18.01.2007

Le grand frère (slam)

J’ai rêvé que j’avais un grand frère

Un ami, un complice, un vrai père

Un avec qui ont fait de grosses  bêtises     

Avec qui on s’entend comme cul et chemise

Môme il m’attendrait à  la sortie de l’école       

Dirait des conneries et serait heureux que j’en rigole

Pour me protéger il serait toujours prêt pour la baston

Et réglerais à certains le compte pour de bon

Un derrière qui je me serais senti peinard

Qui serais plus qu’un mur, un bloc, un rempart.

 

Un frère qui porterait mon cartable.

Me ficherait une mandale quand je ne suis pas aimable

Qui me laisserait regarder tard la télé

Même s’il y passe des nanas avec de gros nénés

Et qui parfois même ferait semblant de croire   

Quand je feins d’être malade afin de traîner à la foire

Ou qui vient me rejoindre à la pèche

Les jours que les cours barbants, je sèche

En somme un frère qui n’aurait qu’une envie

M’apprendre toutes les facettes de la vie

 

Mais surtout un frère en qui je pourrais lire le regard

Grâce à qui mon chemin ne se tracerait pas au hasard

Qui me motiverait et si nécessaire me bottera le cul

Qui me ferait voir l’existence avec un certain recul    

Me ferait persévérer vaille que vaille 

M’apprendrais que la vie est un éternel travail

Et puis m’enverrais valdinguer au milieu du jeu de quille

En veillant tout de même que je ne parte en vrille

Et à mon tour pour quelqu’un être un grand frère

Un ami, un complice, un père.

 

 

 

08:39 Écrit par Patrick dans slam | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : slam, litterature, poesie, syrius

25.11.2006

Le ventre de la terre (slam)

Voyage dans les viscères de la terre

Où la nuit est jour, où tout est envers     

Univers composé d’un chapelet de quais

Où tout est neutre, ni triste, ni gai 

Eclairé par des rangées d’étoiles électriques     

Aux teints blafards qui n’ont rien de magique   

Il ne semble pas y avoir de bout à ce tunnel

Ne pas y avoir de temps dans ce monde surnaturel

 

Les wagons vomissent leurs lots de voyageurs

Puis ferment leurs portières et s’effacent sans rancœur                

Se terre, en glissant sans bruit, dans l’obscurité

Pour ressurgir un peu plus loin et recommencer

La foule de mi-hommes, mi-robot s’épand, se dilue    

Se précipite vers la liberté, là haut, vers les rues

Imaginant y trouver un semblant de liberté

Chassant la pensée que demain, déjà, ça va recommencer

 

L’avenir est une simple rame de métro    

Au sortir du dodo, au retour du boulot    

Chacun déambule gardant une mine sévère     

Les seuls sourires sont sur les affiches publicitaires

Les êtres tristes pensant qu’une parole aimable                  

Rend moins intelligent, plus laid ou minable

Et préfèrent errer telle une armée d’ombres grises    

Dans cet espace confiné où la vie n’est pas promise

 

Un éternel sourire dessinant ses lèvres   

Ignorant tout de cette tiède fièvre

Les cheveux flottants au gré des courants d’air 

Elle attend, tout simplement assise là, à terre  

Ces yeux bleus délavés, couleur volée à une aquarelle

Ne voient plus depuis tant et pourtant trouvent la vie belle

Elle balaye ces soucis, les petits comme les pires       

En les désarmants de son éclatant sourire        

 

Sa main douce et blanche tendue vers la générosité

Semble créer une barrière pour la protéger

Des ombres inquiètes qui passaient et repassaient

Les yeux jaunes et glauques, baissés, l’observent de biais

Craignant que cette mendiante qui mélange le jour et la nuit      

Telle une harpie, ne déroberais de leur labeur le fruit

Certains, honteux d’être heureux lui jetaient de loin 

Une piécette jaune qui tombait loin de sa petite main.

 

Chaque jour, quand je pénétrais dans ces entrailles

Au retour d’une journée de ce qu’on appelle travail

Ayant l’impression que le système m’a passé dans une presse

Repoussant chaque jour l’aboutissement de mes propres promesses

Cette petite femme éclatait de mille feux dans son tunnel

Zébrant les quais de rayons de lumière tel un petit soleil.

Et jetait à la figure des ces gens à la gueule de mouroir

Que quoi qu’il puisse arriver, il y a de la lumière, de l’espoir        

 

Puis vint la fin d’un jour et de son lot de misères

Personnes d’autre ne semblait remarquer ce bout de quai désert

Ni que ce bout de tunnel est retombé dans la pénombre

Depuis que n’est plus la, cette femme mince comme une ombre

Depuis je erre de quai en quai, de rame en rame   

Ma route semble longue, comme de Bruxelles à Amsterdam

Mais tant que je n'aurais retrouvé mon soleil aux yeux de verre

Je ramperais, tel un ver solitaire, dans les boyaux de la terre    

12:32 Écrit par Patrick dans slam | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : litterature, slam, poesie, syrius

04.08.2006

Fait divers (slam)

Comme beaucoup vous avez du entendre cette nouvelle forme de poésie nommée « slam » dont le porte parole est Grand Corps Malade. <-- Cliquez sur le lien.

Séduit, je me suis essayé à cette nouvelle discipline..  Est-ce réussis ou complètement raté… à vous de me le dire.  

 

 

 

Je ne lutte pas, simplement je souris

A voir tous ces gens qui s’affairent comme des fourmis    

C’est gentil de s’occuper de ma petite personne

Pour une fois que quelqu’un s’inquiète pour ma pomme

Je les trouve frais dans leurs jolies blouses vertes

Dommage que ce remue-ménage soit en pure perte

Et puis, le vert,  j’aime bien cette couleur

Qui  dans cette fournaise m’apporte de la fraîcheur

Pourquoi cette voix chantante me dit d’un ton anxieux

Monsieur, ne partez pas, restez avec nous, monsieur,

Parmi ces dévouées et gentilles petites personnes

N’y a t il que moi qui entend cette musique qui ronronne

Pourquoi me regardent ils tous avec ce regard triste

Ne voyent ils cette lumière comme le rai du soleil par un interstice

Et combien je me moque de mon paraître       

Dans ce halo de lumière qui fait mon bien être.

 

 

 

 

Brusquement, alors que je suis presque à l’infini

Que mes amis en vert disparaissent en catimini

Me revient à la figure, ce moment dans un flash

Le visage de ce bâtard qui me laisse crever là, ce lâche

Je me balade, tranquille, avec mes potes, on rigole.

Quand débouche ce taré dans sa putain de bagnole 

Il débouche dans le carrefour, se moquant du feu rouge

En un instant la vie se fige, plus rien ne bouge

Aux expressions de stupeur sur les visages effarés

Je me doute que dans mon dos, le destin va frapper

Mes potes à la destinée se dérobent de justesse       

Et échappent à l’assassin aux yeux noyés par l’ivresse

Quand cette bagnole de plein fouet me percute        

Et que sans un regard, s’enfuit ce fils de pute 

Ne me reste en mémoire que les lumières de l’ambulance

Qui vers la fin m’emmène devant mes amis en transe.

 

 

 

Me voilà sur cette table dans la salle d’opération

Je m’élève doucement, je ne suis plus que brouillon

Comme dans les films, devant mes yeux ma vie défile        

Les dates importantes comme les actes les plus débiles

Moi,  gosse à moitié nu dans les mares, à la pèche à la grenouille       

Ou vendant des prunes maraudées, à l’époque de la débrouille

Puis au loin, une femme en blanc comme sur un nuage     

Ma femme, merveilleuse dans sa robe de mariage   

Qui sont là haut, ces trois personnes qui me rappellent en riant

Mon dieu, n’est ce pas ma femme et mes enfants

Je ne peux les laisser pour partir dans cette belle lumière

Il me faut lutter, refaire le chemin à l’envers

Tout lentement, à regret, s’éloigne cette lumière divine

La douce musique redevient le cliquetis des machines

Au prix d’un effort violent je parviens à ouvrir les yeux    

Une jolie dame en vert me dit : bienvenue parmi nous monsieur.

 

12:21 Écrit par Patrick dans slam | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : slam, litterature, poesie