoir

Et certaines paroles vives jetées toute en éloquence

Ont pris la couleur discrète de leur transparence

De par l’éventail des mots, habilement choisis

Le conteur fait deviner les teintes de son récit

Couchées sur papier  avec une fausse nonchalance

Les paroles révèlent leur douce fragrance

Et promènent le lecteur aux yeux heureux

Sur les berges des rêveries aux tons camaïeux

Puis le prenant par la main il l’emmène vers un sommeil

Ou les mots ressembleront aux couleurs d’un arc en ciel

 

14:36 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : syrius, poesie, litterature

16.07.2006

 Lever de soleil en Ardennes.

 

Un soleil rouge se lève paresseusement.

Perçant lentement la brume douce qui lui dessine une longue crinière blanche

Son court combat contre l’obscurité éclabousse le paysage de rouge sang

Le bleu nuit du ciel se métamorphose, lentement, en grenat, pourpres, mauve, vermillon. Les nuages hésitent sur la teinte qu’ils doivent adopter et se décident de se draper de rouge cramoisi.

J’assiste à la venue au monde d’un jour nouveau, à la renaissance de couleurs qui existent depuis que le monde est monde mais qui semblent encore plus douces et merveilleuse ce matin.

Les chênes qui bordent la route, les fermes et leurs granges qui, il y encore quelques minutes étaient gris sur fond sombre semblent revivre en se colorant de rose pâle pour les fermes avec leur toits dont les ardoises encore humides de la nuit reflètent des milliers d’éclats de soleil.

Quant aux chênes, le feuillage vert ne tarde pas à prendre le pas sur le rouge qui le colorait il y a quelques instants.

Ensuite, plus loin, au delà des champs, en bordure du chemin de terre, ce sont les sapins qui ce cisèlent une place sur le fond sombre de la foret. Le plus beau, le plus grand, le plus vieux, un mélèze, celui qui est planté à côté de la chapelle de la  Dame au Bois, là au croisement du chemin du Mont d’Or et du chemin du Gibet, semble veiller sur la vallée, se penchant d’un air bienveillant, au grés du vent.

Enfin, tandis que des milliers d’oiseaux se réveillent et saluent le jour nouveau en piaillant et chantant sur tous les tons, la forêt tout au fond, semble émerger de la torpeur. Se découpent en premier les bouleaux avec leurs troncs blancs qui se laissent volontiers teinter d’un orange doux, ensuite apparaissent les charmes, les chênes massif et forts et les hêtres majestueux que semblent vouloir aller chatouiller le ventre des nuages. Enfin, apparaissent au pied de ces géants, quelques noisetiers et merisiers.

Le soleil est déjà plus haut dans le ciel et le rouge vire lentement en orange, puis bientôt en jaune vif  et lumineux et ses rayons encore doux à cette heure matinale sont caresses sur la peau, tout comme le vrombissement des insectes est caresse pour les oreilles.

Le jour est là il est temps de prendre la route, les foins n’attendent pas.

 

 

09:17 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius

01.07.2006

Sables mouvants.

 

Poème inspiré par un fait divers qui s’est déroulé aux Etats Unis.

Un pont était coupé à la circulation, produisant un énorme embouteillage, car une personne menaçait de suicider en se jetant de ce pont. Comme la situation traînait, les badauds ont commencé à encourager la personne à sauter dans le vide, tout simplement pour qu’ils puissent continuer leur chemin tranquillement.

Une vie ne vaut même plus quelque minutes qui seraient gaspillées a regarder la télé en bouffant des chips « light » vautré dans un fauteuil.

 

 

 

 

Mes semelles collent à la boue

Mon estomac, d’effroi, se noue

Dans la vase je me débats, je m’enlise.

Je n’en puis plus de me battre, je m’épuise

Des passants passent

Que rien ne tracasse

Des passants s’arrêtent

Que ma détresse délecte

Certains regardent autour d’eux

Observent mon sort peu envieux

Cherchent un moyen de m’aider

Cherchent un moyen de me sauver

Puis secouent la tête tristement

Puis s’en vont en soupirant

D’autres détournent les yeux vers l’ailleurs

Vers un monde au loin, peut être meilleur

Si on regarde là où le malheur n’est pas

Parviendra t on croire à qu’il n’existe pas.

Je m’enfonce dans les sables mouvants

J’économise le moindre mouvement

Les badauds s’amassent devant le spectacle

Dont, bien malgré moi, je suis le pinacle

De la foule monte lentement une rumeur

Certains me lancent un regard désapprobateur

Si je suis dans cette situation peu enviable

C’est que je le mérite lance une mégère peu affable

Toutes ses vociférations forment un tintamarre

Il ne manquerait plus que l’apparition d’une fanfare

Je suis à présent embourbé jusqu’au cœur

Le froid,  l’humidité m’engonce dans une torpeur

La foule, de plus en plus nombreuse s’impatiente

Mon agonie est sans doute un peu trop lente

Mais quand la boue pénètre ma bouche

Faut il croire qu’aucune souffrance ne les touche

Plus un de ces péquenot n’a envie de partir

Tant mon épreuve les fait bien rire 

Et enfin mon ultime gargouillement

Les fait grogner de contentement

Quand je disparus dans un affreux bruit de succions.

De le la foule réjouie j’eu droit à une ovation

Puis tous retournèrent d’un pas pesant

A leurs malheurs qu’ils avaient oublié un instant

A quelque chose malheur est bon dit la maxime

Quelqu’un se demande ce qu’en pense la victime ?

 

18:19 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius

24.06.2006

la fee rouge

La frêle silhouette à la chevelure rouge

L’ombre hirsute qui halète dans le mystère

Qui uniquement dans la brume bouge     

Dans le marécage de ses rêves se perd

 

Créature égarée dans son émotionnel

Petit animal tapit dans ses pensées

Tenaillée par ses pulsions rebelles

Par la beauté de son esprit révélée

 

L’apparition cristalline à la peau blafarde

Qui attend de la vie qu’elle se réveille

Déambule le long de ses jours, hagarde

En ignorant que quelque part existe son pareil

 

Ce peut il que vienne un jour en ces marais perdus Extraire du fond de cette eau nauséeuse, de la fange

Un esprit franc que ne rebute ce travail ardu

Et qui à cette créature offrira sa revanche

 

Un prince de cœur s’égara en cette contrée damnée

Il se crut maudit et à tout jamais dans cet enfer perdu

Alors que jusqu’aux genoux dans la boue emprisonné

L’être étrange déchira le brouillard et le secouru

 

Le prince épuisé par son combat n’en crut pas ses yeux

Venait d’apparaître et le sauver celle qu’il avait toujours rêvé

Ce marais avait il l’étrange pouvoir d’exaucer son vœu ?

Et le faire secourir par l’être que toute sa vie il a cherché

 

Amour et tendresse par leur fusion en énergie convertie

De la fange, lentement, fit émerger la créature sublimée

Et depuis planent sur les marais et la forêt, en synergie

Le prince de cœur et la belle reine rouge des fées

 

16:02 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius

21.06.2006

 La joute.

 

Qui de la plume ou de la rose

Gagnera cette joute de prose

Quel messager des quatre vents

En bravant tous les temps

Viendra pour protéger

Les doux mots de son bouclier

 

Quel chevalier de table ovale

Ou peut être est elle bancale

Viendra, à cette fleur divine

Oter les odieuses épines

Qui comme d’un coup de lance

Percera la peau pour sa défense

 

Mais ne serait il pas cruel

Qu’au doigt se pique une belle

Et que soit écrit un poème sanglant

Transmit par les couloirs du temps

La plume proposera t elle une trêve

Le rose couchera t elle sur papier son rêve

 

Sera-ce un conte aux êtres mirifique

Parlera t elle d’un monde féerique

De mondes qui ne connaissent que la paix

Où les hommes et les choses s’aiment pour de vrai

Qu’importe, si les mots prennent leur envolée

Si notre belle par ses écrits est charmée

16:27 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius

17.06.2006

Tranche de pain.

Tranche de vie

Tranche de pain

Pour que les yeux rient

Et repousser le chagrin

Te déposer, ma mie

Quelques miettes dans la main

 

Faim d’aventure

Et de la vie dévorer

En toute désinvolture

De part en part l’arpenter

Du temps ignorer l’usure

Et les années aimer grignoter

 

Toutes les montagnes gravir

Mirer le monde de tout la haut

La caresse des parfums sentir

L’odeur douce du pain chaud

Les yeux de couleur se remplir

Des merveilles de ce monde si beau

 

De la vie il faut se repaître

Des aventures entreprises

Par les livres on peut renaître

Sur le bonheur faire mainmise

Les vérités tenter de connaître

Et surmonter toutes les crises.

 

En ayant la tête garnie de rêves

Comment ne pas faire croyance au futur

Avec sa conscience faire une trêve

Jouir des bons moments à son allure

Des gros plaisirs ou des joies brèves

Comme d’une tartine à la confiture

 

17:49 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : syrius, litterature, poesie

07.06.2006

Le regard et le rêve.

Un rêve aimant transporté par un regard

Élégamment enveloppé par une brume bleue

Dans un écrin finement tendu de ciel plombé

Un regard déposé là non pas par hasard

Emporté de la contrée des milles lieues

Sur un tapis volant tissé de sourires émerveillés

 

Entreprenant ce périple vers ce doux lieu choisis

Par ce pèlerinage vers l’esprit, ravis mais épuisé

D’échapper à cette noyade de sens il n’y eu aucun désir

Car revigorer par l’aménité de ses yeux couleur cassis

Le rêve n’eut aucune peine a dans les brumes s’élever

Pour planer dans les limbes à la recherche de leur avenir

 

Une rêve enfantin, une pensée pâquerette

Prenait un coup de vent chaud, un alizé

Le transformant malicieusement en calèche poétique

Pour vers cette oeillade plaisante et guillerette

Glisser silencieusement comme sur du papier glacé.

Même si cela est de façon bien peu académique

 

Mais seul compte finalement cette douce rencontre

Ce mariage de deux sens en attente d’êtres bien

Entre un regard canaille et un rêve utopique

Au milieu de la foule ils ne voient aucun autre

Que eux, gravissant les bonheur faits de petits riens

Eclairés par la lueur émanant de leur union féerique

18:01 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, syrius

01.06.2006

Le marin fatigué.

 

 

Tanguant sous la fatigue

Usé comme ce rafiot qui trop navigue

Le visage craquelé par tous les vents           

A scruter les horizons à tous les temps

Les yeux par les cieux délavés

Les cieux par les yeux balayés

Tanné de par les mers chasser le soleil

Pour le voir effriter mille et une merveilles

 

Essoufflé de gonfler les voiles    

Epuisé de recompter les étoiles

Livide de s’être rongé les sangs

De coûte que coûte sortir du rang 

Las d’entendre les articulations craquer

Tels de vieux mats par la tempête torturés.

Délicieuse tentation de lâcher le gouvernail

Ne plus tenir ce maudit cap, vaille qui vaille

 

Avoir dérivé par milles pôles

Laissé moisir son esprit dans des geôles

Être maudit mille fois par l’équateur        

Réduits en poussière à l’âcre odeur

Après être happé par l’horizon               

Laisser la barre à l’abandon

Sur quelle plage dorée échouer    

Sur quels récifs les reins se briser 

 

Chasser la pensée des beautés caressées du regard

Les paradis terrestres rencontrés par hasard

Ne plus voguer que sur la mer des rêves

Et si la vie veut bien conclure une trêve     

Laisser reposer ses vieilles mains rêches

Enfin mettre son voilier en cale sèche

Pour la dernière fois, jeter l’ancre

Et achever sa vie rongée par le chancre

11:50 Écrit par Patrick dans poésie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, syriu